L’organisation

Laurent Combalbert · Chapitre 64 sur 88

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L’organisation

Chapitre 65

 

 

Paris. 7 octobre 2023

 

Les policiers de la DGSI n’ont pas fait dans la dentelle. Comme prévu. Les débris du chambranle de la porte blindée jonchent le sol, des morceaux de bois et de métal sont éparpillés dans l’entrée. Un bélier n’aurait pas réussi, mais le pousseur hydraulique a fait son œuvre.

Les flics ne sont pas restés bien longtemps, leur objectif avait filé. Et la DGSI ne s’occupe pas d’interroger les témoins, alors aucun intérêt de ramener Elia à Levallois. D’autant que Sofiane est arrivé sur place pour prendre le relais : le Renseignement quitte les lieux quand la Sécurité publique entre en scène.

 

Il fait froid dans l’appartement, la porte d’entrée ne ferme plus, et la porte de service est restée ouverte après que des hommes du GAO ont tenté en vain de rattraper Stan. Sofiane et Elia sont seuls dans la cuisine. Sans un mot, le commissaire regarde autour de lui, pour constater le chambardement dans la vie de son couple d’amis. Elia brise ce silence pesant :

— Je te fais un café ?

— Oui, je veux bien. Tu as pu discuter avec Stan avant qu’il ne s’échappe ?

— Discuter n’est pas le terme juste. Disons que je lui ai expliqué les raisons de tout cela.

— Et comment il a réagi ?

— Mal. Mais il fallait s’en douter.

Le bruit de la machine à café vient apporter un semblant de vie à ce lieu qui semble avoir perdu son âme en quelques minutes. Sofiane ne dit rien, regardant couler les deux cafés fumants. Elia rajoute :

— Et je lui ai dit que j’étais le Duc.

— Pourquoi as-tu fais ça ?

— Je préfère que Stan pense que je suis à la manœuvre. On ne sait jamais, s’il est interpellé, cela te laisse le temps nécessaire aux dernières étapes de l’opération.

— Tu as bien fait. Je suis sûr qu’il n’a jamais réellement cru que c’était Arthur.

Elia prend les deux tasses qu’elle pose sur le plan de travail de l’îlot central de la cuisine.

— Julie est prête ?

— Oui, répond Sofiane. Nous avons préparé nos sacs et fait le ménage derrière nous. Elle doit nous rejoindre au Bourget comme prévu. Et pour Lara ?

— Je la considère comme ma fille. Et elle croit en notre cause, alors nous allons l’emmener. Son père est un fugitif, maintenant.

— Vas-y doucement quand tu vas lui parler de ce qu’a fait Stan. Même s’ils sont en froid, c’est son héros. Elle va avoir du mal à le croire coupable.

— Oui, je sais. Mais elle ne l’appellera pas, parce que je vais prendre les devants.

Elia s’approche du commissaire, pour lâcher en souriant :

— Bon, Duc, je te laisse finir ton travail.

Sofiane ne répond pas à son sourire, il la fixe encore, l’air grave.

— Elia ?

— Oui

— Pas de regrets ?

— Non, pourquoi tu reviens là-dessus ?

— Parce que Stan est l’homme de ta vie et que tu viens de le perdre.

— Était, Sofiane, c’était l’homme de ma vie. N’en parlons plus s’il te plaît.

Elia prend sa tasse et quitte la pièce pour se diriger vers le salon. Dans la cuisine, Sofiane sort son téléphone portable et le pose sur le plan de travail. Il cherche le fil de messages de France dans son application cryptée. Puis tape simplement : « Go. »

 

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