Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

James Patterson · Chapitre 20 sur 101

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Cible : Alex Cross (Thrillers) (French Edition)

Chapitre 19

 

Bree saisit le mégaphone que lui tendait Wiggins.

— Ici la chef Stone de la police de Washington, commença-t-elle, d’une voix aussi apaisante que possible. Personne ne veut que du sang soit versé, monsieur Romero.

— Alors, laissez-nous partir ! Tout de suite !

— Il me faut un peu de temps pour faire dégager la rue, répliqua-t-elle. Je n’ai pas avec moi la clef de contact de ce chasse-neige !

— Je vous donne cinq minutes ! cria Romero.

— Quinze.

— Non. Dix ! Et après ça, on vous emmerde vous et le gouvernement, les gosses et la môman vont crever l’une après l’autre, exactement comme cette salope de Betsy Walker !

Betsy Walker, songea Bree pendant que les gangsters traînaient les fillettes et leur mère à l’intérieur du pavillon. C’est bien lui qui l’a tuée. Romero est le tireur !

Elle se baissa derrière la voiture de patrouille et activa son émetteur radio.

— SWAT, ici la chef Stone.

— Capitaine Forchek à l’écoute. Mes troupes sont équipées et prêtes à se déployer.

Un plan s’élabora rapidement dans le cerveau de Bree.

— Capitaine, j’ai besoin d’une équipe en renfort là où je suis pour donner l’assaut. Je veux des snipers sur les toits, avec ce SUV Cadillac en ligne de mire. Et placez des effectifs aux angles sud-ouest et nord-ouest d’Aspen et de la 10 . Vos meilleurs éléments. Enfin, bloquez la 9 , côtés nord et sud. e e

— Bien reçu, chef.

Depuis le pavillon, Romero beugla :

— Plus que sept minutes, Stone !

— J’ai entendu, monsieur Romero, dit-elle dans le mégaphone. Nous essayons de trouver le chauffeur du chasse-neige.

Il y eut une rafale de tirs dans la maison. Puis le caïd reprit la parole :

— Faut pas seulement essayer ! Parce que nous, on va bientôt faire ce qu’on a promis, pigé ?

— D’accord, monsieur Romero.

Bree s’abrita à nouveau, continuant à peaufiner sa stratégie. Elle regarda Wiggins.

— Au fait, où est-il, ce chauffeur ?

— Avec Barstow et Hayes, répondit la policière. À l’autre bout de la rue.

Bree bondit et courut dans cette direction. Elle pressa le bouton de son micro.

— Forchek, envoyez votre meilleur conducteur au coin d’Aspen et de la 10 . e

— Ce sera donc moi, l’informa le capitaine du SWAT. Je suis en chemin.

Sans ralentir, elle vérifia le temps qui restait. Six minutes.

Près de l’intersection avec la 8 , elle tourna à droite dans une allée qui e donnait sur une ruelle parallèle au pâté de maisons où se trouvaient les otages. Elle demanda par radio :

— Où en sont vos hommes, capitaine ?

— Intervention à 22 h 05, chef. Je piloterai le chasse-neige.

— Bien reçu.

Elle consulta sa montre : 22 heures. Cinq minutes. Serait-ce suffisant ?

En tout cas, il le fallait. Stimulée par l’image de Jannie sur une piste de course, elle accéléra et piqua un sprint, évitant des poubelles et des piles de cartons, s’efforçant de ne pas glisser sur le verglas. Trois rues plus loin, elle prit encore à droite dans la 10 pour rejoindre Aspen Street. e

Le capitaine Forchek, grand et élancé même dans son épaisse tenue de combat, l’y attendait en compagnie des deux agents de patrouille dont le véhicule barrait la voie.

Hors d’haleine, elle exposa son plan au commandant de l’unité du SWAT.

Forchek écouta, réfléchit un instant puis sourit.

— Si la hiérarchie me couvre après coup, je peux le faire, chef.

— Parfait, dit-elle, avant de se tourner vers le binôme en uniforme. Remontez en voiture et garez-vous à l’entrée de la 11 . Côté nord. Soyez e prêt à bloquer Aspen à mon ordre.