Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

Dépression

• L’eau d’argile. L’argile est d’une très grande richesse en minéraux de toute sorte, il ne faut pas s’en priver.

Dans un verre, mettre 1 cuillère à café d’argile verte ou blanche ultraventilée ultrafine. Ajouter de l’eau. Mélanger et laisser reposer 6 à 8 heures, l’argile se précipite au fond du verre. Boire l’eau, sans boire l’argile.

Prendre un verre par jour pendant 2 ou 3 mois. La cure est économique car il n’est pas nécessaire de jeter l’argile utilisée, une cuillère d’argile peut suffire pour une semaine. À prendre à distance de médicaments.

Traitements complémentaires

• l’eau de mer hypertonique est très concentrée en oligo-éléments et minéraux biodisponibles et permet de reminéraliser l’organisme rapidement. Elle est prélevée en profondeur loin des côtes. Prendre une à deux ampoules par jour (à éviter chez les patients ayant des pathologies cardiaques, de l’hypertension, une insuffisance cardiaque) ; • mettre en place une alimentation riche en fruits et légumes et céréales complètes ;

• arrêt du café, du tabac, de l’alcool, du sucre ; • se méfier des médicaments comme les IPP prescrits pour les troubles gastriques. La modification de l’acidité du pH gastrique sur le long cours diminue l’absorption des minéraux et des oligo-éléments au niveau du duodénum, source de déminéralisation et d’ostéoporose ; • pratiquer régulièrement une activité physique qui stimule la croissance osseuse.

DÉPRESSION

La dépression est un trouble psychique caractérisé par une tristesse et un manque de confiance en soi, une désadaptation avec dévalorisation, ralentissement psychomoteur, inhibition, repli sur soi, troubles du sommeil, troubles de l’appétit, idées suicidaires parfois. Il existe plusieurs degrés d’expression de cette maladie, qui va de la dépression légère à modérée à la dépression grave, qui elle n’est pas du domaine de la phytothérapie. Il n’y a pas une dépression mais des syndromes dépressifs, très variés dans leurs symptômes mais aussi dans leurs causes. La dépression réactionnelle à un événement malheureux, la dépression du post-partum ou baby blues, la dépression saisonnière à l’automne ou en hiver, la dépression endogène, sans cause connue et plus difficile à soigner, n’ont pas la même origine, et ne nécessitent pas le même traitement. Car malheureusement, le traitement actuel d’un état dépressif est quasiment toujours le même, et passe par la prescription d’un antidépresseur qui est la plupart du temps un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), qui entraîne parfois des effets secondaires importants, en particulier l’accoutumance au médicament, souvent sous-estimée. La sérotonine n’est pas le seul neuromédiateur impliqué dans la biologie des états dépressifs, car la dopamine et la noradrénaline le sont également. La dopamine est le starter, l’initiateur de l’action, la noradrénaline l’amplification de l’action, et la sérotonine le frein. Schématiquement, la dépression dopaminergique est dominée par l’inhibition, le repli sur soi, le ralentissement (« tout est de ma faute »), alors que le déprimé sérotonigergique est agité, agressif (« c’est la faute de l’autre »), compulsif pour le sucre, ne supporte pas la contrariété. Actuellement, de nombreuses études sont en faveur de l’hypothèse inflammatoire de la dépression, liée à l’hyperexpression de cytokines pro-inflammatoires, ce qui peut expliquer parfois le peu d’efficacité des thérapeutiques classiques. L’axe hypothalamus-hypophyse-surrénales relie le système nerveux au système endocrinien qui contrôle les réponses au stress. L’activation par les cytokines pro-inflammatoires déclenche la libération de cortisol, l’hormone du stress, et la dérégulation de cet axe est impliquée dans la dépression. L’axe intestin/cerveau joue un rôle important, via l’équilibre du microbiote intestinal. Derrière des états dépressifs peuvent aussi se cacher des perturbations endocriniennes (thyroïde, glandes surrénales, déficit en œstrogènes postménopausique), des problèmes nutritionnels (déficit en fer en particulier).

On le voit, la prise en charge d’un syndrome dépressif est parfois complexe, bien loin de la seule prescription d’un antidépresseur.

Dans les dépressions légères à modérées, l’emploi de plantes médicinales a toute sa place. Elles modulent les neuromédiateurs et plusieurs sont antiflammatoires et neuroprotectrices.

• le millepertuis, Hypericum perforatum, est aussi un inhibiteur de la recapture de la sérotonine, mais également des autres monoamines, la dopamine et la noradrénaline, et combine aussi d’autres mécanismes biologiques, ce qui en fait une plante antidépressive très efficace. Ces propriétés ont d’abord été mises sur le compte de deux composants, l’hypéricine et l’hyperforine, mais comme toujours en phytothérapie, c’est l’ensemble des principes actifs, le totum, qui agit de façon synergique. De plus, le millepertuis augmente la mélatonine, améliore le sommeil, est anxiolytique, anti-inflammatoire. La plante a peu d’effets secondaires, quelques troubles digestifs possibles et un risque de photosensibilisation (mais seulement sous sa forme d’huile végétale). La réticence de nombreux médecins à son utilisation vient de ses interactions médicamenteuses, liées à une induction enzymatique par le cytochrome P450. Ce système enzymatique hépatique est chargé de la détoxification de certains médicaments, et peut modifier leurs taux sériques. Le millepertuis est contre-indiqué avec les antirétroviraux utilisés pour le sida, la cyclosporine (antirejet de greffe), les antimigraineux comme les triptans. Avec la théophylline, les antiépileptiques, les antivitamines K, une surveillance biologique est nécessaire. Avec les contraceptifs oraux, le millepertuis ne supprime pas l’effet contraceptif mais peut provoquer quelques saignements intermenstruels. En dehors de ces cas de figure, la prise de millepertuis ne pose pas de problème, et il serait dommage de se priver de sa remarquable efficacité, qui comme avec les antidépresseurs classiques peut mettre 10 à 15 jours avant de se manifester, et qui est dose-dépendante. Il se prend en gélules ou comprimés de plante ou d’extrait sec (2 à 4 par jour), en teinture mère (30 à 40 gouttes 2 ou 3 fois par jour), en EPS (1 cuillère à café 2 fois par jour). Excellente association avec le griffonia, et le mucuna ; • le griffonia, Griffonia simplifolia, contient du 5-HTP, le précurseur immédiat de la sérotonine dans le tissu nerveux, et qui passe très bien la barrière hémato-méningée. Les graines possèdent des propriétés antidépressives, anxiolytiques, sédatives et améliorent la durée et la profondeur du sommeil. Le griffonia a une action satiétogène importante, intéressante si l’état dépressif s’accompagne de boulimie. Il se prend en gélules ou comprimés de plantes ou d’extraits secs (2 ou 3 au coucher), en extrait hydroalcoolique, teinture mère (50 à 100 gouttes), en EPS (1 ou 2 cuillères à café). L’association avec le millepertuis est une excellente indication en raison des modes d’actions complémentaires des deux plantes. En particulier, il est possible de réussir avec elles le sevrage, souvent difficile, des antidépresseurs classiques après de longs mois ou années de prise. Prendre millepertuis/griffonia en diminuant petit à petit le médicament (plus ou moins rapidement selon l’ancienneté du traitement) et continuer ensuite avec les plantes pendant quelques semaines ; • le safran, Crocus sativus, a montré dans de très nombreuses études des propriétés antidépressives indiscutables, il est aussi efficace que les antidépresseurs classiques, sans effet secondaire. Il augmente le taux des neuromédiateurs, de la sérotonine, mais aussi de la dopamine et la noradrénaline grâce à sa richesse en principes actifs. Il est aussi anxiolytique, sédatif. C’est un neuroprotecteur, antioxydant, anti-inflammatoire. Le safran améliore également la libido et les dysfonctionnements érectiles. Il se prend en gélules ou comprimés d’extrait sec, à raison de 30 mg par jour. Contre-indiqué chez la femme enceinte. C’est une bonne association avec la rhodiole ;

• la rhodiole, Rhodiola rosea, est un adaptogène qui permet de réguler l’anxiété et le stress. Par son action antiacétylcholinestérase, la plante améliore les performances intellectuelles et la mémoire. Elle est neuroprotectrice, antioxydante et antidépressive par inhibition de la dégradation de la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Elle améliore les performances physiques et la fatigue. À prendre sous forme d’extrait, en gélules ou comprimés (2 le matin), en EPS (1 cuillère à café le matin), en teinture mère (50 gouttes le matin). Elle se prend le matin et/ou à midi, à éviter le soir car elle peut provoquer des insomnies. À éviter chez les femmes enceintes et les enfants ;

• le mucuna, Mucuna pruriens, ou pois mascate est riche en L-dopa, précurseur de la dopamine. La plante peut être utilisée dans les dépressions dopaminergiques, ou de type mixte, en association avec le millepertuis, le griffonia ou la rhodiole. À cause de son action androgénisante, elle est contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante. À prendre sous forme d’extrait, en gélules ou comprimés (2 le matin), en EPS (1 cuillère à café le matin) ;

• la gentiane, Gentiana lutea, est une grande plante des troubles digestifs mais elle a un petit effet antidépresseur. Utile chez les déprimés sans appétit pour son action orexigène. En gélules ou comprimés de plante ou d’extrait sec (2 ou 3 fois par jour), en teinture mère (30 gouttes 3 fois par jour), en EPS (1 cuillère à café par jour).

En gemmothérapie, plusieurs plantes ont montré leur intérêt. • le macérat de jeunes pousses de gui, Viscum album, est un remarquable traitement des dépressions saisonnières. Le gui recherche la lumière et pousse tout en haut des arbres et aidera les personnes qui, l’hiver, ne reçoivent plus la lumière. Prendre 5 gouttes de macérat mère au coucher dans un peu d’eau pendant 1 à 2 mois. Bonne association avec le millepertuis et la luminothérapie ;

• le macérat de bourgeons de chêne, Quercus robur ou pedunculata, redynamise par son soutien de l’axe cortico-surrénalien. C’est un tonique, un stimulant général, il améliore l’humeur. Prendre 10 à 15 gouttes le matin ;

• le macérat de bourgeons de saule, Salix alba, trouve son indication chez la personne engluée dans son désespoir, ne retrouvant plus la lumière. Il permet de retrouver l’équilibre nerveux et régule l’humeur, calme l’anxiété. Prendre 5 gouttes au coucher dans un peu d’eau. D’autres plantes peuvent être prescrites dans les états dépressifs en association avec celles déjà citées, en fonction des tableaux cliniques. La valériane et l’eschscholtzia pour les troubles du sommeil, l’aubépine, la passiflore pour l’anxiété, la mélisse en cas de troubles digestifs, le cassis pour réguler le cortisol, le gingembre et l’avoine pour le soutien de la thyroïde. En postménopause, des plantes œstrogénisantes peuvent être nécessaire (voir page 272).

• aromathérapie. Les huiles essentielles sont intéressantes dans les dépressions, complémentaires des autres plantes ; • la marjolaine à coquille, Origanum majorana, a une action rééquilibrante très intéressante dans les états dépressifs avec anxiété, troubles du sommeil. Elle est tonifiante, euphorisante ;

• le basilic, Ocimum basilicum, est un neurorégulateur, anxiolytique et stimulant psychique ;

• la verveine citronnée, Lippia citriodora, est sédative et tonifiante, indiquée dans les dépressions avec angoisses, insomnies. Photosensibilisante, la voie cutanée doit être évitée ; • le petit grain bigarade, Citrus aurantium (feuille), l’ylang-ylang, Cananga odorata, le néroli, Citrus aurantium (fleur) peuvent être aussi utilisés.

→ Mettre une à deux gouttes d’huile essentielle sur un support neutre, à prendre deux fois par jour 20 jours par mois ; ou 2 gouttes sur le plexus et la face externe des poignets 2 fois par jour (sauf pour la verveine). • Faire aussi la préparation suivante :

– HE Lippia citriodora, verveine citronnée 1 ml ;

– HE Ocimum basilicum, basilic 1 ml ;

– HE Citrus auriantum (fe), petit grain bigarade 1 ml ;

– solubilisant qsp 30 ml ;

– prendre 20 gouttes 3 fois par jour dans un verre d’eau au cours des

repas.

Traitements complémentaires

• la dépression saisonnière, liée au dérèglement de notre horloge biologique, outre l’utilisation du macérat de gui, se traite avec la luminothérapie qui consiste à s’exposer 30 minutes par jour à une lumière de 10 000 lux diffusée par une lampe ;

• la dépression du post-partum ou baby blues est liée d’une part à un grand changement hormonal avec la baisse brutale des œstrogènes et de la progestérone, mais aussi à un déficit important en oméga-3, acides gras essentiels au bon fonctionnement neuronal. Pendant la grossesse, le fœtus mobilise, surtout au cours du dernier trimestre, les réserves en oméga-3 de la mère pour constituer son système nerveux. Si l’alimentation maternelle est pauvre en oméga-3, le risque de déclencher un état dépressif après l’accouchement est élevé. D’où la nécessité d’une complémentation prophylactique en oméga-3 de poissons de bonne qualité pendant la grossesse, et en cas de dépression avérée, prendre en association avec les plantes citées des gélules d’EPA et de DHA (2 à 4 par jour selon les dosages) pendant 2 à 3 mois ;