Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 89 sur 101

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Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 94

— Je suis sûr qu’ils sont nombreux à Washington à déjà se pencher sur cette possibilité, soupirai-je.

Je ne voulais pas monter me doucher par crainte du bruit. Tous les autres dormaient encore à l’étage. Même Bree, qui avait travaillé aussi dur que moi, sinon plus. Comme il faisait trop froid pour m’installer sur la véranda, j’emportai ma tasse dans le petit salon-télévision. Puis je fermai les yeux et laissai mon cerveau vagabonder.

Je me posais la sempiternelle question : À qui profite le crime ? Aujourd’hui, à la lumière des récents événements, ce serait en toute logique à Talbot. Sauf qu’il m’avait semblé réticent à prendre les rênes, comme quelqu’un qui ne s’estime pas être du bois dont on fait les dirigeants. Néanmoins, il avait immédiatement répondu à l’appel du devoir.

Et Larkin ? Pourquoi ne s’était-il pas présenté à la nation pour débattre de son éviction ? D’ailleurs, où se cachait-il ? Aux dernières nouvelles, il se trouvait sur une base aérienne au Kansas. En train de faire quoi ? Échafauder une stratégie ?

S’il était impliqué dans le complot, j’avais la certitude qu’il émergerait bientôt de sa retraite pour défendre bec et ongles sa place à la tête du pays. Comme Nana Mama l’avait suggéré, il ferait au minimum appel devant la Cour suprême.

Quant à moi, quel était mon meilleur plan d’action d’ici là ? Durant quelques minutes, rien de clair ne me vint à l’esprit. Mais alors que j’ouvrais les yeux pour boire une gorgée de café, je me rappelai brusquement ce que nous avait conseillé Viktor Kasimov.

Il faut suivre l’argent.

 

94.

Moins de deux heures plus tard, j’étais de retour dans le hangar de la base d’Andrews. Ned Mahoney, Susan Carstensen et moi observions à nouveau les écrans par-dessus les épaules de Keith Karl Rawlins.

Le cybermagicien du FBI s’introduisait clandestinement dans les comptes dont était titulaire le tueur de la sénatrice Walker, selon les services de renseignement britanniques. Par requête officielle auprès du MI6, nous avions obtenu la liste des banques, toutes domiciliées dans des lieux connus pour faciliter le blanchiment d’argent : le Panama, les Seychelles et l’île de Jersey.

— Nous y sommes ! s’exclama Rawlins quand apparut le relevé électronique de Lawlor au Panama.

Il le fit défiler.

— Mince, il est vide !

— Cherchez des transactions récentes, lui dis-je.

Il en trouva une rapidement : un million en euros et un million en livres sterling transférés le jour où Lawlor avait été étranglé à Georgetown.

— Où est parti le fric ? s’enquit Ned.

— Dans une banque située… commença l’informaticien en pianotant à toute allure. Au Salvador.

— Pouvez-vous la pirater ? lui demandai-je.

Il me regarda comme si je l’insultais, et fit bientôt s’afficher le compte salvadorien. Vide, lui aussi.

— Il est à quel nom ?

— Esmeralda del Toro. Avec une adresse à Madrid.

— Envoyez-la-moi par e-mail, intervint Carstensen. La police locale y fera une descente.

Dès que Rawlins eut fini, Ned le pressa :

— Bon, Keith, où est allé l’argent après ?

— Probablement dans un compte d’une société-écran, et ainsi de suite. Je vous parie qu’Esmeralda ne sera pas chez elle.

— Ou même qu’elle n’existe pas, dis-je.

— Faites-moi plaisir, insista Ned. Suivez encore un peu le cheminement des transferts.