Gastronomie
Le Dîner que Je Veux Faire
Avec toi je le ferai,
Sous la treille verte et claire,
Un des derniers jours de mai.
Je te sais Parisienne,
Nous n’irons pas loin d’ici :
Nous choisirons Louvecienne,
Sèvres ou Montmorency.
À l’auberge où se balance
Le lion tout en cheveux, Ou le cheval qui s’élance, Nous entrerons, si tu veux.
Nous aurons, ô ma charmante,
Alors même qu’elle bout,
La soupe épaisse et fumante,
Où la cuiller tient debout ;
Puis, le jambon de Mayence,
Aux magnifiques couleurs,
Sur l’assiette de faïence
Peinte de grossières fleurs.
Et l’omelette charnue,
Si jaune, qu’en ton erreur
Tu la croiras revenue,
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Pour toi, de chez le doreur.
Rien ne te paraîtra fade ;
Tout ira selon ton gré :
Tu sais que pour la salade
J’ai les soins d’un émigré.
Dieu sait les chansons de merle
Que ton gobelet tiendra !
Tu peux y jeter ta perle,
L’Argenteuil la dissoudra.
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