Gastronomie
Chapitre XI: Le Médoc
CHAPITRE XI
LE MÉDOC
POËME
I
Le pays de Médoc, c’est la verte oasis
Qui s’élève au milieu des landes de Gascogne ;
Elle a des bois épais et des étangs fleuris,
Et des nappes de vigne aux sentiers infinis,
Belles à réjouir le poëte et l’ivrogne.
Elle repose et tremble entre deux vastes eaux ;
L’Océan la dévore et le fleuve la berce ;
La Garonne l’endort au chant de ses roseaux ;
De son pied irrité la mer la bouleverse
Et change tous les jours les dunes en tombeaux.
Le Médoc est charmant : il réjouit la vue.
J’aime ses bourgs ombreux dans l’horizon noyés.
Ses brouillards du matin et ses bas-fonds rayés.
Ses pins toujours tremblants que traverse la nue,
Ses innombrables ceps qui croissent par milliers
Comme au pays normand font les petits pommiers.
L’âge d’or dans son sein a renoué la trame
Des anciens jours de paix, de labeur et de foi ;
Ses clochers ont des sons qui vont remuer l’âme ;
On y croit aux sorciers, on adore le roi.
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