Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
Insuffisance Cardiaque
› Voir entrées « Sommeil », page 343 et page 347.
INSUFFISANCE CARDIAQUE
L’insuffisance cardiaque se définit comme l’incapacité pour le cœur d’assurer un débit cardiaque suffisant pour propulser le sang dans l’organisme et permettre la perfusion des tissus, leur oxygénation et leur nutrition. Elle est liée à la baisse d’efficacité des ventricules, le droit n’arrivant plus à éjecter correctement le sang vers les poumons, ainsi que du gauche chargé, lui, de faire circuler le sang oxygéné dans tout l’organisme. La pression pour envoyer le sang devenant de plus en plus forte, les ventricules vont s’hypertrophier, provoquant une perte d’étanchéité des valvules. Pour compenser sa défaillance, le cœur va accélérer son rythme. Cela se traduit par un essoufflement (dyspnée) de plus en plus marqué, à l’effort et au repos, une fatigue, des œdèmes souvent importants au niveau des jambes, une tachycardie, et à l’auscultation des râles pulmonaires. Les causes sont multiples : séquelles d’infarctus, hypertension artérielle, insuffisance respiratoire chronique, troubles du rythme cardiaque, valvuloplasties, cardiopathie alcoolique, etc. La prise en charge consiste dans des mesures hygiéno-diététiques strictes et des traitements médicamenteux qui renforcent et soutiennent le travail du cœur, des diurétiques qui éliminent l’excès d’eau des tissus. • L’aubépine, Crataegus oxyacantha, est incontournable dans les maladies cardiovasculaires. Elle est hypotensive, vasorelaxante mais aussi tonicardiaque ; elle augmente donc la force de contraction du cœur. Elle est antiarythmique, augmente la vascularisation du cœur, diminue l’agrégation des plaquettes, est antioxydante, anti-inflammatoire, diminue les lipides sanguins, a une action diurétique. L’aubépine est le bêta-bloquant (ou bêta-régulateur) de la phytothérapie et remplace avantageusement, sans effets secondaires, les bêta-bloquants des cardiologues grâce à la multiplicité de ses actions.
L’aubépine se prend sous forme de macérat glycériné 1DH (50 à 100 gouttes 2 fois par jour), de macérat mère (10 à 15 gouttes par jour), d’EPS (1 cuillère à café par jour), de gélules d’extraits de plante (2 ou 3 gélules par jour).
• Le lilas, Syringa vulgaris, en macérat de bourgeons améliore la vascularisation du myocarde, c’est un antispasmodique cardiaque à utiliser dans l’angor mais aussi dans les insuffisances cardiaques et les cœurs fatigués, en association souvent avec l’aubépine. Il diminue le niveau des triglycérides sanguins et contribue à la destruction des plaques d’athérome au niveau des coronaires et des carotides. Il se prend en macérat mère, 10 gouttes par jour en commençant par 5 gouttes afin de permettre au cœur de s’adapter à l’augmentation de l’irrigation sanguine. • Le bouillon-blanc, Verbascum thapsus, est utilisé comme expectorant, antitussif, anti-infectieux, anti-inflammatoire, mais la plante est aussi hypotensive, diurétique, cardiotonique par renforcement de la contraction cardiaque. Elle permet de traiter les œdèmes sans les effets parfois puissants des diurétiques classiques.
→ À prendre en infusions : mettre une poignée de fleurs et de feuilles dans 1 litre d’eau bouillante, laisser infuser 15 minutes, bien filtrer pour retenir les nombreux poils de la plante. Prendre 1 ou 2 tasses par jour, 3 semaines par mois.
• L’agripaume, Leonurus cardiaca, est une grande plante de l’hyperexcitabilité cardiovasculaire et est surtout utilisée dans les troubles du rythme cardiaque. Elle a un effet bêta-bloquant, ralentit le cœur, est tonicardiaque, hypotensive et peut trouver son indication dans l’insuffisance cardiaque avec tachycardie. Elle se prend en infusion (2 cuillères à soupe dans 1 litre d’eau ; infuser 10 minutes et prendre 2 ou 3 tasses par jour), en teinture mère (30 gouttes 3 fois par jour), en extrait fluide (30 gouttes 2 ou 3 fois par jour), en gélules ou comprimés de poudre ou d’extrait sec (2 ou 3 fois par jour).
• L’astragale, Astragalus mongholicus, est la plante protectrice du vieillissement en général ainsi que du vieillissement d’organes, du système cardiovasculaire en particulier. Immuno-stimulante, anti-inflammatoire, antioxydante (cardiaque, cérébrale), elle régule le métabolisme du cholestérol ainsi que la glycémie, améliore la perfusion cardiaque, inhibe la fibrose cardiaque après un infarctus. C’est un cardioprotecteur très efficace lorsque la pathologie s’est installée mais qui a toute sa place également en prévention cardiovasculaire. Elle se prend en EPS (1 cuillère à café) ou gélules ou comprimés de plantes ou d’extraits (1 ou 2 gélules). En préventif, chez les sujets à risques, faire des cures de 2-3 mois. • Le Cordyceps sinensis ou champignon chenille est un champignon endémique des hauts plateaux tibétains. Le Cordyceps fait partie des adaptogènes qui aident l’organisme à s’adapter à son environnement ainsi qu’aux situations de stress en augmentant les capacités physiologiques et l’efficacité du système immunitaire. Il augmente l’énergie (l’ATP cellulaire), la disponibilité en oxygène, les performances physiques et mentales, et pour cette raison est très utilisé par les sportifs. Dans les études, il améliore la fonction respiratoire et cardiaque de 30 %. Il s’utilise en gélules de poudre ou d’extraits, prendre 1 ou 2 gélules par jour, le matin. • Une tisane pour l’insuffisance cardiaque :
– vigne rouge (feuilles) 25 g ;
– bourse-à-pasteur 20 g ;
– gui (feuilles) 20 g ;
– pissenlit (racine) 15 g ;
– gratteron (feuilles) 15 g ;
– épine-vinette (écorce) 15 g ;
– germandrée (sommités) 10 g ;
– aubépine (fleurs) 5 g ;
– muguet 5 g ;
– mettre 3 cuillères à soupe pour ½ litre. Faire bouillir 2 minutes et laisser
macérer la nuit. À boire dans la journée. À faire 2 ou 3 fois par semaine.
Traitements complémentaires
• la coenzyme Q ou ubiquinone est une substance naturelle présente dans 10
toutes nos cellules, mais plus particulièrement dans le cerveau, le foie et le cœur. Dans nos mitochondries, ces centrales énergétiques de nos cellules, elle intervient dans la production de l’ATP qui sera utilisé comme source d’énergie. La prise de Q permet donc d’augmenter le rendement 10
énergétique musculaire et a montré des effets très positifs dans l’insuffisance cardiaque. Il est antioxydant et anti-inflammatoire. Des études ont montré une amélioration significative de la fraction d’éjection. Le Q fait partie des protocoles de traitement au Japon mais il est ignoré 10