Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

Diarrhée

• prendre des oméga-3 en complémentation et manger des poissons gras (saumon, sardine, maquereau), car ils améliorent la fluidité des membranes cellulaires et donc le fonctionnement du récepteur à l’insuline ; • le jeûne intermittent ou fasting, qui consiste à jeûner 16 heures par jour, est remarquable pour diminuer le niveau de l’insuline et perdre du poids.

DIARRHÉE

› Voir entrée « Gastro-entérite », page 183.

DIVERTICULOSE

La diverticulose se caractérise par la présence dans la paroi du côlon de diverticules, petites hernies de la muqueuse intestinale. Prédominant à gauche, au niveau du sigmoïde, ils peuvent toucher tout le côlon. Les diverticules se forment au niveau de zones d’hyperpression de la muqueuse. Cette pathologie, d’apparition récente, est en constante augmentation, et toucherait 30 % de la population. La formation de ces diverticules est liée à une fragilisation de la muqueuse intestinale consécutive à la modification du régime alimentaire comme le déficit en fibres, le raffinement des céréales, l’excès de sucre, la part croissante de l’alimentation transformée par l’industrie agro-alimentaire. Parallèlement, on assiste à une modification du microbiote intestinal avec la disparition des bactéries ancestrales pour voir se constituer un microbiote « industriel ». Car, selon notre alimentation, nous favorisons le développement de nos bactéries, bénéfiques ou non. Les fibres par exemple sont transformées en acides gras à courtes chaînes comme le butyrate, indispensable à la physiologie intestinale, en fournissant de l’énergie aux cellules épithéliales, en régulant l’inflammation et le système immunitaire intestinal. Le stress joue un grand rôle également par sa répercussion neurovégétative sur le sigmoïde, générateur de spasmes sur une muqueuse fragilisée et naturellement zone d’hyperpression.

La diverticulose ne provoque la plupart du temps aucun symptôme, et elle est essentiellement détectée lors de coloscopies pratiquées dans le cadre d’une colopathie associée ou d’autres pathologies intestinales. Sa complication principale est la diverticulite sigmoïdienne, liée à des ulcérations de la muqueuse des diverticules et responsable d’inflammation et d’infection, chroniques ou aiguës, provoquant des douleurs abdominales violentes, de la fièvre, nécessitant une hospitalisation. Le traitement classique est constitué par une antibiothérapie et une diète liquide puis sans résidus pendant plusieurs semaines. Ce n’est qu’en cas de diverticulite perforée ou d’abcès de la paroi que la chirurgie est nécessaire. • Le traitement phytothérapique de la diverticulite fait appel aux huiles essentielles et en particulier :

– à l’HE d’origan, Origanum compactum, anti-infectieuse puissante à

large spectre d’action sur les bactéries, les virus, les mycoses. Elle est anti-inflammatoire, stimulante immunitaire. Par expérience, elle est extrêmement efficace dans une poussée de diverticulite. Difficile à utiliser pure par voie orale en raison de sa puissance de goût, elle existe en capsules ou comprimés très faciles à prendre, à raison de 2 ou 3 fois par jour pendant 1 semaine. Contre-indiquée chez la femme enceinte.

• Si vous avez la chance d’avoir près de chez vous une pharmacie qui fait des préparations, vous pouvez utiliser des suppositoires :

– HE Cinnamomum cassia, cannelle de Chine 25 mg (1 goutte) ;

– HE Satureja montana, sarriette des montagnes 50 mg (2 gouttes) ;

– HE Melaleuca alternifolia, tea tree 50 mg (2 gouttes) ;

– HE Salvia officinalis, sauge officinale 50 mg (2 gouttes) ;

– quantité suffisante pour un suppositoire de 2 grammes no 20 ;

– mettre un suppositoire matin et soir pendant 10 jours. • On peut utiliser des plantes à mucilages, anti-inflammatoires, émollientes, antalgiques, comme le bouillon-blanc, Verbascum thapsus, le plantain, Plantago major et la guimauve, Althaea officinalis. Préparer une infusion avec :

– bouillon-blanc (feuilles et fleurs) ;

– grand plantain (feuilles) ;

– guimauve (feuilles ou fleurs) ;

– mettre 1 cuillère à soupe de chaque en infusion dans 1 litre d’eau

pendant 10 minutes, passer à travers une gaze pour retenir les poils et prendre 1 tasse 2 ou 3 fois par jour pendant 2 ou 3 semaines ;

– mettre sur la fosse iliaque gauche des cataplasmes d’argile verte, à

garder 30 minutes, plusieurs fois par jour.

• le traitement de fond de la diverticulose, outre les mesures diététiques et le rétablissement d’un microbiote équilibré, passe aussi par le traitement de la colite ou de la constipation si elles sont associées (voir ces termes, pages 109 et 113) ;

• un bourgeon a son indication dans le traitement de la diverticulose et la prévention de la diverticulite, c’est le macérat de bourgeons de charme, Carpinus betulus, grand remède d’inflammation des muqueuses et en particulier celle du côlon, antispasmodique. Il favorise la cinétique de la valvule iléocæcale, et l’élimination des matières fécales au niveau du cæcum. Il aide à libérer les diverticules des sédiments stagnants par contraction insuffisante de la paroi diverticulaire (F. Pitera). Il se prend en macérat mère (10 gouttes par jour) ou en macérat glycériné 1DH (50 à 100 gouttes par jour).

Traitements complémentaires

• le rétablissement d’un microbiote équilibré est indispensable par la prise régulière et sur le long cours de probiotiques et de prébiotiques (voir entrée « Colite », page 109) ;

• les fibres apparaissent comme un élément protecteur vis-à-vis de la survenue d’une diverticulose : une étude a montré qu’une consommation de 26 grammes par jour réduit de 46 % le risque de survenue d’une diverticulose par rapport aux personnes en prenant moins de 14 grammes par jour. Important, il faut augmenter progressivement sa consommation de fibres.

Les fibres sont apportées par les légumes, légumes secs, fruits, fruits secs, pâtes, semoules, riz, maïs, tubercules, pain, fruits à coques, herbes, épices, en tenant compte de leur tolérance digestive (en particulier pour le pain et les farines de blé) ;

• attention aux végétaux ou fruits à pépins qui peuvent se coincer dans les diverticules et les enflammer (tomates, pépins de raisin, ainsi que les pains aux céréales).