Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
Urticaire
• Les applications de chou vert ont également un grand intérêt. Prendre des feuilles de chou vert. Les laver à l’eau tiède et les essuyer. Retirer la côte centrale et à l’aide d’un rouleau à pâtisserie, aplatir fortement les feuilles de manière à voir perler, à leur surface, un suc translucide : les feuilles sont alors prêtes à l’emploi. Appliquer sur la plaie deux à quatre épaisseurs de feuilles selon la zone et maintenir en place avec une bande souple, sans comprimer, et garder toute la nuit. Renouveler jusqu’à guérison.
• Le traitement général est le traitement de l’insuffisance veino-lymphatique sous-jacente (voir entrée « Insuffisance veineuse », page 234).
– en gemmothérapie, peuvent être utilisés le sorbier, Sorbus domestica, le
noisetier, Corylus avellana, le châtaignier, Castanea vesca, le citronnier, Citrus limonum ;
– le mélilot, Melilotus officinalis, la prèle, Equisetum arvense, la vigne
rouge et l’hamamélis, Hamamelis virginiana ;
– les OPC de pin maritime, extraits de l’écorce de pin des Landes. Traitements complémentaires
• la pratique d’une activité physique régulière permet d’améliorer la circulation veino-lymphatique, comme la marche, au moins 20 minutes par jour ;
• les drainages lymphatiques sont très intéressants et apportent une amélioration sensible des œdèmes ;
• le port de bas ou de chaussettes de contention permet d’améliorer la circulation profonde.
URTICAIRE
L’urticaire est une éruption cutanée de plaques comparables aux piqûres d’orties, de couleur rouge ou rosée, arrondies, bien limitées et en relief. Elles s’accompagnent de démangeaisons intenses, et peuvent changer de place au fil des heures. Elles disparaissent classiquement en 24 à 48 heures, au maximum 5 jours. Elles peuvent toucher tout le corps. L’œdème de Quincke est une urticaire qui affecte les tissus plus profonds de la peau et des muqueuses, pouvant donner au niveau du visage des déformations impressionnantes. L’urticaire est le plus souvent aiguë en crise de quelques jours, mais peut devenir chronique. Elle a de multiples causes : prise de médicaments (aspirine, anti-inflammatoires), contact avec des végétaux ou des animaux, allergies alimentaires (fraises, kiwi, crustacés)… L’urticaire aiguë se traite bien et rapidement avec des médicaments classiques (corticoïdes, antihistaminiques), par contre l’urticaire chronique est plus difficile à prendre en charge. Ce sont des poussées d’urticaire qui apparaissent tous les jours ou tous les 2-3 jours pendant des semaines, pouvant détériorer la qualité de vie. Pour les dermatologues, ce n’est pas une maladie allergique mais une maladie inflammatoire de la peau. Le traitement est purement symptomatique avec les antihistaminiques. C’est le cas de l’urticaire cholinergique, déclenchée par le froid, l’effort physique, la pression de la peau, les émotions. Mais comme souvent derrière les pathologies cutanées chroniques, on peut trouver une ou plusieurs intolérances alimentaires, et ce par un mécanisme différent des allergies à IgE, sans intervention de l’histamine. La suppression de l’aliment incriminé mène rapidement à la disparition des troubles (voir section « Traitements complémentaires », page 371).
Le traitement de l’urticaire nécessite la régulation du système neurovégétatif qui est au cœur de cette pathologie car l’histamine, le neuromédiateur impliqué dans l’urticaire allergique, est directement déclenchée par le parasympathique et le sympathique. L’urticaire cholinergique est, elle, liée à des troubles vasomoteurs, dus également à une dérégulation du neurovégétatif. La prise en charge des émonctoires, foie et pancréas le plus souvent, est aussi une étape indispensable.
Traitement de la crise aiguë
• L’huile essentielle de lavande officinale, Lavandula officinalis, grâce à ses propriétés sympathicolytiques permet de réguler le système sympathique et la libération d’histamine. Mettre 5 gouttes toutes les heures sur la poitrine, la voie transcutanée permet une diffusion rapide de l’huile essentielle.
• L’huile essentielle de matricaire ou camomille allemande, Matricaria recutita, possède de puissantes propriétés antiallergiques et anti-inflammatoires. Elle peut également s’utiliser pure sur la peau, 5 gouttes 3 ou 4 fois par jour (à diluer avec une huile végétale sur les peaux sensibles).
• Le macérat de bourgeons de cassis, Ribes nigrum, est un puissant anti-inflammatoire et antiallergique par son effet cortisone-like en stimulant les glandes surrénales. Pour un adulte, prendre 15 gouttes 3 ou 4 fois par jour pendant 2-3 jours (pour les enfants, 1 goutte par année d’âge). • Le plantain, Plantago major, est également une plante indispensable dans toute manifestation allergique. Antihistaminique, anti-inflammatoire, immunomodulante, elle se prend en infusion (2 cuillères à soupe dans 1 litre d’eau bouillante ; laisser infuser 15 minutes et boire 3 ou 4 tasses par jour), en teinture mère (100 à 200 gouttes par jour), en EPS (1 cuillère à café 2 fois par jour), en gélules d’extraits secs ou de poudre de plante (4 à 6 gélules par jour).
Traitement de l’urticaire chronique
Le drainage et le soutien du foie et du pancréas sont un temps essentiel du traitement, car l’absence de drainage augmente les phénomènes d’entretien de l’inflammation et de la congestion.
• La bardane, Arctium lappa, est la grande plante des pathologies cutanées. Elle est diurétique, cholérétique (augmente la sécrétion de bile), régule le pancréas exocrine et endocrine. Elle est anti-infectieuse, anti-inflammatoire, antiallergique, draine la peau, calme les démangeaisons. • Le pissenlit, Taraxacum dens leonis, en plus de ses propriétés cholérétiques et cholagogues bien connues, détoxifiantes et hépatoprotectrices, est une plante antiallergique et anti-inflammatoire. Ces plantes se prennent en infusion de feuilles, en teinture mère (50 gouttes matin et soir), en extrait fluide, en EPS (1 ou 2 cuillères à café par jour), en gélules ou comprimés de poudre micronisée ou d’extraits (2 à 4 par jour), et doivent être associées.
La bardane est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, par précaution. De même, éviter chez les enfants en dessous de 3 ans. De par ses propriétés normoglycémiantes, elle doit être utilisée avec précaution chez les diabétiques.
→ EPS bardane/EPS pissenlit aa qsp 150 ml. Prendre 1 cuillère à café par jour.
Important : Éviter la fumeterre et le romarin, deux plantes à tropisme hépatique et dermatologique, mais qui stimulent le parasympathique (ce sont des plantes vagotoniques) qui est le plus souvent en excès dans l’urticaire.
• Le plantain, Plantago major, doit être continué sur le long cours, associé à deux huiles essentielles anti-inflammatoires, antiallergiques que sont l’estragon, Artemisia dracunculus, et le basilic, Ocimum basilicum. Et qui régulent également le système parasympathique. → Faire préparer :
– EPS plantain 150 ml ;
– HE Artemisia dracunculus, estragon 2 ml ;
– HE Ocimum basilicum, basilic 2 ml ;
– et prendre 1 cuillère à café dans ½ verre d’eau 1 fois par jour le soir ; ou :
– mettre les huiles essentielles dans 125 ml de teinture mère de plantain et
prendre 50 gouttes matin et soir ;
– dans les deux cas, bien secouer les flacons avant d’utiliser pour
mélanger les huiles essentielles.
• En gemmothérapie, deux bourgeons stimulent l’axe cortico-surrénalien et régulent le cortisol :
– le cassis, Ribes nigrum, déjà évoqué plus haut ;
– l’aulne glutineux, Alnus glutinosa, est anti-inflammatoire,
antiallergique. Il est indiqué dans l’urticaire aiguë ou chronique sur fond allergique, l’urticaire d’étiologie alimentaire, d’origine médicamenteuse ou alimentaire, l’urticaire d’origine inconnue.
→ Prendre en macérat mère, 10 gouttes par jour, un le matin et l’autre le soir.
Peuvent être également utilisés le macérat de jeunes pousses d’églantier, Rosa canina, ainsi que le macérat de bourgeons de chêne, Quercus robur.
Traitements complémentaires
• l’homéopathie est d’un grand secours lors d’une crise aiguë en alternant apis mellifica 5CH et urtica urens 5CH, 3 granules de chaque toutes les heures. Puis espacer dès amélioration ;
• en oligothérapie, prendre manganèse-cobalt granions et magnésium granions, 1 ampoule de chaque par jour pendant 1 mois, puis 1 jour sur 2 en alternance ;
• la régulation du microbiote intestinal est également une étape
incontournable pour rééquilibrer le système immunitaire, par la prise de probiotiques. Il existe des spécialités spécifiques des problématiques allergiques ;
• on ne peut pas traiter l’urticaire chronique sans rechercher des intolérances alimentaires. Les aliments le plus souvent retrouvés sont les produits laitiers, le blé et le gluten, les œufs, les amandes. L’éviction alimentaire entraîne rapidement la disparition de l’urticaire. Il s’agit non pas de doser, comme le font les allergologues, les IgE impliquées dans les allergies immédiates, mais les IgG responsables de l’allergie retardée. Quelques laboratoires pratiquent la recherche des intolérances alimentaires, mais cependant, inutile de se ruiner en recherchant deux cents intolérances, le test de base qui en recherche une vingtaine (les aliments les plus courants) est très largement suffisant ;
• éviter les aliments riches en histamine ou histamino-libérateurs : fraises, chocolat, crustacés, fromages fermentés, charcuteries, amandes, noix, arachides ;
• une bonne hygiène alimentaire est indispensable, comme la suppression des repas trop gras et la diminution importante des laitages (même en dehors d’intolérance) et du sucre, suppression des excitants, tabac, café ; • ne pas oublier les cures thermales à orientation dermatologique : La Roche-Posay, Avène, La Bourboule.
Cas clinique
Chantal présente brutalement une urticaire géante qui résiste à tous les traitements. Les antihistaminiques n’apportent qu’un soulagement partiel, et les crises d’urticaire se succèdent tous les 2-3 jours. Une hospitalisation de 2 semaines dans un service de dermatologie d’un CHR n’amène aucun résultat, ni sur l’origine ni sur le traitement. Pendant 4 ans, des crises régulières d’urticaire lui rendent la vie très difficile. Enfin, une recherche des intolérances alimentaires permet de retrouver une intolérance à IgG au lait de vache. La suppression des produits laitiers mène en quelques semaines à la disparition totale de l’urticaire.
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