Précipice
Chapitre 4
– 4 –
« Trop de morts », ce sont ses mots…
Louise passa la porte du bureau sur les coups de midi. Violaine et Thierry étaient à pied d’œuvre devant leurs ordinateurs, et un calme parfait régnait dans la pièce.
– On entendrait voler une mouche ! lança-t-elle d’une voix forte.
Une longue série d’aboiements inattendus lui répondit et la fit sursauter.
– Mais qu’est-ce que…
Dressé sur ses pattes à côté du bureau de Violaine, le chien de Ducuing couvait Louise d’un œil inquiet. Avant même que cette dernière ouvre la bouche, Violaine se défendit :
– Qu’est-ce que tu voulais que j’en fasse ?! Je n’allais pas laisser ce pauvre animal seul dans une maison qu’il ne connaît pas. Déjà qu’il est à moitié traumatisé.
– Ce pauvre animal s’appelle Balto, figure-toi !
À l’évocation de son nom, le cocker jappa de contentement et s’approcha de Louise en remuant la queue.
– Eh oui, mon gros Balto ! l’accueillit-elle en s’accroupissant. Tu vas bientôt rentrer chez toi, hein ! Mais d’abord, tu vas nous laisser travailler, d’accord ?
En réponse, le chien lui lécha généreusement la main.
– Ah ! J’avais presque oublié pourquoi je préférais les chats !
Puis elle lui caressa le dos et intima :
– Allez, couché, Balto, couché !
Le chien retourna s’asseoir à côté de Violaine, pendant que Louise suspendait son anorak à la patère.
– Vous avez reçu le jeune Anthony ? demanda-t-elle.
– Oui. Sympa, ce garçon, d’ailleurs. Il est encore sous le choc… Sa mère nous a dit en aparté qu’il avait crié durant son sommeil.
– Tu m’étonnes : la vision de Ducuing saucissonnée dans sa baignoire, ça a dû être quelque chose ! Sans compter qu’il a sûrement réalisé après coup qu’il l’avait échappé belle !
Louise fit quelques pas et se planta devant la fenêtre.
– Pour sa déposition, aucun détail nouveau ?
– Aucun. Même récit qu’hier soir.
– Les photos ? Vous les avez envoyées à Olgado ?
– Oui. Ça pourra l’aider à cibler ses recherches. On les a examinées sous tous les angles et on a une image d’empreinte partielle laissée par l’agresseur dans l’entrée, expliqua Violaine en réactivant l’écran de son PC.
Louise s’approcha et scruta le cliché. Sur le carrelage, on distinguait nettement une partie de semelle ayant marché dans la terre et le sang.
– Pointure ?
– 40-43, d’après Olgado. Impossible d’être plus précis, l’empreinte est trop partielle et sans talon. Pour être formel sur la pointure, il faudrait identifier le modèle de la chaussure de manière à superposer notre empreinte aux différents gabarits de la marque.
– Mmm… On dirait des semelles de tennis.
– C’est le cas, a priori.
– Ça n’est pas une trace laissée par Anthony ?
– Non. On a vérifié. Quand il est venu, il avait les mêmes baskets qu’hier soir. Pas de correspondance.
– Et les chaussures de Ducuing ?
– Rien à voir, elle porte des Dr. Martens. Quant à ses pompes de rando, la semelle est différente.
– O.K. Bon point pour nous.
– C’est le moins qu’on puisse dire ! Et toi, ta rencontre avec la victime ?
Louise reprit sa place devant la fenêtre, dos appuyé contre le radiateur qui fonctionnait déjà.
– Voilà ce que je retiens : notre victime est assez routinière, entama-t-elle. Elle effectue la même promenade de santé, chaque jour, avec Balto.
– Wouf, wouf ! réagit immédiatement le cocker, en redressant la tête.
Louise leva les yeux au ciel et dut attendre que l’hilarité de ses collègues retombe pour reprendre :
– Elle est routinière, disais-je, et son agresseur a donc pu facilement planifier son coup. Je crois qu’il a choisi une attaque éclair pour que sa victime n’ait pas le temps de réagir. Le pot de fleurs cassé était une ruse pour la faire ressortir de chez elle. Il misait sur le fait qu’elle soit occupée à nettoyer les dégâts, accroupie ou penchée en avant, pour donner l’assaut.
– Sauf que, dans un corps-à-corps, un homme prend facilement le dessus sur une femme. Alors pourquoi cette mise en scène ?
– J’allais y venir ! J’ai fait un crochet chez Ducuing en sortant de l’hôpital, pour vérifier que mes souvenirs de la configuration des lieux étaient bons, et c’était le cas : l’espace devant l’entrée est totalement dégagé. Le seul endroit où l’homme a pu se cacher est un bosquet situé à une dizaine de mètres de la porte de la maison et face à la trajectoire qu’emprunte Ducuing quand elle boucle sa promenade. Il n’aurait donc pu l’approcher qu’au moment où elle lui tournait le dos, c’est-à-dire quand elle déverrouillait sa porte. Et il prenait alors le risque qu’elle le voie arriver et qu’elle ait le temps de se carapater chez elle.
– Certes, mais il aurait pu choisir de la surprendre à un endroit plus à couvert. Juste avant qu’elle sorte du bois, par exemple.
– Ce qui aurait impliqué pour lui de traîner un poids mort sur une distance assez longue. Et possiblement, l’intervention de Ba… du chien, se reprit-elle in extremis. Bref, pourquoi se compliquer la vie ?
– Bon, admettons que tu aies raison. Le type casse le pot de géraniums pour faire diversion : qu’est-ce qui lui garantit que Ducuing lui tournera le dos à un moment ou à un autre ?
Louise sourit et demanda d’un ton goguenard :
– Tu as déjà balayé des marches ?
– Tu as d’autres questions stupides ?
– Alors tu sais qu’il n’y a qu’une seule manière de le faire correctement : en se mettant face à l’escalier. Et dans le cas qui nous occupe, cela signifie face à la porte d’entrée et dos à la cour.
Violaine opina, les explications de sa cheffe se tenaient.
– En revanche, il y a une chose qui me turlupine, reprit Louise. Je suis persuadée que Ducuing me cache quelque chose. Elle affirme que l’inscription sur sa baignoire ne lui évoque rien. Mais j’ai bien vu la lueur de peur qui a traversé son regard quand j’ai énoncé « MPC/1 ».
– Pourquoi mentirait-elle ? s’enquit Thierry. Elle a manqué de mourir.
– Je me suis posé la même question. Elle a peut-être quelque chose à cacher. Ou bien elle cherche à protéger quelqu’un ? proposa Louise, en allant enfin s’asseoir. Thierry, qu’as-tu trouvé sur elle ?
Son subordonné attrapa une petite liasse de feuilles.
– Valériane Ducuing, née le 3 avril 1986, à Pau. Père : Edmond Ducuing, médecin généraliste, décédé il y a quatre ans d’un infarctus foudroyant. Il avait soixante-six ans. Mère : Marie-Claire Ducuing, née Roussel, soixante-dix ans, résidant à Artiguelouve, dans la maison de famille. Madame a exercé en pointillé la profession de kinésithérapeute en libéral. Très investie dans la politique, elle a été première adjointe au maire d’Artiguelouve de 1983 à 1989 et a notamment assuré les fonctions d’attachée parlementaire sous la députation de Labarrère de septembre 1984 à mars 1989. Elle a par la suite occupé des postes plus ou moins importants dans le tissu politique local. Elle est aujourd’hui à la retraite. Valériane a un frère aîné, Romain. Il a trente-neuf ans passés et travaille comme ingénieur aérospatial chez un sous-traitant d’Airbus, à Toulouse. Il est marié, père de trois enfants, et est installé à Cornebarrieu.
– Notre victime m’a dit qu’elle entretenait des liens « compliqués et distendus » avec sa famille, commenta Louise. Et d’après ce que j’ai compris, elle n’a prévenu personne de son hospitalisation. Elle rentrera chez elle cet après-midi, seule, et en taxi !
– Après une agression aussi brutale, c’est plutôt surprenant, fit Thierry.
– Oui, je trouve aussi. Mais Ducuing se définit elle-même comme une solitaire. Bien sûr, il faudra vérifier. Allez, vas-y, poursuis ton exposé.
– Valériane a fréquenté l’école primaire d’Artiguelouve, puis le collège public Simin-Palay à Lescar, avant d’intégrer le lycée privé Notre-Dame-de-la-Piété à Hendaye pour son année de seconde, en 2001. Elle n’y est restée qu’un an, elle a effectué sa première et sa terminale au lycée public Jacques-Monod à Lescar.
– Une explication à ce passage par Hendaye, dans le privé ?
– Pour le moment, non. Mais on peut se renseigner.
– O.K. Quoi d’autre ?
– Ducuing a obtenu son bac avec mention très bien. Elle a intégré la faculté de médecine à Bordeaux en 2004 et en est sortie diplômée dix ans plus tard avec une spécialisation en médecine légale. Étant donné le peu d’engouement que suscite cette branche, elle a immédiatement pu intégrer l’IML de Bordeaux où elle a travaillé de septembre 2014 à mi-mars 2020, moment de sa démission.
– « Trop de morts », ce sont ses mots… Et je peux vous garantir qu’elle semblait porter tout le poids du monde sur ses épaules quand elle m’a dit ça, rapporta Louise.
Les gendarmes échangèrent un regard perplexe.
– Après sa démission, reprit Thierry, elle s’est installée à Sarrouilles dans une maison de famille dont avait hérité son père et qui servait jusque-là de résidence secondaire. Depuis, elle n’a pas repris d’activité professionnelle.
– Je suppose que, sans travail, les options « logement » sont plutôt réduites, commenta Violaine, d’où son installation dans cette maison.
– Certes… Cependant, nous devons vérifier qu’elle n’a pas donné sa démission et quitté Bordeaux pour un motif caché.
Louise s’interrompit quelques secondes pour consulter son portable qui venait de vibrer, signalant l’arrivée d’un texto de Farid. La photo de son compagnon apparut sur l’écran : il souriait franchement, et l’éclat de joie dans ses yeux adoucissait ses traits burinés et cabossés par la vie. Louise lut le message et grimaça. Avec l’enquête qui s’ouvrait, elle avait complètement oublié cette histoire de fête programmée le soir même.
– Quel cadeau feriez-vous à un coach sportif, célibataire endurci et fier de l’être, pour son anniversaire ?
– Il fête combien ? demanda Violaine.
– Quarante-sept ans.
– Ah, oui, quand même ! Eh bien, s’il veut poursuivre sur le mode d’un célibat choisi, offre-lui un abonnement en institut de soins esthétiques.
– Hé, du calme, la jeunette ! réagit Louise. Pour rappel, mes cinquante-deux ans approchent à grands pas !
– Désolée, très chère, j’ai tendance à l’oublier. C’est que les années glissent sur toi, t’épargnant les outrages du temps, rétorqua Violaine d’un ton exagérément flatteur.
– C’est ça ! Mais mon dos, lui, ne se trompe pas, crois-moi !
– Pour en revenir à ton ami…
– Ce n’est pas mon ami, la coupa Louise. C’est l’entraîneur de Farid, nuance.
– Alors, pour quelle raison est-ce à toi de choisir le cadeau ? s’enquit Thierry.
Louise lança un regard désabusé à ses collègues.
– Je crois que nous effleurons là les étrangetés de la vie de couple… Le pire étant que je me suis portée volontaire toute seule !
Les gendarmes partirent d’un petit rire complice.
– Bien, trêve de plaisanterie, revenons à notre affaire ! Violaine, à toi.
– J’ai réussi à m’entretenir avec Hugues Cartier, le médecin de l’hôpital qui a effectué l’examen médico-légal de Valériane Ducuing. Les conclusions écrites nous parviendront sous peu, mais voilà les éléments principaux, fit-elle en lisant ses notes : à hauteur de la hanche gauche, Cartier a relevé un important hématome vraisemblablement consécutif à une chute. Il m’a également indiqué l’existence d’une entaille peu profonde de trois virgule deux centimètres de long sur la surface interne de l’avant-bras gauche, ayant nécessité quatre points de suture, ainsi que quelques petites coupures superficielles. Toutes ces blessures ont été produites par des débris de verre.
– La grosse coupure explique certainement les traces de sang présentes sur la scène de l’agression.
– Probablement. Cette entaille a provoqué une hémorragie assez importante, contenue ensuite grâce au mode opératoire de l’agresseur. Le médecin a relevé sur l’ensemble du corps et sur les faces externes des membres des contusions liées à la compression des chairs : de nombreux petits vaisseaux ont éclaté sous la pression. En tout cas, c’est cette compression générale du corps qui a considérablement ralenti la circulation sanguine et qui a donc diminué les pertes hémorragiques de l’avant-bras.
– O.K. Quoi d’autre ?
– Le médecin a également relevé, à l’arrière de l’épaule droite, une marque caractéristique d’une attaque par shocker : deux points de brûlure bien nets, là où les deux picots d’acier sont entrés en contact avec la peau.
– Oui, Ducuing m’en a parlé. Le choc électrique l’a rendue totalement incapable de se défendre. Ensuite, elle parle de trou noir.
– Par ailleurs, le légiste a relevé un hématome sur la cuisse droite, avec la marque d’une piqûre. Un échantillon de sang est parti au laboratoire de la scientifique pour analyses toxicologiques, mais Cartier pense qu’il s’agit…
– De kétamine ! coupa Louise.
– En effet. Tu tiens ça d’où ?
– De la victime elle-même ! N’oublie pas que Ducuing est légiste… Bon, quel délai pour le verdict du labo ?
– Il faut compter une bonne semaine. Malgré son caractère préoccupant, expliqua Violaine, l’affaire n’est pas prioritaire puisqu’il n’y a pas eu mort d’homme.
– Il n’y a donc plus qu’à attendre. En tout cas, l’ensemble de ces éléments corrobore les déclarations de Ducuing, énonça Louise. Le type lui saute dessus, l’électrise et l’endort avec une injection de K. Il immobilise le chien avec du ruban adhésif. De là, si l’on en croit les traces de sang, il traîne la victime jusqu’à son lit. Il la déshabille, l’enferme dans le sac de bondage, serre les sangles, lui place le bâillon dans la bouche, et la trimballe enfin jusqu’à la baignoire de la salle de bains. Pour finir, au moment où sa victime se réveille, il ouvre le robinet et la regarde se noyer.
– Cette histoire est dingue ! réagit Violaine. Qu’est-ce que ce type a dans la tête pour mettre en place un truc aussi tordu et aussi compliqué ?! Il existe des dizaines de manières beaucoup plus faciles d’assassiner quelqu’un !
– Justement. Si le tueur agit ainsi, c’est qu’il y met du sens, lui répondit Louise. Il est organisé et méthodique. Et c’est bien ce qui me fait peur.
– Tu redoutes un nouveau passage à l’acte ? demanda Violaine.
Louise laissa passer de longues secondes, hésitant à s’ouvrir si tôt à ses collègues. Finalement, elle se décida.
– Oui, c’est vrai… Ou bien ce type frappe au hasard, et un nouveau meurtre aura lieu, tôt ou tard, quelque part. Cette fois-là, il n’y aura peut-être pas un providentiel livreur de pizzas pour sauver la victime de ce taré. Ou bien notre homme n’a pas frappé au hasard, et…
– … Valériane Ducuing est en danger, déduisit Thierry.
La cheffe approuva gravement.
– Du coup, on s’y prend comment ?
– Si j’ai raison, la dimension psychologique risque de jouer un rôle important dans cette affaire, mais aucun de nous n’est profileur… Alors, pour l’heure, on se concentre sur l’ensemble des éléments matériels. Ce qui nous ramène au véhicule bleu métallisé, au bâillon et au fameux sac de bondage. Du nouveau là-dessus ?
– Concernant la voiture, des traces de pneus assez nettes ont été relevées sur le lieu de stationnement. Le moulage est parti pour analyse, nous devrions connaître la marque bientôt. Pour le sac, Olgado nous a envoyé des clichés, fit Violaine, en remuant sa souris. Regardez ça !
Louise et Thierry se rapprochèrent de l’écran. Le chef de la scientifique avait photographié le sac de bondage sous tous les angles. Pour plus de réalisme, il avait inséré un mannequin à l’intérieur. Fait d’une toile épaisse et solide, le sarcophage faisait penser à un sac de couchage, à part qu’il était plus étroit et qu’en guise de fermeture Éclair on avait une succession de sangles parallèles, espacées de dix centimètres, que l’on pouvait serrer grâce à des doubles boucles en acier positionnées en vis-à-vis. À l’extrémité, une capuche étroite se refermait autour de la tête du mannequin par un zip situé à l’arrière du crâne. Seul le centre du visage en plastique ressortait de l’orifice ovale, ne laissant voir que les yeux, le nez et la bouche.
– Maintenant, regardez bien ce cliché-ci, reprit Violaine. C’est le modèle du sac de bondage tel qu’il est vendu.
Elle fit ensuite défiler l’écran vers le bas, et une nouvelle photo apparut.
– Et là, c’est le sac utilisé pour immobiliser Ducuing.
– Il y a une différence, ici ! s’exclama Louise.
– Exactement !
Une sangle cousue au niveau du menton du capuchon était reliée à chaque épaule par une boucle de serrage et maintenait la tête fixe.
– L’agresseur a ajouté cette attache pour que sa victime ne puisse même pas tourner la tête, fit Violaine. Pourquoi, ça reste un mystère…
– Valériane Ducuing m’a parlé de son ressenti, rapporta Louise, d’un ton songeur. Elle a eu le sentiment d’être « emmurée vivante dans un corps-prison ». En la privant de toute capacité motrice, son agresseur voulait certainement la réduire à une sorte de légume… Ducuing a ajouté que le bâillon avait fini de l’emprisonner à l’intérieur d’elle-même : elle ne pouvait même pas crier. Elle est certaine que cela répond à une démarche volontaire et sadique de l’agresseur.
Un silence suivit. Tout comme Louise deux heures plus tôt, Violaine et Thierry examinaient cette hypothèse pour la première fois.
– Cela étant, je le redis, aucun de nous n’est profileur ! Donc on évite de se perdre en d’inutiles conjectures et on se concentre sur les aspects concrets : la rupture de parcours professionnel de la légiste et son déménagement dans le 65. Ducuing a-t-elle pu fuir quelqu’un ou quelque chose ? L’entourage et les relations de cette femme, réelles ou virtuelles, via les réseaux sociaux. Le sigle « MPC/1 » : à qui ou à quoi cela fait-il référence ?
La gendarme s’interrompit et jeta un œil à sa montre. Il était déjà 13 heures, et les premières investigations avaient largement débordé sur un week-end de repos.
– Dès lundi matin, relança Louise, j’entrerai les éléments en notre
possession dans le SALVAC3. Qui sait, au regard des caractéristiques du mode opératoire, il existe peut-être déjà des crimes similaires…
– Lundi ? Est-ce à dire que tu nous libères ?
– Chers amis, j’ai une fête ce soir et je me suis engagée à trouver un cadeau approprié pour un type que j’ai entrevu deux ou trois fois… Alors, oui, on en reste là jusqu’à lundi.
– Génial ! approuva Thierry. Madame est trop bonne.
– Ne te méprends pas, cher collègue, intervint Violaine d’un ton pince-sans-rire. Nous ne devons cette libéralité qu’aux improbables effets d’une récente vie de couple sur la tournure d’esprit de notre cheffe !
Louise secoua la tête, faussement mouchée, puis éclata d’un grand rire sincère.
– Puisque tu es d’humeur taquine, chère amie, tu apprécieras la réciproque : voici le numéro de Ducuing. Dès qu’elle sera rentrée chez elle, tu pourras lui ramener Balto, conclut-elle, tout sourire, tandis que le cocker recommençait à japper.
3. Système d’analyse des liens de la violence associée aux crimes : logiciel visant à cerner les crimes en série et leurs auteurs en établissant des liens entre les crimes.
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