Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
Acné
Cas des abcès dentaires : Bien sûr, il est difficile de faire des applications locales. Dans ce cas, utiliser de l’huile essentielle d’origan que l’on trouve maintenant en capsules (cette huile est trop forte pour être utilisée sur un sucre ou un comprimé neutre) à raison de 2 capsules 3 fois par jour pendant 5 jours. Son action anti-infectieuse puissante est remarquable.
Traitements complémentaires
• si l’on n’a pas de chou vert sous la main, on peut aussi utiliser un oignon cuit au four, appliqué chaud, que l’on laisse en place 1 heure ; • ne pas oublier l’homéopathie : prendre hepar sulfur 15CH 10 granules 3 fois par jour.
ACNÉ
Cette dermatose, qui survient à l’adolescence mais qui peut se prolonger à l’âge adulte, se caractérise par un hyperfonctionnement des follicules pilo-sébacés qui produisent le sébum, film lipidique protégeant la peau. Le canal se bouche et apparaît d’abord un comédon, centré souvent par un point noir, qui s’enflamme et s’infecte et produit ensuite ces boutons disgracieux touchant le visage, le thorax et le dos. L’acné peut prendre un aspect pustuleux responsable de cicatrices indélébiles. La cause principale de l’acné est bien sûr le bouleversement hormonal de la puberté, mais elle est souvent multifactorielle. L’augmentation des hormones sexuelles, les androgènes (la testostérone essentiellement), a un impact sur la production de sébum et est à l’origine de l’apparition des comédons. La testostérone est convertie de manière excessive par une enzyme, la 5-alpha réductase, en di-hydro-testostérone (DHT) toxique pour les glandes sébacées.
Les œstrogènes en excès jouent également un rôle perturbateur dans l’équilibre de la peau, expliquant la majoration de l’acné au moment des règles chez certaines adolescentes.
En phytothérapie, la peau est considérée comme un organe émonctoire (voir la notion de drainage, page 16), dont l’un des rôles est d’éliminer les déchets de notre organisme. Cette notion est importante à prendre en compte dans le traitement car on retrouve souvent une alimentation trop riche en sucres de toutes sortes, en graisses (fritures, produits laitiers, charcuteries) entraînant une surcharge des intestins, du foie, du pancréas qui ont du mal à faire leur travail. La flore intestinale (le microbiote) se déséquilibre, entraînant des troubles digestifs, constipation souvent, et perturbe le système immunitaire, favorisant les surinfections. Il faut bien comprendre que toute pathologie au niveau de la peau est le reflet d’un dérèglement intérieur, et si l’on se contente d’un traitement local symptomatique, les résultats sont très médiocres. Des facteurs traumatiques viennent s’ajouter, comme une manipulation et un grattage intempestif des lésions, ainsi que des facteurs psychologiques. Le traitement de l’acné s’articule donc autour de trois grands axes : • la régulation hormonale ;
• le traitement symptomatique anti-inflammatoire et anti-infectieux ; • la modification du terrain (voir cette notion, page 15) par le drainage du foie, de la peau, des intestins.
L’ortie racine est la grande plante de la régulation de l’impact de la testostérone sur la glande sébacée en diminuant la production de DHT (les feuilles d’ortie sont utilisées plutôt en rhumatologie). Elle est aussi anti-inflammatoire. Employée rarement seule, elle est associée en général aux autres plantes. C’est la plante à utiliser dans quasiment toutes les formes d’acné.
Le gattilier, Vitex agnus-castus, diminue les œstrogènes et trouve son intérêt lors de l’aggravation de l’acné lors du syndrome prémenstruel (voir cette entrée, page 350), à prendre dans la deuxième partie du cycle, en association avec l’ortie racine.
La bardane, Arctium lappa, est la plante du drainage de la peau et du foie. Elle est anti-inflammatoire, anti-infectieuse, régulatrice du sébum. Son utilisation peut parfois provoquer une petite aggravation de l’acné au début, mais très vite tout s’améliore. Elle est déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante.
La pensée sauvage, Viola tricolor, est très utilisée pour ses propriétés dépuratives et anti-inflammatoires au niveau de la peau. Elle régule également la sécrétion du sébum. Elle aussi draine le foie et la vésicule biliaire.
La fumeterre, Fumaria officinalis, est également une plante de régulation du fonctionnement hépatique. Elle est anti-inflammatoire, anti-infectieuse et particulièrement indiquée dans l’acné infectée, avec de gros boutons purulents, ainsi que dans d’autres pathologies dermatologiques (eczéma, psoriasis).
La réglisse, Glycyrrhiza glabra, peut être utilisée dans les acnés très inflammatoires (faire des cures discontinues en raison des risques possibles d’hypertension).
Le souci, Calendula officinalis, a des propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes, antibactériennes mais il ne doit être utilisé que localement dans des préparations.
En pratique
Les plantes se prescrivent sous forme de gélules de poudre de plantes de 200 mg à 300 mg selon les laboratoires (3 ou 4 gélules par jour), de gélules d’extrait sec à 300 mg (2 gélules par jour), sous forme d’extrait fluide de plante standardisée (EPS) à raison de 1 ou 2 cuillères à café par jour, de tisanes de plantes à raison de 2 ou 3 tasses par jour. Faire des traitements sur de long mois.
Le traitement anti-infectieux et anti-inflammatoire localest l’apanage des huiles essentielles.
L’huile essentielle de lavande officinale, Lavandula angustifolia, l’huile essentielle de tea tree, Melaleuca alternifolia, l’huile essentielle de sauge sclarée, Salvia sclarea, ont fait la preuve de leur efficacité par leurs propriétés anti-infectieuses, anti-inflammatoires et cicatrisantes. Elles peuvent être utilisées pures, en mettant une ou deux gouttes localement sur les boutons infectés, 1 ou 2 fois par jour.
Il est possible de faire confectionner par une pharmacie la préparation suivante :
• HE Salvia sclarea, sauge sclarée ; • HE Lavandula angustifolia, lavande officinale aa 1 ml ; • Calendula officinalis TM 20 ml ; • gel aloe vera qsp 50 ml (50 g) ;
• une application matin et soir.
Certains laboratoires proposent des associations d’huiles essentielles à prendre en gouttes ou en gélules, souvent très efficaces. Ne pas oublier les masques à l’argile verte : faire une pâte en diluant 2 cuillerées à café d’argile verte ou utiliser de l’argile verte en tube déjà prête. Ajouter 10 gouttes d’huile essentielle de sauge sclarée. Augmenter progressivement le temps d’application.
• la première semaine : 3 applications de 5 minutes chacune ; • la deuxième semaine : 3 applications de 10 minutes chacune ; • puis 3 applications de 15 minutes chacune. Le drainage du foie se fait avec les plantes citées ci-dessus. On peut aussi faire des cures avec du romarin en macérat glycériné Rosmarinus officinalis JP MG 1 DH, 50 gouttes matin et soir dans un peu d’eau 15 jours par mois.
Prendre des probiotiques pour rétablir l’équilibre du microbiote intestinal est indispensable. Faire une cure de 2 mois puis prendre 3 fois par semaine sur de longues périodes.
Traitements complémentaires
• avoir l’alimentation la plus saine possible, diminuer le café et les excitants, l’alcool, le tabac ;
• éviter les lipides qui augmentent l’inflammation comme les graisses animales (charcuteries, fromages), les aliments frits, les huiles riches en oméga-6 (maïs, arachide, tournesol) pour privilégier l’huile d’olive, l’huile de colza, l’huile de noix, les poissons gras riches en oméga-3 anti-inflammatoires (maquereau, sardine, anchois) ainsi que les amandes, les noix ;
• éliminer les sucres rapides (bonbons, sodas, pâtisseries) ;