Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

Cirrhose

→ Il faudra bien sûr associer un traitement local et un traitement général pour un résultat plus rapide.

Traitements complémentaires

• veiller à avoir une alimentation équilibrée capable de couvrir tous les besoins, en protéines, en lipides, en oligo-éléments, en vitamines D, C, E, A essentiellement. Diminuer les sucres rapides ;

• le zinc est un cofacteur enzymatique indispensable à la synthèse protéique et à la prolifération cellulaire. Il contribue à la réparation tissulaire. Faire doser le zinc avant une complémentation ;

• les oméga-3 sont des molécules anti-inflammatoires. Consommer

régulièrement des poissons gras et des amandes, noix, huile de colza ou prendre des compléments d’huiles de poissons, associés à l’huile de bourrache ou d’onagre, riches en oméga-6 anti-inflammatoires ; • éviter le plus possible l’exposition de la cicatrice au soleil, car elle va bronzer et garder une pigmentation définitive ;

CIRRHOSE

La cirrhose est une maladie grave et évolutive du foie due à une inflammation chronique causée par des toxiques (alcool), des virus (hépatites B et C), des maladies auto-immunes ou génétiques (hémochromatose), et surtout par une accumulation de graisse dans le foie (stéatose hépatique) évoluant vers une NASH (Non Alcoholic Steatohepatitis), qui est actuellement la première cause de cirrhose dans les pays développés. Cette inflammation chronique entraîne le développement d’une fibrose qui envahit progressivement tout le parenchyme hépatique, qui ne peut plus assurer ses fonctions vitales, aboutissant à l’insuffisance hépatocellulaire. La circulation sanguine devenant de plus en plus difficile dans le foie, il se crée une hypertension dans la veine porte qui vient de l’intestin, pouvant aboutir à un épanchement de liquide dans l’abdomen (ascite) et des varices œsophagiennes qui peuvent se rompre et entraîner des hémorragies. Le cancer du foie est une complication fréquente. La cirrhose n’entraîne en général aucun symptôme pendant longtemps et elle est souvent découverte à un stade tardif, par ses complications. La recherche et le traitement de la cause (s’il est possible) sont bien sûr une étape essentielle : traitement des hépatites virales, arrêt de l’alcool dans l’hépatite alcoolique, mais surtout de la stéatose hépatique avant qu’elle n’évolue en NASH, par un changement radical de son mode de vie et d’alimentation (voir « Traitements complémentaires », ci-après). La cirrhose est classiquement une maladie irréversible, mais dans les cirrhoses non décompensées, certaines plantes peuvent stabiliser ou même ralentir sa progression. À utiliser également bien avant, au stade de la stéatose hépatique, pour éviter l’évolution vers la NASH. • Le desmodium, Desmodium adscendens, est un hépatoprotecteur, il régénère les cellules hépatiques des dommages causés par les virus, mais aussi les médicaments, l’alcool, les chimiothérapies. Il peut être employé à tous les stades de l’atteinte hépatique. On peut utiliser la décoction, mettre 6 à 10 grammes dans 1 litre d’eau, faire bouillir 15 minutes et boire dans la journée (seul problème, son goût pas vraiment terrible). Il faut privilégier les formes liquides, non alcooliques surtout, ou en solution glycérinée, plus concentrée. Par exemple en EPS 1 cuillère à café par jour. Mais dans une pathologie chronique comme la cirrhose, il peut se prendre en gélules ou comprimés d’extrait sec, 1 ou 2 par jour, sur de longs mois. • Le chardon-Marie, Cardus marianum, est un traitement validé des hépatites aiguës et chroniques, ainsi que des cirrhoses grâce aux propriétés hépatoprotectrices de la silymarine. Dans la stéatose hépatique, la plante diminue l’inflammation et la destruction des hépatocytes. À prendre sous forme de silymarine (2 comprimés 2 fois par jour), d’extrait sec en gélules ou comprimés (2 fois par jour), en extrait glycériné EPS (1 cuillère à café par jour).

• L’astragale, Astragalus mongholicus, est une magnifique plante possédant de très nombreuses propriétés : immunostimulante, antioxydante, anti-inflammatoire, antivirale, anticancéreuse. C’est la plante antivieillissement, elle protège de nombreux organes contre les processus de sénescence. Elle est hépatoprotectrice et possède une action antifibrosante. Elle n’a pas de toxicité connue. Prudence chez les sujets sous immunosuppresseurs et à éviter dans les hépatites auto-immunes. On la trouve sous forme de comprimés ou gélules de poudre ou d’extraits secs (2 ou 3 gélules par jour), en infusion (deux tasses par jour) ou en EPS (1 cuillère à café par jour).

• Le macérat de radicelles de seigle, Secale cereale, a une action spécifique sur le foie. Il protège et régénère les hépatocytes, normalise les transaminases hépatiques. Il est indiqué dans les hépatites aiguës et chroniques, les cirrhoses avec hépatomégalie.

• Le macérat de jeunes pousses de romarin, Rosmarinus officinalis, est hépatoprotecteur, régénère le foie, et normalise les métabolismes de cet organe essentiel.

• Dans les cirrhoses décompensées, deux bourgeons sont indiqués :

– le macérat de jeunes pousses de genévrier, Juniperus communis, agit

sur l’insuffisance hépatique avec hépatomégalie, ascite, ictère, et altérations des fonctions du foie ;

– le macérat de bourgeons de citronnier, Citrus limonum, est actif sur les

atteintes graves de la cellule hépatique, hépatites toxiques, infectieuses ou cirrhose.

→ Tous se prennent en macérat mère, 10 à 15 gouttes par jour, en alternance.

Traitements complémentaires

• conséquence de la malbouffe, du surpoids, de l’obésité et du diabète, la NASH nécessite un changement radical de l’hygiène de vie afin d’éviter l’évolution vers une cirrhose. Dès la détection d’une stéatose hépatique, il faut impérativement perdre du poids et se mettre à une activité physique régulière. Il faut arrêter le sucre (on l’appelle aussi la maladie du soda), surtout le fructose, et les aliments à index glycémique élevé (riz, pain blanc, gâteaux, biscuits industriels, carottes, fruits secs, pommes de terre en purée), l’alcool, et mettre en place un régime, le régime méditerranéen modernisé, qui repose sur une alimentation riche en fruits et légumes, en légumineuses, en céréales complètes, avec peu de viandes rouges, du poisson gras (saumon, sardine, anchois, maquereau), de l’huile d’olive et de colza, peu de sel, des épices ;

• la relation entre l’inflammation digestive et l’inflammation du foie est maintenant bien établie. La dysbiose et l’hyperperméabilité intestinale inondent le foie de molécules inflammatoires qui génèrent la fibrose. Il faut donc rééquilibrer le microbiote intestinal par la prise de probiotiques, de prébiotiques, et rétablir la fonction de barrière de la muqueuse (avec des molécules cicatrisantes, curcuma, L-glutamine, boswellia, etc.).