Sharakhaï T5 : La Porte vers l'au-delà
Chapitre 50
La nuit était tombée sur Sharakhaï lorsque Davud arriva devant l’imposante demeure qui se dressait au nord du domaine du collegium. C’était le plus récent et le plus luxueux des repaires dans lesquels il s’était caché au cours des derniers mois. Il entra sans prendre la peine de frapper. Dans la pièce principale, un feu à l’agonie crépitait dans l’âtre. À côté, un vieillard installé dans un siège à bascule tricotait ce qui semblait être une sorte de foulard. Davud jeta quelques bûches dans la cheminée et l’homme – dont le crâne dégarni était ceint d’une chevelure hirsute – contempla les flammes sans lui prêter la moindre attention. C’était un riche maître de caravane dont la famille avait été tuée pendant l’invasion malasanienne. Les Fileuses du Destin avaient épargné sa vie en l’envoyant régler une affaire dans le port occidental. Il avait décidé de vivre seul, de ne plus se mêler aux autres, de garder les pièces de sa demeure vides et désertes.
Davud ajusta le châle posé sur les épaules du vieillard pour qu’il n’ait pas froid, puis se dirigea vers l’escalier, monta au deuxième étage et entra dans la chambre la plus spacieuse de la maison. Esmeray était allongée sur le lit, à moitié couverte par un somptueux drap en laine. Elle lisait un recueil de poèmes à la lueur d’une lampe.
Elle leva la tête de son livre alors que Davud commençait à se déshabiller.
— Les Fileuses du Destin se sont montrées ingrates, je suppose.
Il sauta dans le lit, nu comme un ver.
— Elles sont toujours ingrates.
— Oh, je n’en suis pas si sûre. (Elle tourna une page.) Elles t’ont fait une sacrée faveur en guidant tes pas vers ce cimetière.
Davud essaya de contenir son rire et échoua lamentablement. La jeune femme faisait référence au jour où ils s’étaient rencontrés, quand elle l’avait attaqué et que Fezek, la goule, était venu à son secours.
— Certains parleraient plutôt de malédiction.
— Une malédiction pour moi, tu veux dire !
Il prit une bouteille d’huile parfumée sur la table de chevet, la déboucha et tira sur les couvertures. Il versa quelques gouttes sur le ventre d’Esmeray, puis la massa autour du nombril afin de faire pénétrer le liquide. Une odeur de clou de girofle se répandit dans l’air.
— Est-ce que tu appelles ça une malédiction ?
Esmeray haussa les épaules.
— C’est la seule chose qui n’en fait pas partie.
Les muscles contractés roulèrent sous ses doigts et il sourit en les sentant se détendre. Esmeray appréciait ces moments d’intimité, et Davud les appréciait tout autant. C’était une parenthèse de normalité dans la folie et le chaos qui rythmaient leur vie.
Les yeux de la jeune femme glissèrent vers son livre et elle reprit sa lecture.
— Où es-tu allé fouiner ? demanda-t-elle comme si elle se contrefichait de la réponse.
Davud savait cependant que ce n’était pas le cas.
— Les dortoirs. J’ai passé plus d’une heure dans la chambre qu’occupait Cassandra.
— C’est tout ?
Davud ferma les paupières. Il avait senti qu’elle connaissait déjà la réponse.
— D’accord. Je suis allé faire un tour dans l’ancien repaire de Nebahat.
Elle posa son livre.
— Nous étions d’accord, Davud. Tu avais dit que tu ne mettrais pas les pieds dans cet endroit.
— Je sais, je sais. Mais j’espérais trouver l’assistant de Nebahat. Il connaît ses secrets. J’en suis sûr.
— Je n’en doute pas… (Elle se remit à lire, mais son visage était crispé par la colère et le jeune homme songea que ses mots devaient glisser sur elle comme des gouttes de pluie.) Mais à quoi cela te servira-t-il si tu es mort ?
Les mains de Davud ralentirent. Soit. Il était fasciné par l’étrange jeune homme qu’ils avaient rencontré dans le repaire de Nebahat. Il avait l’incroyable pouvoir de bloquer et de neutraliser les sortilèges, mais surtout Davud était convaincu que c’était une mine d’informations. La manière dont il s’était servi des livres pour les guider montrait clairement qu’il avait lu une grande partie des anciens textes que Nebahat avait cachés sous le collegium.
— Le jeu n’en vaut pas la chandelle, poursuivit Esmeray. À moins que tu ne sois prêt à faire une croix sur tout le reste. L’Enclave. La Reine Meryam. Les offrandes qu’elle envoie dans les champs en fleur.
— Tu as raison. (Il avait pris un risque inconsidéré qui aurait pu compromettre leurs plans.) Je ne le ferai plus.
— Promis ?
— Promis.
Elle reposa le livre et regarda le long de son corps harmonieux.
— Promets-le à mon ventre.
Davud sentit ses oreilles s’embraser.
— Tu veux dire…
Elle le regarda d’un air déconcerté, puis éclata d’un long rire joyeux. Un rire authentique, pas celui dont elle se servait pour se moquer de lui.
— Non ! Dieux, non ! Je connais les herbes qui permettent d’éviter ce genre de tracas. Maintenant, promets-le à mon ventre.
Le jeune homme se pencha et l’embrassa sur le nombril.
— Je le promets, dit-il en s’adressant à la petite cavité naturelle. (Il se redressa et reprit son massage.) Tu as dit que tu avais l’intention de rencontrer quelqu’un qui travaille au palais du soleil, non ?
La femme à laquelle il faisait référence était la première archiviste du palais. À la demande pressante d’Esmeray, elle s’était rapprochée de Basilio, le vizir de la Reine Meryam. Esmeray espérait trouver quelqu’un – n’importe qui – qui puisse lui révéler pourquoi Meryam envoyait des offrandes dans les champs en fleur.
— Elle a bavardé avec Basilio et elle a un peu dégagé le terrain, dit Esmeray. Mais il n’a rien appris d’important. Il a juste laissé échapper que Meryam était rentrée de Mazandir.
Ils savaient que Meryam avait quitté la ville – c’était le genre de secret qu’on ne pouvait pas garder très longtemps dans un endroit aussi grand que le palais du soleil. Elle était restée absente pendant près de deux semaines, mais ils n’avaient pas pu découvrir où elle était allée.
— Mazandir, répéta Davud sur un ton songeur. (Il embrassa l’épaule d’Esmeray.) Qu’est-ce qu’elle est allée faire là-bas ?
— Basilio ne l’a pas dit. Quelque chose d’important, sans aucun doute.
Il déposa un baiser sur un sein nu.
— Il va falloir que ton archiviste le travaille au corps pour lui arracher d’autres secrets.
La jeune femme posa son livre sur le côté et esquissa un large sourire.
— Le travailler au corps, hein ? Je peux savoir ce que tu entends par là exactement ?
— Je vais te faire une dé…
Alors que sa main glissait le long d’une hanche et s’engageait sur une cuisse, il se figea brusquement, une curieuse sensation dans la poitrine.
Esmeray se rendit tout de suite compte qu’il se passait quelque chose.
— Qu’est-ce que tu as ?
Il repoussa les couvertures.
— Quelqu’un approche.
Ils se levèrent et s’habillèrent à la hâte. Esmeray se précipita vers la fenêtre la plus proche tandis que Davud se préparait à descendre au rez-de-chaussée. Ce fut à ce moment qu’ils entendirent la porte d’entrée s’ouvrir.
— Davud ! lança une voix qui trahissait une certaine angoisse, voire de la douleur.
— C’est Undosu, dit Esmeray.
Ils se précipitèrent au rez-de-chaussée, mais alors qu’ils arrivaient sur le demi-palier de l’escalier ils entendirent un bruit sourd. Comme si quelque chose de massif venait de tomber. Ils trouvèrent Undosu gisant sur le sol, recroquevillé au pied des marches.
Esmeray s’accroupit près de lui.
— Dieux ! que s’est-il passé ?
Les paupières du mage s’ouvrirent à grand-peine. Son chapeau avait disparu et il avait une vilaine plaie à la tête. Un voile écarlate maculait sa peau sombre et ridée. Il plaquait son bras gauche contre sa poitrine. L’avant-bras était gravement brûlé, mais ce n’étaient pas des flammes qui avaient provoqué de tels dégâts. La peau avait éclaté par endroits, révélant des fragments de chair à vif.
— Le vieil homme que je suis a fait preuve de négligence, dit-il entre ses dents serrées. Ils m’ont trouvé.
— Qui ?
— Prayna et Nebahat.
Il essaya de se redresser. Esmeray l’en empêcha, mais le lâcha lorsque le vieil homme secoua la tête avec énergie.
— Ils arrivent, jeune fille ! il faut prévenir Meiying !
À cet instant, la porte grinça. Trembla. Vibra. Puis s’incurva vers l’intérieur. Les gonds gémirent.
— Baisse-toi ! cria Esmeray.
Ils s’accroupirent au moment où le battant explosait. Des éclats volèrent dans tous les sens, mitraillant les murs et les meubles. Un bruit évoquant le grésillement de la viande dans une poêle brûlante emplit la pièce tandis que des bouts de bois et de plâtre s’abattaient sur le plancher.
— Filons par-derrière ! siffla Esmeray.
Elle saisit la main d’Undosu et tira pour le lever, mais à peine avaient-ils fait un pas vers le couloir menant vers l’arrière de la maison qu’ils entendirent la porte de derrière exploser à son tour.
— Prends l’escalier ! lança Davud. Je vais les retenir.
Esmeray aida Undosu à monter les marches aussi vite que les jambes flageolantes du vieil homme le permettaient. Davud, lui, invoqua un bouclier bleu et scintillant avant de reculer vers l’escalier, les yeux rivés sur l’entrée. Il vit le vieil homme, leur hôte, se recroqueviller sous le châle en laine.
Ne bougez pas, pensa Davud. Ne faites pas un bruit.
Le jeune homme monta au premier étage et jeta un coup d’œil en direction de la volée de marches suivante. Une boule de feu émeraude se précipita vers lui. Elle ricocha sur son bouclier et frappa le plafond, provoquant une nouvelle pluie de plâtre. Davud s’élança vers le deuxième étage.
Au-dessus de lui, il sentit Esmeray préparer la trame d’un sortilège. Elle avait été privée de ses pouvoirs et ne pouvait plus utiliser la magie, mais ils avaient appris à travailler de concert. Elle créait les trames, il tissait les sorts. Leur répertoire magique s’était considérablement étendu depuis qu’ils avaient mis cette tactique au point.
Il terminait d’infuser sa magie dans la trame quand il entendit des bruits dans l’escalier en contrebas.
— Suis-nous sans résister, Esmeray, et nous épargnerons ta vie.
C’était le frère de la jeune femme, Esrin. Ce qui signifiait que sa sœur, Dilara, ne devait pas être loin. C’était probablement elle qui avait fait exploser la porte de derrière.
— Monte donc me chercher ! aboya Esmeray depuis le deuxième étage. Et tu verras ce qui arrive à ceux qui entrent chez moi sans y être invités.
Davud sentit le sortilège glisser vers l’escalier et cascader comme une chute d’eau. De fines vrilles poussaient là où il se répandait. Elles grossirent, s’élargirent et se couvrirent d’épines avant de commencer à fouetter l’air dans tous les sens. Elles envahirent les marches en quelques instants et Esrin se retrouva encerclé. Il poussa un cri de douleur, puis des flammes rugirent. Une fumée noire monta dans la cage d’escalier et enveloppa Davud. Une odeur âcre envahit ses narines, lui brûla les yeux et le fit larmoyer.
Quand il arriva sur le toit en terrasse, Esmeray entraînait Undosu vers l’arrière de la maison en préparant une nouvelle trame. Il traversa le petit jardin et infusa tout ce qui lui restait d’énergie dans le sortilège. La table en bois, les chaises et l’auvent qui les couvrait explosèrent en une myriade d’éléments qui se réassemblèrent aussitôt. Un pont étroit se forma entre le toit de la maison et celui du bâtiment voisin.
Ils en avaient franchi la moitié quand une grosse boule de feu éclaira la ruelle en contrebas. Elle fila vers eux et les manqua d’un cheveu.
— Tu n’aurais pas dû t’enfuir ! cria Dilara. La punition n’en sera que plus sévère !
Esmeray se pencha et regarda en bas.
— Va crever, Dilara !
Une volée d’épines filèrent vers eux dans un hurlement strident et se plantèrent dans le mollet de Davud.
Le jeune homme serra les dents et inspira un grand coup pour chasser la douleur. Ils s’arrêtèrent le temps d’arracher les projectiles barbelés, puis repartirent en avançant aussi vite que la blessure de Davud le permettait. Ils traversèrent plusieurs toits, descendirent dans une rue et se dirigèrent vers l’est, en direction du village de Tsitsian, le quartier des immigrés où habitait Meiying. Dilara et Esrin étaient sur leurs talons. Undosu pouvait à peine marcher et les sortilèges de dissimulation de Davud ne résistaient pas très longtemps. Les deux mages de sang finissaient toujours par les percer. Quand ils atteignirent enfin la rue dans laquelle Meiying habitait, Davud était à la traîne. Il avait utilisé une grande quantité de magie en très peu de temps et il était épuisé.
Esmeray pointa le doigt vers un porche en bois éclairé par les lanternes rouges accrochées le long de la rue.
— Nous sommes arrivés !
Ils s’arrêtèrent net. Un homme se dirigeait vers eux en slalomant entre les passants. Par tous les dieux ! c’était Nebahat. Il portait un caftan ocre et son front était peint en orange avec un cercle jaune au milieu. Les gens qui se tenaient devant les bordels observèrent la scène. Certains esquissèrent un sourire amusé, mais la plupart d’entre eux s’éloignèrent d’un pas pressé. Ils avaient senti que la confrontation risquait de mal tourner.
La rue se vidait de plus en plus vite et Esmeray pointa le doigt vers une ruelle latérale.
— Par là, vite !
Undosu grogna tandis que les deux jeunes gens glissaient chacun un bras sous ses épaules et le soulevaient presque. Ils arrivèrent dans un jardin de pierres dont le sol sableux avait été ratissé de manière à dessiner des motifs. Une femme se tenait au centre. Une moitié de son corps était éclairée par la lumière rougeâtre de lanternes accrochées à bonne distance. C’était Prayna. Une femme vêtue d’une robe en soie argentée était roulée en boule à ses pieds, sans connaissance. Meiying.
Nebahat émergea de la ruelle, leur coupant ainsi toute retraite. Dilara et Esrin le suivaient de près.
— S’il vous plaît, dit Davud, le souffle court. Nous n’avons aucune raison de nous battre…
— Attention ! cria Prayna.
Davud n’avait pas vu qu’Undosu traçait un sigil dans l’air. Dilara porta aussitôt les mains à sa poitrine, les yeux écarquillés et la bouche béante, le visage déformé par une souffrance intense. Undosu fit un geste sec et la dishdasha de la jeune femme se fendit en deux.
Dilara cria de surprise en contemplant l’étrange excroissance qui poussait sur sa poitrine. Elle appuya dessus comme si elle voulait l’empêcher de grossir et échapper ainsi à un funeste sort. Puis elle s’effondra.
— Dilara ! cria Esrin avant de s’agenouiller près d’elle.
Nebahat poussa un terrible grondement et projeta un serpent de lumière verte vers Undosu. Celui-ci invoqua un bouclier scintillant qui l’enveloppa et qui se volatilisa dans une explosion de fragments dorés quand l’attaque de Nebahat le traversa et frappa le Kundhanais à la tête. Une gerbe écarlate monta dans les airs et le vieil homme s’effondra.
— Esrin, arrête ! cria Prayna. Je veux leur parler.
Davud était tellement inquiet pour Undosu qu’il n’avait pas remarqué qu’Esrin s’était levé. Le frère d’Esmeray le regarda avec une rage non dissimulée tandis qu’une boule de feu roulait entre ses mains tendues. Les flammes grésillèrent, puis s’éteignirent sans raison apparente. Il essaya d’en invoquer d’autres, mais ne réussit qu’à produire une vague étincelle avant que le sortilège soit étouffé.
Prayna scruta les ténèbres à la recherche d’une éventuelle menace, puis traça un sigil devant elle. Rien ne se passa.
Davud avait déjà assisté à ce phénomène. Il en avait même senti les effets quand le seigneur Ramahd Amansir avait aspiré l’énergie de ses sortilèges. Il avait eu l’impression d’être un enfant incapable d’empêcher une bande d’alouettes des rues de voler son paquet de caramels.
À peine le nom de Ramahd avait-il traversé son esprit que le seigneur qaimirien apparut dans la ruelle, derrière Nebahat et Esrin. Quelqu’un l’accompagnait. Par tous les dieux du désert ! c’était Hamzakiir ! Et il y avait deux hommes derrière eux. Le premier était un colosse en armure noire armé d’un gigantesque shamshir à deux mains. Le second, plus petit, tenait un marteau d’armes doré dans la main droite. Husamettín, le Roi des Lames, et Cahil, le Roi Confesseur.
Un troisième Roi les rejoignit un instant plus tard. Le Roi Ihsan leva les mains dans un geste d’apaisement.
— Du calme, du calme. Pourquoi ne pas discuter comme des gens civilisés ?
Un lourd silence s’abattit sur le jardin, puis le chaos se déchaîna.
Esrin projeta un sort qui manquait de puissance. Husamettín le bloqua avec son bouclier et chargea avec Cahil. Cahil lança son marteau qui frappa le jeune mage au visage après avoir traversé la barrière scintillante qu’il essayait d’invoquer. Esrin poussa un cri de douleur et fut projeté par-dessus un assemblage harmonieux de rochers.
Hamzakiir concentra une sphère de ténèbres entre ses paumes. Nebahat lui lança une boule de feu avec une rapidité foudroyante, mais le mage de sang leva une main sans interrompre son sort et la bloqua avec une désinvolture déconcertante. Son autre main projeta la sphère d’encre qui fila vers Nebahat en tournoyant comme une chauve-souris affolée. Elle le frappa en pleine poitrine et dévora sa chair avec une telle avidité qu’on aurait pu croire que le mage était attaqué par un briseur d’os enragé. Nebahat agita les bras en quête d’une prise à laquelle se raccrocher, puis bascula en arrière et s’effondra tandis que les ténèbres continuaient à le ronger dans un grésillement répugnant.
L’affrontement s’était déroulé si vite que Davud ne remarqua pas le shuriken dans la main de Prayna. De toute manière, il n’aurait pas réussi à l’arrêter. Il était trop fatigué pour lancer un nouveau sort. Il tourna cependant la tête pour voir qui elle visait.
— Ramahd ! cria-t-il.
Trop tard.
Le bras de Prayna se détendit et l’étoile d’acier siffla dans l’air avant de se planter dans l’épaule du Qaimirien. Deux autres suivirent tandis qu’il reculait en titubant.
Esrin se leva tant bien que mal et tendit les bras vers le ciel. Un vent puissant souleva le sable et les pierres du jardin, puis les rassembla en un tourbillon effrayant qui lacéra les armures, les vêtements et les chairs non protégées. Davud était incapable de le neutraliser. Il serra Esmeray contre sa poitrine et se détourna en attendant que le sortilège prenne fin.
Quand le vent s’abattit et que le brouillard de sable se dissipa enfin, Prayna et Esrin avaient disparu.
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