Luc - P'tit coeur (French Edition)

Katja Lasan · Chapitre 10 sur 68

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Luc - P'tit coeur (French Edition)

Chapitre 8

 

Luc

Le Trendy.

Nouveau resto des gens branchés dans le bien nommé SoPi – « South Pigalle », pour les intimes, ou côté sud de la place Pigalle si tu ne causes pas English –, dans lequel le Tout-Paris s’amasse chaque midi et chaque soir pour pouvoir dire « j’y étais ».

Touristes ou commun des mortels parisiens tentent également leur chance, portables en main pour mieux prendre à leur insu ces stars de toujours ou starlettes périmées en mal de reconnaissance. Autrement dit, Vivian a choisi le lieu le moins propice à toute intimité, mais cela semble être clairement le cadet de ses soucis. Ici, elle est comme chez elle, impératrice de la mode et de la tendance qui prend un malin plaisir à m’étaler sa science du vêtement en détaillant chaque client de son air féroce. Elle est même si heureuse et dans son élément qu’elle n’a pas tiqué lorsque je me suis assis face à elle avec mes trente minutes de retard. Ou alors, comme mes potes et les autres, elle commence à s’y faire.

Bien sûr, avant que je ne prenne place, elle a fait glisser son regard de prédatrice sur mon cuir, ma chemise noire, mes bijoux et mon jean dernier cri, tandis que je plongeais les miens dans l’élégant et très bandant décolleté de sa robe fourreau. Quand elle a mordu délicatement sa lèvre avec un soupir discret, je me suis dit qu’un taxi nous ramènerait sûrement mieux que ma moto garée dans une rue parallèle. Putain de quartier à la mode ! Même plus une place de libre juste à côté.

— Tu as réfléchi pour la Fashion Week ? me demande-t-elle entre deux gorgées de champagne pendant que je termine mon entrée – une sorte de gelée à la viande bizarre que Dam aurait arrosée de ketchup sous les yeux scandalisés du serveur.

— C’est quand déjà ?

— À Paris, du 28 février au 8 mars. New York, Londres, Milan le reste du mois.

Goulée de champagne à mon tour pour faire passer le goût trop aromatisé de mon assiette.

— Je peux pas. Si on enregistre, on n’aura sûrement pas fini avant mi-mars.

Une main sous le menton, elle tapote de l’autre le bord de la table, petit bruit quasi imperceptible qui entraîne mon esprit sur un riff incongru.

— Je vois. Donc, inutile de te proposer de me rejoindre une nuit ou deux dans les trois autres villes ?

Dans sa voix pointe son léger accent irlandais qui ressort toujours mieux lorsqu’elle est contrariée. Vivian, en parfaite polyglotte, maîtrise l’allemand, l’italien et l’espagnol. Elle a quelques bonnes notions en russe et en mandarin aussi, mais le français reste sa deuxième langue de prédilection.

— Ouais, confirmé-je après quelques secondes, histoire de me sortir le riff de la tête et de me concentrer pleinement sur elle. Toute manière, t’y seras pour bosser, et moi, les défilés, tu sais très bien que ça me gave. En plus, certains stylistes sont tellement perchés qu’à part des fous rires tu ne tireras pas grand-chose de moi.

— C’est de l’art, grince-t-elle. Même si parfois, je te l’accorde, on frôle le désastre stylistique. Tant pis, j’aurai proposé.

Le serveur ne tarde pas à retirer nos assiettes et nos coupes vides, avant de me faire goûter un bordeaux au prix indécent et de nous présenter le plat principal. À la vue de ma demi-joue de bœuf posée sur un lit de polenta au café du chef dont je ne me souviens plus du nom, je crie intérieurement à l’arnaque, mais inutile de reluquer l’endive caramélisée de Vivian et ses quatre bouts de pintade confite. Vu la taille, il n’en restera pas une miette. Les assiettes gastronomiques se dégustent également avec les yeux, paraît-il. Quelle blague !

Mais, une fois en bouche, la saveur de la joue me fait un peu oublier ma frustration première.

— Alors ? Pourquoi cette invitation ?

— Pour le plaisir ? minaude-t-elle, sa bouche pulpeuse nacrée de rouge étirée en un sourire charmeur pendant que, sous la table, son pied taquin quitte son escarpin pour venir badiner avec mon entrejambe.

Délicieuse pression dont elle a une maîtrise parfaite, la garce. Une douce chaleur envahit déjà mon bas-ventre, accentuée par l’image d’elle agenouillée entre mes cuisses, ma queue excitée entre ses lèvres carmin. Ma main passe sous la nappe. J’attrape son pied et le maintiens contre mon début d’érection, renforçant le sourire de cette si sensuelle mante religieuse.

— Le plaisir ? À faire rougir les murs des toilettes de ce resto ?

— Si tu es sage…

Dans un clin d’œil empli de promesses dépravées, elle retire son pied, puis pique sa fourchette dans un moreau de dinde.

— Plus sérieusement, reprend-elle, je voulais fêter quelque chose.

Je débande direct. J’ai encore manqué un truc ? Les anniversaires et moi, ç’a toujours fait deux. Cependant, même si ma mémoire des dates est souvent défaillante, il ne me semble pas que celle du jour soit à marquer d’une pierre blanche. Je connais cette femme depuis un peu moins d’un an et notre première partie festive de baise a eu lieu seulement en mai de l’année dernière. Elle ne peut pas non plus avoir eu une promotion ; à part être appelée à diriger la version nord-américaine de Soul, elle a atteint depuis un moment le plus haut niveau de son secteur.

— Fêter quoi ? demandé-je avec une certaine prudence.

— Eh bien… on ne s’est rien offert pour Noël, mais…

Le maintien volontaire de sa phrase en suspens aiguise évidemment un peu plus ma curiosité. Je fouille ses opales ambrées à la recherche d’une éventuelle entourloupe, prêt à mordre. Après le reproche de ma mère hier au travers de ma sœur, je n’ai pas besoin d’une réprimande assassine sur un quelconque manque de cadeau le 25 décembre. Vivian et moi sommes très loin de tout ce folklore. En tout cas, c’est ce que j’imaginais.

— Hé ! Quel est ce regard de tueur ? Je ne te reproche rien, me rassure-t-elle, comprenant visiblement mes pensées. Je voulais simplement dire que ce que je souhaite fêter est un peu à l’image d’un cadeau de Noël.

Sans lâcher mes prunelles dubitatives, elle avale une gorgée de bordeaux, puis pose sa main soyeuse, ornée d’une grosse bague ovale couleur de lune, sur la mienne.

— Des nouvelles de Punk ?

— Ouais, mais rien de spécial, pourquoi ?

Ma rencontre avec ce groupe, c’est à elle que je la dois. L’Irlande et moi sommes une longue histoire d’amour, un autre souvenir important lié à Babou.

Dans mes veines, même si cela remonte à bien des générations, se cache un vague reste de sang irlandais. Mais vraiment très vague. Babou, néanmoins, est souvent retournée là-bas en compagnie de Gregor, mon grand-père, le Breton de sa vie, comme elle le surnommait, parti trop tôt, lui aussi. C’est d’ailleurs en son hommage que ma mère a baptisé mon frère Grégoire. Moi, ç’a été Luc, clin d’œil à Babou qui se prénommait Lucie. On ne peut pas dire que mes parents se soient creusé la tête ; quelque part, cependant, cela a sans doute créé naturellement le lien si fort qui nous unissait, ma grand-mère et moi.

S’il n’y avait eu la maison secondaire du Finistère, probablement que Babou aurait fini ses vieux jours sur les terres sauvages de la verte Erin chargée d’histoire et de traditions. Avec elle, on attendait chaque année de fêter la Saint-Patrick et Halloween avec la même impatience que ceux qui comptent les jours jusqu’à Noël (le on comprenant ma sœur, mon frère, Damien et moi).

La première fois qu’elle m’a emmené là-bas, pour mes quinze ans, j’ai pris l’une des plus grosses gifles visuelles de ma vie. L’Irlande, ce n’est pas qu’une histoire tragique et sanglante. Au contraire. Il s’agit avant tout de paysages rudes et authentiques, à la beauté majestueuse, façonnés au fil des millénaires par l’océan, la pluie et le vent. Landes, forêts, lacs, nombreuses tourbières la jalonnent du nord au sud, et ses châteaux, ses dolmens, sa musique, ses villes vivantes, chaleureuses, en perpétuel renouveau, et sa bière subliment encore cet écrin de paradis.

Chaque fois que je pose le pied sur le sol de Dublin, mon sang frémit. Là-bas, même si je n’ai toujours pas acheté de logement, je me sens autant chez moi qu’à Paris. Des groupes de musique irlandais, j’en ai fréquenté plusieurs, mais Punk Destruction est le premier du lot à allier tout ce que j’aime dans ce pays : la force d’un rock celtique déjanté conjuguée à la puissance du metal progressif. C’est pourquoi je m’y suis investi bien plus que dans les autres qui me servaient surtout de soupape de décompression et de simple plaisir.

Quand Vivian m’a présenté à Clive Bayley, le bassiste, et à Dave Sampson, l’un des trois guitaristes, parolier principal et membre fondateur du groupe, le courant est passé direct. Autant qu’avec mes comparses de Dark Moon bien des années plus tôt. Et lorsque Clive a commencé à avoir des absences à cause de ses problèmes de drogue, la bande s’est tournée tout naturellement vers moi.

Ce même soir avait également été marqué par ma première rencontre avec Vivian. Dans ce pub perdu des Docklands de Dublin longeant la rivière Liffey et saturé par les relents de fritures et d’alcool, sa beauté froide, sa peau de nacre, ses Louboutin et son tailleur Chanel juraient résolument avec l’ambiance du lieu, bien plus marginale que classieuse. Ne pas se fier aux apparences. Le patron était un de ses amis d’enfance, Dave, son cousin, et sa descente affolante de Guinness m’a fait vite oublier le Vuitton pendu à son bras.

Ne connaissant rien au milieu de la mode, hormis le nom de quelques mannequins ayant fini entre mes draps, son joli visage ne me disait rien. Elle, au contraire, m’avait tout de suite reconnu et ne s’en était pas caché. J’avais aimé son ton cash, sa façon langoureuse de me déshabiller de ses yeux de biche, d’effleurer mes quelques tatouages visibles d’un battement de cils faussement innocent et les frôlements inopinés de nos deux corps, qui semblaient indéniablement vouloir en découvrir plus. Mais pas ce soir-là. Trois mois plus tard. Dans son lit à elle, au cœur de la capitale irlandaise. Et quelle nuit ! Oui, vraiment, ne jamais se fier aux apparences.

Sa caresse sur ma main s’accentue

— Bien sûr, pour l’heure, ce ne sont que des rumeurs, confie-t-elle en baissant la voix, tu sais qu’en plus de Dave je suis proche de Janick, leur manager…

Proche, quel doux euphémisme ! Couche-t-elle encore avec lui parfois ?

Homme influent de l’autre côté de la Manche dans le monde de la musique, Janick Cooper est sûrement le seul Anglais pur souche que les membres du groupe acceptent volontiers parmi eux et n’osent jamais railler.

— Et ?

— Et Clive est à deux doigts de se faire vraiment virer cette fois. D’après Janick, il ne tiendra jamais la prochaine tournée, et son image est désastreuse pour les autres.

Cela me renvoie à une autre époque, pas si lointaine. Dam aussi était tombé bien bas, mais jamais il n’avait été question de le virer. Au contraire. Cette épreuve n’avait fait que renforcer nos liens, à tous les quatre. Après, chaque groupe gère ses membres à sa sauce, il n’existe aucune recette miracle ni syndicat, et bon nombre d’artistes ont déjà été bannis pour diverses raisons, plus ou moins justifiées : Pete Best, batteur des Beatles, jugé pas assez bon ; Brian Jones, premier bassiste des Stones, viré par Jagger et Richards, car trop souvent défoncé (ouais, dans ce milieu, l’hôpital se fout franchement de la charité). Même constat pour Scott Weiland, chanteur des Stone Temple Pilots, pour cause d’addictions et de retards incessants, ou encore le bassiste (décidément !) des Queens of the Stone Age, Nick Oliveri, qui avait la fâcheuse tendance à frapper sa copine. Et même Ozzy Osbourne, drogué et aussi alcoolisé qu’une amphore pleine de bière, avait été prié de dégager fissa des Black Sabbath.

— Et ?

Je reste de marbre, même si mon cœur commence à cogner un peu plus fort. Bien sûr, je devine où elle veut en venir, mais je refuse de prononcer les mots.

— Dave et Paul écrivent de bons textes mais, bien que Dave soit le leader, et mon cousin préféré, tu reconnaîtras comme moi qu’il manque de charisme. Et d’expérience.

— Ça s’acquiert avec le temps.

— Certes. Mais ce qu’il leur faut pour vraiment décoller, c’est justement quelqu’un qui possède déjà cette expérience. Crois-moi, Dave se pliera à ce choix. Surtout si ce quelqu’un… c’est toi.

Ses doigts se resserrent sur les miens, nos yeux s’accrochent. La flamme que je décèle dans les siens, je ne la lui avais encore jamais vue. Si elle avait voulu me chambouler, elle n’aurait pas pu mieux s’y prendre. Mais je me force à garder le visage impassible, même si, dans ma poitrine à présent, une brûlure acide me ravage. Comment peut-elle seulement me proposer ça ? Elle n’est ni leur agent, ni un de leurs membres, ni… Elle est juste la cousine du leader. Celle qui baise avec moi. Celle qui me porte en cet instant un regard empreint d’affirmation, du genre qu’on offre à quelqu’un quand on croit réellement en lui.

Je retire ma main, avale la fin de mon verre.

— Moi ? Intégrer pleinement Punk ? Et tu fais quoi de Dark Moon ? C’est pas parce qu’en ce moment c’est un peu compliqué que je veux tout lâcher.

— Je n’ai pas dit qu’il fallait une réponse ce soir. Je te préviens juste que tu risques d’avoir une proposition sous peu. Que tu sois préparé.

Voyant mon verre vide, le serveur se précipite pour le remplir. La gorge déjà sèche, je bois aussitôt une nouvelle gorgée suivie direct d’un verre d’eau. Face à mon silence, Vivian se renfonce dans sa chaise, non sans se départir de son sourire assuré.

— Réponds-moi franchement, Luc. Tu n’as jamais eu cette ambition ? Être le leader d’un groupe ? Le seul et l’unique. Tu ne t’es jamais imaginé à la place de Fred ? Pas chez Dark Moon bien sûr, ajoute-t-elle précipitamment avant que je ne m’offusque, mais ailleurs, un jour…

— Peut-être… Un jour… Y a longtemps…

Satisfaite, elle s’empare de son verre qu’elle porte à ses lèvres avec un petit rire de gorge ravi, avant de lancer :

— Mais ce n’était pas cela mon cadeau. Ça, ce n’était qu’un aparté.

Mes sourcils se froncent. Elle se penche de nouveau vers moi, le menton posé sur ses mains.

— La musique n’est qu’un de tes nombreux talents. Tu as repensé à tes dessins ? Ce que tu aimerais en faire ?

— Je te l’ai dit. Je vais les proposer à des galeries.

— Et si je te disais… Non, mieux que de te le dire…

Iris flamboyants, elle redresse le buste et claque des doigts en direction du serveur. Toujours aussi déstabilisé par sa mystérieuse attitude, je me tourne pour le voir disparaître prestement vers les cuisines et revenir quelques secondes plus tard avec un nouveau seau à champagne en main, posé sur une large assiette au bord cerclé d’or.

À côté du seau, je découvre une enveloppe cachetée à mon nom. Le serveur verse le champagne dans deux coupes propres et se retire en toute discrétion.

— C’est quoi ?

Au lieu de répondre, Vivian se contente de sourire. Intrigué, je m’empare de l’enveloppe, d’où je tire cinq feuilles soigneusement pliées. Mon cœur fait une pétarade à la vue de l’en-tête. Quint’Essence Galerie. L’une des galeries d’art les plus en vue de Paris !

Sûrement pâle, je commence à lire le contrat. Car il s’agit bien d’un contrat. Sur moi, je sens les iris brûlants de Vivian, qui n’ose piper mot, et elle a bien raison de fermer sa gueule. Avant même d’arriver au bout de ma lecture, je relève mes yeux sur elle.

— Pourquoi ?

Elle se redresse, surprise par mon ton subitement glacial.

— Pourquoi quoi ?

Je jette les feuilles vers elle.

— Ça. Qui t’a demandé de le faire ?

Sans doute que j’ai haussé la voix, car, autour de nous, les gens se sont tus. Mal à l’aise, Vivian passe une main dans ses cheveux lisses en gratifiant les autres clients d’un regard empli d’assurance et d’un sourire feint. Bientôt, les conversations reprennent, les personnes alentour de nouveau indifférentes, et le sourire de Vivian s’envole.

— Personne, admet-elle en revenant sur moi. Mais à quoi bon perdre du temps en palabres ou à téléphoner à des galeries perdues dont personne n’a jamais entendu parler ? Tu es Luc Gauthier, bon sang ! Le bassiste ultramédiatisé de Dark Moon ! Quand on a un nom et un tant soit peu d’ambition, on s’en sert !

Mes yeux se plissent, tandis que la brûlure sur mon cœur s’accroît davantage. En fait, cette femme ne me connaît pas. Et même si son geste partait d’un bon sentiment, il ne fait que renforcer le syndrome de l’imposteur que je ressens parfois face à tout notre succès incroyable.

— Je te l’ai dit. Je ne veux l’aide de personne. Et je ne jouerai pas sur mon nom pour décrocher un contrat. Je veux qu’on apprécie mes œuvres pour ce qu’elles sont, pas pour moi ou pour ce que je représente. Si elles valent vraiment quelque chose, alors un galeriste me le fera savoir.

Sa main se précipite vers la mienne, comme si elle pressentait que j’étais à deux doigts de lui échapper.

— Mais je t’ai dit que…

Avant qu’elle ne parvienne à me toucher, j’ai déjà reculé mes bras.

— Tu es rédactrice en chef d’un magazine de mode, Vivian, pas de Beaux Arts Magazine. J’ai connu le succès grâce à Dark Moon. Nous sommes quatre, nous sommes un tout. Mais le dessin, c’est ma passion à moi seul. Mes créations. Et je veux croire qu’elles valent un peu. Que je vaux un peu. Alors, c’est mon projet.

— Luc…

Moi, par contre, je la connais. Je connais cette voix qu’elle rend soudain douce et désolée. Je connais cette moue implorante à la Chat Potté. Elle a fait une connerie, elle le sait parfaitement. Mais ma soirée est gâchée. Elle savait, bordel ! Elle savait ce que ça représente pour moi !

Je me lève, ramasse mon blouson, mon casque, et lui jette un dernier regard, sous ceux peu discrets des tables voisines, qui s’intéressent de nouveau à nous.

— Je t’avais demandé de ne pas t’en mêler, putain. J’avais été clair.

Tiraillé par trop d’émotions que je ne parviens pas à trier, je secoue simplement la tête et me casse, sans autre forme de procès.

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