Dangerous Games Intégrale

Clara Oz · Chapitre 34 sur 79

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Dangerous Games Intégrale

7. En route pour le château !

34. En route pour le château !

 

 

Je suis surexcitée à l’idée d’aller au château de Dunvegan. Toujours sur l’île de Skye, à environ une heure trente du petit village d’Elgol, nous allons séjourner deux jours là-bas. L’équipe décor est déjà sur le qui-vive depuis hier afin que tout soit prêt à notre arrivée.

Pas de week-end pour les braves !

Le château de Dunvegan est le fief du clan MacLeod depuis le XIII e siècle. La partie la plus basse a été fondée directement dans la roche. Depuis 1933, il est ouvert au public, qui peut ainsi apprendre l’histoire familiale du clan, découvrir les reliques, visiter les jardins. Alan Middle l’a réservé pour une bonne semaine, le temps d’installer le décor et de l’enlever, ainsi que de tourner les scènes. Alistair sera présent, bien sûr, pour doubler Calum et louer ses chevaux pour la partie de chasse.

Espérons que s’il y a scène de sexe, Calum ne fera pas la fine bouche cette fois-ci…

Je suis installée à côté de Carolyn dans un mini-van. Le paysage, à couper le souffle, défile sous nos yeux. Lochs, plaines et montagnes se succèdent, tout ça avec des couleurs qui changent constamment et des arcs-en-ciel. La plupart des personnes de l’équipe assises avec nous sont occupées, yeux rivés sur leur téléphone et casque sur les oreilles.

– Nous sommes des OVNI, nous deux, non ? dis-je en riant à Carolyn. Il n’y a que nous qui regardons le paysage.

– Faux, objecte-t-elle. Le chauffeur.

– Euh… Heureusement qu’il n’est pas sur son téléphone ! m’esclaffé-je. Et j’espère qu’il ne regarde pas trop le paysage non plus…

– Bien vu ! Et sinon, tu as passé un bon week-end ?

Je lui raconte la visite de mon frère, les jeux écossais. Je lui passe l’épisode Alistair et ma chute. D’ailleurs, ma cheville va beaucoup mieux ce matin. Je boitille un peu, mais rien d’inquiétant.

– Et toi ? demandé-je après avoir résumé mes deux jours de repos pas si reposants que ça. Tu as revu ton Highlander récalcitrant ?

– Oui, soupire-t-elle. Nous avons dîné ensemble samedi soir…

– Et… ? insisté-je, sentant qu’elle ne me dit pas tout.

– Et nous nous sommes embrassés, confie-t-elle à voix basse.

– Mais c’est génial ! C’est un bon début, non ?

– Ouais. Mais non. En fait… C’est bizarre, hein, mais je n’ai rien ressenti. J’aurais dû être contente, avoir ce petit truc dans le ventre, les papillons, tout ça, tu vois, quoi ?

Oh. Oui. Parfaitement.

– Et je n’ai rien ressenti du tout, continue-t-elle. Rien de rien ! Son baiser m’a laissée… indifférente. Merde, ça faisait des jours que je le travaillais quasiment au corps ! Tenues sexy, maquillage, et puis quoi ? Rien. Ça ne m’a fait ni chaud ni froid.

Je dois avouer que je reste sans voix. Et ne sais pas trop quoi lui répondre…

– Tu es amoureuse de lui ? demandé-je, compatissante.

Non parce que, pour ma part, les papillons, tout ça, ce serait carrément plus simple si je ne les ressentais pas…

– Eh bien je croyais, explique-t-elle. Mais finalement non.

– Tu as réagi comment, alors ?

– Pas très bien, je crois. Je lui ai dit que ça n’allait pas être possible et je suis partie en courant. Littéralement.

Je ris. Imagine la scène dans ma tête.

– Mais pourquoi ça te pose problème ? dis-je en redevenant sérieuse et en voyant que Carolyn ne rit pas.

– C’est compliqué, soupire-t-elle après quelques secondes de réflexion. Juste que… je ne sais pas, je tenais beaucoup à cet homme, et puis… rien, finalement. Alors… je me pose des questions. Surtout que ce n’est pas la première fois que ça me fait un coup pareil…

Au moment où je m’apprête à lui demander des explications, pour l’aider à y voir plus clair, ou, tout du moins, effacer le pli d’inquiétude qui lui barre le front, le mini-van s’arrête brusquement. Tous les corps sont propulsés en avant, un téléphone tombe sur le sol, un juron s’élève, un sac roule jusque sous mes pieds, et les regards cherchent à comprendre ce qu’il se passe, pour découvrir un troupeau de moutons au milieu de la route, juste après un virage.

Éclats de rire dans l’habitacle. Le chauffeur klaxonne, peste, klaxonne encore. Ouvre sa vitre, crie pour faire fuir les animaux, sans succès. Il klaxonne de nouveau, de plus en plus énervé, puis abandonne le volant, descend de son véhicule pour virer le troupeau qui a décidé de rester tranquillement en travers de notre chemin. Deux personnes de l’équipe se joignent à lui, pendant qu’une autre s’amuse à les filmer. Au bout de quelques minutes, les moutons sont dans le pré et nous reprenons la route.

– Inoubliable, l’Écosse, se marre Carolyn qui semble avoir oublié la discussion que nous venons d’avoir.

Je n’en demande pas plus. Ses yeux ont retrouvé leur éclat, un petit sourire reste gravé sur ses lèvres, et nous parlons de banalités pendant tout le reste du trajet.

***

Le château de Dunvegan se dresse devant nous. Emblématique, immense et majestueux. Construit à même la roche, tout au bord de l’eau, l’océan en arrière-plan, nous arrivons à lui par une petite route goudronnée. Les autres mini-vans sont déjà là, ainsi que ceux d’Alistair et de ses chevaux, une bonne dizaine d’équidés tout aussi flippants les uns que les autres qui sont déjà en train de rejoindre un enclos créé pour l’occasion.

Nous nous pressons de rejoindre l’équipe au complet à l’intérieur. Je frissonne à l’avance à l’idée de pénétrer dans ce lieu chargé d’histoire. Le responsable du château, un membre du clan MacLeod comme l’affiche son tartan, nous accueille chaleureusement dans la cour.

Une fois les salutations effectuées, il nous laisse, et nous nous dépêchons de déposer nos sacs dans une pièce réservée à ça. Alan est pressé, nous nous installerons plus tard et découvrirons nos chambres à ce moment-là également. Un hôtel a été réservé, seuls quelques chanceux resteront ici, dont… moi !

Dormir dans un château, la classe !

L’entrée est comme je l’imaginais : en pierres sombres, brutes, avec des meubles d’époque, des tableaux représentant des scènes de chasse, des repas animés, ainsi que des vitrines où sont disposées des reliques. Vêtements d’époque, épées, blasons…

Dans la salle suivante, toujours aussi imprégnée d’histoire, un gargantuesque petit déjeuner nous attend. Café, thé, jus de fruits, viennoiseries, pain frais, beurre, confiture, charcuterie, céréales, fromage blanc, coulis de fruits rouges… De quoi nous faire tenir toute la matinée, et surtout me mettre d’excellente humeur.

Oui, j’aime manger…

Carolyn aussi, visiblement. Elle se gave de tout ce qui lui tombe sous la main, alors que je prends mon temps et savoure surtout le café, pour le moment. Les discussions tournent autour des scènes à venir et dévient ensuite sur les rumeurs qui courent sur le château. Je me rapproche d’un groupe qui s’en donne à cœur joie, Carolyn sur les talons, pour tendre l’oreille. Les légendes, j’adore ça !

– Il paraît que la nuit, c’est folklo, dit un technicien. Moi, je suis là depuis quelques jours et je peux vous dire que les bruits qu’on entend, c’est tout sauf naturel !

– N’importe quoi, intervient une autre personne, les fantômes, ça n’existe pas !

– Tu dors ici, ce soir ? demande le type d’une voix presque agacée à l’idée qu’on mette en doute ses paroles. Eh bien, un conseil, ne te promène pas dans les couloirs !

Carolyn se serre un peu contre moi, signe qu’elle n’apprécie peut-être pas cette discussion.

– Toi aussi tu dors au château ? lui chuchoté-je.

– Ouais. Mais je ne suis pas sûre de le vouloir, en fait…

– Tu as peur ? m’étonné-je.

– Nan… dit-elle en haussant les épaules. Mais je n’aime pas trop ça, en réalité.

– Je peux te certifier que si tu dois croiser quelqu’un cette nuit dans les couloirs, ce sera moi ! me marré-je.

– Ouais, eh bien sans moi, affirme-t-elle d’un ton sans appel. Je vais m’enfermer à double tour dans ma chambre et mettre la musique à fond dans mes oreilles !

– Les fantômes ne mangent pas les gens. Et franchement, j’ai jamais rien lu sur ce château en ce qui concerne les revenants. Je ne crois pas les propos de ce mec. Il veut juste se faire mousser.

– N’empêche que tu vas aller vérifier…

– Et comment ! m’écrié-je, déjà surexcitée à l’idée de visiter ce château, la nuit, sans âme qui vive dans mes pattes.

Enfin, excepté les fantômes, peut-être…

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