Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

Chapitre C

 

CALCUL BILIAIRE

Le calcul biliaire ou lithiase biliaire est une concrétion formée dans la vésicule biliaire, organe situé sous le foie et servant à stocker la bile. Majoritairement formé de cholestérol cristallisé, le calcul est de couleur blanche ou jaune, radiotransparent. Parfois de couleur brune ou noire, ces calculs contiennent une forte proportion de pigments biliaires. Généralement symptomatique, il peut migrer hors de la vésicule et se bloquer dans le canal cholédoque, entraînant des douleurs violentes, la crise de colique hépatique. Une inflammation aiguë de la vésicule, la cholécystite, peut mener à une intervention chirurgicale d’urgence. La formation de la lithiase est liée à une sursaturation de la bile en cholestérol qui donne naissance à des cristaux de cholestérol, dont l’agglomération est d’abord microscopique, donnant la boue biliaire puis macroscopique avec formation du calcul.

L’obésité, le diabète, une alimentation trop riche en acides gras saturés, la pilule, la grossesse, sont des facteurs favorisants, ainsi parfois qu’une prédisposition génétique.

Le but du traitement est de soulager la douleur en aiguë, et ensuite d’assurer un drainage hépatobiliaire efficace pour permettre le retour à la solubilité du cholestérol dans la bile.

Traitement de la crise

Comme dans la crise de colique néphrétique, il s’agit à la fois de soulager la douleur et de faciliter si possible l’évacuation de la lithiase. • L’aubier de tilleul sauvage du Roussillon, Tilia sylvestris, que l’on trouve aussi sous le nom de gravelline, est irremplaçable, par ses propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires et antalgiques. Il s’emploie en décoction :

– mettre 40 grammes (2 bâtonnets) dans un litre d’eau. Faire bouillir à feu

doux pendant 10 minutes et laisser infuser 1 heure. À boire dans la

journée pendant 8 ou 10 jours. Existe aussi en comprimés sous le nom de Vibtil® en pharmacie, mais la décoction est plus efficace.

• les huiles essentielles sont également très efficaces par leurs propriétés antispasmodiques et antalgiques. Mélanger 3 gouttes d’HE de basilic exotique, Ocimum basilicum, 3 gouttes d’HE de petit grain bigarade, Citrus aurantium (fe), 2 gouttes d’HE de lédon du Groenland, Ledum groenlandicum. Appliquer localement en regard du foie, et répéter le traitement jusqu’à amélioration ;

• on peut rajouter des infusions de feuilles de mélisse,Melissa officinalis, puissant antispasmodique par son action sur le système sympathique, 5 grammes de feuilles dans une tasse 3 fois par jour.

Traitement de fond

Les plantes de drainage du foie sont indispensables, mais nécessitent des précautions d’emploi. On trouve en effet des plantes cholérétiques (qui augmentent la sécrétion de bile), des plantes cholagogues (qui augmentent l’évacuation de la bile), ainsi que des plantes antispasmodiques. En cas de calcul vésiculaire, il faut éviter les plantes à action trop puissantes comme le radis noir, l’artichaut, le pissenlit, qui peuvent envoyer le calcul dans le cholédoque, et privilégier les plantes à action plus douces comme : • le Chrysanthellum americanum, plante incontournable car elle fait disparaître les calculs de petites tailles qu’ils soient rénaux, biliaires ou salivaires. La plante est cholérétique, hépatoprotectrice, antioxydante, anti-inflammatoire, hypocholestérolémiante. À utiliser en gélules de poudre de plantes ou d’extraits, 2 ou 3 gélules 20 jours par mois pendant plusieurs mois ;

• la fumeterre, Fumaria officinalis, est régulatrice du flux biliaire, c’est un amphocholérétique, c’est-à-dire qu’elle augmente la sécrétion de bile si celle-ci est faible, la diminue si celle-ci est élevée. Elle permet de drainer une vésicule paresseuse et d’éviter ainsi la formation de lithiase. Elle est antispasmodique et traite ainsi les dyskinésies biliaires. Ne pas utiliser en cas d’obstruction des voies biliaires. À prendre en infusion, en teinture mère, en comprimés d’extraits (Oddibil®) 2 comprimés par jour ou en gélules de poudre de plante (3 gélules par jour), ou EPS (une cuillère à café). Commencer toujours par des doses faibles ;