L’organisation
Chapitre 11
Budapest. Septembre 2023
Astana ne peut s’empêcher de sourire. Un sourire rayonnant. Ce n’est pas le magnifique soleil sur Budapest qui la rend d’humeur joyeuse, ni le regard appuyé de ce jeune homme qu’elle vient de croiser rue Váci et qui l’a dévorée des yeux. Non, ce qui la met en joie, c’est qu’elle a enfin trouvé un lieu. Le lieu. Celui qu’elle cherche depuis des mois. Certes, ce n’est pas la porte à côté : presque cinq heures de vol, avec une escale à Varsovie. Mais c’est le lieu parfait. Si seulement ceux qui ne voient en elle qu’une femme superficielle, avec un cerveau d’oiseau, savaient ce qu’elle sait faire avec sa tête, ce qu’elle peut concevoir, et surtout ce pour quoi elle le fait. Bientôt, on la verra telle qu’elle est vraiment.
Il est le loin le temps où elle se laissait blesser, malmener, humilier. Ces trois dernières années, elle s’est battue pour survivre. Continuer malgré l’enfer qu’elle a vécu et elle se sent plus forte que jamais. Elle ne sera plus la proie. C’est elle qui tient désormais les rênes.
Astana tente de masquer son enthousiasme. Il faut rester discrète, ce serait bête d’attirer l’attention maintenant. Mais après tout, qui pourrait se douter de quelque chose ? Ce couple, qui la regarde bizarrement ? Ou cette femme pressée, qui rentre chez elle ? Même s’ils lisaient l’e-mail qu’elle a reçu il y a moins d’une heure pour lui confirmer la disponibilité du lieu, personne ne pourrait imaginer ce qu’elle va y faire.
Le téléphone d’Astana vibre dans sa poche. Elle le saisit du bout de ses doigts, pour voir apparaître un message :
« Alors ? C’est bon ? »
Son visage s’illumine d’un sourire encore plus large. Elle répond :
« Oui ! Lieu idéal. Salle de marchés d’une banque en faillite. Ça sent bon. »
Une nouvelle question apparaît sur l’écran :
« Je préviens le Duc ? »
Mieux vaut rester prudent pour l’instant, Astana ne le sait que trop. Elle joue des pouces :
« Non, attends que j’aie pu vérifier la faisabilité technique. »
Ce serait dommage de décevoir le Duc à cause d’une euphorie trop hâtive.
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