Sharakhaï T5 : La Porte vers l'au-delà

Bradley P. Beaulieu · Chapitre 34 sur 72

Pages du PDF

Sharakhaï T5 : La Porte vers l'au-delà

Chapitre 32

 

 

La lumière de l’aube se répandait dans les rues sombres des Bas-fonds. Brama et Mae suivaient le garçon qu’ils avaient sauvé des adicharas. Il claudiquait et marchait lentement à cause de son pied-bot, mais il finit par les conduire à une ruelle poussiéreuse qui s’étendait entre une petite maison et un bâtiment trapu : le moulin que Brama avait aperçu dans les souvenirs de l’enfant. Grâce au pouvoir de l’os de Raamajit, il avait pris l’apparence d’un jeune voyou. Sa peau était lisse et la bosse de son front avait disparu. Mae avait refusé qu’il lui lance un sort identique. Elle s’était contentée d’enfiler une ample tunique, un justaucorps en cuir, un pantalon et une paire de sandales.

Brama regarda la ruelle dans laquelle l’adolescent avait uriné la veille.

— Rentre chez toi, lui dit-il.

Il n’eut pas besoin de le répéter. Le garçon se dirigea vers la petite maison aussi vite que son pied-bot le lui permettait.

Tandis qu’il appelait sa mère pour l’informer de son retour, Brama s’engagea dans la ruelle, Mae sur les talons. Arrivé au milieu, il s’accroupit, posa les paumes sur le sol en terre damée et sentit la présence de ceux qui avaient marché là. S’il s’était agi d’une rue très passante, il aurait sans doute été incapable d’identifier celle de la personne qui avait enlevé le garçon et l’avait envoyé dans le désert pour qu’il serve de pâture aux adicharas. Mais la ruelle était peu fréquentée et il finit par trouver ce qu’il cherchait.

Il porta les doigts à son front et invoqua le pouvoir des anciens dieux en se concentrant sur le chemin à prendre. Devant lui, des traces de pas apparurent à la faible lumière de l’aube, des traces qui menaient vers le cœur des Bas-fonds.

Tandis que la cité se réveillait, il sentit Rümayesh fulminer. Elle était furieuse d’avoir été vaincue et cherchait déjà un moyen de reprendre le contrôle de son corps, mais elle était curieuse. Encore plus curieuse que Brama peut-être. Le mystère des adicharas, la raison de leur existence… C’était une énigme vieille de quatre cents ans que personne n’avait encore résolue. Et elle fascinait Rümayesh autant que le reste du monde.

Les traces scintillantes les conduisirent au centre de la ville, au collegium, puis s’estompèrent et disparurent sur le campus.

Brama s’arrêta et examina le chemin gravillonné.

— Il se passe quoi ? demanda Mae.

Brama insuffla plus d’énergie dans son sort, sans résultat.

— Il n’y a plus rien, dit-il. La piste s’arrête là.

Mae observa les bâtiments en grès autour d’elle. Ils étaient anciens ou relativement récents, petits ou immenses. Certains étaient si imposants qu’ils semblaient déborder sur les espaces voisins.

— Tu crois il vit là ?

— Il est possible qu’il se soit contenté de traverser le collegium, mais oui, je pense qu’il vit là. (Une brume légère montait du sol et se dissipait dans l’air frais du matin.) Cet endroit a quelque chose de bizarre.

— Quoi ?

— On dirait qu’il est vivant.

— À cause les étudiants ? demanda Mae.

Quelques jeunes gens se promenaient sur l’esplanade.

— Non. Je parle de la terre. Des bâtiments. C’est vraiment très étrange, Mae.

La guerrière esquissa une moue dubitative.

— Alors, la solution est quoi ?

Brama n’en avait aucune idée, mais il avait la ferme intention de le découvrir. C’était un objectif qu’il partageait avec Rümayesh. L’idée que la terrible ehrekh ait autant envie que lui d’en apprendre davantage à propos des tribus et des offrandes aux adicharas était loin d’être réjouissante, mais au moins, elle ne chercherait pas à lui mettre des bâtons dans les roues. Que ferait-elle quand il aurait trouvé la réponse à ces questions ? Il l’ignorait, mais pour le moment il était content qu’elle le laisse chercher à sa guise.

Brama chercha pendant des semaines. Il explora le collegium sous une couverture magique pour empêcher les mages de sang de la cité de sentir sa présence. Il lança des sorts de localisation et de divination, des sorts identifiant les sources d’énergie. Tout cela aurait dû lui permettre de trouver l’endroit où se cachait la personne qui avait ensorcelé l’adolescent, mais il n’obtint aucun résultat et en conçut une grande frustration.

Un soir, il se mit en colère et décida d’enlever une professeure du collegium afin d’obtenir des informations. Alors qu’il la filait le long d’un sombre chemin gravillonné, il réfléchit à l’endroit où il accomplirait le rituel qui l’obligerait à parler. Ce fut seulement au moment où il se vit faire la première incision sur le ventre de la malheureuse qu’il renonça à ce projet délirant et reprit ses esprits.

Ce n’était pas lui, mais Rümayesh, qui voulait torturer cette femme. Il était hors de question qu’une innocente meure parce qu’il n’avait pas eu la force de résister. Il se concentra de toutes ses forces, repoussa l’ehrekh et dissipa ses sombres desseins. La femme au visage rond, aux cheveux frisés et aux joues parsemées de grains de beauté sentit qu’il se passait quelque chose d’anormal et scruta les ténèbres en quête de l’origine de son malaise. Ne voyant rien, elle se précipita vers le porche éclairé d’un immeuble de logements étudiants, entra et claqua la porte derrière elle.

Elle aurait pu nous apporter des réponses, souffla Rümayesh d’une voix mielleuse.

— Non, déclara Brama en contemplant la porte close. Elle ne sait rien. Et vous le savez parfaitement.

Rümayesh ne protesta pas, ce qui prouvait qu’il avait raison. Ce silence permit à Brama de mesurer l’étendue de la faim de l’ehrekh. Elle se nourrissait de la peur des mortels, de leurs souffrances. Elle se languissait de ces saveurs… et Brama également. Le jeune homme se demanda combien de temps il résisterait avant de succomber à sa volonté. Définitivement.

Il eut l’impression que l’écho d’un rire le suivait et se rapprochait. Un écho plus clair que le son original.

Mae avait contacté les espions de la reine Alansal infiltrés à Sharakhaï et avait obtenu une planque près du collegium. Elle voyait Brama à intervalles plus ou moins réguliers pour faire le point, mais les jours passaient et il ne faisait aucun progrès. Leurs rencontres devinrent de plus en plus rares et l’humeur du jeune homme de plus en plus sombre.

Peut-être que je ferais mieux de renoncer et de retourner dans le désert, songea-t-il.

Non, Brama. Cette affaire est bien plus complexe qu’elle en a l’air. Elle touche le cœur même de l’histoire du Grand Shangazi.

Rümayesh avait sans doute raison, mais quelle importance ? Cette quête ressemblait de plus en plus à une cause perdue.

Et puis il trouva quelque chose. Un jour qu’il se promenait sur le campus parmi les étudiants – qui frissonnaient inexplicablement lorsqu’ils l’approchaient de trop près –, il aperçut un fil éthéré qui flottait juste devant lui. Il crut d’abord qu’il s’agissait d’un fragment des sigils des murailles de la cité ou du vestige d’un rituel de sang maladroit.

Et puis il l’examina et remarqua son élégance. C’était un sortilège de contrainte et d’interaction. Il le suivit, mais le fil se perdit dans le néant. Peut-être parce que la cible était protégée par un sort de dissimulation identique à celui de la proie insaisissable de Brama. Il fit donc demi-tour et suivit la piste dans l’autre sens. Il aperçut alors une distorsion dans l’air, un sortilège de déguisement rudimentaire.

Le jeune homme souleva le voile en veillant à ne pas être repéré et… Par tous les dieux du désert ! il s’agissait de Davud, le fils de la boulangère ! Un garçon si brillant que les maîtres du collegium lui avaient proposé une bourse d’études. Une femme marchait à côté de lui. Elle l’aidait à tisser un sortilège de traque complexe. Brama ne l’avait jamais vue, mais elle ressemblait à une fille des quartiers ouest – visage tatoué, cheveux tressés et mine renfrognée laissant clairement entendre qu’elle était prête à suriner le premier qui lui manquerait de respect. Sauf que ses yeux étaient laiteux. Brama ne savait pas ce qui se passait, mais tout cela l’intriguait au plus haut point. Un diplômé du collegium et une mage vulgaire des quartiers ouest tissant un sort susceptible de les mener à un endroit qui était très probablement celui que Brama cherchait depuis des semaines ? Comment aurait-il pu résister ?

Les deux jeunes gens marchaient d’un pas lent et prudent. Brama les suivit, enveloppé dans une cape de silence. Ils pénétrèrent dans un grand bâtiment rectangulaire et remontèrent l’allée centrale jusqu’à une salle, un capharnaüm organisé de tables en pierre, d’étagères et de vases à bec soutenus par diverses structures en métal. Ils poursuivirent leur chemin et entrèrent dans une réserve. Brama l’avait déjà inspectée à plusieurs reprises et il n’y avait rien trouvé, mais Davud et sa camarade poussèrent une armoire remplie de fioles contenant des poudres et des liquides bigarrés. Le meuble pivota.

Les deux jeunes gens pressèrent le pas, sentant peut-être qu’ils approchaient de leur but. Ils descendirent un escalier en colimaçon, puis longèrent un couloir au bout duquel se trouvait une pièce éclairée par des lanternes. Brama sentit qu’il y avait deux personnes à l’intérieur. Comment avaient-elles pu lui échapper si longtemps ? Il l’ignorait, et, à cet instant, il s’en contrefichait. Il était fasciné par la tournure que prenaient les événements.

Soudain, une des personnes qui se trouvaient dans la pièce disparut et réapparut devant Brama. Un mage. Peut-être celui qui avait lancé les sorts qui dissimulaient cet endroit.

Davud et sa camarade arrivèrent à l’entrée de la salle souterraine et leurs silhouettes se découpèrent dans la lumière. Ils ressemblaient à des goules, à des âmes en route vers les champs lointains. À cet instant, le mage se précipita vers eux et leur toucha l’épaule. Les deux jeunes gens s’effondrèrent lourdement sur le sol.

Les instincts de voleur de Brama se réveillèrent aussitôt. Il avança sans faire de bruit et regarda le mage traîner Davud vers un endroit sombre. Son large visage et son front orangé orné d’un cercle jaune vif laissaient supposer qu’il s’agissait d’un Malasanien.

Il se pencha, perça le poignet de Davud à l’aide d’un anneau de sang et porta la plaie à sa bouche. Puis il traça un sigil dans l’air.

Davud se réveilla et frissonna. Ses yeux étaient vitreux.

— Nebahat.

— Oui, dit le Malasanien. Maintenant, lève-toi.

Davud se leva, comme s’il était une marionnette dont le mage tenait les fils.

Nebahat esquissa un sourire admiratif.

— Je dois avouer que je suis impressionné. Tu as réussi à nous échapper et je ne pensais plus te revoir. Pourquoi es-tu venu ?

La réponse de Davud abasourdit Brama.

— Parce que vous avez tué le recteur Abi, dit le jeune homme d’une voix monocorde. Parce que vous cherchez les descendants de la treizième tribu. Parce que les personnes que vous identifiez disparaissent les unes après les autres.

Cette dernière raison… C’était justement ce que Brama voulait savoir : pourquoi on envoyait des offrandes dans les champs en fleur. Si Davud disait vrai, ce n’était pas seulement à cause de leur sang, mais aussi de leurs origines. C’étaient des descendants de la treizième tribu. Une fois de plus, ces pauvres gens se retrouvaient victimes des complots ourdis par les puissants de Sharakhaï.

— Est-ce que c’est la vérité ? demanda Brama en avançant dans la lumière.

Nebahat sursauta de peur et trébucha contre une pile de livres. Il tomba à quatre pattes et recula comme un crabe affolé.

— Est-ce que c’est la vérité ? insista Brama. Est-ce que vous envoyez des offrandes dans les champs en fleur pour nourrir les arbres tors ?

Les yeux du mage étaient rivés sur le visage mutilé de Brama et sur l’étrange bosse qui déformait son front. Il leva une main et entreprit de tracer un sigil complexe dans l’air.

— Non, non, non, dit Brama. (Il l’arrêta d’un simple geste.) Maintenant, dites-moi : est-ce que c’est vous qui envoyez ces offrandes ?

Les bajoues de Nebahat frémirent. Ses yeux étaient écarquillés comme des soucoupes. Il hocha la tête.

— Pourquoi ?

Le mage déglutit et sa pomme d’Adam s’agita furieusement.

— Pour la Reine Meryam, articula-t-il à grand-peine.

À cet instant, il se produisit quelque chose d’étrange. Brama sentit son sort de soumission glisser sur Nebahat comme les patins d’un navire sur le sable. Il crut que le Malasanien avait réussi à se libérer, mais il se rendit vite compte que c’était l’œuvre de l’autre personne qui se trouvait dans la salle : un jeune homme rasé de près avec des yeux brillants, des sourcils broussailleux et un visage d’ange. Il avait déplacé son sortilège.

Brama en resta bouche bée.

— Qui es-tu ? demanda-t-il.

Le jeune homme ne bougea pas. Ne répondit pas. Brama s’apprêtait à l’obliger à le faire quand il s’aperçut qu’il était sous le coup d’une contrainte qui l’empêchait de parler. Il essaya de la neutraliser, mais le jeune homme contra ses sorts avec une facilité déconcertante.

Brama essaya de nouveau, et un éclair passa devant ses yeux. Le monde vacilla et il éprouva un étrange sentiment de nausée.

Profitant de son étourdissement, Rümayesh surgit des profondeurs comme un léviathan affamé et traça un sigil dans l’air pour neutraliser le sort responsable du malaise. Nebahat en préparait déjà un autre. L’ehrekh voulut l’arrêter, mais imposer sa volonté à Brama lui avait coûté de précieuses secondes et le mage de sang disparut dans un nuage de fumée verte.

Le jeune inconnu ne bougeait pas. Il ressemblait à un agneau terrifié. Une détresse intense se lisait dans ses yeux. Ses lèvres articulaient des mots mais aucun son ne sortait de sa bouche.

Rümayesh se dirigea vers lui, bouillonnante de colère.

— Tu vas répondre à mes questions, gronda-t-elle. (Elle le saisit par le cou et brisa les chaînes qui l’entravaient en puisant l’énergie nécessaire dans l’os de Raamajit.) Réponds, maintenant. Pourquoi la Reine Meryam cherche-t-elle les descendants de la treizième tribu ? Pourquoi les envoie-t-elle dans les champs lointains ?

En guise de réponse, le jeune homme leva la tablette d’argile qu’il tenait d’une main tremblante. Rümayesh la prit avec un mélange de peur et de respect que Brama n’avait jamais senti chez elle. Elle la lut et les pensées du jeune homme arrivèrent jusqu’à elle, portées par les ailes de son sortilège. La tablette et les pensées évoquaient les dieux, leurs désirs les plus secrets, la manière dont ils manipulaient les peuples du désert – les tribus, les habitants de la cité, mais aussi les Rois – pour atteindre leur but.

Tout devint clair. Les objectifs des dieux avaient enfin été dévoilés. La tablette glissa des doigts de l’ehrekh, oubliée dans l’immensité de ce moment.

Le jeune homme hoqueta et tendit les mains, mais il était trop tard. Elle tomba et se brisa sur le sol en pierre.

Rümayesh le remarqua à peine. Elle avait le plus grand mal à se maîtriser. Son cœur avait ouvert ses portes, libérant un torrent de joie et d’excitation. Elle avait l’impression de pénétrer dans un monde nouveau.

Elle pivota sans un mot et s’enfonça dans le tunnel par lequel elle était arrivée. Elle ne regagna pas la surface. Elle se dirigea vers un endroit qui n’avait pas été taillé par la main de l’homme, mais par le temps et l’érosion.

Elle se dirigea vers un endroit qu’elle avait senti à maintes reprises, mais qu’elle n’avait jamais visité. Un endroit où se rassemblaient les racines des adicharas. Et tandis qu’elle contemplait l’immense caverne et le cristal violet suspendu au milieu, elle comprit que c’était là que se jouerait la dernière scène d’une longue histoire. Les Rois. Les asirim. Les offrandes enlevées et jetées aux adicharas. Les dieux n’avaient pas ménagé leur peine. Ils avaient tout planifié, tout dirigé, étape par étape, dans un dessein précis.

Tandis qu’elle marchait sur le sol spongieux et se dirigeait vers le cristal, hypnotisée par la lumière violette, les derniers fragments du puzzle se rassemblèrent. Les manipulations qui duraient depuis des siècles. La réticence des dieux à intervenir directement. La lente accrétion du cristal alimenté par le sang des offrandes, génération après génération. La cruauté implacable des Rois n’avait pas seulement servi à protéger leurs trônes. Elle avait avant tout servi les intérêts des dieux. À créer un portail, à ouvrir un chemin vers le monde au-delà. Cela semblait impossible, mais Rümayesh se souvint que les anciens dieux avaient offert des âmes immortelles aux hommes, mais pas aux jeunes dieux. C’était cela que les jeunes dieux voulaient depuis toujours. C’était de cela qu’ils avaient besoin pour forcer la barrière impénétrable qui les séparait des champs lointains.

Ils avaient cependant évité d’intervenir trop souvent. Pour ne pas tisser des liens trop étroits avec ce monde comme Nalamae. Des liens qui risquaient de les empêcher de le quitter. Alors ils avaient manipulé les hommes pour qu’ils nourrissent les arbres. Pour qu’ils œuvrent à la fabrication du cristal. Pour qu’ils ouvrent un chemin vers les champs lointains. Un chemin que les jeunes dieux emprunteraient le moment venu pour réaliser leur rêve le plus cher : retrouver les anciens dieux, sentir leur contact, s’asseoir devant eux et se délecter de leur aura. Et qu’importe si, pour cela, il fallait laisser un monde ravagé derrière eux.

Quand enfin les champs flétriront,

Quand les maux s’effaceront,

Les Dieux franchiront le voile,

Et la terre sera refaite.

C’était la dernière strophe de la tablette en argile, les dernières paroles que les dieux avaient prononcées la nuit de Beht Ihman. Sharakhaï était promise à la destruction, Rümayesh en était certaine, mais en quoi cela la concernait-elle ? Elle se contrefichait de ceux qui resteraient derrière. L’important, c’était que les dieux avaient trouvé un moyen de gagner les champs lointains. Et s’ils pouvaient emprunter ce chemin, elle le pourrait aussi.

Et elle le ferait.

Elle allait veiller à ce que les offrandes continuent. Elle allait veiller à ce que le plan des dieux se déroule sans accrocs.

Et quand tout serait prêt, elle les suivrait au paradis.

OceanofPDF.com