Dangerous Games Intégrale
11. Promenade nocturne
25. Promenade nocturne
Quand Alistair revient, j’ai empilé les assiettes, boulotté quelques miettes de gâteau qui me faisaient de l’œil, mis un peu d’ordre dans la cabane enchanteresse de la petite Catriona. Je me suis occupé les mains, donc.
À défaut de m’occuper l’esprit…
Et puis, je l’entends monter les escaliers. J’arrête de respirer. J’aperçois son visage par l’encadrement de la porte que j’avais laissée ouverte, dans le but de me rafraîchir les idées. Je déglutis. Difficilement. Il baisse la tête, plie le dos, entre. Je me liquéfie. Puis, il plante son regard dans le mien, et là, je ne réponds plus de rien. Parce que c’est facile de gérer mon attirance en plein jour, entourée de monde. Mais ici, dans cet espace feutré, où sa présence emplit la pièce, où son magnétisme me happe et m’emprisonne dans ses filets, où son regard aimante le mien et me donne envie de me perdre dedans, c’est très difficile. Je recule, comme je peux, me cogne contre la table, renverse une chaise, jure.
– Ça va, Amy ? me demande-t-il, comme s’il ne voyait pas le tourment que je vis.
– Super, dis-je riant bêtement et en ramassant ce que j’ai fait tomber. J’allais rentrer.
– Tu veux faire une petite balade de nuit ? La lune est presque pleine.
Je l’observe un instant. Me demande s’il y a une proposition cachée dans sa phrase. Me dis qu’il faut que j’arrête de lire de la romance. Hausse les épaules.
– Si tu veux, capitulé-je. Ça m’aidera à faire passer la tonne de sucre que j’ai engloutie.
– Catriona pourrait ne manger que ça, dit-il d’un ton tendre.
– J’ai remarqué, oui. Et je la comprends, c’était très bon.
Alistair sourit et m’invite à descendre la première. J’attrape ma doudoune et, fébrile, je m’accroche aux escaliers de peur de chuter. Puis, j’inspire un grand coup en arrivant en bas. La lune est haute dans le ciel, entourée de nuages, ce qui lui donne un aspect fantasmagorique. Dès qu’Alistair me rejoint, je frissonne.
– Tu as froid ? me demande-t-il. Tu veux ma veste ?
– Ça va, réponds-je, sachant que le froid n’est pas responsable des frissons sur ma peau.
C’est lui. Nous. Ici. Dans cette ambiance nocturne. Avec une chouette qui hulule au loin. Les quelques étoiles au-dessus de nos têtes. Mon attirance pour lui qui augmente sans cesse. L’interminable lutte intérieure que je vis. Cette lutte qui me dévore. Me bouffe mon énergie.
– Viens, marchons, dit Alistair en passant machinalement son bras autour de mes épaules.
Pour me réchauffer. Seulement pour me réchauffer. C’est ce que je me répète en boucle pendant que nous laissons la cabane derrière nous et nous rendons à l’arrière du ranch. J’ai l’impression de marcher maladroitement, clopinant, cherchant mon équilibre, tentant d’éviter d’écraser le pied d’Alistair. En tout cas, je ne marche pas naturellement, ça, c’est certain.
– Il y a un petit chemin, là, m’explique Alistair d’une voix douce. Il mène jusqu’à l’océan.
– Accès direct à l’océan ? La classe ! dis-je, riant un peu trop fort.
– À partir de la falaise, il est escarpé, je ne pense pas que ce soit judicieux d’y aller à cette heure, mais on pourra le voir d’en haut. J’aime beaucoup me promener là-bas la nuit.
Ah, une info personnelle sur lui. Wow, les choses avancent. Je sais qu’il apprécie de se balader la nuit. Je suis tentée de profiter de notre agréable proximité, de ma colère réduite à néant, remplacée par le désir qui monte inlassablement dans le creux de mon ventre, pour lui poser d’autres questions personnelles, mais Alistair s’est tu, seul le bruit de nos pas, de nos respirations, de nos vêtements qui se frôlent trouble la plaisante quiétude qui s’est installée. Alors je me tais, désireuse de me coller un peu plus contre lui, de passer mon bras autour de sa taille, de rechercher d’un peu plus près la douce chaleur qui émane de son corps.
Autour de nous, il n’y a plus grand-chose. Le ranch, bien derrière, une espèce de grange, au loin, et une immense maison, à l’opposé de la grange, qui surplombe l’océan. L’océan que je vois maintenant nettement au fur et à mesure que nous nous rapprochons. Sombre et mystérieux, à l’instar de la personne à côté de moi. Énigmatique, aussi. Qu’est-ce qui se cache sous la couche de l’apparence ? Pour l’océan, c’est facile : de l’eau, bien sûr, des roches, des poissons, des algues, et plein d’autres choses encore. Et sous l’apparence nonchalante d’Alistair ?
Si seulement je le savais…
Nous arrivons au bout du chemin, près de ce qui ressemble à une grange. Ensuite, le sentier descend pour se fondre avec une petite plage.
– C’est d’ici que tu as sauté ? demandé-je spontanément.
– Tu es au courant de ça, BlueBird ? s’étonne-t-il en s’écartant de moi pour planter son regard dans le mien, créant aussitôt un vide au creux de mon ventre.
Je rougis, agacée d’avoir lâché cette info sans même m’en rendre compte.
– Les filles en ont parlé, pendant un apéro, dis-je en haussant les épaules.
– Non, ce n’est pas d’ici, répond-il en tournant son regard vers l’étendue d’eau sombre en contrebas.
– Tu es toujours tête brûlée comme ça ? continué-je sur ma lancée.
– Ça dépend de ce que tu insinues par tête brûlée, ironise-t-il.
– Tu joues toujours avec tes limites ? expliqué-je brièvement.
– Je ne joue pas avec ma vie, si c’est ce que tu sous-entends, murmure-t-il d’une voix grave, dardant sur moi un regard agacé. Pas depuis…
Catriona.
– Mais avant, oui, c’est ça ?
– Avant… C’était avant. C’est un interrogatoire ?
– Ça va, je pose juste des questions…
– Et toi, tu joues avec tes limites, aussi ?
– Et dans les films, tu ne prends pas de risques ? éludé-je d’un ton léger, rougissant de plus belle.
Parce qu’il a entièrement raison, je joue avec mes limites là…
– Non. J’étudie minutieusement chaque proposition. Je définis les clauses de mes contrats. Je n’accepte pas n’importe quoi. Je sais ce dont je suis capable. Je ne prendrai pas le risque de me blesser gravement, je suis papa.
– Tu sautes quand même sur des chevaux lancés au galop, plaisanté-je. Je crois que je préférerais la falaise, moi.
Alistair éclate de rire. Rire qui connaît parfaitement le chemin pour aller se loger directement dans mon cœur. Se rapproche de moi. M’emplit à nouveau de sa chaleur. Me force à lever les yeux afin de soutenir son regard. Regard sombre. Sérieux. Brûlant.
– Et toi, tu ne m’as pas répondu. Elles sont où, les tiennes, de limites ?
Aucune idée.
Dans un coin obscur de mon esprit, probablement.
Là où je me les reprendrai certainement de plein fouet demain…
Mes yeux se posent sur ses lèvres. Je mords les miennes. Alistair avance sa main, frôle délicatement ma joue, remonte en effleurant ma peau qui s’éveille brutalement. Violemment. Ainsi que tout le reste de mon corps. Lave qui se déverse dans mes veines, qui les parcourt en électrisant tout sur son passage. J’abaisse mes paupières. Je ne peux plus le regarder. Je ne peux plus lutter. Les doigts d’Alistair se perdent dans mes cheveux, à l’arrière de mon crâne, me forcent à relever la tête vers lui.
– Regarde-moi, BlueBird, murmure sa voix suave.
J’obéis. Plonge dans son regard. Son regard qui me dévore. Son regard qui attend mon signal, peut-être. L’infime geste qui lui dira qu’il ne dépasse pas une limite, là. Même si c’est le cas. Il va la dépasser. Nous allons la dépasser. Mais je m’en contrefiche. Je me fous de devoir encore avoir mal après. Je me fous de risquer d’être blessée, déçue, triste. Parce que la vie est un risque, non ?
Je pose ma main sur son bras. Lui donne mon accord. Souris. Et ses lèvres se posent sur les miennes. Avec douceur. Je gémis. De plaisir, de contentement, d’impatience enfin comblée. Et son baiser devient plus urgent. Affamé. Mon cœur fait des cabrioles, des bulles éclatent dans mon ventre, mon corps revit enfin, comme s’il était en suspens depuis une éternité…
Je réponds au baiser d’Alistair comme si ma vie en dépendait. Il passe ses bras autour de ma taille, me soulève comme si j’étais un poids plume, j’enserre aussitôt ses hanches de mes jambes. Je suis complètement lovée contre lui, accrochée à son corps, sa bouche dévorant la mienne. Je me tiens à ses épaules, à ses cheveux, à tout ce que ma main peut attraper. Sans délicatesse. J’ai besoin de le toucher, fort, de sentir que ce n’est pas un rêve, que nous sommes bien en train de nous embrasser, que je ne vais pas me réveiller seule, dans mon lit, dépassée par mes fantasmes. Que je ne suis pas en train d’imaginer tout ça. Je laisse de côté la petite voix perfide qui ose s’immiscer dans mon esprit, et me susurrer que je suis en train de faire une énorme bêtise. Je la renvoie là où elle est le mieux, dans les confins de mon cerveau. Et j’exige qu’elle y reste. Je réfléchirai plus tard. Ou pas. Là, je veux seulement apprécier ce que je vis, sans questions, sans remords, sans doutes ni craintes.
– BlueBird, murmure Alistair d’une voix hachée en détachant ses lèvres des miennes. Mais qu’est-ce que tu me fais ?
Je ris en cachant mon visage contre son cou. Hume son odeur, ce parfum masculin boisé, inspire tout ce que je peux.
– Je dépasse mes limites, je crois bien… murmuré-je à mon tour.
– On peut toujours arrêter ? propose-t-il d’un air mi-sérieux, mi-taquin.
– Fais-moi l’amour et on en reparle ensuite, exigé-je.
– Accroche-toi, alors, dit-il en me serrant plus fermement.
J’imaginais, à tort, que nous allions retourner au ranch. Mais Alistair me porte vers la grange, dont il pousse la porte d’un geste brusque du bras, me faisant sursauter.
– Alors, BlueBird, toujours aussi pressée ?
– Encore plus pressée…
Alistair reprend possession de mes lèvres. Avec avidité. Passion. Une urgence qui finit de reléguer ma raison dans un endroit où je n’y ai plus accès.
Et ça me convient très bien.
Puis, il saisit son téléphone, l’allume et le pose sur une étagère de bois clouée contre un mur de façon à ce que nous puissions voir quelque chose. Je découvre le lieu : du foin, des bûches de bois, une vieille chemise usée qui traîne là, quelques objets en métal non indentifiables.
– Romantique, n’est-ce pas ? se marre doucement Alistair.
– Tellement… affirmé-je d’une voix amusée.
– Je suis sûr que tu n’as jamais fait l’amour dans le foin ?
– Ah, non, jamais.
– Ce sera une première alors, dit Alistair en me posant sur le sol de bois parsemé de brindilles.
– Exactement, certifié-je, le corps impatient.
Les lèvres d’Alistair sont maintenant tout contre mon cou. Je ne sais pas quelle est la température à l’intérieur de cette grange, mais ce que je sais, c’est que j’ai beaucoup trop chaud. Sa langue titille la partie fine sous mon oreille, attrape mon lobe pour le mordiller, et c’est reparti pour un manège de sensations. Je bascule ma tête en arrière, lui laissant un champ d’action plus large, me retiens à son dos puissant, manquant de perdre l’équilibre. La poigne d’Alistair se fait plus ferme sur mon corps, me maintient sans effort comme la poupée de chiffon que je suis devenue entre ses bras. Je glisse mes mains sous son pull, puis sous son tee-shirt, et me délecte de sa peau brûlante. Alistair laisse échapper un gémissement. Je souris de lui faire de l’effet, de lui procurer autant de sensations qu’il m’en fait vivre. Sauf que je me trompe, a priori.
– Tu as les mains gelées, murmure-t-il contre ma joue.
Je laisse échapper un rire, autant d’amusement que de m’être trompée sur la teneur de son gémissement. Puis, je continue à explorer son dos, me souviens de son tatouage, cherche si je peux le sentir, en filigrane, là, juste sous la pulpe de mes doigts. Je remonte jusqu’à ses épaules, les pétris, me hissant sur la pointe des pieds pour ne pas tirer sur son corps et redescends sur ses fesses musclées que je sens au travers de son jean. Alistair gémit encore. De plaisir, cette fois. Il me serre un peu plus fort contre lui, enfouit son visage dans mes cheveux, et je crois bien, inspire largement.
– Tu sens tellement bon, BlueBird, dit-il d’une voix hachée.
Mon cœur fait des saltos à chaque compliment de sa part. À chaque phrase délicate qu’il m’adresse, à chacune de ses intonations tendres et à chacun de ses gestes. Alistair se recule, se détache lentement de moi, accroche son regard au mien, regard où des flammes dansent, comme si j’étais réellement une gourmandise qu’il allait croquer sans plus attendre. Des flammes d’envie, de désir, de convoitise. Et j’aime ça. Voir à quel point il a envie de faire l’amour avec moi augmente mon propre désir. Je me jette sur ses lèvres, l’embrasse à pleine bouche, ma langue cherchant le contact de la sienne, pour le posséder encore. Alistair agrippe mes fesses, me soulève et me porte un peu plus loin, sur un gros amas de foin et m’invite à m’allonger, son corps recouvrant aussitôt le mien. J’écarte les jambes pour le sentir plus près, plus fort, la bosse de son excitation titillant ma féminité. Mon ventre s’enflamme, le désir grossit, cette boule adorée qui, maintenant, ne demande qu’à exploser.
– Tu vas me tuer, BlueBird, murmure-t-il.
– Fais-moi l’amour avant, s’il te plaît, supplié-je.
– J’en ai bien l’intention.
Le foin sous mon corps est comme une épaisse couche de mousse. En moins doux. Des particules s’infiltrent sous mes vêtements, se mêlent à mes cheveux, me font éternuer.
Et ça gratte, aussi…
– J’espère que tu n’es pas allergique au foin, dit Alistair en riant doucement.
– Je ne sais pas, dis-je en fermant les yeux, sentant un nouvel éternuement approcher. C’est la première fois que je fréquente du foin d’aussi près.
– Je connais un super remède contre ça.
– Contre l’allergie ?
– Contre tous les désagréments, oui.
– Et c’est ?
– Les orgasmes, chuchote-t-il d’une voix rauque contre mon cou.
– Quand tu veux, alors…
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, Alistair m’embrasse encore. Ses mains de part et d’autre de ma tête, son torse sur ma poitrine, ses abdos contre les miens, euh, enfin, contre mon ventre. Son sexe de plus en plus dur contre le mien. Puis, il délaisse mes lèvres, se redresse légèrement, revient picorer ma gorge, descend sur mon décolleté. Il fait glisser la fermeture de ma doudoune, et sa bouche part à l’exploration de ma peau, la peau tendre de mon ventre, soulevant mon pull, me faisant frissonner, m’agripper à ses cheveux que je tire sans aucune délicatesse. L’urgence est revenue. Plus intense que jamais. Je me relève, forçant Alistair à faire de même, puis ôte ma doudoune. J’ose un regard explicite à l’homme si séduisant, si sexy, si provocateur qui me fait face.
– Plus vite on sera déshabillés, plus vite je pourrai tester ton remède, lâché-je, joueuse, d’une voix enrouée.
– Hum. Je vois, l’allergie augmente.
– Exactement. Il faut vite que tu m’aides, là.
Un sourire diabolique étire ses lèvres rougies par nos baisers. Alistair, en une seconde, enlève son pull et son tee-shirt. En même temps. Je vois apparaître son torse si bien dessiné, ses abdominaux parfaits, observe sa respiration saccadée, hypnotisée par ce corps tellement tentateur qui se dévoile sous mes yeux. Je reste là, figée, assise sur du foin qui me gratte, à le contempler. À le dévorer du regard. Les papillons qui voletaient dans ma poitrine et dans mon ventre se sont transformés en une horde de lépidoptères survoltés.
– Un problème, BlueBird ? demande doucement Alistair, un sourire carnassier sur les lèvres. Oh ? C’est peut-être toujours moi, le problème ?
– Exactement ! m’écrié-je en me jetant sur lui.
Alistair chute en arrière dans un rire communicatif. Je m’assieds à califourchon sur lui, appuyant mon entrejambe sur son sexe durci de désir. Je me rue sur ses lèvres, que j’embrasse, lèche, mordille, aspire. Je m’enivre de lui. De son odeur, de sa chaleur, de ses râles. Puis, ma langue part à l’assaut de la moindre parcelle de sa peau à ma disposition. Je continue à embrasser, suçoter, mordiller. Les mains d’Alistair sont partout sur moi. Mes fesses, mes cuisses, mes hanches, me faisant doucement balancer pour accentuer le frottement entre les parties les plus sensibles de nos corps en cet instant, parties qui hurlent vouloir être rassasiées l’une de l’autre. Je déboutonne son jean, le fait glisser le long de ses cuisses musclées, il m’aide à virer ses chaussures, balance le tout au loin. Je reprends aussitôt ma position assise sur son corps, attrapant ses bras pour les lever au-dessus de sa tête, les bloquer et m’emparer de sa bouche que je dévore encore.
Encore plus addictif que le sucre, cet homme… !
Je continue à le torturer délicieusement, son cou, son torse, puis lâche ses mains pour descendre lentement sur son ventre, suis la fine ligne de poils qui se perd sous l’élastique de son boxer. La respiration d’Alistair est désordonnée, ses gémissements rauques m’emplissent de frissons, et mon corps va bientôt imploser s’il ne vient pas en moi rapidement.
Semblant entendre ma plainte silencieuse, Alistair se redresse, le visage rougit par l’excitation, le regard encore plus sombre qu’auparavant.
– Si tu n’es pas nue dans les dix secondes qui suivent, souffle-t-il d’une voix grave, je te jure que je me rhabille !
J’éclate de rire. Un rire tendu et impatient. J’observe les traits d’Alistair, photographiant mentalement ses lèvres gonflées, le petit sourire amusé et aussi impatient que le mien, la lueur d’urgence dans son regard. Puis, d’un mouvement provocateur, j’attrape mon pull, le soulève, l’ôte et le balance au loin. Alistair se mord la lèvre. La température à l’intérieur de mon corps grimpe en flèche.
– Encore, souffle-t-il.
Je fais la même chose avec mon top. Joueuse. Alistair se redresse alors, me fait basculer et me couvre de son corps musclé. Je proteste pour la forme. Soulève mes reins pour accentuer le contact entre nous, mais le brun ténébreux en a décidé autrement. Ses lèvres picorent ma peau, glissent à l’orée de mon soutien-gorge, et ses doigts en trouvent l’ouverture, au dos. Je l’aide à me l’enlever, avant de gémir parce que sa langue joue maintenant sur ma poitrine, insolente. Quand il saisit la pointe de mon téton entre ses dents, j’attrape ses cheveux et les tire sans ménagement. Je veux qu’il sente combien j’ai envie de lui. Puis, ses mains s’égarent sur mon pantalon, caressant le tissu, appuyant sur mon sexe qui n’en peut plus de se languir de lui. En une seconde, Alistair ôte mon bas, bottes et chaussettes y compris. Nous voilà maintenant quasi nus. Pas pour longtemps. Dans un même mouvement, il attrape ma culotte pendant que je saisis son boxer. Et l’instant d’après, nous sommes sans vêtements.
Sur un tas de foin qui gratte.
Son sexe épais me tente comme jamais je n’ai été attirée par quelqu’un. Son corps m’appelle comme jamais. Ou lui tout entier, peut-être... Délicatement, je pose mes doigts sur son membre brûlant pour en apprécier la douceur. Exquise. Veloutée. Alistair reprend possession de mes lèvres pendant que sa main effleure ma féminité. Je gémis. Un gémissement qui se perd dans le silence de la nuit, seulement troublé par le bruit feutré du foin et de nos respirations. Quand il insinue un doigt en moi, je grogne. Râle. La boule de désir prend toute la place dans mon ventre. Je me tortille sous ses caresses, empaume ses fesses, griffe son dos. Quand deux doigts me pénètrent, je ne sais plus qui je suis. Où je suis. Je me redresse pour avoir accès à son corps en entier, il passe son bras derrière ma nuque, accentue ses caresses et l’orgasme éclate. Intense. Puissant et dévastateur. Je crie mon plaisir pendant de longues secondes, mon corps saisit de soubresauts. Quand je reviens sur terre, Alistair émet un petit rire rauque, sexy à souhait.
– Encore, soufflé-je à mon tour.
Alistair tend le bras, attrape son jean, en sort un préservatif. Je peux observer à loisir son tatouage, ses oiseaux mystérieux qui me font imaginer un tas de significations. Je lui prends le morceau de plastique des mains, le déchire et le déroule sur son sexe en savourant d’avance le plaisir de le sentir rapidement en moi. Alistair m’embrasse de nouveau, mon cœur s’enflamme en même temps que mon cœur. Mon cœur qui me chuchote que je suis foutue, maintenant. Si George aimerait être le sex-friend de Daisy, moi, je ne pourrai jamais me contenter seulement de ça avec Alistair. Oui, je prends conscience que mes sentiments sont bien plus forts que je ne voulais l’admettre. Et que toutes les belles pensées sur vivre le moment présent, ne pas me soucier du futur, prendre uniquement ce qu’il veut me donner ne peuvent pas s’appliquer envers lui.
Je me redresse, voulant mettre un terme à ses pensées qui n’ont rien à faire ici. Parce qu’ici, réellement, c’est le présent qui compte.
– Même pas en rêve, BlueBird, murmure Alistair, taquin. C’est moi qui décide.
Alistair, homme dominateur ?
C’est bien parce que mon corps n’en peut plus de cette tension que je le laisse faire.
Bon, OK, à vrai dire, ça ne me déplaît pas, à cet instant…
Je suis de nouveau sur le dos. Le corps d’Alistair pesant sur le mien. Ses mains bloquant les miennes. Ses lèvres à l’assaut de ma gorge, de ma poitrine, électrisant ma peau. Tous mes sens. Son sexe à l’entrée de ma féminité. J’écarte les cuisses, enserre ses hanches de mes jambes. N’arrive plus à respirer tellement j’ai encore envie de lui.
– Alors viens, exigé-je. Tout de suite.
Alistair obéit, un demi-sourire sur les lèvres, ses yeux dans les miens. Quand il me pénètre enfin, je relâche toute la pression. Il marque une pause, enfouit son visage contre mon cou.
– Putain… souffle-t-il.
– Ouais, parvins-je à articuler. Pas mieux…
– C’est si bon…
Je me tortille encore pour l’inciter à bouger. Le mords encore. Gémis encore. Puis, Alistair accélère sa cadence. Des petits coups de reins précis, délicats mais fermes. La boule annonciatrice d’orgasme revient, plus vivante que jamais. Et le temps s’estompe encore. Plus de foin qui gratte, plus d’air frais sur la peau, plus de pensées. Non. Plus rien de tout ça. Juste lui. Et moi. Nous. Reliés par ce fil invisible du désir. De l’attirance incontrôlable. De ce lien puissant qui ne s’explique pas. Qui se vit, tout simplement. Et mon orgasme éclate. Encore plus fort que le précédent. Plus long et plus intense. Suivi par celui d’Alistair qui triple mes sensations.
Un seule pensée vient s’immiscer dans mon esprit lorsque nous reprenons notre souffle, quand notre plaisir a terminé de résonner contre les murs de bois de cette grange perdue au milieu de nulle part.
J’en veux encore…
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