Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
Cicatrice
Traitements complémentaires
• rétablir l’équilibre acide-base de l’organisme passe essentiellement par l’alimentation : réduction des aliments acidifiants (viandes, protéines, fromages, céréales) au profit des fruits et légumes alcalinisants. L’indice PRAL mesure le potentiel acidifiant ou alcalinisant des aliments, vous trouverez les tableaux sur Internet. Plus le chiffre est élevé, plus l’aliment est acidifiant pour l’organisme, et inversement plus il est bas, plus il est alcalinisant ;
• prendre également des compléments alimentaires à base de citrates, tous les jours pendant 2 ou 3 mois puis 3 fois par semaine sur de longs mois ; • réguler le métabolisme et la répartition du calcium par la prise de vitamine D et de vitamine K ; 2
• la serrapeptase, enzyme protéolytique isolée au départ dans la salive du ver à soie, est un anti-inflammatoire qui nettoie également les tissus fibreux. Prendre 200 000 unités 2 fois par jour sur plusieurs mois ; • le magnésium qui régule la solubilité du CCP est souvent utile ; 200 à 300 mg par jour.
CICATRICE
Après une plaie, une brûlure, un acte chirurgical, se met en place un processus complexe de cicatrisation du derme et de l’épiderme. La phase hémorragique et inflammatoire est suivie de la cicatrisation du derme (tissu de granulation) puis de l’épiderme (réépidermisation), et ensuite un remodelage par construction du collagène puis par fibrose de la cicatrice, ce qui peut prendre des mois. Le tissu cicatriciel n’est pas identique à celui qu’il remplace, et de qualité fonctionnelle inférieure. La cicatrice peut être atrophique, avec une dépression de la peau, ou hypertrophique dure, rouge, épaisse, parfois douloureuse. La qualité de ce processus va bien entendu dépendre de l’équilibre général de l’organisme, donc de l’état nutritionnel (vitamines, minéraux, oligo-éléments, enzymes), de l’équilibre neuroendocrinien, et en particulier de la qualité de la microcirculation cutanée qui amène les éléments nutritifs, l’oxygène, les facteurs de croissance. La cicatrisation peut être altérée à plusieurs niveaux de ses diverses étapes, traduisant alors un déséquilibre du terrain.
La première étape lors d’une plaie, d’une brûlure, est d’assurer une antisepsie afin d’éliminer toute surinfection. Pour cela, l’huile essentielle de lavande aspic, Lavendula latifolia ou spica, est anti-infectieuse, hémostatique, antalgique, cicatrisante, anti-inflammatoire. Appliquer localement quelques gouttes de lavande aspic pure ou mélangée à de l’huile végétale de calendula ou de millepertuis (anti-inflammatoire, antalgique), 2 ou 3 fois par jour. Si vous n’avez pas de lavande aspic, on peut employer la lavande vraie également.
L’huile essentielle de ciste ladanifère, Cistus ladaniferus, possède un grand pouvoir antihémorragique et cicatrisant. Elle est très utile pour stopper les petits saignements, soigner les petites coupures ou blessures et accélérer la cicatrisation. Appliquer localement 2 ou 3 fois par jour. L’Aloe vera est un cicatrisant très intéressant, réhydratant, antalgique, antiseptique. Il s’utilise en application de gel directement sur la cicatrice 3 fois par jour.
L’Aloe arborescens, beaucoup plus riche en principes actifs, possède des propriétés antibiotiques naturelles, assainit la plaie, active la microcirculation, stimule la régénération et le système immunitaire. Sa richesse en oligo-éléments et minéraux lui permet de reminéraliser l’organisme. Il se prend par voie interne, 2 ou 3 cuillères à soupe par jour. Le miel est un remarquable cicatrisant. C’est un antiseptique, il nettoie la plaie, élimine les déchets et les débris tissulaires. Il va faire cicatriser et assouplir la peau. On peut l’utiliser sur une plaie ouverte ou venant d’être recousue, ainsi que sur une plaie en voie de cicatrisation. Différents types de miel peuvent être utilisés, mais le miel de thym (bio) ou de lavande est à privilégier, grâce aux propriétés anti-infectieuses des plantes. Il faut l’utiliser pur, en appliquant une fine couche sur la plaie, et si elle est refermée, faire légèrement pénétrer au niveau de la cicatrice en réalisant un léger massage. Recouvrir d’un pansement, et renouveler tous les jours jusqu’à cicatrisation complète.
La Centella asiatica ou hydrocotyle, grande plante de la médecine ayurvédique, possède des propriétés reconnues sur la régénérescence des cellules, la réparation des tissus, la microcirculation. Elle augmente la synthèse du collagène dans les cellules de la peau, stimule l’angiogenèse. Elle peut s’utiliser en infusion (1 cuillère à soupe de feuilles dans ½ litre d’eau), à appliquer directement sur la plaie en compresses, ou à boire 2 ou 3 fois par jour. Elle se prend aussi en teinture mère (40 à 80 gouttes par jour) ou en gélules de plantes (2 à 4 par jour). Contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante.
Le souci des jardins, Calendula officinalis, est anti-inflammatoire, antibactérien, astringent, antihémorragique, antiœdémateux. Il est cicatrisant par stimulation de la synthèse du collagène. Il s’utilise essentiellement par voie externe, il est remarquable sur les plaies qui cicatrisent mal. On le trouve en pommade ou en crème en association avec une huile végétale de millepertuis ou Calophyllum, également en teinture mère. L’huile végétale de calendula peut être aussi utilisée en massage de la plaie ou de la cicatrice.
Le cumin noir ou nigelle, Nigella sativa, est immuno-stimulant, antiallergique, anti-inflammatoire, anti-infectieux. C’est un remarquable cicatrisant. Il s’utilise surtout en huile, soit localement, soit en capsules (2 à 4 capsules par jour jusqu’à cicatrisation complète). Ne pas oublier l’argile verte en applications locales, son action anti-infectieuse, anti-inflammatoire et antiœdémateuse permet une cicatrisation rapide.
• Les cicatrices hypertrophiques et les cicatrices chéloïdes sont liées à une hyperproduction de collagène qui s’accumule et déforme la cicatrice qui devient épaisse, boursoufflée, rouge, souvent douloureuse. L’utilisation des plantes citées plus haut permet d’éviter l’évolution vers la chéloïde mais en gemmothérapie deux bourgeons sont très utiles : Le macérat de bouleau verruqueux, Betula verrucosa, est spécifique du tissu conjonctif. Il régule les altérations des tissus provoquées par des déséquilibres du métabolisme, c’est un anti-inflammatoire de la peau, et il trouve son indication dans les cicatrices hypertrophiques avec le macérat de noisetier, Corylus avellana, qui est le grand remède des états inflammatoires subaigus ou chroniques avec tendance à la sclérose. Cette action antisclérotique des tissus conjonctifs est utile pour lutter contre la formation des chéloïdes et la tendance à faire des cicatrices hypertrophiques. Les deux bourgeons se prennent à raison de 10 à 15 gouttes par jour, l’un le matin et l’autre le soir.