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Maladies Inflammatoires Rhumatismales

• la régulation du microbiote intestinal est une étape incontournable. Elle passe par la prise de probiotiques, ensembles de micro-organismes vivants qui vont interagir avec le microbiote et le système immunitaire intestinal, et de prébiotiques, substances alimentaires non digérables dans la première partie du tube digestif (comme l’inuline, les fructo-oligosaccharides FOS, amidons résistants) et qui vont promouvoir la croissance sélective de certaines bactéries bénéfiques et la synthèse de molécules comme le butyrate, anti-inflammatoire et immunomodulant. Les prébiotique ne sont pas toujours bien supportés donc prudence, commencer par de très petites quantités. Comme il est dit plus haut, le curcuma est un prébiotique. Il existe des spécialités de probiotiques spécifiques pour les MICI, fortement dosés, à prendre pendant plusieurs mois ; • boire du kéfir de fruits apporte également des souches probiotiques ; • même en l’absence d’intolérances envers ces aliments, la suppression du gluten et des produits laitiers permet une diminution de l’inflammation intestinale ;

• dans la maladie de Crohn, la présence des anticorps anti-Saccharomyces cerevisiae ASCA nécessite l’éviction des aliments qui contiennent ces levures : levure de boulangerie, bière, vinaigre, arômes, levure de bière ; • prendre de la vitamine D et de la vitamine A, indispensables à la cicatrisation de la muqueuse en stimulant le renouvellement cellulaire.

MALADIES INFLAMMATOIRES RHUMATISMALES

La polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante sont les maladies inflammatoires chroniques les plus fréquentes en rhumatologie. Bien que d’expressions cliniques et biologiques un peu différentes, ce sont toutes les deux des maladies auto-immunes et la prise en charge en phytothérapie est identique.

La polyarthrite rhumatoïde (PR) se manifeste par l’atteinte de plusieurs articulations, en général les mains et les pieds, les genoux, les poignets, mais cela peut toucher également les genoux, les hanches, les chevilles, les épaules. Elle réalise un tableau inflammatoire aigu qui touche la synoviale, avec douleurs nocturnes et un dérouillage matinal, un gonflement et une raideur de l’articulation, avec un caractère bilatéral et symétrique des atteintes articulaires, ainsi qu’une grande fatigue. La maladie évolue par poussées, sur des dizaines d’années, pendant lesquelles se produit progressivement une destruction articulaire, tendineuse et ligamentaire, puis osseuse aboutissant à des déformations importantes, l’apparition de nodosités au niveau des doigts, avec une gêne fonctionnelle parfois considérable. Elle touche les femmes trois fois plus souvent que les hommes, et débute généralement vers 40 à 60 ans. Le diagnostic est souvent difficile à établir car les signes de début sont peu spécifiques. Biologiquement, elle se traduit par une augmentation de la vitesse de sédimentation et de la CRP (protéine C-réactive), de la présence de facteur rhumatoïde, et surtout d’anticorps anti-CCP, spécifiques de la maladie. Les radiologies montrent des destructions articulaires caractéristiques. La spondylarthrite ankylosante (SPA), moins fréquente que la PR, touche le rachis et les articulations sacro-iliaques, avec une prédominance masculine. Elle se manifeste par une sacro-illite donnant des douleurs lombaires ou fessières, pouvant alterner du côté gauche au côté droit, irradiant dans la cuisse, souvent nocturnes. On retrouve aussi des douleurs dans les talons, un enraidissement du rachis, parfois des atteintes d’autres articulations comme la hanche, la cage thoracique, les tendons, mais aussi extra-articulaire comme une uvéite. Après plusieurs années d’évolution, les tendons et les ligaments peuvent se calcifier, s’ossifier, constituant des ponts osseux au niveau du rachis, bloquant la colonne, mais cette forme historique ne se voit quasiment plus. Par contre, la soudure entre le sacrum et le bassin peut entraîner une ankylose importante. Biologiquement, on trouve une élévation de la vitesse de sédimentation et de la CRP, ainsi que la présence de l’antigène HLA B27. Les radiographies montrent l’atteinte de l’articulation sacro-iliaque.

Causes

Une prédisposition génétique est retrouvée dans un tiers des cas pour la polyarthrite, mais 90 % des personnes atteintes de la spondylarthrite sont porteuses de l’antigène HLA B27. La maladie est le résultat de la conjonction de multiples facteurs, génétiques, biologiques, toxiques, hygiène de vie et hygiène alimentaire.

• Comme dans la plupart des maladies auto-immunes, l’hyperperméabilité intestinale joue un rôle majeur. Elle est le résultat d’une inflammation chronique de la muqueuse intestinale, conséquence d’un microbiote intestinal perturbé, d’intolérances alimentaires, avec souvent le gluten et les produits laitiers. L’intestin perd alors sa fonction de barrière par la destruction des jonctions serrées qui maintiennent bien jointes les cellules de l’intestin, les entérocytes. Se créent alors entre les cellules des espaces par où passent des débris cellulaires bactériens, alimentaires et de nombreuses molécules qui, en passant dans la circulation générale entraînent une réaction du système immunitaire, lequel alors sécrète des anticorps qui, par mimétisme moléculaire (car certains antigènes de la paroi de ces intrus sont identiques à ceux de la paroi de certaines de nos cellules), vont attaquer les cellules de la thyroïde, de la myéline, et de la membrane synoviale des articulations comme dans le cas de la PR. Ce mécanisme est très souvent à l’origine de l’auto-immunité, cela a été démontré par le Dr Seignalet dès le début des années 1980. Il a été le premier à proposer la mise en place d’un régime alimentaire dit atoxique qui donne d’excellents résultats.

• Des facteurs infectieux doivent être recherchés devant une PR, comme la maladie de Lyme que l’on retrouve régulièrement derrière beaucoup de maladies inflammatoires articulaires. De diagnostic difficile en raison d’examens biologiques peu fiables, elle nécessite un traitement complexe et de longue durée, mais qui seul peut amener la disparition des symptômes articulaires. Ont été également incriminées certaines bactéries comme le Porphiromonas gingivalis, responsable d’infections buccales. • Des facteurs hormonaux et en particulier les œstrogènes jouent un rôle sans doute important dans la PR, dans le fait que les femmes soient plus touchées que les hommes, et que souvent les PR se déclenchent autour de la ménopause avec la baisse des niveaux d’œstrogènes. Mais pour les rhumatologues, la cause est inconnue et mystérieuse, comme pour la plupart des maladies auto-immunes. Le traitement proposé est purement symptomatique, avec anti-inflammatoires, cortisone, immunosuppresseurs, et maintenant les biothérapies. Il faut reconnaître que ces traitements sont souvent spectaculaires sur les douleurs (ils agissent sur l’inflammation) mais, ne traitant pas la cause, ils ne bloquent pas l’évolution de la maladie, et ont sur le long terme des effets secondaires parfois redoutables.

Traitement phytothérapique

La rhumatologie est le domaine de prédilection des plantes médicinales en raison de leurs multiples propriétés : anti-inflammatoires, antalgiques, trophiques du tissu de soutien (elles permettent une meilleure nutrition) et reminéralisantes.

Les propriétés de drainage des plantes permettent également de nettoyer les articulations des résidus métaboliques générés par les maladies chroniques, ce qui contribue à dérouiller les patients.

• Le cassis, Ribes nigrum, est une plante majeure. Les parties utilisées en phytothérapie sont les feuilles, et les bourgeons en gemmothérapie. La plante est traditionnellement utilisée pour ses propriétés diurétiques, anti-inflammatoires dans les affections rhumatologiques, ainsi que comme fortifiant. Les principaux composants de la plante sont les OPC, oligomères proanthocianidiques qui sont les pigments naturels, des flavonoïdes et des tanins.

Les propriétés du cassis en rhumatologie sont nombreuses : c’est un anti-inflammatoire, antiarthritique, antidégénératif, antioxydant. Grâce à son action diurétique, le cassis est un véritable draineur des articulations, mais aussi des autres émonctoires (foie, rein, peau). En gemmothérapie, Ribes nigrum est un modulateur du cortisol, la cortisone naturelle sécrétée par les glandes surrénales. Il relance l’activité de cette hormone, expliquant sa puissante activité anti-inflammatoire et ses capacités à redynamiser l’énergie, à désenflammer séreuses et muqueuses de cette plante.

À utiliser sous forme de macérat glycériné (MG), mais aussi sous forme de macérat mère, moins alcoolisé et surtout plus concentré. Vous pouvez prendre :

→ Ribes nigrum bourgeons MG 1DH en flacon de 125 ml. En crise aiguë, prendre 100 gouttes 2 fois par jour dans un peu d’eau. Pour des traitements chroniques, prendre 50 gouttes 2 fois par jour sur plusieurs mois.

→ Pour le macérat de cassis, en aiguë, prendre 10 gouttes 2 ou 3 fois par jour. Autrement, 15 gouttes tous les matins dans un peu d’eau. • L’églantier, Rosa canina, est un complément incontournable du cassis. Les jeunes pousses possèdent des propriétés anti-inflammatoires et antiallergiques, et modulent le système immunitaire. Indispensable dans tous les rhumatismes inflammatoires, il agit profondément sur les séreuses et protège la synoviale articulaire. Il se prend en association avec le cassis aux mêmes posologies, puis en traitement chronique un le matin et l’autre le soir, pendant plusieurs mois.

• D’autres bourgeons ont des actions très intéressantes dans la PR :

– le macérat de noyer rétablit les barrières et les défenses naturelles de

l’homme. Pour les Drs Ledoux et Guéniot (La Phytembryothérapie, éd. Amyris), c’est le gardien de l’identité, de l’immunité non spécifique, et le protecteur des maladies auto-immunes. Son territoire, c’est la peau, les muqueuses et les séreuses, il se prescrit toujours dans un contexte d’inflammation intestinale, il améliore le microbiote intestinal et traite les dysbioses. C’est un grand anti-inflammatoire des séreuses articulaires. Prendre 10 gouttes le soir, 2 semaines sur 4, en alternant avec :

– le macérat de genévrier qui a la caractéristique de dissoudre les

cristaux accumulés dans les différents tissus, et en particulier les articulations. C’est un détoxifiant profond, il nettoie les séreuses et traite la PR et tous les rhumatismes inflammatoires. Prendre 10 gouttes par jour le soir, 2 semaines sur 4 ;

– d’autres plantes peuvent être utilisées en complémentaires, comme

l’harpagophytum, Harpagophytum procumbens ou griffe du diable ; la scrofulaire noueuse, Scrophularia nodosa ; le saule, Salix alba ; la reine-des-prés, Filipendula ulmaria ; l’ortie, Urtica urens ; le curcuma ; la boswellia, Boswellia serrata (voir l’utilisation de ces plantes à la rubrique « Arthrose », page 62).

• En aromathérapie, les huiles essentielles comme le pin sylvestre, Pinus sylvestris, et l’épinette noire, Picea mariana, sont très anti-inflammatoires. Elles permettent de stimuler les glandes surrénales qui sécrètent le cortisol, notre anti-inflammatoire naturel.

→ Mettre 2 ou 3 gouttes de chaque en massage sur les fosses lombaires, de chaque côté, le matin et le midi.

Traitements complémentaires

• les oligo-éléments comme l’or et le cuivre sont de remarquables anti-inflammatoires. Prendre une ampoule de granions d’or et de cuivre le matin et le soir pendant 1 mois, puis alterner 1 le matin et 1 le soir, puis 1 jour sur 2 ;

• le traitement de l’hyperperméabilité intestinale est une étape fondamentale dans la prise en charge de la PR et de la SPA. Il est donc nécessaire de limiter considérablement, voire de supprimer le gluten et les produits laitiers. Une recherche d’intolérances alimentaires, pratiquée dans certains laboratoires, permet également de mieux cibler les aliments responsables. Sans revenir, comme le Dr Seignalet le préconise, à une alimentation exclusivement crue, il faut redécouvrir les cuissons douces, comme les cuissons pochées, au bain-marie, à la vapeur, au four doux. Il est essentiel pour le bien-être de vos articulations de limiter au maximum les grillades, les fritures, les plats industriels. Redécouvrir les aliments frais crus ou peu cuits, et limiter les corps de Maillard toxiques pour nos articulations (ce sont des recombinaisons, sous l’action de la chaleur, de protéines et de glucides, créant de nombreuses molécules aromatiques que l’organisme ne peut pas éliminer) ;

• rééquilibrer notre alimentation devenue pro-inflammatoire pour rétablir la balance entre oméga-3 (anti-inflammatoires) et oméga-6 (pro-inflammatoires). Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs consommaient un acide gras oméga-3 pour trois à cinq acides gras oméga-6. Or, actuellement, notre alimentation moderne nous apporte un oméga-3 pour quinze à vingt oméga-6, voire aux États-Unis quarante oméga-6 ! Et ce déséquilibre ne fait que s’accentuer avec la modification de nos aliments ; • les acides gras saturés, amenés par les produits animaux ainsi que les acides gras trans par les aliments industriels (plats cuisinés, biscuits, viennoiseries), les oméga-6 par les huiles végétales de maïs, de tournesol, d’arachide, de pépins de raisin, de soja, doivent être bannis de l’alimentation. Utiliser l’huile de colza, à associer avec l’huile d’olive, l’huile de noix, pour les salades (à ne pas faire cuire) ;