Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
Adénome Prostatique
• la prise de magnésium (300 à 400 mg) par jour permet de diminuer le stress ;
• pratiquer le yoga, la méditation, le qi gong a des effets bénéfiques.
ADÉNOME PROSTATIQUE
L’adénome de la prostate (ou hypertrophie bénigne de la prostate) est une augmentation du volume de la prostate, cette glande située sous la vessie. C’est une glande sexuelle secondaire qui active les spermatozoïdes et sécrète le liquide prostatique. Elle est traversée par l’uretère et est en rapport très étroit avec le sphincter vésical, ce qui explique le retentissement précoce de la pathologie prostatique sur la miction. L’adénome survient le plus souvent après 50 ans et sa fréquence augmente avec l’âge (90 % des hommes de 85 ans). Il se manifeste par des troubles comme la dysurie (difficulté pour évacuer l’urine, avec effort de pousser, avec souvent un jet faible), la pollakiurie (mictions fréquentes et souvent de faible abondance), et plus tardivement des envies impérieuses d’uriner, et des dysfonctions sexuelles. Si la prostate augmente considérablement de volume, on peut voir apparaître une incontinence urinaire, voire un blocage total de la miction avec un globe vésical, entraînant la mise en place d’un sondage puis une intervention chirurgicale urgente. À noter qu’il n’y a pas nécessairement de corrélation entre la taille de la prostate et les symptômes cliniques, un petit adénome peut appuyer sur l’urètre ou le sphincter. L’adénome se dépiste par le dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate) par le toucher rectal, une échographie ou une IRM. Une hyperactivité locale des hormones androgéniques est responsable de cette augmentation de volume. La testostérone est transformée par une enzyme, la 5-alpha réductase en di-hydrotestostérone DHT responsable de l’augmentation du nombre et du volume des cellules prostatiques. Les œstrogènes sont également des facteurs de croissance. L’action des plantes va être de réguler la DHT.
À cette dysrégulation hormonale s’ajoute un déséquilibre du système neurovégétatif, ce système nerveux autonome qui contrôle la vessie et le sphincter, par une régulation fine du parasympathique et du sympathique. Le sympathique contrôle le sphincter vésical, une stimulation trop forte entraînant un blocage de ce sphincter vésical. Un hyperfonctionnement du parasympathique est responsable de la congestion, de l’inflammation et de la mise en tension de la vessie.
Une congestion pelvienne, qui est l’augmentation du volume du sang dans le petit bassin, vient compliquer le tableau et entraîne une inflammation et des sensations de pesanteur très inconfortables. Le traitement en médecine naturelle consiste donc à réguler l’impact des hormones sur la prostate, à rééquilibrer le système neurovégétatif et à lutter contre la congestion pelvienne. Une modification de l’hygiène de vie et de l’alimentation est aussi indispensable.
• Les plantes réduisant l’effet de la 5-alpha réductase sont :
– l’ortie racine, Urtica dioica L, diminue la 5-alpha réductase, diminue la
liaison de la DHT avec ses récepteurs, inhibe la croissance prostatique. Elle est aussi anti-inflammatoire et exerce un effet décongestionnant pelvien. L’ortie racine entraîne une diminution de la fréquence mictionnelle, du résidu post-mictionnel et du volume de la prostate en prenant des doses d’extraits de 600 à 1 200 mg par jour sur au moins 6 mois. Très efficace aussi en EPS ;
– le palmier de Floride, Serenoa repens, possède les mêmes modes
d’action que l’ortie racine. Il exerce de plus un effet antiandrogène. Sa prise entraîne une diminution de la dysurie, des levers nocturnes. Il est commercialisé sous le nom de Permixon®, deux gélules par jour ;
– le prunier d’Afrique, Pygeum africanun, diminue la sécrétion de la LH,
l’hormone hypophysaire qui stimule la sécrétion de la testostérone. Il est anti-inflammatoire, antiœdémateux, diminue la pollakiurie nocturne. Il contribue à diminuer les facteurs de croissance du tissu prostatique. Il est commercialisé sous le nom de Tadenan® et se prend à raison de 100 mg par jour ;
– les graines de courge contiennent des phytostérols qui provoquent une
diminution de la 5-alpha réductase ainsi qu’une diminution de la liaison de la DHT avec ses récepteurs, comme l’ortie racine et le palmier de Floride. On peut consommer les graines séchées, en prendre 10 grammes par jour, mais le plus souvent des extraits de graines ou
d’huile de pépins de courge sont associés à d’autres plantes dans les compléments alimentaires ;
– les graines de lin par les lignanes qu’elles contiennent bloquent
également la 5-alpha réductase. Prendre 2 cuillères à soupe de graines broyées par jour, mélangées à l’alimentation ;
– l’épilobe, Epilobium parviflorum, est une grande plante anti-
inflammatoire et antiœdémateuse très active sur la prostate et la vessie. Elle est très efficace pour réguler les troubles urinaires liés à l’adénome, mais aussi dans les incontinences urinaires. On la prend en gélules, en extrait aqueux, mais aussi en infusion, une cuillère à café des parties aériennes dans une tasse d’eau bouillante, laisser infuser 10 minutes.
De nombreux laboratoires proposent des associations de ces plantes sous diverses formules.
•La régulation du système neurovégétatif se fait essentiellement avec des huiles essentielles :
– l’HE de cyprès, Cupressus sempervirens, est décongestionnante, anti-
inflammatoire, régulatrice du parasympathique, améliorant le fonctionnement vésical ;
– l’HE de cajeput, Melaleuca cajuputii, diminue les deux composantes du
système neurovégétatif, est antispasmodique, décongestionnante, très efficace dans les vessies de lutte ;
– l’HE de lavande, Lavandula officinalis, diminue le sympathique, est
décongestionnante, antalgique, anti-inflammatoire, anti-infectieuse ;
– l’HE de lentisque pistachier, Pistacia lentiscus, est un remarquable
décongestionnant prostatique, qui améliore la circulation veineuse et lymphatique.
En cas d’adénome confirmé, vous pouvez faire préparer par votre pharmacien la formule suivante :
– HE Lavandula angustifolia, lavande officinale 1 ml ;
– HE Melaleuca cajuputii, cajeput 1 ml ;
– HE Cupressus sempervirens, cyprès 1 ml ;
– HE Pistacia lentiscus, lentisque pistachier 1 ml ;
– EPS ortie racine 150 ml ;
– 1 cuillère à café par jour dans ½ verre d’eau pendant plusieurs mois.
Bien secouer avant utilisation.
•Lacongestion pelvienne se traite grâce à l’oignon, qui en plus de ses propriétés antiseptiques, anti-inflammatoires, diurétiques, est un grand décongestionnant pelvien. Il s’emploie en décoction dont voici le mode de préparation :
– mettre 3 oignons coupés en morceaux dans 1 litre d’eau très chaude,
laisser macérer 3 heures. Filtrer. Ajouter le jus d’un citron (pour améliorer le goût et pour ses effets sur la circulation veineuse), ainsi qu’un sachet de chlorure de magnésium 20 grammes (que vous trouverez en pharmacie). Conserver le tout au réfrigérateur ;
– il faut prendre 1 verre matin et soir pendant 1 semaine au début, puis
1 fois par jour pendant 1 semaine. À faire en cures régulières.
L’hamamélis, Hamamelis virginiana, peut aussi être utilisé, en EPS, en gélules ou en infusion pour ses propriétés veinotoniques, vasoconstrictives, anti-inflammatoires et antalgiques.
Traitements complémentaires
• diminuer voire supprimer les produits laitiers à base de lait de vache. Sa richesse en hormone de croissance IGF1, qui fait pousser les individus mais qui est aussi un facteur de croissance cellulaire, n’en fait pas vraiment un bon aliment dans cette pathologie. Privilégier les laits de brebis ou de chèvre, petits animaux moins riches en cette hormone, qui peuvent être consommés avec modération. Ne pas oublier que les produits laitiers sont pro-inflammatoires ;
• arrêt du tabac, éviter le café, les excitants, prendre plutôt du thé vert riche en polyphénols antioxydants, consommer de l’alcool avec modération ; • éviter les graisses saturées, les fritures, consommer des poissons gras et les oléagineux (amandes, noix), riches en oméga-3 anti-inflammatoires ; • prendre du sélénium, cofacteur d’un antioxydant protecteur de la prostate, le glutathion, soit en complément alimentaire, soit en consommant des noix du brésil, 2 par jour, mais aussi l’ail, le brocoli, les oignons rouges. Il protège également du cancer de la prostate ;
• le lycopène, caroténoïde, qui donne sa couleur rouge aux fruits et légumes, fait baisser le PSA et la taille de l’adénome. Consommer régulièrement des tomates, surtout sous forme de concentrés ou en faisant confire les tomates dans de l’huile d’olive, ce qui concentre le lycopène ; • l’ostéopathie permet de rétablir l’équilibre du petit bassin, indispensable pour lutter contre la congestion pelvienne.