Sharakhaï T5 : La Porte vers l'au-delà
Chapitre 61
Les jambes de Çeda étaient douloureuses, ses poumons la brûlaient, mais elle continuait à courir dans les tunnels tapissés de racines en direction de la caverne du cristal. Emre était avec elle. Elle entendait encore l’appel des adicharas.
Viens, lui soufflaient-ils. Viens t’étendre sous nos branches. Viens trouver l’ultime repos.
Malgré ses tatouages et son lien avec le désert, malgré Sehid-Alaz qui renforçait sa volonté, elle avait le plus grand mal à résister à l’envie de faire demi-tour et de regagner les champs en fleur.
Et puis l’appel cessa.
Çeda ralentit, s’arrêta et posa les mains sur les parois du tunnel en reprenant son souffle.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Emre entre deux halètements.
— Le sortilège. Il s’est arrêté. Tout d’un coup.
Et s’il s’était arrêté… La jeune femme sentit l’essence même du sort se dissiper.
— Macide est mort.
Emre, dont la silhouette se détachait dans la lumière diffuse des mousses qui couvraient le plafond, la regarda d’un air déconcerté, comme s’il avait du mal à comprendre ce qu’elle venait de dire.
— C’est terminé, alors ? Tu es libre ?
— Je suis libre, oui. Mais les arbres…
L’appel des adicharas avait cessé, mais elle sentait toujours leur présence. Autour de la ville, ils étaient de plus en plus nombreux à succomber au sortilège de Meryam. Celui-ci se répandait dans les bosquets comme un poison.
— Ils meurent toujours.
La voix affaiblie de Sehid-Alaz lui parvint des champs en fleur.
Nous pourrons les garder en vie pendant un certain temps.
Çeda sentit alors un changement. Les asirim avaient cessé de se soutenir les uns les autres pour se concentrer sur les arbres tors.
Mais tu dois te dépêcher, Çedamihn. Nous ne pourrons pas les protéger très longtemps.
Çeda et Emre reprirent leur course dans les sombres tunnels. La jeune femme estima préférable de ne pas dire qu’elle ne savait pas quoi faire. Qu’elle n’avait pas la moindre idée quant à la manière de neutraliser ce fléau. Elle ne pouvait qu’essayer d’atteindre la caverne au plus vite… et voir.
Ils entendirent bientôt des claquements métalliques, puis des gémissements de douleur et des cris de ralliement. Autour d’eux, les racines s’étiolaient et se desséchaient à un rythme inquiétant. Elles craquaient et s’effritaient sous leurs pieds. Malgré les efforts de Sehid-Alaz, de plus en plus d’arbres succombaient au sortilège de Meryam.
Çeda sentit le cristal devant elle. Il semblait sur le point de se briser.
Et que se passera-t-il alors ? Est-ce que nous disparaîtrons tous dans un déluge de feu éblouissant ? Est-ce que le monde cessera juste d’exister ?
Elle résista à la peur et se concentra sur le bout du tunnel. La lumière et les bruits de la bataille gagnèrent en intensité. La jeune femme sentit une détermination nouvelle monter en elle. Elle devait trouver les autres pour leur demander ce qu’ils savaient, mais, alors qu’elle atteignait la sortie du tunnel, elle s’arrêta net et contempla la lumière aveuglante au centre de la caverne.
— Par le souffle du désert !
Et tandis qu’elle contemplait cette lumière – la lumière du cristal –, une certitude implacable s’imposa à elle.
Nous arrivons trop tard. Nous sommes arrivés trop tard.
Le spectacle des centaines de fêlures qui zébraient la surface et l’intérieur du cristal était presque douloureux. Et ce n’était pas le pire : la jeune femme sentit sa chair se hérisser. Elle avait l’impression qu’un fil lui enserrait le cœur et l’entraînait vers le cristal.
— Çeda, dit Emre.
Il pointait le doigt vers une des nombreuses zones de combat.
La jeune femme s’obligea à se concentrer et comprit ce qu’il voulait lui montrer. Un groupe de Lances d’argent en tabard blanc et de Vierges du Sabre vêtues de noir se battait contre une marée de soldats miréens en armure de cuir. Certains d’entre eux – les officiers, sûrement – portaient un casque en acier orné d’une queue flottante bleutée.
Les combats les plus violents se déroulaient à proximité du cristal. Les hordes de Damnés – les troupes d’élite miréennes avec leurs armures laquées et leurs masques de démon – étaient conduites par Juvaan Xin-Lei qui portait une armure similaire, mais blanche. Juvaan était terrifiant et ses cheveux blancs s’envolaient à chaque coup qu’il portait. Ils affrontaient un groupe de Lances d’argent et de Vierges du Sabre parmi lesquelles se trouvaient Sümeya, Kameyl et – curieusement – la reine Nayyan. Les trois guerrières étaient aussi vives que des chats et elles se battaient en se protégeant les unes les autres. Cahil, qui était couvert de sang, abattit son marteau d’armes sur le crâne d’un Miréen à terre en poussant un hurlement rageur. Derrière lui, Husamettín faisait tournoyer Baiser de la Nuit qui vrombissait dans l’air. Ihsan était allongé dans une mare de sang, immobile.
Çeda tourna la tête et regarda au-delà du cristal et de l’échafaudage qui se dressait à côté. Ses jambes flageolèrent lorsqu’elle aperçut la créature de trois mètres de haut qui se déchaînait. C’était une scène de cauchemar. Guhldrathen rugissait et abattait ses redoutables griffes sur tous les soldats – miréens et sharakhiens – qui se trouvaient sur son chemin. Il décimait un groupe et se précipitait aussitôt vers un autre, comme si son seul but était de tuer autant de gens que possible.
Personne ne pouvait lui résister, mais, privé de son intelligence, il ne prêtait aucune attention aux coups de sabre et de lance. Des dizaines de carreaux – certains avec le fût brisé – étaient plantés dans sa chair putréfiée. Alors que le monstre semblait faiblir, ses yeux laiteux se posèrent sur Husamettín. Çeda sentit des larmes couler sur ses joues. Un flot de salive inonda sa bouche et un goût de cuivre, de sulfure et de cendre envahit sa gorge.
Guhldrathen avança en écrasant les racines desséchées. De nombreux soldats tournèrent les talons et s’enfuirent, terrifiés. Çeda et Emre, eux, s’élancèrent vers le monstre. Emre tira son arc, prit plusieurs flèches dans son carquois et en décocha trois à la suite. Elles tracèrent des lignes horizontales et se plantèrent dans le cou et le visage de Guhldrathen.
Husamettín et Cahil ordonnèrent à leurs troupes de se replier vers le cristal et se préparèrent à affronter l’ehrekh. Guhldrathen ne prêta aucune attention à leurs coups. Il essaya de frapper Husamettín, mais celui-ci était plus rapide que lui. Il abattait son sabre et bondissait sur le sol couvert de racines pour rester hors de portée.
L’ehrekh frappa le sol d’un puissant coup de sabot, et une onde de choc partit du point d’impact. Les racines se déchirèrent et les personnes les plus proches – dont Çeda – perdirent l’équilibre.
Husamettín bascula en arrière, mais pivota et roula sur une épaule avant de se relever. Guhldrathen – qui était d’une vivacité étonnante pour une créature de sa taille – bondit en avant et frappa le Roi des Lames d’un revers de main. Husamettín fut projeté dans une direction, Baiser de la Nuit dans une autre. Le Roi se leva et se baissa pour esquiver l’attaque suivante. Le poing de l’ehrekh s’écrasa contre le cristal avec un grand bruit sec pendant qu’une de ses queues frappait le sabre de Sümeya et l’envoyait tourbillonner dans les airs. Husamettín continua à esquiver les coups avec la grâce d’une hirondelle. Cahil en profita pour charger. Kameyl l’imita.
À cet instant, un craquement sonore retentit. Une nouvelle fêlure apparut à la surface du cristal, une ligne blanche et zigzagante qu’on distinguait à peine au milieu des autres. Malgré le fracas de la bataille, Çeda entendit clairement le tintement aigu qui précéda la fracture du cristal. Un fragment de la taille de son avant-bras tourbillonna dans l’air et s’écrasa aux pieds de Davud.
Davud le ramassa d’une main et le brandit au-dessus de sa tête tandis qu’il traçait un sigil de sa main libre.
— Guhldrathen ! appela-t-il.
L’ehrekh, qui se battait toujours contre Husamettín, s’arrêta, se tourna et contempla le morceau de cristal d’un air fasciné.
Çeda, qui se trouvait dans son dos, s’élança en poussant deux sifflements stridents : gardienne, puis baisser. Sümeya comprit. Elle se plaça sur le chemin de sa camarade et s’accroupit en rentrant la tête dans les épaules. Kameyl se pencha pour ramasser Baiser de la Nuit et la lança vers le plafond de la caverne. Sans ralentir, Çeda sauta sur le dos de Sümeya, bondit aussi haut que possible et attrapa l’arme en plein vol.
Elle atterrit entre les omoplates de Guhldrathen et saisit une corne d’une main pour ne pas tomber. Le sort de Davud avait cessé de faire effet et l’ehrekh poussa un rugissement. Il secoua la tête avec frénésie pour faire tomber la jeune femme, en vain. Çeda glissa le sabre contre la gorge du monstre et saisit la lame de l’autre main. Guhldrathen tituba. Ses bras qui ressemblaient à des branches s’agitèrent dans tous les sens tandis qu’il essayait de se débarrasser de Çeda. Il secoua la tête pour l’encorner, mais sans résultat. Çeda le tenait à la gorge comme une louve sa proie. Elle poussa un cri de rage et de colère, puis imprima un mouvement de va-et-vient à Baiser de la Nuit qui vrombissait plus fort que jamais. La lame trancha la gorge de Guhldrathen et s’enfonça jusqu’aux vertèbres.
La résistance céda brusquement et la jeune femme glissa le long du dos de l’ehrekh. La tête de Guhldrathen bascula et tomba comme un melon roulant d’un chariot. L’imposante créature décapitée fit quelques pas pesants, puis s’effondra. Les racines desséchées qui couvraient le sol se brisèrent comme les branches d’un acacia mort depuis une éternité.
Ce fut seulement à ce moment que Çeda se rendit compte qu’il n’y avait presque plus de bruit dans la caverne. Pendant son combat contre Guhldrathen, les Miréens s’étaient regroupés et repliés. Husamettín, qui avait été sonné par un coup, regarda Çeda qui tenait Baiser de la Nuit, le sabre que les dieux avaient offert au Roi des Lames quatre siècles plus tôt. La jeune femme hésita un instant, puis le lui tendit – ce n’était pas le moment de se disputer pour une arme. Husamettín la prit et la glissa dans son fourreau avant de se diriger vers une table qui avait été renversée au cours de la bataille. Tout près, en partie cachée dans un drap en velours noir, se trouvait Fille du Fleuve ainsi que la ceinture et le poignard de Çeda. Le Roi ramassa les trois et les apporta à la jeune femme.
Elle le remercia d’un hochement de tête, puis attacha la ceinture autour de sa taille. Dieux ! comme c’était agréable de retrouver ses armes. Elle leva la tête et vit que des gens se rassemblaient autour d’eux. Une majorité de Lances d’argent et plusieurs mains de Vierges qui s’étaient ralliées à la Reine Nayyan et aux anciens Rois. Il y avait également un groupe de soldats et de chevaliers qaimiriens. Un spectacle de désolation s’étendait autour d’eux. Les vestiges d’un horrible champ de bataille. Des corps jonchaient le sol, principalement aux endroits où les combats avaient été les plus violents. Des armes et des boucliers étaient éparpillés un peu partout. Ihsan avait repris connaissance, mais il avançait en boitant, soutenu par la Reine Nayyan. Il se frayait un chemin parmi la foule en trébuchant parfois sur une racine traîtresse.
Dans la caverne, la plupart des gens contemplaient le cristal, l’entaille qui zébrait son flanc ou le fragment que Davud avait laissé tomber près de la base. À moitié enfoui dans les racines, l’éclat violet luisait comme une braise agonisant dans la nuit.
Yndris jaillit d’un tunnel et prit la parole d’une voix haletante.
— Les Miréens se sont emparés de la ville ! Ils sont en train d’envahir le palais du soleil ! Ils seront ici dans quelques minutes !
Le visage d’Ihsan – incarnation du calme et de la mesure – se froissa sous le coup de l’inquiétude. Une inquiétude qu’il ne se donna même pas la peine d’essayer de cacher.
— Tout cela est sans importance si nous ne pouvons pas sauver le cristal.
Un lourd silence s’abattit dans la caverne. Tout le monde se sentait impuissant. Y compris le Roi Éloquent.
— Je vous en prie, souffla Çeda. Dites-moi que le Roi Yusam a écrit quelque chose à propos de ce qui vient de se passer dans ses carnets bleus !
Ihsan secoua la tête.
— Yusam n’a rien écrit à propos de ces événements. Nous avons pénétré dans un territoire entièrement vierge.
Çeda avait l’impression de plus en plus prégnante que son âme était aspirée par le cristal. D’autres personnes devaient ressentir la même chose, de nombreux visages trahissaient un profond malaise. Certaines se tenaient le ventre à deux mains. Des cris de bataille retentirent. Les Miréens approchaient, et ils n’étaient pas en état de les affronter.
— Par tous les dieux ! souffla Çeda. Nous n’avons pas fait un si long chemin pour échouer maintenant.
Tout le monde hocha la tête, mais personne ne savait quoi faire. Et leur éventail de possibilités se réduisait bien trop vite.
— Est-ce que tu as une idée ? demanda Çeda à Davud.
Il avait toujours été intelligent et cultivé. Et c’était désormais un mage de sang.
Le jeune homme la regarda d’un air impuissant.
— J’aimerais bien, mais…
— Il faut le détruire, dit une voix au-delà du cercle de personnes rassemblées autour de Çeda.
Les Vierges du Sabre et les Lances d’argent s’écartèrent et Çeda aperçut Brama en compagnie d’une goule… avec une jambe de bois. Ils soutenaient une femme. Anila la nécromancienne. Elle était si faible qu’elle se serait sans doute effondrée sans leur aide.
— Le cristal, poursuivit Brama. Il faut le détruire.
— Pourquoi ? demanda Çeda.
— Parce que, s’il atteint son point de rupture tout seul, il sera trop tard. Si nous le brisons, en revanche, Anila et moi pourrons intervenir et arrêter le processus.
— L’arrêter ? répéta Ihsan.
— Pendant un certain temps, oui.
Çeda secoua la tête, confuse.
— Comment ?
Anila, toujours soutenue par la goule et Brama, regarda les gens rassemblés devant elle.
— Il faut agir depuis l’autre rive, dit-elle d’une voix sombre.
D’étranges reflets chromatiques dansaient sur sa peau noire et striée. Ses paupières étaient lourdes et son menton appuyé contre sa poitrine. Elle était à l’article de la mort. Elle ne semblait pas être blessée, mais Çeda savait que certains coups ne laissent pas de marques.
Des ordres et des cliquettements d’armure résonnaient dans deux des tunnels menant à la caverne. Des claquements de sabres et des cris retentirent dans l’un d’entre eux.
Brama tourna la tête vers Çeda et ses compagnons.
— Partez, vite ! Vous tous ! Éloignez-vous le plus possible de la caverne !
Cahil l’ignora et se tourna vers Ihsan.
— Est-ce que cela marchera ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas. (Ihsan se tourna vers Çeda.) Est-ce que cela marchera ?
Çeda faillit éclater de rire. Il lui posait cette question à elle ? C’était complètement ridicule. Ses yeux glissèrent sur la bosse qui déformait le front de Brama. Il y avait un fragment d’un ancien dieu à l’intérieur, l’os de Raamajit l’Exalté. Il conférait une étrange aura au jeune homme. Celle d’un être surnaturel. Celle d’un demi-dieu. La relique recélait un pouvoir que Çeda imaginait à peine, mais ce fut le regard déterminé du jeune homme qui la convainquit.
— J’ai confiance en Brama, dit-elle. Et c’est notre meilleur atout.
Ihsan, Nayyan, Husamettín et Cahil échangèrent des regards, puis hochèrent la tête les uns après les autres. Ils se tournèrent et se dirigèrent rapidement vers un tunnel qui se trouvait à l’opposé de ceux par lesquels les Miréens approchaient. Les Lances d’argent, les Vierges et les soldats qaimiriens leur emboîtèrent le pas.
Davud approcha d’Anila, la prit dans ses bras et l’embrassa avec tendresse pendant de longues secondes. Il y avait bien longtemps que Çeda n’avait pas assisté à un geste si émouvant et si sincère.
— Bon voyage, dit-il tandis qu’un flot de larmes coulait sur ses joues.
Anila murmura quelque chose à son oreille, puis s’arracha à son étreinte avec un sourire mélancolique. Brama s’adressa à Davud et lui parla d’un jeune homme prisonnier dans le collegium.
Emre prit la main de Çeda.
— Allons-y, nous aussi.
— Un moment.
Elle se dirigea vers Brama et regarda ses joues rondes, ses cheveux bouclés et ses yeux qui exprimaient une terrible vulnérabilité. Il disposait d’un pouvoir incroyable, mais elle ne voyait que le jeune et fringant voleur qu’elle avait rencontré dans les Bas-fonds une éternité plus tôt, un homme qui gagnait sa vie en cambriolant des maisons et en prenant ce qu’il voulait. Elle lui avait demandé de l’accompagner dans une mission au cours de laquelle elle devait dompter Rümayesh, mais l’ehrekh avait pris possession de son camarade. Parce qu’il avait fait montre de talents exceptionnels. Cette expérience l’avait profondément changé. Le voleur s’était transformé en homme prêt à tout pour sauver Sharakhaï.
Il était terrorisé. Pétrifié. Il ne savait pas s’il était capable d’accomplir un tel exploit.
Çeda prit ses mains et les caressa sans prêter attention aux multiples cicatrices qui les zébraient. Elle contempla ses yeux apeurés en souriant et des paroles rassurantes montèrent à ses lèvres. Tu vas y arriver. Tout se passera bien. Mais ce n’étaient que des mensonges, alors elle l’attira contre elle et le serra dans ses bras. Tremblant de tous ses membres, Brama glissa les mains autour de sa taille et ils s’étreignirent.
Un coup de trompette résonna, un appel au combat. Brama s’écarta et regarda Çeda dans les yeux. Il était toujours inquiet, mais il avait retrouvé une certaine assurance. Et il lui en était reconnaissant.
— Tu es un homme courageux, lui dit Çeda.
— Je suis un voleur.
— Tu vas t’emparer d’un trésor sans pareil. Un trésor que les dieux en personne ont rassemblé dans le plus grand secret.
Il sourit.
— Ça sera le coup le plus extraordinaire de tous les temps.
— De loin.
Brama rit et une lueur malicieuse – cet éclat qui l’avait jadis rendu célèbre dans tous les quartiers ouest de la ville – réapparut de manière aussi soudaine qu’inattendue.
Çeda recula, puis s’éloigna en compagnie d’Emre et de Davud. Et la guerre envahit la caverne.
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