Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

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RAYNAUD (Maladie de)

La maladie de Raynaud fait partie des acrosyndromes vasculaires qui sont des modifications de la peau des mains et des pieds, liés à un arrêt ou un ralentissement de la circulation sanguine. Contrairement à l’acrocyanose ou engelure qui, elle, est permanente, dans la maladie de Raynaud, l’arrêt circulatoire est brutal, les doigts deviennent blancs lors de l’exposition au froid, puis deviennent rouges par l’afflux de sang lors du réchauffement, avec souvent une sensation de doigts morts.

Les facteurs déclenchant sont le froid et l’humidité, des émotions fortes, le tabac (la nicotine entraîne une vasoconstriction), certains médicaments (bêta-bloquants). On parle de syndrome de Raynaud lorsqu’il est causé par une maladie sous-jacente.

Le traitement phytothérapique est le même que pour les engelures (voir ce terme, page 153).

RECTOCOLITE ULCÉRO-HÉMORRAGIQUE

› Voir entrée « Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin », page 255.

REFLUX GASTRO-ŒSOPHAGIEN

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) se définit comme le passage d’une partie du contenu gastrique dans l’œsophage. Souvent physiologique, il passe inaperçu mais s’il devient fréquent, il entraîne alors des douleurs gastriques, des remontées acides au niveau de l’œsophage, des douleurs thoraciques, des brûlures dans la gorge, et peut provoquer une œsophagite, le liquide gastrique est corrosif, contenant des acides, souvent de la bile, ainsi que des enzymes pancréatiques. Le reflux est très fréquent chez le nourrisson.

Les causes du RGO sont multiples, mais dans la grande majorité des cas, le RGO est lié à une dérégulation du système neurovégétatif, que seule la phytothérapie peut réguler. Tout le mécanisme du fonctionnement du tube digestif est sous la dépendance de ce système : la fermeture et l’ouverture des sphincters, la progression des aliments par les mouvements péristaltiques, la sécrétion des différentes glandes salivaires, gastriques, du foie, du pancréas, tout est régulé par le système parasympathique, avec le nerf vague, et le système sympathique. Un vague qui marche trop fort va provoquer un excès de sécrétion d’acide chlorhydrique et des différentes enzymes digestives, et inversement. Un sympathique en hyperfonctionnement va provoquer des contractions, des spasmes qui perturbent le bon déroulement du processus de digestion, un mauvais fonctionnement des sphincters, et donc du reflux. Seule la prise en charge de ce dysfonctionnement pourra traiter efficacement le RGO, ce que ne font pas les antiacides habituellement prescrits.

• L’alimentation joue un grand rôle dans le reflux, et l’arrêt des produits laitiers, la diminution voire l’arrêt du gluten et des farines de blé moderne produisent souvent des effets spectaculaires. Mais, la plupart du temps, les conseils nutritionnels comme l’arrêt du tabac, du café, des boissons gazeuses, sont certes utiles mais très largement insuffisants. • Rarement pris en compte, un déséquilibre du microbiote intestinal peut également affecter tout le fonctionnement du tube digestif, y compris gastrique, et alors nécessiter la prise de probiotiques au long cours. • Autre cause méconnue : l’hypochlorhydrie gastrique. Le dogme en gastro-entérologie est que le reflux est nécessairement le reflet d’une hyperacidité du liquide gastrique, mais, en vieillissant, les cellules gastriques peuvent produire moins d’acide chlorhydrique, qui est physiologiquement indispensable pour provoquer la fermeture du sphincter de l’œsophage. Plus on diminue le pH gastrique par les médicaments, plus on aggrave le reflux. Il existe un test simple et fiable à 80 % pour détecter une hypochlorhydrie : À faire sur une journée : matin, midi et soir, sur un estomac vide, avant de manger ou de boire :

– mettre ¼ de cuillère à café de bicarbonate de soude dans un verre d’eau

;

– buvez le mélange et prenez une montre afin de compter au bout de

combien de temps vous allez avoir un rot conséquent : • au bout de 1 à 2 minutes : taux normal ; • au bout de 3 à 5 minutes : hypochlorhydrie ; • au-delà de 5 minutes : achlorhydrie (pas d’acide chlorhydrique).

Le mélange dans l’estomac du bicarbonate de soude et de l’acide chlorhydrique produit du dioxyde de carbone qui crée les éructations. Dans ce cas de figure, il faut bien sûr aider à rétablir une sécrétion normale d’acide chlorhydrique, nous verrons comment plus loin.

– Le reflux peut être lié à une hernie hiatale, lorsque la partie supérieure

de l’estomac remonte avec l’œsophage au-dessus du diaphragme dans la cage thoracique. Elle est détectée à la fibroscopie et peut être congénitale. La chirurgie n’est pratiquée que dans les cas graves.

– Helicobacter pylori est une bactérie vivant en milieu acide et

responsable de gastrites et d’ulcères gastriques, mais peut aussi être impliquée dans le reflux gastro-œsophagien. Elle nécessite un traitement spécifique (voir entrée « Helicobacter pylori », page 194).

Le traitement habituel du RGO consiste en la prescription de médicaments antiacides, soit des pansements gastriques, qui contiennent presque tous de l’aluminium dont la toxicité neurologique est connue, soit des inhibiteurs de la pompe à protons, les IPP, qui diminuent à la synthèse de l’acide chlorhydrique (HCL) produite par les cellules de l’estomac. Ils sont certes efficaces mais présentent de nombreux effets secondaires (en particulier un effet rebond de la sécrétion d’acide chlorhydrique à leur arrêt, ce qui rend les gens dépendants). Mais ce sont des traitements purement symptomatiques qui n’agissent pas sur les causes du reflux. • Deux grandes plantes ont fait la preuve de leur efficacité :

– la mélisse, Melissa officinalis, est régulatrice du système sympathique

par son action sympathicolytique (elle diminue le sympathique). Pour cela, elle est la grande plante antispasmodique du tube digestif. Elle stimule la digestion, diminue les crampes d’estomac, les spasmes digestifs, inhibe les contractions des muscles lisses. Elle augmente la sécrétion du mucus protecteur de l’estomac.

– la gentiane, Gentiana lutea, régule quant à elle le parasympathique (elle

est parasympathicolytique) grâce à ses amers. Elle stimule la motilité gastrique, accélère l’évacuation gastrique. Elle module les sécrétions salivaires et gastriques (augmentation si elles sont déficientes comme dans l’hypochlorhydrie, et elles les diminuent si elles sont en excès). C’est tout l’intérêt des plantes, elles permettent de rétablir un fonctionnement normal, une régulation, contrairement aux antiacides classiques qui ne font que bloquer. La gentiane est antioxydante, peut stimuler l’appétit. Elle est très efficace dans les bouches sèches, les nausées, les éructations, et bien sûr le reflux.

Les deux se prennent en gélules ou comprimés de plantes ou d’extrait sec (2 à 4 par jour), en teinture mère (30 gouttes 2 ou 3 fois par jour), en EPS (1 ou 2 cuillères à café par jour). Les prendre par exemple en EPS selon le protocole suivant :

– EPS mélisse ;

– EPS gentiane aa qsp (quantité suffisante pour) 150 ml ;

– prendre une cuillère à café matin et soir dans un peu d’eau avant les

repas pendant 1 mois, puis 1 cuillère à café le soir pendant 2 mois.

L’effet synergique de ces deux plantes régulatrices permet de rétablir rapidement un fonctionnement normal du tube digestif haut. Dans la plupart des cas, un traitement de 3 mois est suffisant.

– le gingembre, Zingiber officinale, est également une plante antireflux

efficace. Il stimule les contractions péristaltiques et de la région antrale de l’estomac, permet donc la vidange de l’estomac, diminue les nausées et les vomissements. Il augmente également le flux salivaire, accélère la digestion des aliments. Il est anti-infectieux, en particulier actif sur Helicobacter pylori dont il inhibe la croissance. De plus, les composés du gingembre (les gingérols) inhibent la croissance des cellules cancéreuses de l’estomac et de l’intestin. Il se prend en gélules d’extrait sec (1 ou 2 gélules 2 ou 3 fois par jour), en teinture mère (30 à 40 gouttes 3 fois par jour), en infusion (5 grammes de gingembre frais râpé pour 200 ml d’eau bouillante, laisser infuser 10 minutes, 2 ou 3 fois par jour). Il est utile dans le sevrage des IPP ; prendre 2 gélules matin et soir d’extrait sec, et diminuer progressivement les médicaments.

• En gemmothérapie, les bourgeons de figuier sont indiqués dans tous les problèmes de dysfonctions du tube digestif, surtout dans les états d’anxiété, les troubles spasmodiques, les troubles psychosomatiques. C’est un grand remède d’inflammation digestive, il est très efficace dans les reflux. À prendre sous forme de macérat mère (7 gouttes 2 fois par jour) ou en macérat glycériné 1DH (50 gouttes 2 fois par jour). En association avec le gingembre, c’est également un grand remède de sevrage des IPP. • Il faut cicatriser la muqueuse gastrique et œsophagienne grâce :

– au gel d’Aloe vera qui possède des vertus cicatrisantes et réparatrices de

la muqueuse digestive. Prendre une cuillère à soupe matin et soir, en dehors des repas ;

– au jus de pomme de terre crue qui, grâce à sa richesse en oligo-

éléments, en potassium, est extrêmement alcalin et permet de tamponner efficacement l’acidité gastrique. Il est anti-inflammatoire, émollient, calmant, cicatrisant. À préparer avec un extracteur de jus ou au mixeur, prendre 2 verres par jour. Se trouve aussi tout prêt en bouteille. Pour améliorer son goût, on peut rajouter du jus de carotte ;

– au jus de chou, également très efficace. Prendre un verre 2 fois par jour

en dehors des repas ;

– à l’eau d’argile, blanche ou verte, utilisée pour ses propriétés anti-

inflammatoires. Mettre une cuillère à café d’argile dans un verre d’eau, remuer et laisser reposer au moins 4 heures. Boire le surnageant 2 fois par jour ;

– il existe une association remarquablement efficace de chlorophylline,

dérivé de la chlorophylle connue pour ses propriétés cicatrisantes et antioxydantes, et de la vitamine U (qui est en fait un acide aminé, la S-méthylméthionine), U pour antiulcère, cicatrisante de la muqueuse gastrique et cytoprotectrice. La Gastrazyme® se prend à raison d’un comprimé 3 fois par jour au cours du repas pendant 1 mois, puis 1 comprimé par jour pendant 2 mois. À associer à la mélisse/gentiane ;

– le lithotamne est une algue calcifiée à pH alcalin, très riche en oligo-

éléments et en minéraux, et en particulier de carbonate de calcium qui neutralise l’acidité gastrique. Prendre 1 ou 2 gélules au moment des repas.