Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 94 sur 101

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Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 99

 

Je piquai un sprint sur le trottoir, dépassai Boardwalk Hall et enclenchai la radio.

— Encore Cross, haletai-je. Deux ont réussi à s’enfuir. Je répète : ils ont quitté le bâtiment. Faites décoller l’hélico. Ils vont vers le front de mer. Homme en costume d’ange. Femme en manteau scintillant. Je suis après eux.

— Bien noté, répondit Carstensen.

J’avais un point de côté en arrivant à la jetée, mais je parvins à reprendre suffisamment mon souffle pour inspecter les alentours avec mes jumelles, d’abord au sud vers le Tropicana.

En dépit des rudes conditions climatiques, il y avait des poignées de badauds sur la promenade, certains me croisant, d’autres allant dans le même sens que moi. Pas de Gabriel. Pas de Celes Chere. Ni de cowboy, d’ailleurs.

Je me retournai pour faire un panoramique côté nord. Là-bas aussi, quelques grappes de piétons bravant le…

— J’ai un visuel ! aboyai-je dans mon micro tout en me remettant à courir. Sur la promenade, à deux blocs au nord du Boardwalk Hall, près de l’embarcadère !

J’avais clairement aperçu à travers mes jumelles un homme en robe blanche en compagnie d’une femme, tous deux pressés. Même s’ils étaient loin devant, ils ne risquaient pas de s’échapper cette fois, me dis-je, et j’accélérai l’allure.

Au bout d’une centaine de mètres, ne les distinguant toujours pas à l’œil nu, je commençai à douter de ce que j’avais cru voir. C’est alors que Gabriel réapparut, toujours de dos ; il venait de dépasser le Bally’s Beach Bar et continuait vers le nord.

Sauf qu’il était seul maintenant et marchait d’un pas tranquille. Son bras gauche semblait hors d’usage. Des sirènes se mirent à hurler depuis trois directions : ouest, nord, sud.

Mon oreillette ne cessait de crachoter. Je reconnus la voix de Carstensen sans comprendre un traître mot de ce qu’elle disait.

J’appuyai sur la touche du micro :

— Suspect en costume d’ange toujours sur la promenade, entre Michigan Avenue et Brighton Park. La femme n’est plus avec lui.

C’est à peine si j’entendis Ned accuser réception.

Je fonçai tout en essayant de me dissimuler derrière les groupes de promeneurs de sorte à ne pas être remarqué par l’assassin s’il jetait un coup d’œil en arrière.

J’étais à moins de cinquante mètres de lui lorsque se produisit la tragédie.

Un jeune patrouilleur en uniforme d’Atlantic City déboucha du parc. Il avançait rapidement vers Gabriel et pila net dès qu’il le vit, se mettant en position de tir, empoignant déjà son pistolet.

L’autre fut plus rapide à dégainer. Touché en plein milieu de son gilet en Kevlar, le policier vacilla mais pressa quand même la détente. Sa balle manqua largement sa cible, ricocha sur les dalles et s’envola au-dessus de l’océan.

Le second coup de feu de l’ange atteignit le jeune homme à la gorge et le fit tomber comme une masse.

Je les avais presque rattrapés. Deux filles en imperméable se ruaient dans ma direction, terrorisées.

— FBI ! hurlai-je à l’attention du tueur. Lâchez votre arme et levez les mains !

Les filles plongèrent à terre de part et d’autre de moi. L’assassin du président Hobbs, qui m’avait aperçu, commençait à faire volte-face, son Glock brandi.

Il ne s’était pas encore complètement retourné lorsque mon premier tir – d’une main mal assurée, tremblante – lui égratigna la cuisse gauche. Il sursauta en même temps qu’il faisait feu. Sa balle siffla tout près de mon oreille gauche, me déstabilisant.

Conscient qu’un assassin de métier n’allait pas me rater deux fois à cette distance, je le visai et appuyai à nouveau sur la détente, dans l’espoir de le forcer au moins à reculer.

Mais par miracle, je fis mouche, juste sous le sternum. Il se plia en deux et s’écroula sur le flanc avec un râle, cherchant de l’air.