Phytothérapie - Le livre de référence pour se soigner au naturel

CANCER (Accompagnement du)

Les plantes médicinales ont largement leur place dans l’accompagnement des traitements anticancéreux, dans ce que l’on appelle les soins de support. Ceux-ci visent à atténuer les symptômes liés au cancer ou à ses traitements, à améliorer la qualité de vie et le confort du patient tout au long de son parcours. La phytothérapie, l’homéopathie, l’acupuncture, la nutrition, sont des approches complémentaires qui ne se substituent pas aux traitements classiques mais qui permettent indéniablement d’améliorer leur tolérance. De plus, ils permettent au patient de ne plus subir sa maladie mais de devenir un acteur de son traitement. Bien sûr, les plantes seules ne peuvent pas guérir un cancer, mais associées à une modification radicale de l’alimentation et de l’hygiène de vie, et au traitement cancérologique, elles apportent un plus considérable dans ce parcours du combattant qu’est le traitement du cancer.

Accompagnement de la chimiothérapie

L’organe essentiel à accompagner et à soutenir au cours des chimiothérapies est le foie car l’un de ses rôles essentiels est la détoxification, ce processus qui prend en charge toute molécule, soit produite par l’organisme lui-même comme les hormones, soit d’origine externe comme les médicaments, en les transformant en substance inactive qui sera éliminée. Les produits de chimiothérapie, extrêmement toxiques, agressent les cellules hépatiques qui ont ensuite du mal à éliminer ces molécules, qui de ce fait s’accumulent et augmentent ainsi les effets secondaires des traitements. Deux impératifs : il faut protéger la cellule hépatique et augmenter la détoxification en permettant ainsi d’éviter l’accumulation des toxiques, mais il ne faut pas augmenter trop rapidement leur élimination, ce qui pourrait diminuer l’efficacité des traitements.

• Le premier de ces objectifs est atteint par une plante reine : Le desmodium, Desmodium adscendens, qui est un hépatoprotecteur, il régénère les cellules hépatiques des dommages causés par les virus, mais aussi les médicaments, l’alcool, les chimiothérapies. Il normalise les transaminases, la bilirubine et n’a aucun effet sur la détoxification hépatique. La plante n’a aucun effet secondaire connu et ne présente aucune interaction médicamenteuse. Les parties utilisées sont la tige et les feuilles. Utiliser la décoction en priorité quand cela est possible : 6 à 10 grammes de plante sèche dans 1 litre d’eau, faire bouillir 15 minutes, et boire dans la journée. Autrement, privilégier les formes liquides, aqueuses ou hydroalcooliques, ou en EPS (1 ou 2 cuillères à café par jour), beaucoup plus concentrées. En gélules ou comprimés d’extrait sec, 2 ou 3 par jour. Éviter les formes en gélules de poudre, trop peu concentrées en principes actifs (il faut en prendre de grandes quantités). → À prendre deux fois par jour, à commencer la veille de chaque cure de chimiothérapie, et pendant 7 à 10 jours, mais on peut aussi le prendre en continu.

• Il faut ensuite passer à la deuxième étape : permettre au foie d’éliminer les médicaments sans gêner leur efficacité. Pour cela, ne commencer les plantes qu’au 7e ou 8e jour après la chimiothérapie. Le chardon-Marie, Cardus marianum, dont l’un des principes actifs les plus remarquables est la silymarine, responsable de l’effet hépatoprotecteur de la plante. La silymarine diminue les taux de transaminases, de gamma GT et de bilirubine, elle est aussi une grande plante qui active les phases de détoxification. On la trouve sous forme de teinture mère, extrait fluide, EPS (1 cuillère à café par jour), gélules de poudre ou d’extrait sec (2 fois par jour), sous forme de silymarine (2 comprimés 2 fois par jour). → À prendre deux fois par jour à partir du 7e jour après la chimio jusqu’à la veille de la prochaine chimio (en général espacées de 3 semaines). Il peut s’associer avec le desmodium selon la tolérance hépatique, ou avec une des deux autres plantes.

Le radis noir, Raphanus niger, favorise l’élimination de toutes les substances d’origine exogène, comme la pilule contraceptive, les psychotropes, les cancérogènes chimiques, la chimiothérapie. Il a également de puissants effets cholérétiques (qui stimulent la production de bile par le foie) et cholagogues (qui favorisent l’évacuation de la bile de la vésicule biliaire). Cela implique d’éviter son utilisation en cas de lithiase biliaire. Dans le doute, il est préférable d’utiliser la fumeterre. Il se prend en ampoules de jus (1 ou 2 ampoules par jour) ou en EPS (1 cuillère à café par jour), en gélules ou comprimés de poudre ou de plante ou d’extrait sec. La fumeterre, Fumaria officinalis, a une activité dite amphocholérétique, c’est-à-dire qu’elle augmente ou ralentit la production de bile par le foie en fonction des besoins. Elle est aussi hépatoprotectrice. On peut l’utiliser en infusion, en teinture mère, en gélules de poudre ou sous forme d’extrait sec, en EPS.

→ Ces plantes, chardon-Marie, radis noir ou fumeterre s’utilisent en association deux fois par jour à partir du 8e jour après le début de la chimiothérapie jusqu’à la veille de la prochaine cure. Le curcuma, Curcuma longa, possède de très nombreuses propriétés : hépatoprotecteur, stimule la détoxification hépatique, cholérétique et cholagogue, protège la muqueuse gastrique et intestinale, puissant antioxydant, anti-inflammatoire. De très nombreuses études ont montré l’intérêt du curcuma en cancérologie, aussi bien en prévention primaire que tertiaire et lors des chimiothérapies : la curcumine, un des principaux principes actifs, inhibe la prolifération des cellules tumorales, est antiangiogénique, sensibilise les cellules tumorales à la chimiothérapie. Le problème de l’utilisation du curcuma lors de la chimiothérapie est que s’il augmente l’efficacité de certaines molécules (comme le Taxol®), il peut diminuer l’efficacité d’autres produits (Endoxan®, Oncovin®). D’où la règle de ne pas utiliser le curcuma au moment de la cure de chimio, mais avant ou quelques jours après, comme les autres plantes de détoxification hépatique. Au départ associée à la pipérine pour augmenter son absorption intestinale, la curcumine est maintenant proposée avec de nombreuses solutions technologiques qui augmentent considérablement sa biodisponibilité. Mais le curcuma contient plus de 300 principes actifs, et plusieurs études ont montré que le curcuma entier est aussi efficace que la curcumine sur les cellules cancéreuses. Il ne faut pas oublier un des principes de la phytothérapie : la plante entière, le totum, est plus efficace que l’un de ses constituants. Vous pouvez utiliser la curcumine, mais ne pas négliger le curcuma entier. De très nombreux laboratoires proposent différents dosages de curcumine mais certains associent la curcumine avec des extraits de curcuma total.

→ Deux prises par jour à prendre idéalement 5 jours avant la cure de chimiothérapie, rien pendant la cure et ensuite une semaine à partir du 8e jour comme les autres plantes.

Un des effets secondaires les plus fréquents lors des chimiothérapies est la nausée. Le desmodium protège le foie et réduit de ce fait les nausées. Mais certains protocoles sont extrêmement émétisants et il est alors souhaitable d’utiliser le gingembre.

• La racine de gingembre possède de très nombreuses propriétés digestives : elle stimule les sécrétions salivaires et gastriques, améliore la digestion, diminue les ballonnements, est antispasmodique et antinauséeuse. → À utiliser sous forme d’extraits secs, 2 comprimés ou gélules 3 fois par jour, à commencer 2 jours avant la cure et jusqu’à 3 jours après. • On peut aussi utiliser des huiles essentielles. Faire la préparation suivante :

– HE Zingiber officinale, gingembre 1 ml ;

– HE Elettaria cardamomum, cardamome 1 ml ;

– HE Artemisia dracunculus, estragon 1 ml ;

– huile végétale de noisette qsp 20 ml ;

– utiliser 2 gouttes en massage des jugulaires et du poignet plusieurs fois

par jour. Commencer la veille de la chimiothérapie.

La toxicité hématologique est aussi un problème fréquent des chimiothérapies, entraînant la chute des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes.

• la propolis a une action stimulante sur la moelle osseuse, augmentant les globules blancs surtout. Elle a un effet de potentialisation de la chimiothérapie et inhibe la croissance des cellules cancéreuses. À prendre en gélules (2 gélules 2 ou 3 fois par jour selon le poids), la semaine après la chimio pendant 10 jours ;

• l’astragale, Astragalus mongholicus, améliore la lymphopénie, la neutropénie, la baisse des plaquettes et améliore la qualité de vie chez les cancéreux. On la trouve sous forme de comprimés ou de gélules de poudre ou d’extraits secs (2 ou 3 gélules par jour), en infusion (deux tasses par jour) ou en EPS (1 cuillère à café par jour). À prendre comme la propolis. • La gemmothérapie possède plusieurs macérats intéressants :

– les bourgeons de charme, Carpinus betulus, stimulent les plaquettes, les

jeunes pousses de yamaris, Tamarix gallica, les hématies et les plaquettes ;

– les bourgeons de noisetier, Corylus avellana, ont une action sur les

globules rouges ;

– les bourgeons de vigne, Vitis vinifera, stimulent eux les globules blancs. → Associer 2 bourgeons, selon les lignées atteintes, 10 à 15 gouttes par jour.

• La mucite est également très fréquente lors des chimiothérapies. Cette inflammation de la bouche se manifeste par des aphtes, un muguet, des ulcérations. Traitée habituellement par des bains de bouche au bicarbonate de soude, on peut lui adjoindre de la teinture mère de Phytolacca ou de calendula, 30 gouttes dans un verre d’eau. La préparation suivante aux huiles essentielles est très efficace :

– HE Cinnamomum camphora, ravintsara 2 ml ;

– HE Pelargonium asperum, géranium 2 ml ;

– HE Citrus limonum, citron 1 ml ;

– HE Salvia sclarea, sauge 2 ml ;

– solubilisant qsp 30 ml ;

– 20 gouttes à diluer dans un ½ verre d’eau en bain de bouche, 2 ou 3 fois

par jour après les repas.

• Les douleurs de neuropathie périphérique se voient avec certaines chimiothérapies, en particulier avec les sels de platine. Elles se traduisent par des fourmillements, des picotements, des brûlures, souvent très invalidants. Elles peuvent persister des mois.

Un champignon médicinal, Hericium erinaceus ou crinière de lion, stimule les mécanismes de régénérescence de la myéline et du tissu nerveux. Il doit être pris dès le début de la chimiothérapie et poursuivi tout le long. Il se trouve en gélules d’extrait, 2 gélules par jour.

Accompagnement de la radiothérapie

La radiodermite est l’effet secondaire le plus constant des radiothérapies, mais heureusement les huiles essentielles permettent de réduire considérablement cette brûlure.

• l’huile essentielle de niaouli, Melaleuca quinquenervia, est cicatrisante, régénérante, antalgique, et protège remarquablement des radiodermites ; • l’huile essentielle de lavande vraie, Lavandula angustifolia, dont on ne présente plus les qualités cicatrisantes et antalgiques, est le parfait complément.

Peu appréciées par les radiothérapeutes, elles sont pourtant sans risque si on les emploie bien.

• Faire la préparation suivante :

– HE Melaleuca quinquenervia, niaouli 1 ml ;

– HE Lanvandula angustifolia, lavande vraie 1 ml ;

– huile végétale de Calophyllum ou calendula qsp 125 ml. → Il faut étendre la préparation sur la zone traitée juste après l’irradiation, et le soir avant le coucher. Le matin, bien laver au savon pour enlever l’huile végétale, car il y aurait un risque de brûlure. Attention : le niaouli est œstrogénisant ainsi que la lavande vraie, à ne pas utiliser en cas de cancer hormonodépendant et remplacer par tea tree et lavande aspic.

• Le ginkgo biloba est une plante aux qualités multiples qui a toute sa place lors d’une radiothérapie. Elle stimule la microcirculation, favorise la cicatrisation et empêche le développement d’une fibrose post-radique. → À utiliser sous forme de gélules ou comprimés de plante ou d’extraits secs (2 ou 3 par jour), en teinture mère, en EPS (1 cuillère à café par jour), à prendre une fois par jour pendant toute la durée de la radiothérapie et pendant 1 à 2 mois après.

• L’Aloe vera sous forme de gel en application locale est remarquablement efficace sur toute forme de brûlure, coup de soleil et bien sûr la radiodermite. Ses propriétés cicatrisantes, antalgiques, ne sont plus à démontrer. Il est également possible de l’utiliser en bain de bouche pour cicatriser des muqueuses, après par exemple une radiothérapie pour cancer de la bouche.

Traitements complémentaires

• jeûne et chimiothérapie : un jeûne de 2 ou 3 jours peut être proposé au moment de la cure de chimiothérapie. Les études sont certes peu nombreuses, mais les résultats sont là : meilleure tolérance à la chimiothérapie, surtout sur la fatigue et le trouble digestif, et certainement meilleure efficacité des traitements. En effet, même si le mode d’action est encore à préciser, le jeûne protégerait les cellules saines car le manque de nutriments les met en mode « stress », protecteur, mais pas les cellules cancéreuses qui, elles, ont un besoin quasi exclusif de glucose et, en augmentant les mécanismes de captation, deviennent plus sensibles à l’action des molécules de chimiothérapie. Il n’y a aucun risque de pratiquer un jeûne de 2 ou 3 jours, d’autant qu’en général on n’a pas très faim lors des chimios ;