Précipice
Chapitre 52
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On est tombés des nues !
Troisième appel consécutif. Les yeux toujours rivés sur le trafic bordelais, Louise plongea la main droite dans son sac, le fouilla à l’aveugle et réussit à trouver son portable. En un clin d’œil, elle découvrit que la succession d’appels venait de Léa. Puis un texto apparut sur l’écran : « URGENT ! Appelle-moi le plus vite possible ! » Elle avisa un hôtel B&B, une vingtaine de mètres plus loin, sur la rue Pelleport, et profita du parking de l’établissement pour appeler sa collègue qui répondit immédiatement :
– On a trouvé le coupable pour le meurtre de Schäffer ! Tu ne devineras jamais, ajouta-t-elle d’une voix médusée.
– Vas-y, je t’écoute.
– Joubert.
– Joubert ?
– Figure-toi qu’il était à Ibos à 18 h 02 samedi dernier, et qu’il en est reparti à 21 h 44. Un quart d’heure avant que le gendarme tarbais n’arrive pour surveiller la maison !
Sidérée, Louise mit quelques instants à réagir :
– Comment ça ? Tu en es certaine ?
– Absolument. En plus de sa Fiat Panda rouge, Roman Joubert est aussi le propriétaire d’une Clio IV, de couleur bleu métallisé. Ses plaques ont été enregistrées par une caméra de vidéosurveillance placée sur un terrain vague en bordure du chemin Brauhauban.
– Tu es sérieuse ?
– Le conseil municipal a fait placer quatre caméras, suite au dépôt répété d’ordures sur le terrain en question.
– Tu parles d’un coup de bol ! commenta Louise.
– C’est clair ! En visant les enregistrements de samedi dernier, Julien et moi avons rapidement repéré le véhicule bleu métallisé, ainsi que, une demi-heure plus tard, la bagnole de Schäffer. On a fait une recherche via le service des immat et le résultat est apparu. Propriétaire : Roman Joubert, domicilié au 17, allée des Coustères, 65200 Pouzac. On est tombés des nues !
Louise ferma les yeux. Totalement effarée, elle peinait à rassembler ses idées. Finalement, les yeux toujours clos, elle demanda :
– Les pneus ?
– On n’a pas encore vérifié, mais bordel, Louise, on a ses plaques ! La preuve directe qu’il était sur les lieux du crime samedi soir ! Tu réalises ?
– Euh… oui, enfin, non, pas encore, mais c’est en train de monter au cerveau.
– Contrairement à la situation avec Broca, reprit Léa, on a le temps de rassembler quelques éléments avant de procéder à la garde à vue de Joubert.
– Tu ne crains pas qu’il se débarrasse de preuves matérielles ?
– On le place sous surveillance discrète. C’est l’affaire de vingt-quatre heures, le temps que les résultats de toutes nos réquisitions tombent. On a demandé les relevés bancaires et les fadettes du portable et du fixe… De toute façon, depuis samedi, il a déjà pu faire disparaître des éléments compromettants, acheva-t-elle d’un ton fataliste.
– O.K. Bon, je suis tout près de l’IML. L’autopsie démarre dans vingt minutes, et je dois rencontrer Marc Pons, l’ancien assistant de Ducuing, juste après. Je ne serai pas à Bayonne avant 22-23 heures.
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