Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
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PALPITATIONS
› Voir entrée « Troubles du rythme cardiaque », page 363.
PALUDISME
Le paludisme est une maladie infectieuse due à des parasites du genre Plasmodium, transmis à l’homme par des piqûres de moustiques infectés. Potentiellement mortelle, la maladie touche une centaine de pays dans les zones tropicales. L’Europe ne connaît que des cas de paludisme importés. Les tableaux cliniques peuvent être très variés, mais typiquement il y a une alternance de fièvre élevée, de tremblements, de sueurs profuses, réalisant l’accès palustre. Plusieurs molécules peuvent être utilisées, en traitement curatif comme en prévention, mais elles peuvent avoir des effets secondaires, parfois graves. Autre problème, les plasmodiums deviennent de plus en plus résistants à ses médicaments, et aucun traitement n’assure à lui seul une prévention totale. Il est indispensable de se protéger contre les piqûres de moustiques, par l’emploi de répulsifs ou de moustiquaires. Les traitements naturels sont utilisés en prévention. • Artemisia annua ou armoise chinoise fait partie de la pharmacopée chinoise depuis des siècles. Elle contient une molécule, l’artémisinine, extrêmement active sur le plasmodium. Elle est à des doses très faibles (0,1 à 0,5 %) mais comme toujours en phytothérapie, c’est la synergie entre les différentes molécules que contient la plante (le totum) qui en fait l’efficacité (une chercheuse chinoise, la Pre Tu Youyou a eu le prix Nobel en 2015 pour sa découverte de l’artémisinine qui, synthétisée, a été associée à de nombreux traitements antipaludéens par l’industrie pharmaceutique). Les tisanes d’Artemisia annua ou de sa cousine africaine l’Artemisia afra sont spectaculairement efficaces sur l’accès palustre, et de manière bien supérieure aux antipaludéens classiques, sans effets secondaires. Sous le prétexte d’éviter le développement d’une résistance à l’artémisinine, l’Artemisia annua a été interdite de vente en Europe et il est difficile de s’en procurer en France (excepté sur Internet). Autre problème, même en respectant les posologies (5 grammes de plantes en tisane ou l’équivalent en gélules), des voyageurs dans des zones à risque ont contracté le paludisme, les Européens n’ayant jamais eu de contact avec le parasite n’ont sans doute pas comme les peuples vivant dans ces zones une immunité de base déjà préparée.
Donc, en prévention, n’utiliser l’armoise que dans une zone I, sans chloroquino-résistance, pour des séjours de moins d’un mois et dans la saison sèche. Dans les autres zones, utiliser les médicaments classiques. → Pour la tisane, prendre 5 grammes de plante sèche dans 1 litre d’eau, à boire tous les jours. En gélules, prendre 3 grammes par jour, soit 2 gélules de 500 mg 3 fois par jour.
• En aromathérapie, plusieurs huiles essentielles ont des propriétés
antiparasitaires. Elles sont utilisables également dans la prévention de la dengue, du chikungunya et du Zika.
• Faire la préparation suivante :
– HE d’eucalyptus à cryptone, Eucalyptus polybractea 4 ml, HE
d’eucalyptus citronné Eucalyptus citriodora 4 ml, HE de bois de rose, Aniba rosae 4 ml, dans un gel neutre de 100 ml ;
– appliquer sur le thorax et le dos 1 fois par jour, 5 jours avant, pendant,
15 jours après le séjour.
• Autre possibilité (autre formule du Dr Boudoux) :
– mettre 4 ml de ravintsara + 2 ml de citronnelle + 2 ml de giroflier + 1 ml
de katafray. Mettre 3 gouttes du mélange dans un lait corporel ou une huile végétale et passer sur les bras et les jambes, matin et soir. Pour les enfants au-dessus de 3 ans, 1 goutte.
Important : ces deux préparations aux huiles essentielles sont contre-indiquées chez la femme enceinte, ainsi que les enfants pour la première préparation (la cryptone est une cétone neurotoxique). → À associer en fonction des zones à risques avec des gélules d’Artemisia annua ou une prophylaxie classique. • Par voie orale :