L’organisation

Laurent Combalbert · Chapitre 24 sur 88

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L’organisation

Chapitre 25

 

 

Paris. Septembre 2023

 

La soirée, ce sera devant la télévision, comme d’habitude. La lueur bleutée du poste accentue le mal-être de France. Comme si son ex-mari, son commandant de compagnie, ses emmerdes ne lui suffisaient pas. Comme si sa vie ne lui donnait pas assez la nausée. Comme si la migraine qui lui écrase la tête depuis des heures n’était pas une torture suffisante.

La capitaine de police est allongée dans son canapé depuis qu’elle est rentrée. Et il est deux heures du matin. Son seul jour de repos de la semaine, et elle le passe vautrée dans ce canapé-lit inconfortable. France a les yeux rougis. Douloureux. Elle aura pleuré, certainement. Autour d’elle, une bouteille d’eau vide, et sa combinaison de maintien de l’ordre posé sur une chaise, non loin de son ceinturon et de son arme.

France a été une super flic. Une nana top, comme disent ceux qui la connaissent. Mais ça, c’était avant. Avant que l’IGS ne débarque dans son bureau de la brigade des Stups de Paris. Avant qu’ils ne viennent perquisitionner chez elle. Salopards de flics de flics. Qui peut s’imaginer qu’on fait des affaires dans les Stups sans avoir d’indics ? À part un juge qui ne sort jamais de derrière son bureau. France a été blanchie. Ou presque. Un non-lieu. Mais terminée, la carrière prometteuse à la PJ. Elle se souvient des propos aigres-doux : « Vous comprenez, ce n’est pas contre vous mais avec votre dossier… » Alors, un de ses anciens patrons lui a proposé les CRS. La tenue. Le maintien de l’ordre. Un peu comme si elle était entrée à la Légion étrangère, on ne lui a rien demandé sur son passé. Juste de faire son boulot de flic.

À la télévision, la chaîne d’info passe en boucle les images de manifestations. Un syndicaliste dénonce les violences policières, sur une séquence de tabassage. Comme toujours. France soupire, et commente :

— Vous en avez marre de la police ? Essayez de vivre sans, bandes de cons. Juste un mois. Plus de policiers, plus de gendarmes. Vous croyez que vous êtes capables de vous défendre tout seuls ? Vous saurez vous protéger ? Si vous appeliez la police et que le téléphone sonnait dans le vide… Vous feriez quoi, sans nous ?

La policière se déplie pour se lever et aller boire un verre d’eau. Sa bouche est pâteuse. Machinalement, elle regarde son téléphone. Parmi les nombreux messages qui s’alignent sur la page d’accueil, un numéro particulier. Un SMS qu’elle attendait. Un message du Duc :

« Je tiens toujours mes engagements. Nous récupérerons votre fille, elle n’aura plus aucun souci à se faire. Tenez encore quelques semaines. Quelques jours. »

 

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