Sharakhaï T5 : La Porte vers l'au-delà
Chapitre 25
Le lendemain de la visite inattendue de la Reine Nayyan au domaine d’Osman, Kameyl fit irruption dans la chambre de Çeda.
— Elle est réveillée !
La fatigue de Çeda, qui avait à peine dormi, se volatilisa quand elle comprit que tout allait se jouer maintenant. Elle se redressa sur son lit, se leva d’un bond et suivit sa camarade. Dame Varal était assise sur une chaise dans un coin de sa chambre. Elle affichait une expression méfiante qui dissimulait presque – presque – l’éclat de terreur qui brillait dans ses yeux.
Jenise était là. Sümeya également. Apparemment, la Reine Nayyan était partie avant le lever du soleil.
Çeda sentit que la conversation ne serait pas facile si tout le monde restait dans la pièce. Varal ne baisserait pas sa garde.
— Laissez-nous seules pendant un moment, vous voulez bien ? demanda-t-elle à ses camarades.
Toutes comprirent et sortirent sans protester. Çeda ferma la porte et se tourna vers la charpentière de marine.
— Voulez-vous un peu de thé ? un petit déjeuner ? (Varal secoua la tête, et ses mèches grisonnantes ondulèrent devant son visage.) Je suis sûre que vous avez de nombreuses questions à poser.
— Vous avez l’intention de m’échanger contre une rançon ? (Le menton de Varal frémit tandis qu’elle parlait.) D’obtenir certaines faveurs de la part des Rois ? Je peux vous assurer qu’ils ne vous donneront rien.
Çeda avait honte d’imposer une telle épreuve à cette femme. Les yeux terrifiés de la charpentière la firent douter d’elle-même et de tout ce qu’elle avait vu dans le bassin de Yusam. La vision avait été vague, après tout. Varal n’était peut-être pas la réincarnation de Nalamae. Ce n’était peut-être qu’une personne susceptible de la mettre sur la piste de la déesse. Mais il n’y avait pas d’autre moyen de le vérifier que de l’enlever et de la conduire dans un endroit tranquille pour l’interroger et faire le point.
— Je vais tout vous expliquer, mais d’abord, je voudrais que vous preniez ceci.
Elle attrapa le bâton de Nalamae qui était appuyé contre le mur et le tendit à Varal.
Varal le regarda, mais resta parfaitement immobile.
— Nous irons plus vite si vous le prenez, dit Çeda.
Varal sembla sur le point de refuser, puis tendit des mains tremblantes et prit le bâton.
Çeda attendit en scrutant ses yeux.
— Quoi ? demanda Varal.
Aucune lueur particulière. Aucun changement perceptible. La jeune femme élargit son champ de conscience et écouta le cœur de la charpentière de marine. Elle chercha plus profondément, mais ne sentit rien. Rien du tout.
Varal fit tourner le bâton et prit l’extrémité noueuse incrustée de gemmes.
— Je suis censée faire quelque chose avec ça ?
Çeda poussa un long soupir, reprit le bâton et le reposa contre le mur. Puis elle tira une chaise et s’assit devant celle de Varal.
— Vous connaissez la déesse Nalamae, bien sûr.
— Quel enfant de Sharakhaï ne la connaît pas ?
— Eh bien ! préparez-vous à entendre une histoire incroyable.
Çeda lui raconta tout. Elle lui raconta que Nalamae avait choisi de rester à l’écart de Tauriyat pendant Beht Ihman. Elle lui raconta que les Rois avaient passé un terrible contrat avec les autres dieux du désert. Elle lui raconta la véritable histoire de la treizième tribu et des asirim. Elle lui raconta comment les dieux avaient traqué et tué Nalamae à maintes reprises.
Lorsqu’elle se tut enfin, Varal esquissa un sourire qui exprimait une certaine incrédulité et un franc amusement.
— Et vous pensez que je suis la réincarnation de la déesse ?
— Oui.
Varal éclata d’un rire pur, sonore et joyeux.
— Je peux vous assurer que ce n’est pas le cas.
— Comment pourriez-vous le savoir ?
Varal regarda autour d’elle avec une expression de complète impuissance.
— J’ai grandi à la périphérie du port méridional. J’ai arpenté les ponts de mille navires. Je connais chaque recoin de chaque jetée. J’ai un mari. J’ai eu cinq enfants, dont deux sont morts avant leur heure. Pendant que nos enfants grandissaient, mon mari – béni soit-il – s’est arrangé pour me laisser le temps de suivre un apprentissage auprès de Yakinah en personne, la meilleure charpentière de marine qui ait jamais foulé le sable du Grand Shangazi. (Varal tira sur la manche de sa robe de travail et posa le doigt sur une longue cicatrice.) Je me suis fait ça quand j’ai glissé sur un patin fraîchement ciré et que je suis tombée sur une barre en fer. (Son doigt descendit vers une série de petites taches sur le dos de sa main.) Et ça, au cours de l’interminable guerre que je mène dans l’espoir de créer un navire parfait. (Elle rabattit sa manche et pointa le doigt vers une petite cicatrice circulaire sur son menton.) Et ça, quand Yakinah est arrivée au chantier naval complètement ivre et qu’elle m’a balancé un ciseau à bois à la figure en voulant me montrer comment son père la battait. Je ne suis pas Nalamae ! J’ai ma vie ! Et je n’en veux pas d’autre. Et surtout pas celle d’une déesse !
Çeda prit la parole d’une voix calme et posée.
— Les conditions de ses réincarnations demeurent mystérieuses. En ce qui me concerne, du moins. En règle générale, elle réapparaît sous la forme d’une enfant en bas âge, mais il arrive qu’elle revienne sous une forme adulte, dans le corps d’une personne qui a déjà mené une vie bien remplie. C’était à dessein. Cela permet d’éviter que les autres dieux la trouvent dès son retour. Sinon, ils l’auraient tuée depuis longtemps.
Varal ressemblait à une mère écoutant son enfant expliquer que les grains de sable du désert sont en fait les larmes séchées des dieux.
— C’est commode, vous ne trouvez pas ?
— De quoi parlez-vous ?
— Du fait qu’on puisse réfuter toutes mes remarques d’un simple : « C’est la volonté de la déesse. »
— N’en va-t-il pas toujours ainsi avec les dieux ? Ne sommes-nous pas obligés de croire ?
— Vous voulez que je croie tout ce que vous me dites ?
— Oui.
Varal leva les mains en l’air.
— Eh bien ! ce n’est pas le cas ! Je veux rentrer chez moi. Je veux revoir mon mari. Je veux qu’il me prenne dans ses bras et qu’il me fasse oublier toute cette histoire. Je veux préparer à manger pour mes enfants et les regarder grandir.
— Permettez-moi de vous expliquer quelque chose. À l’heure qu’il est, les Rois savent que nous vous avons enlevée. Ils traquent Nalamae, eux aussi. C’est pour cette raison qu’elle a été blessée par une flèche du Roi Beşir. C’est cette flèche qui a fini par la tuer dans les montagnes.
— Et… ?
— Sachant ce que vous savez de la situation et des Rois, est-ce que vous croyez vraiment qu’ils vont vous laisser en vie ?
Varal se figea et son visage buriné par le soleil s’empourpra. Elle n’avait pas pensé à cela, mais maintenant l’implacable réalité se précipitait vers elle comme un taureau furieux. Elle était désespérée, elle avait besoin d’aide, mais Çeda ne pouvait pas la lui apporter. Personne ne le pouvait. Tout était désormais entre les mains de la charpentière de marine et de la déesse qui se cachait en elle.
— Au cours de sa dernière incarnation en tant que Saliah, Nalamae avait un jardin dans lequel poussait un acacia. Sur les branches de cet acacia étaient accrochés des bouts de verre qui permettaient d’entrevoir l’avenir. Un arbre semblable nous attend près du mont Arasal. Allons-y. Rendons-nous auprès de cet arbre, et nous verrons bien ce qui se passera.
Des larmes perlèrent aux coins des yeux de Varal.
— Je veux rentrer chez moi.
— Cela n’est plus possible, Varal Andal’ava.
La charpentière de marine cligna des paupières. Les larmes roulèrent sur ses joues et tachèrent le corsage froissé de sa robe grise.
— Très bien. Je vous suivrai jusqu’aux montagnes.
Elles préparèrent le voyage tout au long de la journée. Elles partiraient le lendemain matin, juste avant le lever du soleil, quand il ferait encore sombre. Osman proposa de leur prêter ses chevaux. Il les accompagnerait jusqu’à la Mariée Rouge, puis regagnerait Sharakhaï pendant la nuit.
— Je ne sais pas trop, dit Çeda. Nous t’avons déjà demandé beaucoup.
— Laisse-moi faire ça pour toi, Çeda. (La jeune femme hésita et il poursuivit.) Vois les choses ainsi : si je suis avec toi, je ne pourrai dire à personne où tu es.
— Merci, dit-elle.
Et elle l’embrassa sur la joue.
Le lendemain matin, il la surprit. Il les réveilla alors qu’il faisait encore nuit et les conduisit à la salle à manger où un petit banquet les attendait. Il avait préparé six chevaux. Il ne s’agissait pas d’Akhal-Teke, mais ils semblaient solides et assez rapides. Ils étaient nourris, désaltérés et sellés. Chacun transportait un petit sac de provisions et des outres remplies d’eau – de quoi survivre trois ou quatre jours dans le désert.
Les cinq femmes mangèrent et se rassemblèrent dans l’écurie avec une lanterne.
Kameyl, Sümeya et surtout Jenise se dépêchèrent de monter en selle, impatientes de quitter la ville. Osman semblait joyeux, presque fier. Varal contemplait l’entrée de l’écurie comme si elle se demandait si elle ne commettait pas la pire bêtise de sa vie.
— Tout se passera bien, lui dit Çeda.
Elle hocha la tête et se tourna vers sa monture.
Çeda s’apprêtait à l’imiter quand elle entendit le gravier crisser à travers la porte ouverte. Elle crut d’abord qu’une seule personne approchait, puis se rendit compte qu’elles étaient plusieurs.
Elle dégaina aussitôt son sabre. Tout le monde l’imita, à l’exception de Varal qui n’était pas armée.
— Ce ne sera pas nécessaire, lança une voix dans les ténèbres. (Les paroles étaient traînantes, comme si la personne qui les prononçait avait bu.) Rengainez et ne bougez plus.
Une flèche de douleur transperça la main droite de Çeda. Elle eut l’impression que la cicatrice laissée par l’épine d’adichara et la chair de son pouce s’embrasaient, comme cela arrivait parfois quand on utilisait la magie contre elle. Et puis elle éprouva l’irrésistible besoin de faire ce que la voix lui demandait.
À la lumière de la lanterne suspendue à une poutre, elle distingua plusieurs silhouettes, puis un homme mince émergea des ténèbres. Elle le reconnut sur-le-champ. Le séduisant Roi Ihsan arborait une fine barbe et portait des vêtements de roturier. Il était suivi par trois autres personnes : le grand Roi Husamettín dont le turban dissimulait presque, mais pas tout à fait, la cicatrice qui zébrait son front ; le Roi Cahil dont le visage oscillait entre adolescence et maturité depuis quatre cents ans ; et enfin, un homme large d’épaules qui semblait ne pas avoir mangé depuis des années. Il s’écoula quelques instants avant que Çeda reconnaisse le Roi Zeheb.
Une nouvelle personne apparut. Yndris, la fille de Cahil. Elle portait une robe de combat et affichait une expression tellement suffisante que Çeda eut aussitôt envie de la gifler.
— Tiens, tiens, dit Yndris. Les murmures disaient donc vrai.
Soumise au pouvoir d’Ihsan, Çeda la regarda approcher sans pouvoir réagir. La Vierge du Sabre la saisit par une épaule et la frappa de toutes ses forces au creux du ventre. Çeda se plia en deux, puis s’effondra sur le sol de l’écurie.
Ihsan soupira.
— Je t’avais dit de les laisser tranquilles.
— Vous m’avez dit de ne pas les tuer.
— Fiche-lui la paix, Yndris, ordonna Ihsan d’une voix plus dure.
Çeda sentit son pouvoir à travers ses mots.
La jeune femme était désormais dos aux Rois. Elle ne voyait pas ce qu’ils faisaient, mais elle entendit que l’un d’entre eux approchait.
— Tu as dit que la vision décrivait la déesse et quatre autres femmes, dit Cahil.
— Et… ? demanda Ihsan.
— Elle ne mentionnait aucun homme.
Il y eut un bref silence.
— Non, mais ce ne serait pas…
— Tu as séjourné dans mes geôles pendant un temps, déclara Cahil.
Çeda se rendit alors compte qu’il ne s’adressait pas à elle, mais à Osman.
« Non ! » voulut-elle crier. Non, non, non !
Elle savait ce que le Roi Confesseur avait l’intention de faire. Il faisait durer le plaisir avant de se mettre au travail, comme à son habitude.
« Laissez-le tranquille ! » essaya-t-elle de crier.
Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle ne pouvait pas résister à la voix d’Ihsan.
— Te rappelles-tu ce que je t’ai dit ? demanda Cahil. Je t’ai dit que, si tu défiais les Rois une fois de plus, je reviendrais m’occuper de toi.
Non, pas ça !
— Il n’a pas défié les Rois, intervint Ihsan. Pas les véritables Rois, du moins. Nous n’étions pas à Sharakhaï.
Çeda entendit le frottement métallique et comprit alors que Cahil décrochait le marteau d’armes accroché à sa ceinture.
— Aucune importance, souffla-t-il.
Des mots jaillirent de la gorge d’Ihsan.
— Roi Cahil, ça suffit !
Çeda sentit toute la puissance de cet ordre, mais, un instant plus tard, elle entendit un craquement répugnant et un corps s’effondrer sur le sol de l’écurie.
— Non ! hurla-t-elle, brisant enfin le sortilège d’Ihsan.
Elle rassembla toutes ses forces pour bouger les bras, pour se lever. Si elle parvenait à esquisser un mouvement, le reste suivrait.
Il est vivant, se dit-elle. Il est encore vivant.
Mais elle savait déjà que ce n’était pas vrai.
— Que les dieux te maudissent, Cahil ! cracha Ihsan.
Cahil renifla d’un air méprisant, comme s’il venait d’examiner un cheval et avait décidé qu’en fin de compte il ne lui convenait pas.
— Je veux que tu m’écoutes attentivement, Ihsan. Tu seras le premier à reconnaître que tu as parfois du mal à rester concentré. (Il se tut pendant une poignée de secondes.) Est-ce que tu es prêt à m’écouter maintenant ?
— Oui.
— Bien. Parce que je te ferai exactement la même chose si jamais tu t’avises de réutiliser ton pouvoir contre ma fille ou moi.
Çeda entendit Cahil se remettre en marche et s’éloigner. Yndris le suivit.
— Ihsan, dit Husamettín de sa voix grave. Nous avons ce que nous sommes venus chercher. Nous n’avons plus rien à faire ici.
Le Roi des Lames partit avec Varal et les chevaux. Les claquements de sabots s’éloignèrent, mais des bruits de pas approchèrent. Ihsan s’arrêta devant Çeda, s’accroupit et pencha la tête pour la regarder dans les yeux. Il affichait une expression inhabituelle, un étrange mélange de curiosité et de regret.
— Ce qui est arrivé est malheureux, dit-il. Je sais que vous étiez proches. (Il jeta un coup d’œil en direction de l’entrée de l’écurie.) Je dois savoir avant de partir. Est-ce que c’est vrai ? (Il s’exprimait avec un calme horripilant.) Est-ce que cette femme est la réincarnation de la déesse ?
Çeda refusa de répondre, mais Ihsan répéta la question, et, cette fois-ci, une onde de douleur traversa la jeune femme. Elle n’eut pas d’autre choix que de révéler ce qu’elle savait.
— Je l’ignore.
— Que veux-tu dire ?
— Elle ne le sait pas, alors comment pourrais-je le savoir ?
Ihsan hocha la tête comme s’il trouvait cela tout à fait logique. Puis son regard glissa vers la main droite de Çeda qui était agitée de spasmes. Il fronça les sourcils et la jeune femme crut qu’il allait lui demander d’arrêter. Il ne le fit pas.
— Hmm, grogna-t-il comme s’il aurait été ravi d’observer le phénomène plus en détail, mais qu’il n’en ait malheureusement pas le temps.
Il se leva et sortit de l’écurie. Çeda entendit des chevaux qui partaient au galop, puis plus rien. Il ne restait qu’elle, Sümeya, Kameyl, Jenise et le cadavre d’un homme qu’elle avait jadis aimé.
Une rage intense l’embrasa. Elle pouvait déjà bouger les doigts, et plus elle les bougeait, plus son corps se détendait. Elle poussa un long gémissement sifflant et réussit à se redresser, serrant les dents et crachant des postillons sous le coup de l’effort.
Et puis elle le vit enfin. Osman la regardait sans la voir. Du sang coulait encore de la plaie profonde au sommet de son crâne.
— Oh, Osman ! souffla-t-elle en glissant une main sur une joue mal rasée. Je suis tellement désolée de t’avoir entraîné dans cette histoire.
Elle le laissa là. Elle le devait. Elle n’avait pas le choix si elle voulait avoir une chance de rattraper Varal. Encore un crime dont Cahil et les autres devront répondre. Elle se leva, pivota sur des jambes qui semblaient en plomb et toisa Sümeya.
— Secoue-toi, par tous les dieux ! Bats-toi !
Elle essaya de projeter son pouvoir vers sa camarade. De bloquer le sortilège d’Ihsan. Elle ne sut pas si cela eut un quelconque effet, si la volonté de Sümeya triompha ou si la magie d’Ihsan faiblit du fait de son éloignement, mais Sümeya tressaillit, puis commença à bouger avec lenteur. Elle fit la même chose avec Kameyl et Jenise. De longues minutes s’écoulèrent. Elle était certaine qu’elles avaient perdu trop de temps, qu’il était désormais trop tard pour se lancer à la poursuite des Rois, mais elle ne renonça pas.
Alors que ses camarades retrouvaient peu à peu l’usage de leur corps, elle se précipita vers les stalles. Il ne restait que trois chevaux. Il faudrait faire avec. Elle sella le premier pendant que Kameyl et Jenise s’occupaient des deux autres.
Sümeya se dirigea vers Çeda, le regard sombre.
— Nous les poursuivrons si tu le souhaites, mais le Roi Ihsan…
Elle ne prit pas la peine de dire la suite. Si elles les rattrapaient, Ihsan n’aurait qu’à donner un ordre pour les arrêter.
Çeda pointa le doigt vers l’arc et le carquois accrochés derrière sa selle.
— Ihsan mourra le premier. Avant que nous soyons à portée de sa voix. Dépêche-toi. (Elle enfourcha son cheval et tendit la main à Sümeya.) Les Rois doivent être punis pour ce qu’ils ont fait.
Sümeya saisit son avant-bras et Çeda tira pour la hisser derrière elle. Puis les trois cavalières éperonnèrent leurs montures et s’élancèrent à la poursuite des Rois au triple galop.
OceanofPDF.com