Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
PROSTATE (Hypertrophie de la)
L’hypertrophie bénigne de la prostate ou adénome prostatique est une tumeur bénigne qui se développe chez les sujets de plus de 50 ans. La prostate est une glande en forme de châtaigne, d’un poids de 10 à 15 grammes. Elle est située sous la vessie et entoure le canal de l’urètre. Elle comporte trois lobes, un médian et deux latéraux. La base de la vessie repose sur la prostate, qui est donc en rapport très étroit avec le col vésical, l’urètre et les sphincters. Sa principale fonction est de sécréter et de stocker le liquide séminal, un des constituants du sperme. L’augmentation progressive du volume prostatique entraîne essentiellement des problèmes mictionnels : une pollakiurie ou augmentation de la fréquence des mictions, souvent nocturne, avec parfois des envies urgentes d’uriner, une dysurie (nécessité de pousser pour uriner), une diminution de la force du jet, une miction de petit volume, des gouttes post-mictionnelles. Si la prostate est très grosse, elle peut se compliquer d’une rétention urinaire aiguë avec un globe vésical, nécessitant un sondage en urgence. Autre complication fréquente, la prostatite (voir cette entrée, page 316). Le diagnostic se fait par le toucher rectal, l’échographie, voire l’IRM. Biologiquement, c’est l’augmentation de l’antigène prostatique spécifique, ou PSA, qui oriente le diagnostic, un gramme de PSA correspond globalement à 10 grammes de prostate.
Bien qu’elle puisse avoir une prédisposition génétique, l’augmentation de volume de la prostate est essentiellement stimulée par les androgènes, en particulier la dihydrotestostérone (DHT), androgène plus puissant formé à partir de la testostérone par l’enzyme 5-alpha réductase. Dans la mise en place de l’hypertrophie interviennent aussi des déséquilibres neuroendocriniens (hypophyse, thyroïde, pancréas). Le diabète, le surpoids et l’obésité, l’inactivité physique sont également des facteurs de risque. La phytothérapie permet d’agir à la fois sur l’augmentation du volume prostatique, les troubles de la miction et la congestion pelvienne associée. • Plusieurs plantes diminuent l’activité de la 5-alpha réductase, ainsi que la liaison de la DHT avec les récepteurs androgéniques :
– l’ortie racine, Urtica dioica, est utilisée pour ses effets endocriniens, la
feuille pour ses propriétés antirhumatismales. Elle est donc
antiandrogénique, anti-inflammatoire, antiproliférative sur les cellules prostatiques, et ralentit la progression de l’adénome. Elle se prend en EPS (1 ou 2 cuillères à café/jour), en teinture mère (50 gouttes 2 fois par jour), en gélules de poudre de plantes (4 à 6 par jour) ou d’extraits secs (2 gélules par jour) ;
– le palmier de Floride, Serenoa repens, dont on utilise le fruit, en plus
de son action antiprolifératrice sur les cellules prostatiques, diminue également la croissance des cellules du carcinome prostatique. Le palmier nain réduit le résidu post-mictionnel, améliore la symptomatologie de l’adénome, et possède des propriétés anti-inflammatoires et antiœdémateuses ;
– le prunier d’Afrique, Pygeum africanum (écorce), inhibe également la
5-alpha réductase et a également des propriétés antiprolifératrices sur les cellules cancéreuses de la prostate. Ses composants sont anti-inflammatoires et décongestionnants. La plante diminue la pollakiurie, les mictions impérieuses, et les gouttes retardataires.
Ces deux plantes se prescrivent en gélules de plante ou d’extraits secs de 200 à 500 mg, 1 ou 2 fois par jour, seules ou associées.
– les graines de courge, Cucurbita pepo, sont riches en acides gras (acide
linoléique), en phytostérols, en zinc, et sont antioxydantes, diminuent la DHT. Elles se prennent sous forme de capsules d’huile, 1 ou 2 fois par jour ;
– l’épilobe, Epilobium angustifolium, dont on utilise les feuilles et les
fleurs, est une plante régulatrice des troubles mictionnels, renforce le tonus du sphincter vésical, diminue les envies d’uriner et les mictions difficiles. Elle est aussi anti-inflammatoire et antibactérienne. Elle se prend en tisane (1 cuillère à café par tasse) ou en gélules de plante ou d’extrait, 2 fois par jour.
En phytothérapie, l’association de plusieurs plantes d’actions complémentaires produit une meilleure efficacité et une synergie d’action. Il est donc utile d’associer les plantes entre elles, et l’on trouve de nombreuses spécialités proposant plusieurs composants. • En gemmothérapie, ont montré leur intérêt :
– les jeunes pousses de séquoia, Sequoiadendron giganteum. Ils
s’opposent au vieillissement et à la dégénérescence prostatique, c’est un remède de sclérose. C’est aussi un stimulant général, revitalisant. Le séquoia stimule la corticosurrénale, rééquilibre l’activité des vésicules séminales, de la prostate, de la spermatogenèse ;
– les jeunes pousses d’airelle, Vaccinium vitis idaea. C’est un bon
complémentaire du séquoia, elles décongestionnent la prostate, s’opposent à la fibrose et leur effet œstrogène-like est utile au stade de l’adénome confirmé ;
– les bourgeons de vigne, Vitis vinifera. Ce sont des remèdes de
proliférations tissulaires, d’inflammation chronique et ils sont décongestionnants.
→ Ils se prennent sous forme de macérat mère, 10 à 15 gouttes par jour. La vigne existe aussi en macérat glycériné 1DH (50 gouttes par jour). • L’aromathérapie permet d’améliorer le confort urinaire et prostatique par la régulation du fonctionnement sphinctérien, grâce à l’action des huiles essentielles sur le système neurovégétatif qui contrôle l’ouverture et la fermeture du sphincter, la tonicité du muscle vésical, et aussi par leurs effets sur l’amélioration de la congestion pelvienne.
Le lentisque pistachier, Pistacia lentiscus, est un remarquable
décongestionnant veineux, lymphatique et prostatique, ainsi que le cajeput, Melaleuca cajuputii, le cyprès, Cupressus sempervirens, la lavande, Lavandula angustifolia, alpha sympathique, cicatrisante, et qui diminue, comme le cajeput, l’alpha sympathique responsable de la contraction du sphincter.
→ Faire la préparation suivante en cas d’adénome confirmé :
– HE Lavandula angustifolia, lavande officinale 1 ml ;
– HE Melaleuca cajuputii, cajeput 1 ml ;
– HE Cupressus sempervirens, cyprès 1 ml ;
– HE Pistacia lentiscus, lentisque pistachier 1 ml ;
– Vitis vinifera bourgeons MG 1DH 125 ml ;
– prendre 40 gouttes matin et soir après les repas à diluer dans un ½ verre
d’eau (commencer par 10 gouttes matin et soir, et augmenter progressivement) ;
– faire un traitement sur 3 mois, ensuite prendre 40 gouttes le soir pendant
3 mois.
• L’oignon, Allium cepa, est aussi un remarquable décongestionnant pelvien, anti-inflammatoire, antiseptique urinaire, antiœdémateux. À utiliser en décoction :
– mettre 3 oignons dans 1 litre d’eau très chaude, laisser macérer 3 heures
;
– ajouter un sachet de 20 grammes de chlorure de magnésium, et le jus
d’un citron ;
– prendre 1 verre le matin pendant 10 jours puis 1 semaine sur 2. Autre préparation avec de l’alchémille, Alchemilla officinalis, progestatif-like qui permet d’inhiber la LH (hormone hypophysaire qui stimule les androgènes), afin de réduire la transformation de testostérone en DHT. • Alchémille feuilles :
– mettre 2 cuillerées à soupe dans 1 litre d’eau, infuser 15 minutes, filtrer
puis verser cet infusé bouillant sur 2 oignons émincés, ajouter un sachet de 20 grammes de chlorure de magnésium, laisser macérer 1 jour ;
– boire un verre chaque matin 1 semaine sur 2. Pour les réfractaires au goût de l’oignon, il peut se prendre en gélules de poudre ou d’extrait sec, associé ou non avec du magnésium (qui améliore la contractilité musculaire de la prostate).
Traitements complémentaires
• rectifier son alimentation pour diminuer la congestion pelvienne et mettre au repos le pancréas : éviter les laitages, les charcuteries, les plats en sauces, les mauvaises graisses, les sucreries, l’alcool, le tabac, le café ; • consommer régulièrement des aliments apportant des oligo-éléments bénéfiques pour la prostate comme le sélénium (noix du brésil), le zinc (huîtres, foie, crabe, céréales complètes) ;
• activité physique régulière, marche, natation, gymnastique, éviter la station assise prolongée et la sédentarité ;
• éviter la constipation qui aggrave la congestion pelvienne ; • une activité sexuelle régulière est un élément de prévention efficace ; • ne pas oublier les cures thermales : La Preste, Capvern.