Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
LYME (Maladie de)
• ostéopathie douce, kinésithérapie ont bien sûr leur utilité ; • une alimentation équilibrée, riche en antioxydants, par les fruits et légumes et oméga-3, poissons gras, oléagineux, huile de colza est un élément indispensable de prévention.
LYME (Maladie de)
Cette maladie infectieuse due à une bactérie du genre Borrelia, transmise par une piqûre de tique, est en pleine expansion dans le monde et en France. Elle est malheureusement trop mal reconnue par le corps médical et hélas, sujette à polémique sur sa prise en charge. Plusieurs facteurs contribuent à cet état de fait. D’abord, la multiplicité de ses manifestations cliniques, non spécifiques, la maladie de Lyme étant appelée la grande imitatrice, égare souvent les médecins. De très nombreux patients n’ont pas le souvenir d’une piqûre de tique, et le signe clinique classique de la maladie, l’érythème migrant (EM), est souvent manquant (il est présent dans 30 % des cas seulement). La Borrelia est de plus souvent accompagnée de co-infections, bactéries, virus, parasites. Les tests biologiques sérologiques ne sont pas fiables, souvent négatifs, ce qui conduit de nombreux médecins à nier la maladie, surtout dans les formes chroniques, et les malades errent de nombreuses années avec leurs symptômes sans diagnostic. Car pour de nombreux infectiologues, la maladie aiguë est supposée facile à soigner, avec quatre semaines d’antibiotiques, les patients qui gardent des symptômes n’auraient en fait que des séquelles, ou autre chose. Cette non-reconnaissance de la forme chronique est dramatique, et malheureusement les choses n’évoluent pas, devenant un énorme problème de santé publique.
Symptômes
Au stade précoce de la maladie, juste après une piqûre de tique, se développe une tache rouge qui s’étend : c’est l’érythème migrant. Quand il existe, il signe le diagnostic et les tests sérologiques ne sont pas indiqués. Mais il est inconstant ou souvent absent.
Dans la forme chronique, des mois ou des années après une piqûre de tique, connue ou pas (d’autres insectes peuvent également être porteurs de la bactérie, araignées, taons, guêpes), apparaissent de nombreux symptômes cliniques très invalidants : fatigue physique et intellectuelle constante, douleurs articulaires, musculaires, tendineuses, douleurs neurologiques, névralgies, paralysie faciale, troubles neurosensoriels, oculaires, vertiges, céphalées, troubles du rythme cardiaque, troubles de la mémoire, de la concentration, troubles du sommeil, manifestations cutanées, la liste est très longue et égare le diagnostic. La fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, de nombreuses maladies auto-immunes (comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, lupus, thyroïdites), des maladies neurodégénératives (Parkinson, sclérose en plaques) peuvent être des manifestations d’infections chroniques de Lyme.
Diagnostic
Là aussi, les choses sont compliquées car les tests sérologiques actuels ne sont pas fiables, pour plusieurs raisons. Comme il a été dit, les tiques peuvent transmettent également plusieurs agents pathogènes en dehors des Borrelia, comme des bactéries (Ricketsia, Bartonella, Anaplasma), des parasites (Babesia), jusqu’à 38 agents pathogènes qui sont rarement recherchés et diagnostiqués, et donc ne sont pas traités. Pour cette raison, il est préférable de parler de syndrome persistant polymorphe après possible piqûre de tique (SPPT) que de maladie de Lyme chronique. À côté de la bactérie initialement décrite, la Borrelia burgdoferi, existent au moins dix espèces de borrélies en Europe. Les tests sérologiques Elisa plus le Western blot ne les détectent pas toutes, de nouvelles bactéries étant découvertes régulièrement. On estime que la sensibilité des tests n’excède pas 60 %, donc 40 % des personnes malades ne sont pas détectées. Il a été également montré que la Borrelia induit, dès qu’elle est dans l’organisme, une immunodépression, ce qui a pour conséquence une très faible production d’anticorps (la maladie de Lyme n’immunise pas, on peut la recontacter à nouveau). Le test Elisa, considéré comme le test de référence par la plupart des médecins, a une fiabilité de 30 %. Donc, s’il est négatif, la conclusion pour ces médecins est que le patient n’a pas la maladie de Lyme, quel que soit le contexte clinique. Car le Western blot, beaucoup plus précis, ne peut être pratiqué que si l’Elisa est positif, autre aberration. Un nouveau test, PCR phage Borrelia, fiable à 98 %, basé sur la détection des phages spécifiques aux Borrelia, est heureusement disponible mais encore peu connu.
Traitement
Le traitement antibiotique est le traitement de référence. Dans la forme primaire de la maladie, après une piqûre de tique avec EM, les deux antibiotiques de référence sont la doxycicline ou l’azithromycine sur 3 à 4 semaines, à répéter pour plus de sécurité. En cas de Lyme chronique, avec des symptômes anciens, le traitement doit être de longue durée, en cures, car la Borrelia persiste à l’intérieur des cellules, et possède de redoutables capacités de résistance comme les formes kystiques, les biofilms (colonies bactériennes entourées d’une véritable carapace protectrice). Les antibiotiques sont en général bien supportés, mais ils perturbent le microbiote et peuvent entraîner des candidoses nécessitant alors un traitement spécifique.
Le début du traitement peut être difficile du fait d’une réaction d’aggravation, la réaction de Jarisch-Herxheimer, liée à un stress oxydant et à un relargage important d’endotoxines dû à la destruction massive des bactéries. C’est une réaction de bon pronostic, d’efficacité du traitement. Cela peut être évité ou diminué par une détoxification. Le plus souvent, l’évolution est irrégulière avec des phases d’aggravation alternant avec des phases d’amélioration. La guérison est complète dans 80 % des cas, mais surtout dans les maladies très anciennes, des symptômes persistants peuvent être difficiles à éliminer.
• La phytothérapie a toute sa place dans le traitement de cette maladie grâce à de multiples plantes et huiles essentielles antibactériennes, antalgiques, anti-inflammatoires, immuno-stimulantes. Elle doit être prescrite en association avec les antibiotiques, intercalée entre les cures, et augmentée au fils des mois au fur et à mesure de la diminution des antibiotiques et de l’amélioration clinique, puis utilisée seule dans la phase de consolidation de la maladie, permettant d’éviter les risques de rechutes. À noter que la réaction de Jarisch-Herxheimer est également fréquente lors de la mise en place du traitement par les médecines naturelles, preuve de son efficacité. Chez les patients réfractaires aux antibiotiques, le traitement phytothérapique seul est bien sûr possible mais cela nécessite alors des traitements de très longues durées. L’antibiothérapie permet de gagner du temps dans une affection souvent désespérante par sa chronicité. Il est préférable de faire des traitements alternés avec les différentes plantes, cela les rend plus efficaces.
• L’aromathérapie est une arme majeure dans cette affection grâce aux propriétés anti-infectieuses de l’origan, la sarriette, la cannelle, le thym, le giroflier, le tea tree, entre autres. De nombreuses spécialités existent toutes prêtes (comme le Tic toc), à alterner avec les autres plantes ou les antibiotiques.
On peut faire préparer la synergie suivante :
– HE Satureja montana, sarriette des montagnes 1 ml ;
– HE Cinnamomum verum, cannelle de Ceylan 1 ml ;
– HE Melaleuca alternifolia, tea tree 1 ml ;
– HE Thymus vulgaris ct thymol, thym à thymol 1 ml ;
– HE Eugenia caryophyllus, giroflier 1 ml ;
– HE Origanum compactum, origan 1 ml ;
– solubilisant qsp 30 ml.
→ Commencer par 1 goutte 2 fois par jour à diluer dans un peu d’eau matin et soir, puis augmenter la dose progressivement, de 1 goutte tous les 2 jours, jusqu’à 15 gouttes maximum 2 fois par jour. Faire des cures, 15 jours ou 3 semaines par mois.
• De nombreuses plantes peuvent être utilisées comme :
– la scutellaire, Scutellaria baicalensis, remarquable anti-inflammatoire,
immuno-modulatrice, antivirale puissante, plus faiblement antibactérienne, antidépresseur. Elle se prend en gélules de poudre ou d’extrait à 300 mg, 3 fois par jour ;
– la griffe de chat, Uncaria tomentosa ou Cat’s Claw ou samento, est
antibactérienne et antiparasitaire (contre la Babesia entre autres), immunostimulante (attention dans les maladies auto-immunes, employer alors le samento, sans TOA, qui est lui immuno-modulant), anti-inflammatoire, antioxydant. Elle se prend en capsules de 500 mg (1 fois par jour) ou en solution alcoolique, à commencer par une goutte 2 fois
par jour, augmenter progressivement jusqu’à 15 à 30 gouttes 2 fois par jour, selon la tolérance, pour éviter la réaction d’Herx ;
– le banderol, Otoba parvifolia, possède des activités antifongiques,
antibactériennes, anti-inflammatoire. Il a montré in vitro une activité antimicrobienne sur la Borrelia burgdoferi. Il se prend en gouttes comme le samento, en association souvent ;
– la cardère, Dipsacus fullonum, est antibactérienne et stimule les
organes d’élimination des neurotoxines. Elle se prend en teinture mère, 5 gouttes matin et soir (commencer par une goutte) ou en gélules de poudre de plante 3 fois par jour ;
– la stévia, Stevia rebaudiana, connue pour son pouvoir sucrant, est
également antibactérienne, antifongique, active sur les biofilms. Elle peut s’associer aux autres traitements sans problème. À prendre en gouttes, jusqu’à 30 gouttes 2 fois par jour, ou en poudre de plante pure, ¼ à ½ cuillère à café par jour ;
– le ginkgo biloba est une plante connue pour ses effets sur la circulation
cérébrale, la mémoire, l’attention. Elle a une remarquable action sur le brouillard mental si fréquent dans cette maladie. Elle possède aussi, ce qui est moins connu, des propriétés antibactériennes. À prendre en EPS (1 cuillère à café le matin), en macérat mère (10 à 15 gouttes par jour), en gélules ou comprimés d’extrait sec (2 par jour) ;
– l’armoise annuelle, Artemisia annua, est un puissant antiparasitaire
(Plasmodium, Babesia) qui doit être utilisé en cas de co-infection par la babésiose, après un traitement antipaludéen classique. La plante est également active sur la Borrelia. Elle se prend en tisane de plante (5 grammes dans 1 litre d’eau bouillante, infusion 15 minutes, 1 litre par jour pendant 1 semaine). Se trouve aussi en poudre de plante, 1 gramme 3 fois par jour, en gélules d’extrait à 500 mg 2 fois par jour. Ne pas dépasser 2 mois de traitement et alterner avec la griffe du chat.
• Autres traitements :
– la propolis, antibactérienne, anti-inflammatoire, est également très
active sur les biofilms et peut être utilisée entre les cures d’antibiotiques ou d’huiles essentielles. À prendre en gélules de poudre 3 fois par jour ;
– l’extrait de pépin de pamplemousse peut aussi être utilisé pour ses
effets antifongiques et antibactériens. À utiliser en cas de candidose liée aux antibiotiques, ou en traitement de consolidation.
• Dans les formes résistantes, lorsque persistent des symptômes malgré un traitement bien conduit, les antibiotiques ne sont plus indiqués. L’huile essentielle d’origan a alors son indication. Préférer l’origan grec très riche en carvacrol mais pauvre en thymol, contrairement l’Origanum compactum (qui est plus toxique sur le foie, lors de prises de longues durées). À prendre en capsule 1 fois par jour, 3 semaines par mois pendant 6 mois. Les huiles essentielles de cannelle et de giroflier sont aussi indiquées. • La fatigue se traite par la prise de plantes adaptogènes comme
l’éleuthérocoque, le cassis Ribes nigrum en gemmothérapie, le ginseng, la rhodiole, le Cordyceps en mycothérapie. • Il est important, surtout au début des traitements, de drainer les émonctoires afin de prévenir ou diminuer la réaction de Jarisch-Herxheimer, en prenant des plantes comme l’artichaut, le pissenlit. → Par exemple : EPS artichaut/EPS pissenlit aa 150 ml. Prendre 1 cuillère à café dans un ½ verre d’eau, 1 fois par jour, 1 semaine sur 2.
• Autre possibilité avec de la gemmothérapie :
– bouleau, Betula pubescens Bg MG 1DH 125 ml ;
– romarin, Rosmarinus officinalis JP MG 1DH 125 ml ;
– châtaigner, Castanea vesca Bg MG 1DH 125 ml ;
– mélanger les 3 flacons dans un récipient et les remplir de nouveau.
Prendre 150 gouttes du mélange dans un peu d’eau matin et soir, pendant 15 jours, puis faire 1 semaine sur 2.
Traitements complémentaires
• l’argent colloïdal est antibactérien. Il potentialise l’effet des antibiotiques ou des huiles essentielles. Il se prend aussi en relais, ou seul. Prendre 1 cuillère à café matin et soir et augmenter jusqu’à 2 cuillères à soupe ; • la serrapeptase, enzyme protéolytique, est un remarquable anti-
inflammatoire et détruit les biofilms. Prendre 200 000 unités 2 ou 3 fois par jour 10 jours par mois, en association avec les autres traitements ;