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Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative entraînant un déclin progressif des facultés cognitives et de la mémoire. Elle touche au début la mémoire à court terme, puis apparaissent petit à petit des troubles cognitifs plus sévères, irritabilité, confusion, troubles de l’humeur, et enfin une altération totale de la mémoire, évoluant vers la perte des fonctions autonomes. C’est la forme la plus fréquente de démence de l’adulte, et sa prévalence est en constante augmentation dans nos sociétés. Elle est liée à la production excessive et à l’accumulation dans le cerveau d’une substance appelée protéine bêta-amyloïde, qui forme des plaques amyloïdes entraînant la mort neuronale. Il n’existe à ce jour aucun traitement efficace. Maladie très angoissante, elle prive pendant de longues années les patients atteints de leur humanité, faisant disparaître les souvenirs, la faculté de penser, bouleversant les relations familiales. L’échec des différents traitements ciblés sur la seule protéine bêta-amyloïde est lié au fait que la maladie d’Alzheimer est une maladie multifactorielle. Les facteurs génétiques jouent un rôle important, les porteurs du gène ApoE4 ont plus de 60 % de risque de contracter la maladie. La fabrication excessive de protéine bêta-amyloïde est en fait une réponse protectrice du cerveau à une agression liée : • à une inflammation, due à une infection bactérienne (borrélia et autres) ou virale, à des moisissures, à un régime alimentaire trop riche en sucre, en gluten, en produits laitiers ;
• des carences en nutriments, en hormones ; • à la présence de substances toxiques, métaux ou toxines. Beaucoup de ces facteurs sont intimement liés à notre régime alimentaire, notre niveau d’activité physique, notre exposition au stress. Il est difficile de faire la liste des facteurs de risque, je vous renvoie à l’ouvrage remarquable du Dr Dale Bredesen, neurologue américain, La Fin d’Alzheimer. Il a pu mettre en évidence trente-six mécanismes contributeurs dans cette maladie. Tant que l’industrie pharmaceutique ne recherchera qu’un médicament ou un vaccin miracle ciblant la seule protéine bêta-amyloïde, en ignorant tous les autres mécanismes en jeu, la maladie d’Alzheimer aura encore de beaux jours devant elle.
La prise en charge de cette maladie passe par un bouleversement total du mode de vie et de l’hygiène de vie, par l’alimentation, l’activité physique, la correction des déficits nutritionnels. De nombreuses plantes permettent de protéger le cerveau et de faire reculer le déclin cognitif.
Plantes qui agissent sur la mémoire et la neuro-inflammation
• le ginkgo biloba, le bacopa, Bacopa monnieri, les jeunes pousses de l’olivier, Olea europaea, le romarin, Rosmarinus officinalis, ont montré tout leur intérêt dans la maladie (voir entrée « Mémoire », page 266) ; • le curcuma, Curcuma longa, possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes reconnues, en particulier sur les pathologies liées à la neuro-inflammation. Son action neuroprotectrice se manifeste dans les maladies neurodégénératives par la réduction des cytokines pro-inflammatoires. La curcumine et les nombreux composants du curcuma comme la tumérone passent la barrière hémato-encéphalique et réduisent la formation des plaques amyloïdes. On trouve de nombreuses préparations de curcumine, associée avec de la pipérine du poivre noir pour améliorer l’absorption digestive, qui peut parfois être irritante pour la muqueuse intestinale. Préférer la curcumine sous forme de micelles ou de phospholipides. Il se prend en comprimés ou gélules de curcumine concentrée (2 ou 3 par jour selon le dosage). En EPS (1 cuillère à café par jour), le curcuma est sous forme de totum de la plante, avec tous ses composants. On peut aussi prendre le curcuma en poudre à mettre généreusement dans son alimentation, ou en gélules (2 à 4 par jour) ;
• Huperzia serrata est une plante de la pharmacopée chinoise, riche en hyperzine, inhibiteur naturel de l’acétylcholinestérase. Elle stimule aussi la production de glutamate qui intervient également dans les processus de mémorisation. Elle contribue à augmenter les performances cognitives et la mémoire. Se trouve en gélules d’extrait, 1 ou 2 gélules par jour. Contre-indication : l’hypertension artérielle et les troubles cardiovasculaires ; • la rhodiole, Rhodiola rosea, est un adaptogène qui permet de réguler l’anxiété et le stress. Par son action antiacétylcholinestérase, la plante améliore les performances intellectuelles et la mémoire. Elle est neuroprotectrice, antioxydante et peut être utilisée dans les pathologies du vieillissement, mais aussi les maladies neurodégénératives comme le Parkinson ou la maladie d’Alzheimer. À prendre sous forme d’extrait, en gélules ou comprimés (2 le matin), en EPS (1 cuillère à café le matin), en teinture mère (50 gouttes le matin) ;
• un champignon médicinal chinois, Hericium erinaceus ou crinière de lion, possède la propriété de stimuler la synthèse du NGF (Neuronal Growth Factor), ce facteur de croissance des cellules nerveuses, en particulier des cellules cholinergiques. Prendre en gélules d’extrait de 400 à 500 mg, 1 ou 2 par jour ;
• la papaye fermentée, tirée du fruit Carica papaya, est un antioxydant très puissant qui stimule la production de deux enzymes majeures, le glutathion et la superoxydedismutase SOD. Cet extrait neutralise les radicaux libres, l’oxydation des lipides et ralentit l’évolution de la maladie d’Alzheimer et du Parkinson. Elle se prend en poudre, 2 à 3 grammes par jour ; • l’algue klamath est une algue bleue, une cyanobactérie, originaire du lac Klamath dans l’Oregon. Elle possède une grande valeur nutritionnelle, mais elle est aussi très riche en phényléthylamine (EPA), molécule apparentée aux amphétamines, stimulante du système nerveux, que l’on retrouve aussi dans le chocolat noir. C’est un neuromodulateur, elle favorise la sensation de bien-être, améliore la concentration, la mémoire. On la trouve en gélules ou en comprimés de divers dosages selon les fabricants, ou en poudre, en extrait liquide. Prendre de 2 à 3 grammes par jour ; • l’ashwagandha, Withania somnifera, est une plante adaptogène majeure de la médecine ayurvédique. Elle est tonifiante et fortifiante, mais en même temps anxiolytique, améliore le sommeil et combat le stress. Elle est anti-inflammatoire et contribue à la réduction des plaques amyloïdes. Prendre 300 à 500 mg matin et soir sur de longues périodes. La détérioration des troubles cognitifs entraîne souvent des troubles de l’humeur, un état dépressif, des troubles du comportement avec irritabilité, agressivité et état dépressif, des troubles du sommeil. L’ashwagandha et la rhodiole permettent de réguler ces troubles mais il est possible d’utiliser aussi les plantes du stress et de la dépression que sont la passiflore, l’aubépine, la valériane, l’eschscholtzia, le millepertuis, le griffonia en fonction des tableaux cliniques (voir les entrées « Dépression », page 128, « Angoisse (Crise d') », page 53, « Sommeil », page 343).
Traitements complémentaires • de nombreuses études établissent des relations entre une glycémie élevée et une atrophie du cerveau. Et même chez les gros consommateurs de sucre avec des glycémies normales, c’est le taux d’insuline élevé qui est délétère pour le cerveau. Car l’insuline est une hormone pro-inflammatoire. Pour de nombreux neurologues, la résistance à l’insuline est sans doute le principal contributeur au développement et à la progression de la maladie d’Alzheimer. S’il manque de glucose, aliment prioritaire des neurones, l’organisme met en place la production de corps cétoniques, issus des graisses, qui vont servir de substitut du glucose pour le cerveau. Pour favoriser la cétose, il faut mettre en place un régime pauvre en glucides (vous trouverez de nombreux ouvrages sur le sujet). On peut également mettre en place le jeûne intermittent (ou fasting) qui consiste à faire un jeûne de seize heures par jour ;
• l’huile de coco est une huile très riche en triglycérides à chaîne moyenne (TCM), précurseurs des corps cétoniques. Commencer par une petite quantité d’huile, une cuillère à café 2 ou 3 fois par jour (2 à 5 grammes), au cours du repas. Puis augmenter progressivement jusqu’à une cuillère à soupe 3 fois par jour. Répartir les apports de façon régulière dans la journée pour maintenir un flux constant vers le cerveau. Existe aussi en gélules dosées à 1 gramme ;
• soigner ses intestins et son microbiote. Un microbiote déséquilibré et une hyperperméabilité intestinale sont responsables d’une inflammation chronique de l’organisme. Prendre des probiotiques et des prébiotiques, éviter le plus possible le gluten et les produits laitiers pro-inflammatoires. Consommer du bouillon d’os, riche en acide glutamique, cicatrisant de l’intestin ;
• normaliser ses taux de vitamine D , C, B , B , B , K , de zinc, 3 6 9 12 2 d’homocystéine, de coenzyme Q ; 10 • prendre des compléments à base d’oméga-3, manger des poissons gras (saumon, maquereau, anchois, sardine, éviter les poissons d’élevage), des noix et des amandes, utiliser l’huile de colza, de noix, de coco ; • adopter un régime méditerranéen ; • bien dormir, de 7 à 8 heures par nuit. Si nécessaire, prendre de la mélatonine. Éviter les psychotropes, anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs qui altèrent la mémoire ;