Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel
Algodystrophie
L’algoneurodystrophie ou algodystrophie est une affection décourageante pour la médecine, et surtout pour le patient atteint, car très difficile à soigner.
C’est un syndrome associant des douleurs articulaires, des troubles vasomoteurs et une déminéralisation localisée, ainsi qu’un enraidissement articulaire survenant le plus souvent après un traumatisme, souvent banal, mais fréquemment après une intervention chirurgicale, surtout sur les extrémités des membres.
Il est décrit une phase initiale chaude, avec inflammation et troubles vasomoteurs, œdème, puis une phase froide, avec fibrose et sclérose, et enraidissement articulaire.
Dans un deuxième temps, quelques semaines voire 1 à 2 mois après, apparaissent à la radiographie une déminéralisation locale et à la scintigraphie (plus précoce) une hyperfixation. L’algodystrophie peut toucher les deux membres, donnant au niveau du membre supérieur le syndrome épaule-main, ainsi que la capsulite qui bloque l’épaule, par rétraction capsuloligamentaire. Au niveau du membre inférieur, elle peut toucher le pied, le genou et la hanche. Il n’y a aucun parallélisme entre l’intensité du traumatisme et celle de l’algodystrophie.
Les autres causes sont plus rares (médicamenteuses, neurologiques, infarctus).
Les examens biologiques sont normaux, ce qui est toujours déroutant pour les médecins.
L’évolution est généralement favorable en 6 à 24 mois, mais dans 10 % des cas des séquelles importantes peuvent persister.
Selon la médecine classique, les mécanismes de l’algodystrophie sont méconnus, ce qui explique l’absence de traitement spécifique, il est alors seulement symptomatique et peu efficace : antalgiques, anti-inflammatoires, calcitonine, antiépileptiques, antidépresseurs, cortisone. Cette prise en charge est en grande partie responsable de la durée de cette affection, le malade guérissant quasiment tout seul, parfois au bout de très longs mois. En fait, le traumatisme provoque un dérèglement régional du système nerveux végétatif, essentiellement le système sympathique, entraînant une vasoconstriction locale, avec stase circulatoire et congestion, responsable de l’œdème et l’hyperhémie (accumulation de sang), de l’hypoxie (manque d’oxygène) ce qui entraîne ensuite la destruction osseuse locale. Et c’est là tout l’intérêt de la phytothérapie, car il est possible d’agir à de nombreux niveaux :
1. Lever la vasoconstriction locale en freinant le système sympathique, grâce à des plantes de régulation neurovégétative : HE Lavandula angustifolia, lavande officinale, également antalgique, anti-inflammatoire, cicatrisante, calmante.
HE de cyprès, Cupressus sempervirens, et HE de cajeput, Melaleuca cajuputii, pour leur puissante activité décongestionnante veineuse et antalgique.
Également HE d’helichryse italienne, Helicrysum italicum, et HE de gaulthérie, Gaultheria procumbens, superbes huiles essentielles anti-inflammatoires et antalgiques.
Faire préparer par la formule suivante :
HE Cupressus sempervirens, cyprès 1 ml ; HE Lavandula angustifolia, lavande officinale 1 ml ; HE Melaleuca cajuputii, cajeput 1 ml ; HV calendula 15 ml ;
HV millepertuis 15 ml ;
Mettre 3 à 4 gouttes localement 2 fois par jour. 2. Lever la congestion veineuse grâce à des plantes de drainage vasculaire comme :
– Le mélilot, Melitotus officinalis, aux multiples propriétés : améliore le
tonus veineux, lymphatique, capillaire, donc toute la microcirculation. Il
a une activité anti-inflammatoire, antiœdémateuse, antalgique, antispasmodique, régule le système alpha sympathique et les bouffées de chaleur que l’on peut retrouver dans cette pathologie. S’utilise en gélules de plantes, d’extraits secs, d’EPS, en teinture mère.
– Également le petit houx, Ruscus aculeatus, ou le macérat mère de
vigne, la vigne rouge, le marron d’Inde.
3. Calmer l’inflammation locale par des applications d’argile verte en utilisant de la pâte d’argile verte prête à l’emploi ou à préparer vous-même. À l’aide d’une spatule, appliquer en couches épaisses l’argile sur une compresse, replier aux quatre coins et appliquer sur la lésion, en recouvrant d’une compresse humide pour empêcher l’argile de sécher puis faire un bandage ou si possible envelopper avec du film plastique et laisser en place toute la nuit.
Utiliser des plantes anti-inflammatoires comme le macérat de cassis, 10 à 15 gouttes par jour, le curcuma sous forme de plante entière ou de curcumine.
4. Reminéraliser par des plantes comme :
– La prèle, Equisetum arvense, très riche en silice, élément essentiel du
tissu conjonctif, indispensable à la synthèse du collagène, également cicatrisante, antalgique et anti-inflammatoire. S’utilise en poudre de plante, en gélules de plantes séchées, en EPS, en teinture mère.
– L’ortie, Urtica dioica, dont les parties aériennes sont très riches en sels
minéraux, aux propriétés anti-inflammatoires, antalgique. S’utilise en teinture mère, en gélules de plantes, en EPS. À associer à la prêle.
Traitements complémentaires
– la kinésithérapie douce est indispensable et doit être poursuivie jusqu’à
la guérison ;
– prendre du magnésium en supplémentation (300 à 500 mg par jour) pour
lever les spasmes et diminuer l’anxiété ;
– associer des oligo-éléments comme le manganèse-cobalt, le phosphore à
prendre en alternance un jour sur deux ;
– prendre des antiœdémateux comme la bromelaïne extraite de l’ananas,
la serrapeptase tirée du ver à soie, également anti-inflammatoire ;