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Fibromyalgie

• éviter les produits laitiers, riches en facteurs de croissance (comme l’hormone de croissance qui fait pousser les petits) ; • éviter les aliments pro-inflammatoires (gluten, graisses animales, fritures, sucre), privilégier les fruits et légumes, les poissons, les oléagineux, des légumineuses.

FIBROMYALGIE

Douleurs musculaires et articulaires diffuses et persistantes, névralgies, fatigue chronique, troubles du sommeil, syndrome des jambes sans repos, acouphènes, troubles de la mémoire et de la concentration, migraines, troubles digestifs, dépression, anxiété, palpitations, troubles des sphincters, tels sont les symptômes que les médecins regroupent sous l’appellation fibromyalgie.

Ce n’est pas une maladie mais un ensemble de troubles d’autant plus difficiles à étiqueter qu’il n’y a pas de signes biologiques caractéristiques, pas d’examens radiologiques, de scanner ou d’IRM orientant le diagnostic, mais comme toujours, la médecine a besoin de mettre des étiquettes. Les traitements habituellement prescrits, anti-inflammatoires, cortisone, antalgiques morphiniques, antidépresseurs, antiépileptiques sont peu efficaces. Les patients errent de médecin en médecin, rhumatologues, neurologues, centres de la douleur, prennent des traitements agressifs inefficaces, ne peuvent plus travailler pour la plupart, sont désocialisés et finissent dans un abîme d’incompréhension de la part du corps médical et de leur famille, car tous ces symptômes subjectifs dont ils se plaignent ne mettent pas en jeu le pronostic vital.

La fibromyalgie ne se déclare pas du jour au lendemain, elle apparaît petit à petit, très souvent dans un contexte de stress professionnel ou familial, orientant le diagnostic vers un état dépressif progressif, et de ce fait enfermant les patients dans ce diagnostic, même si l’on retrouve souvent dans les symptômes une sensibilité émotionnelle exacerbée. La fibromyalgie nécessite une approche multifactorielle et il faut sortir de la vision trop linéaire de la médecine moderne : une maladie, une cause, un traitement. Derrière ce syndrome, on retrouve souvent : une origine infectieuse, comme la maladie de Lyme ou une candidose chronique, des troubles digestifs omniprésents avec une hyperperméabilité intestinale, un stress chronique avec des perturbations du système neurovégétatif, des déséquilibres hormonaux, des intoxications aux métaux lourds. Certains auteurs la classeraient dans les maladies auto-immunes. • Ces causes sont bien souvent intriquées, et rendent très complexe la prise en charge de ce syndrome qui doit être globale. • La maladie de Lyme (voir cette entrée, page 250) est de diagnostic difficile, car les tableaux cliniques sont multiples et peu spécifiques, les examens biologiques peu fiables. Le traitement, de très longue durée, associe antibiothérapie, des plantes et des huiles essentielles. De plus, la présence de nombreuses co-infections rend la prise en charge très complexe.

• Autre cause infectieuse fréquente, la candidose chronique (voir cette entrée, page 95), elle aussi de diagnostic difficile. Son traitement nécessite la modification de l’hygiène alimentaire (diminution des sucres en particulier), et les prises alternées pendant plusieurs mois de plantes et d’huiles essentielles.

• L’hyperperméabilité intestinale, ou syndrome de l’intestin poreux, est quasiment toujours présente dans la fibromyalgie. La perte de la fonction de barrière de la muqueuse intestinale, associée à un déséquilibre du microbiote, entraîne le passage à travers la muqueuse altérée de nombreuses molécules provoquant la réaction du système immunitaire. Elle est responsable de nombreuses pathologies : allergies, maladies articulaires, troubles de la thyroïde, maladies auto-immunes, anxiété, dépression. Les causes de cette hyperperméabilité sont nombreuses : prise répétée d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires (fréquemment prescrits dans les douleurs de la fibromyalgie et aggravant le tableau), intolérances alimentaires très fréquentes (gluten, produits laitiers), excès de sucre, causes infectieuses (on retrouve la candidose), produits toxiques, stress. La prise en charge associe des modifications profondes du régime alimentaire, la prise de pré- et probiotiques, l’utilisation de plantes anti-inflammatoires digestives, cicatrisantes, antalgiques comme le curcuma, la réglisse, le noyer. Contre les spasmes et les douleurs, la mélisse et la passiflore ont leur indication.

• Les intoxications par les métaux lourds, aluminium, mercure, etc., nécessitent un diagnostic précis (dosages urinaires, oligoscan). L’élimination de ces molécules (la chélation) se fait sur des mois, voire des années avec des protocoles complexes, associant des chélateurs (glutathion, zéolite, ail des ours) avec des plantes de drainage (artichaut, pissenlit), des antioxydants (N-acétylcystéine, acide R-lipoïque), des cures de reminéralisation avec de l’eau d’argile verte, etc. • Des dysfonctions endocriniennes sont fréquentes, comme l’hypothyroïdie, ou une insuffisance surrénalienne. Les plantes médicinales trouvent leur place dans le traitement de la fibromyalgie, car, outre leurs indications dans les pathologies déjà nommées, elles sont nécessaires pour la prise en charge des douleurs, de l’anxiété, du stress, des troubles du sommeil, omniprésents dans ce syndrome.

• L’anxiété et la dépression nécessitent :

– le millepertuis, Hypericum perforatum, grâce à ses propriétés

d’inhibition non spécifique de la recapture des monoamines que sont la sérotonine, la dopamine, la noradrénaline, mais qui stimule aussi la libération d’autres neuromédiateurs comme le GABA (calmant), est beaucoup plus complet dans son action que les antidépresseurs classiques qui n’agissent eux que sur la sérotonine, et n’en a pas les effets secondaires. Il est sédatif, anxiolytique, antidépresseur, antinévralgique ;

– le griffonia, Griffonia simplicifolia, par son constituant principal le 5-

HTP, précurseur immédiat de la sérotonine, a une action antidépressive rapide, est sédatif, anxiolytique, améliore le sommeil (la sérotonine est le précurseur de la mélatonine, l’hormone du sommeil). Une étude a montré la supériorité du 5-HTP par rapport au placebo chez des patients fibromyalgiques sur la douleur et l’anxiété. Des taux réduits des dérivés métaboliques dans le liquide céphalo-rachidien ont été rapportés, suggérant l’implication d’un déficit en sérotonine dans la maladie.

→ Pour les contre-indications et les posologies des deux plantes, se reporter à l’entrée « Dépression », page 128.

Associer par exemple millepertuis/griffonia en EPS, 2 ou 3 cuillères à café par jour, à répartir dans la journée.

• Les troubles du sommeil sont améliorés par :

– la valériane, Valeriana officinalis, qui est anxiolytique, myorelaxante

(utile dans les douleurs musculaires de la fibromyalgie), antispasmodique et remarquable dans les troubles du sommeil, surtout s’il existe une rumination, un ressassement permanent. Elle n’agit pas comme un hypnotique mais régule en profondeur, recadrant les rythmes du sommeil. À prendre au coucher. Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante. Elle se prend en décoctions de racines (mais son goût est désagréable), en gélules d’extraits (1 ou 2 gélules), en teinture mère (30 à 70 gouttes), en EPS (1 ou 2 cuillères à café) ;

– l’eschscholtzia, Eschscholzia californica, le pavot de Californie, est

sédatif, hypnotique, anxiolytique, antalgique. Il se prend en gélules ou comprimés de plantes ou d’extraits secs (2 à 4 gélules), en teinture mère (50 à 100 gouttes), en infusion (5 grammes par tasse de fleurs séchées, infuser 10 à 15 minutes), en EPS (1 ou 2 cuillères à café). C’est une bonne association avec la valériane.

• La prise en charge des douleurs nécessite la prescription de :

– la Boswellia serrata, l’encens, est traditionnellement utilisée depuis des

millénaires pour ses propriétés anti-inflammatoires. Les acides boswelliques de sa résine ont la propriété de bloquer les leucotriènes, molécules impliquées dans la réponse inflammatoire. Ils améliorent également la microcirculation des tissus, en particuliers articulaires, contribuant ainsi à une meilleure nutrition cellulaire et à lutter contre l’inflammation. Il n’y a aucun effet secondaire digestif, la Boswellia étant même utilisée dans les affections inflammatoires du côlon.

L’effet anti-inflammatoire n’est pas immédiat, il faut entre 4 et 6 semaines de traitement pour en ressentir l’efficacité. De très nombreux laboratoires commercialisent de la Boswellia, utiliser surtout des dosages de 300 mg. Prendre 1 gélule 3 fois par jour pendant 2 mois, et si le résultat est favorable, continuer avec 1 gélule matin et soir ;

– la scutellaire, Scutellariabaicalensis, est une grande plante de la

médecine traditionnelle chinoise. Elle a de puissantes propriétés anti-inflammatoires, elle soulage les douleurs musculaires et articulaires,

mais elle est aussi calmante, sédative, tonique du système nerveux, elle stimule les performances cognitives… Elle est antioxydante, relance l’activité des mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules. Elle se prend en gélules d’extrait sec, 300 mg 3 fois par jour.

• La fatigue est un des symptômes majeurs de la fibromyalgie. Il est très important de soutenir les glandes surrénales et la production de cortisol, notre anti-inflammatoire naturel et notre hormone du stress.

– le macérat de bourgeons de cassis est un puissant anti-inflammatoire,

antiallergique, immunorégulateur et permet la récupération des organismes fatigués. Prendre 7 gouttes matin et soir de macérat mère ou 50 gouttes 2 ou 3 fois par jour de macérat glycériné 1DH ;

– le macérat de bourgeons de chêne a une action régénératrice et

tonifiante sur les glandes surrénales. À l’image de l’arbre dont ils sont issus, les bourgeons de chêne apportent force profonde et tonicité. Prendre également en macérat mère 7 gouttes matin et soir ;

– l’ashwagandha, Withania somnifera, plante adaptogène majeure de la

médecine ayurvédique, multiplie les bienfaits. Elle stimule les glandes surrénales, est tonifiante et fortifiante, mais en même temps anxiolytique, améliore le sommeil, combat le stress. Elle régule le système immunitaire, la thyroïde (à la fois les hypo- et les hyperthyroïdies), le système endocrinien. Elle est antispasmodique, anti-inflammatoire. Prendre en gélules ou comprimés de plantes ou d’extrait sec, de 300 à 500 mg, matin et soir sur de longues périodes ;

– le cordyceps, Cordyceps sinensis, le champignon chenille, est un

champignon médicinal des hauts plateaux du Tibet. Il a la particularité de se développer dans le corps d’une chenille. Il est maintenant cultivé et possède de multiples qualités : il est antiviral, anticancéreux, antioxydant, anti-inflammatoire, régule les neuromédiateurs et en particulier la dopamine, notre starter. Il est bronchodilatateur, améliore les capacités respiratoires et cardiaques de 30 %… Il est extrêmement efficace pour lutter contre la fatigue. On le trouve en gélules de poudre ou d’extraits, 1 ou 2 gélules par jour. À prendre plutôt le matin pour son effet stimulant.

Traitements complémentaires • l’alimentation a un rôle essentiel car elle est souvent pro-inflammatoire : il est nécessaire de supprimer le sucre, les produits laitiers, le gluten, les graisses saturées, les fritures, et de manger peu de viandes rouges et de charcuteries. Avoir une consommation modérée d’alcool (préférer le vin rouge). Arrêt du tabac. Privilégier les fruits, les légumes, les poissons, les légumineuses, les noix, les amandes. Utiliser de l’huile d’olive et de colza ; • le collagène est présent dans la peau, les cartilages, les os, les tissus conjonctifs, il assure l’élasticité, la cohésion et la régénération des tissus. Le collagène hydrogéné est soluble et facilement assimilable par notre tube digestif. Il a montré des propriétés très intéressantes dans les douleurs d’arthrose, réduisant les douleurs, les raideurs articulaires. Son impact sur les tendons et ligaments, sur les muscles, en fait un complément très utile dans la fibromyalgie. À prendre pendant au moins 3 mois. Le soufre organique MSM : le soufre est un minéral présent dans notre tissu conjonctif. Il est présent dans la quasi-totalité des cellules du corps. Le MSM est donc un métabolite biodisponible et facilement assimilé. Il est sans odeur et légèrement amer. C’est donc un anti-inflammatoire qui va diminuer les douleurs musculaires et articulaires, et ses propriétés de régénération vont lui permettre de réparer les tissus. Faire une cure de 3 mois également.