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SOMMEIL (Troubles du sommeil chez l’adulte)
Les troubles du sommeil toucheraient 30 % de la population française, mais ces chiffres semblent en constante augmentation. Les causes sont multiples, stress, surmenage, état dépressif, troubles digestifs, mauvaises habitudes de vie, changements hormonaux (ménopause), abus d’écrans, horaires de travail décalés. Les conséquences peuvent être importantes car le sommeil représente normalement le tiers de notre temps, et la perturbation du rythme biologique veille-sommeil (circadien) dérégule l’homéostasie, l’autorégulation de l’organisme. De nombreuses hormones sont sécrétées pendant la nuit, comme la mélatonine, l’hormone de croissance, le sommeil ayant aussi une fonction anabolique, de réparation, par l’augmentation de la synthèse des protéines et la multiplication cellulaire. Le sommeil a aussi un rôle dans les phénomènes d’apprentissage, de concentration, de mémorisation.
L’induction du sommeil est sous la dépendance de ce rythme circadien (réglé sur une période de 24 heures) qui orchestre la sécrétion cyclique d’hormones comme la mélatonine, mais aussi sous l’effet de l’accumulation de substances dites hypnogènes qui s’accumulent dans la journée, comme les neuromédiateurs (GABA, sérotonine), prostaglandine D , l’adénosine. 2 Le système neurovégétatif autonome (voir ce terme page 19) joue un grand rôle, par la majoration progressive dans la soirée du parasympathique, ainsi que l’augmentation des hypnogènes. De son côté le système sympathique, qui prépare à l’action et au stress, doit réduire son activité. Si ce n’est pas le cas, le sujet reste dans l’action et ne peut pas s’endormir. De même, physiologiquement, le réveil se produit lors de la baisse de la mélatonine et la remise en route du système sympathique. Beaucoup d’insomnies sont dues à un mauvais réglage de ces mécanismes neuroendocriniens.
Les besoins en sommeil varient selon l’âge, les individus, car l’insomnie est un symptôme tout relatif : son expression ne dépend pas du nombre d’heures de sommeil effectif, mais du besoin très variable de chaque individu. Il y a de grands dormeurs (10 à 12 heures) et de petits dormeurs (4 à 5 heures). L’impression d’avoir bien dormi et d’être en pleine forme est en fait le critère d’un sommeil suffisant et reposant, idéalement. Il n’y a pas de couche-tôt ou de couche-tard, mais des sujets mal équilibrés qui ont décalé le rythme normal de leur sommeil. En redonnant à chacun son équilibre organique optimal, on doit être à même de lui rendre la possibilité de s’endormir à des heures physiologiques.
La prise en charge des troubles du sommeil relève donc d’une médication spécifique et adaptée, et non pas de la prescription d’un tranquillisant ou somnifère passe-partout qui ne fera qu’induire des dépendances et entretenir les troubles du sommeil, en coupant en permanence les voies réflexes d’information qui permettent normalement à l’organisme de recouvrer son propre équilibre.
Nous ne traiterons pas ici les troubles du sommeil comme l’apnée du sommeil ou les troubles secondaires à une pathologie (inflammatoire ou infectieuse) mais essentiellement l’insomnie chronique. Son traitement visera donc à réguler le système neurovégétatif et les neuromédiateurs comme la sérotonine.
• Dans les troubles de l’endormissement, il faut baisser le niveau du système sympathique, le mettre en position Off. Différentes huiles essentielles font cela :
L’HE de lavande vraie ou officinale, Lavandula angustifolia, l’HE de petit grain bigarade, Citrus aurantium (fe), l’HE de marjolaine des jardins, Origanum majorana, sont sédatives, calmantes, anxiolytiques. La marjolaine renforce en plus le parasympathique. → Mettre 1 goutte de chaque dans 4 gouttes d’huile végétale (amande douce, calophylle, macadamia) et utiliser au coucher en massage du plexus solaire et la plante des pieds.
Peuvent être aussi utilisées, l’HE d’ylang-ylang, Cananga odorata, ainsi que l’HE de ravintsara, Cinnamomum camphora ct cineole. • En cas de réveil vers 2 ou 3 heures du matin :
– utiliser l’HE de camomille romaine, Chamaemelum nobile ; 2 gouttes à
appliquer sur le plexus solaire au coucher et au moment du réveil.
• On peut faire une préparation dans un macérat glycériné 1DH de bourgeons de tilleul, Tilia tomentosa, sympathicolytique, sédatif, hypnotique doux.
– HE Lavandula angustifolia, lavande officinale 3 ml ;
– HE Citrus aurantium (fe), petit grain bigarade 3 ml ;
– Tilia tomentosa, tilleul MG 1DH 125 ml ;
– 50 à 70 gouttes dans un peu d’eau au coucher. • La valériane, Valeriana officinalis, est la grande plante des troubles du sommeil. Sédative, anxiolytique, tranquillisante, myorelaxante, elle diminue le sympathique, renforce le parasympathique, augmente le GABA, ce neuromédiateur inhibiteur, calmant (c’est la cible des anxiolytiques classiques). La valériane est la plante de la rumination anxieuse, de l’hyperactivité mentale, elle aide au lâcher-prise. L’action hypnotique et sédative est progressive et l’effet peut apparaître parfois au bout de 10 à 14 jours. La valériane régule les cycles du sommeil. Elle bénéficie d’une très bonne tolérance, sans effets secondaires de type somnolence ou problèmes de concentration le matin au réveil. Elle est contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante et l’enfant de moins de 12 ans. Elle se prend en décoctions de racines (mais son goût est désagréable), en gélules d’extraits (1 ou 2 gélules), en teinture mère (30 à 70 gouttes), en EPS (1 ou 2 cuillères à café).
• L’eschscholtzia, Eschscholtzia californica, est sédatif, hypnotique, anxiolytique. Il est indiqué dans les difficultés d’endormissement, les éveils nocturnes multiples, l’insomnie du petit matin (3-4 heures du matin). Il se prend en gélules ou comprimés de plantes ou d’extraits secs (2 à 4 gélules), en teinture mère (50 à 100 gouttes), en infusion (5 grammes par tasse de fleurs séchées, infuser 10 à 15 minutes), en EPS (1 ou 2 cuillères à café). C’est une bonne association avec la valériane en cas d’hyperactivité en soirée, avec coucher tardif.
• La ballote noire, Ballota foetida ou negra, est un sympatholytique puissant, vagomimétique, intéressante dans les troubles du sommeil des anxieux, des angoissés, des colériques. En raison de son goût désagréable, à prendre surtout en gélules ou comprimés de plantes, 2 ou 3 gélules au coucher.
D’autres plantes ont également leur intérêt dans les troubles du sommeil : la mélisse (surtout s’il y a des troubles digestifs associés), l’aubépine (avec des troubles du rythme cardiaque, extrasystoles, tachycardie), la passiflore, l’oranger, Citrus auriantum (en infusion, mettre une pincée de feuilles d’oranger dans une tasse d’eau bouillante, puis laisser infuser 10 minutes en ajoutant une pincée de fleurs d’oranger).
La régulation des neuromédiateurs se fait essentiellement sur la sérotonine qui intervient dans la régulation de l’humeur, l’émotivité, le sommeil. Elle est le précurseur de la mélatonine, hormone sécrétée par l’épiphyse et qui joue un rôle crucial dans la régulation veille-sommeil. Le taux augmente dès la tombée de la nuit, atteint un pic vers 2 heures du matin et diminue progressivement jusqu’au réveil. Une dérégulation de sa sécrétion peut être à l’origine de troubles du sommeil. L’utilisation de plantes qui augmentent la sérotonine est utile dans ce cas.
• Le griffonia, Griffonia simplifolia, contient du 5-HTP, précurseur immédiat de la sérotonine dans le tissu nerveux. Les graines possèdent des propriétés antidépressive, anxiolytique, sédative et améliorent la durée et la profondeur du sommeil. Le griffonia est indiqué dans les troubles de l’endormissement, les réveils nocturnes précoces. Il se prend en gélules ou comprimés de plantes ou d’extraits secs (2 ou 3 au coucher), en extrait hydroalcoolique, teinture mère (50 à 100 gouttes), en EPS (1 ou 2 cuillères à café). L’association avec la valériane dans la rumination anxieuse, l’angoisse avec hyperactivité mentale, le sevrage médicamenteux (anxiolytique ou hypnotique) est une excellente indication. Dans les insomnies liées à un état dépressif, le griffonia peut être associé à d’autres plantes sérotoninergiques comme le millepertuis, le safran. • Le houblon, Humulus lupulus, est la plante des troubles du sommeil de la femme ménopausée, qui a des bouffées de chaleur. Le houblon est en effet riche en œstrogènes, et il est indiqué dans les troubles de la ménopause (sécheresse vaginale, troubles de l’humeur). Mais le houblon a de plus une activité sédative et hypnotique, et facilite le sommeil. Il se prend en gélules ou comprimés de poudre de plantes ou d’extraits secs (1 ou 2 gélules), en extrait hydroalcoolique ou teinture mère (50 à 100 gouttes), en infusion de cônes de houblon, en EPS. L’association avec la valériane est très efficace. • Les réveils nocturnes, surtout vers 3 heures du matin, peuvent être liés à des troubles digestifs. En médecine chinoise, ils sont le signe d’une surcharge du foie. La fumeterre, Fumaria officinalis, régule le flux biliaire, la vésicule et le sphincter d’Oddi. Elle est sédative en augmentant le GABA ainsi que la sérotonine, diminue le sympathique et régule le parasympathique. Dans cette indication, elle est très efficace pour améliorer le sommeil. À prendre en fin d’après-midi et au coucher, sous forme de gélule ou comprimés de plantes ou d’extrait sec (2 ou 3 par jour), en infusion (1 cuillère à café de parties aériennes dans une tasse, laisser infuser 10 minutes), en teinture mère (30 à 40 gouttes 2 fois par jour), en EPS (1 cuillère à café).