Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

Migraine

neurovégétatives, des troubles circulatoires ;

• la ménopause est une période de la vie où la prise de poids peut être importante. La prévention de l’ostéoporose passe également par une hygiène alimentaire et une pratique régulière de l’activité physique (voir entrée « Ostéoporose », page 292).

MIGRAINE

Avec 20 % de la population atteinte, dont trois fois plus les femmes que les hommes, les migraines font souvent vivre un calvaire aux personnes touchées. Si la médecine classique a fait des progrès dans le traitement de la crise migraineuse avec la classe de médicaments appelés triptans, le traitement de fond de la maladie est, par contre, la plupart du temps peu efficace car la migraine a souvent des causes multifactorielles, que les plantes peuvent soigner, accompagnées d’une modification indispensable de l’hygiène de vie et de l’alimentation.

La migraine est une forme de maux de tête se traduisant par une douleur souvent pulsatile, démarrant d’un côté de la tête (le nom vient du grec emikranion, moitié du crâne) et pouvant s’étendre ensuite à toute la tête. Elle est accompagnée de nombreux symptômes (intolérance à la lumière et au bruit, nausées, vomissements). Elle est parfois précédée de signes visuels et sensoriels que l’on nomme aura. La crise migraineuse peut durer de quelques heures à quelques jours et peut être un véritable handicap, clouant la personne au lit chez elle dans le noir. La migraine est à distinguer des autres céphalées, comme les céphalées de tension (qui sont plutôt quotidiennes et chroniques), les céphalées d’origine mécaniques liées à un déséquilibre de la statique du rachis cervical, ainsi que des névralgies faciales. Les examens complémentaires sont toujours normaux (scanner, IRM).

Les mécanismes de la crise migraineuse sont maintenant connus : il y a une vasoconstriction puis une vasodilatation des vaisseaux cérébraux, avec inflammation, dues à la libération de neuromédiateurs. Le rôle du système neurovégétatif, parasympathique et sympathique, ce système nerveux autonome contrôlant tout le fonctionnement de l’organisme, y est essentiel. Si l’on retrouve souvent une prédisposition génétique, c’est du côté des facteurs déclencheurs qu’il faut regarder pour trouver des traitements efficaces, car ce sont souvent aussi les facteurs inducteurs de la maladie migraineuse :

• les règles dans les migraines cataméniales ; • le digestif avec un mauvais fonctionnement hépatique et des intolérances alimentaires ;

• le stress avec l’implication du système neurovégétatif.

Traitement de la crise

Malheureusement, peu de plantes sont véritablement actives dans la crise de migraine, mais deux ont montré une certaine efficacité : • l’huile essentielle de menthe poivrée, Mentha piperita, a des propriétés antalgiques, anti-inflammatoires, anesthésiantes, c’est un stimulant général et un excellent antivomitif. À utiliser pure à raison d’une à deux gouttes sur la tempe et le front (attention aux yeux) ;

• la mélisse est la grande plante du tube digestif. Elle est antispasmodique, antalgique, antinauséeuse, anxiolytique. À prendre en infusion (2 cuillères à café pour une tasse d’eau bouillante) avec un peu de citron lors de la crise, une tasse à renouveler toutes les heures si nécessaire.

Les migraines cataméniales

La femme est plus souvent sujette à la migraine que l’homme car son cycle menstruel fragilise en permanence ses mécanismes d’adaptation, et l’hyperœstrogénie joue là un rôle essentiel. Lors du cycle menstruel, le taux d’œstrogènes varie, avec un pic au moment de l’ovulation puis une diminution d’abord progressive puis rapide s’il n’y a pas de fécondation. Le taux de progestérone diminue également en suivant les œstrogènes. L’interprétation classique en médecine est que la diminution brutale des œstrogènes déclenche la crise migraineuse. Mais toutes les femmes ont une baisse d’œstradiol en fin de cycle sans pour autant avoir de migraine. En fait, c’est plutôt une hyperœstrogénie relativepar rapport au taux de progestérone qui conduit au tableau du syndrome prémenstruel, avec son riche cortège de symptômes, douleurs abdominales, céphalées, migraine, troubles de l’humeur, douleurs des seins, etc. L’erreur dans ce cas est de mettre la femme sous pilule contraceptive, l’ajout d’œstrogènes de synthèse aggravant souvent le problème. Les femmes sous pilule peuvent voir apparaître des migraines ou aggraver leur migraine qui persiste malgré le blocage du cycle.

→ Le principe du traitement est de diminuer ce taux élevé d’œstrogènes et d’augmenter le niveau de la progestérone. Pour cela, deux plantes majeures :

• le gattilier, Vitex agnus-castus, « agneau chaste », est connu depuis l’Antiquité pour ses propriétés médicinales de régulation endocrinienne. Ses petites baies rougeâtres au goût poivré sont utilisées en phytothérapie, et ce « poivre des moines » était consommé dans les monastères pour réfréner la libido. Son action la plus spécifique est certainement son impact gynécologique : le gattilier agit comme un antiœstrogène par son action de régulation de la FSH hypophysaire. Il régule aussi la prolactine, hormone très importante dans le cycle menstruel. Régulant également le système sympathique, il est un sédatif à action centrale. Son indication principale est donc la régulation de l’hyperœstrogénie qui est également le plus souvent au cœur du syndrome prémenstruel ;

• l’alchémille, Alchemilla vulgaris, est considérée comme la grande plante des maux féminins. L’alchémille est la grande complémentaire du gattilier par son effet progestérone-like. Elle remplace avantageusement la progestérone de synthèse dans les insuffisances lutéales de la deuxième partie du cycle menstruelle, rééquilibrant les syndromes prémenstruels, les métrorragies par son action hémostatique, les fibromes, l’endométriose. → Dans les migraines du syndrome prémenstruel, il faut donc associer les deux plantes en deuxième partie du cycle. On les trouve sous différentes formes, gélules de poudre de plantes, extraits secs, infusion, teinture mère, en EPS.

Prendre par exemple EPS alchémille-gattilier 150 ml 1 ou 2 cuillères à café dans un verre d’eau du 20e jour du cycle jusqu’à la fin des règles (cela dans le cadre d’un cycle de 28 jours, donc à adapter en fonction de chaque cycle).

Les causes digestives de la migraine

Le foie étant un carrefour métabolique, une dysrégulation à ce niveau est à haut risque d’induction de migraine car c’est dans la fonctionnalité du foie, par son implication dans les déséquilibres du système neurovégétatif, des neuromédiateurs et en particulier la sérotonine, qu’il participe aux modifications des phénomènes vasoactifs que l’on retrouve dans la migraine. Il convient donc de soulager le foie car, si lors des crises migraineuses l’on retrouve souvent des signes digestifs, nausées, vomissements, les migraineux chroniques ont souvent des signes d’insuffisance hépatique : mauvaise digestion des graisses, ballonnements, constipation ou diarrhée, intolérance à l’alcool, intolérance aux odeurs fortes (parfum, essence), etc.

De très nombreuses plantes peuvent être utilisées, mais ma préférence dans la migraine va à des plantes d’action douce comme : • la fumeterre, Fumaria officinalis, est régulatrice du flux biliaire : c’est un amphocholérétique, c’est-à-dire qu’elle augmente la sécrétion de bile si celle-ci est faible, et la diminue si celle-ci est élevée. Elle permet de drainer une vésicule paresseuse et d’éviter la formation de lithiases, traite les dyskinésies biliaires. Elle régule la sérotonine et l’histamine, neuromédiateurs impliqués dans la migraine. Elle se prend en infusion, en teinture mère, en EPS, en gélules de poudre ou d’extrait sec (Oddibil®) ; • l’aubier de tilleul du Roussillon, Tilia sylvestris, cholérétique, antispasmodique, c’est un draineur hépatique et rénal, et un des meilleurs décongestionnants du foie. Il permet aussi la dissolution des lithiases vésiculaires et rénales. C’est un grand complémentaire des autres plantes dans les migraines digestives. Il est commercialisé sous forme de bâtonnets (gravelline) que l’on l’utilise en décoctions, en mettant 40 grammes dans un litre d’eau ; faire bouillir à petit feu pendant 20 minutes et boire 2 ou 3 verres de la tisane chaude ou froide. Faire des cures de 15 jours par mois. On le trouve aussi tout prêt sous forme d’ampoules ; • la grande camomille, Tanacetum parthenium, inhibe l’agrégation plaquettaire et la libération de la sérotonine plaquettaire, expliquant son activité antimigraineuse. Elle contient de la mélatonine, et des études montreraient une diminution de la mélatonine lors des migraines cataméniales. La grande camomille possède des propriétés anti-inflammatoires, elle inhibe également la synthèse du monoxyde d’azote, qui est vasodilatateur (importance de la vasodilatation vasculaire dans le déclenchement de la crise de migraine). Elle a une action parasympatholytique, régulant le système neurovégétatif. C’est un traitement préventif de la migraine, un traitement de fond, car son action n’est pas suffisamment rapide pour être un traitement de la crise. Toutes les migraines sont concernées : migraine d’origine hépatique, migraine sur terrain dystonique, migraine cataméniale, migraine des étudiants, par surmenage intellectuel. C’est aussi un traitement de fond des névralgies essentielles, comme la névralgie du trijumeau. La tisane n’est pas utilisée (son goût est désagréable), on la prend donc en EPS, extraits de plantes fraîches standardisées, en gélules d’extrait sec, en teinture mère. Un traitement de 3 mois minimum est necessaire pour avoir un résultat net, elle se prend tous les jours sans interruption. → Par exemple :

– EPS grande camomille 2/3 ;

– EPS fumeterre 1/3 ; aa qsp 150 ml ;

– 1 cuillère à café dans un ½ verre d’eau 1 fois par jour. Le stress et la régulation du système neurovégétatif Beaucoup de migraineux l’ont constaté, un stress intense peut déclencher une migraine. L’on retrouve là le rôle du système nerveux neurovégétatif, également impliqué dans les classiques migraines du week-end ou des premiers jours de vacances : toute la semaine, il y a une hyperstimulation du système sympathique (comprenant l’alpha et le bêta sympathique), qui est le moteur de l’action et de l’éveil. Le samedi ou au début des vacances, cette hyperstimulation cesse brusquement, ce qui permet au système parasympathique de reprendre la main, et par son effet sur la vasodilatation des vaisseaux cérébraux, déclenche alors le mécanisme inducteur de la migraine. Les bêta-bloquants, un des traitements de fond de la migraine, souvent efficaces mais pas dépourvus d’effets secondaires, peuvent être très avantageusement remplacés par :

• l’aubépine, Crataegus oxyacantha, qui est le bêta-bloquant (ou plutôt bêta-régulateur) de la phytothérapie, sans aucun effet secondaire. On peut la prendre sous de nombreuses formes, teinture mère (50 gouttes par jour), macérat de jeunes pousses (10 à 15 gouttes par jour), extraits secs, EPS (1 cuillère à café par jour), et elle peut bien sûr s’associer avec les autres plantes, en particulier la grande camomille. À prendre tous les jours ;