Précipice
Chapitre 48
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Broca peut fort bien avoir un complice
La journée avait été interminable et éprouvante. Après l’intervention du légiste et des TIC, puis la perquisition élargie à toute la demeure d’Ibos devenue scène de crime, les gendarmes se séparèrent. Pendant que Léa s’entretenait avec les parents Broca, Louise et Julien profitèrent d’être dans le Tarbais pour se rendre chez Ducuing. Le débriefing d’équipe était fixé à la caserne aux alentours de 22 heures.
À la sortie de Sarrouilles, les gendarmes empruntèrent la petite route sinueuse qui grimpait vers les bois. Dans le pinceau des phares, les arbres et l’épaisse végétation défilaient, se découpant furtivement en un magma inquiétant et insondable. Parvenus au petit embranchement qui menait jusqu’à la fermette, l’étau végétal se resserra encore autour de la voiture, effaçant la voûte céleste. Puis la trouée où nichait la maison apparut enfin, et Louise activa quelques secondes le gyrophare pour se signaler, avant d’aller se garer juste à côté du véhicule en faction. Le brigadier en sortit et se dirigea vers eux, la mine curieuse. Louise le reconnut, c’était celui avec qui elle avait échangé l’avant-veille, lors de son passage avec Léa.
– Bonsoir, brigadier. Est-ce que tout va bien ?
– Oui, oui. Rien de nouveau, major.
Louise tourna rapidement la tête vers la maison. La lumière du salon était allumée et Ducuing, certainement alertée par l’éclat du gyrophare, apparut derrière la fenêtre.
– Étiez-vous de surveillance hier ?
– Oui. J’ai assuré vendredi, samedi et aujourd’hui, de 9 heures à 21 heures.
– Pouvez-vous me faire un rapport sur la journée d’hier ?
– Attendez, fit-il en se dirigeant vers son véhicule.
Il revint avec un carnet, l’ouvrit et lut :
– Prise de poste à 9 heures. Mme Ducuing est sortie faire jouer son chien de 10 heures à midi. Puis elle est rentrée chez elle. À 14 heures, elle m’a proposé un café. Ensuite, elle a sorti une petite commode ici, dans la cour, fit-il en désignant une direction sur sa gauche, et elle l’a poncée, nettoyée et vernie. Elle a terminé vers 17 heures. Elle est ensuite retournée à l’intérieur, il commençait à faire vraiment froid. Vers 19 heures, elle est sortie pour m’informer qu’elle venait de commander de la nourriture chinoise et qu’un livreur arriverait donc vers 19 h 45. Un scooter s’est effectivement présenté un peu avant 20 heures. Mme Ducuing est sortie pour récupérer son repas et payer le livreur. Et je l’ai revue une dernière fois à 20 h 55, quand elle est allée jeter les emballages à la poubelle. Ensuite, j’ai passé le relais au brigadier Vincent qui assurait la surveillance de nuit.
– O.K., approuva Louise. Donc, aucun rôdeur ? Rien de suspect ?
– Non, major. Je n’ai vraiment rien remarqué, fit-il d’un ton légèrement craintif. Voulez-vous un rapport de la journée d’aujourd’hui ?
– Il y a eu quelque chose de spécial ?
– Non, non. C’était juste au cas où.
– Alors, c’est bon pour nous. Merci, brigadier.
L’homme claqua les talons et retourna dans son véhicule. Keller et Caumont se dirigèrent vers l’entrée de la maison, et la légiste ouvrit avant qu’ils aient le temps de frapper. Balto, à ses pieds, frétilla en voyant Louise.
– Que se passe-t-il ? s’enquit immédiatement Ducuing, sans cacher son inquiétude.
– Nous pouvons entrer ?
La jeune femme leur adressa un signe de tête nerveux et s’écarta. Quand ils furent installés dans la salle à manger, Louise entra dans le vif du sujet :
– David Schäffer, ça vous dit quelque chose ?
La légiste se raidit, mais elle fit non de la tête. Puis, d’une voix sourde, elle osa :
– Est-ce qu’il y a une nouvelle victime ?
– Oui. Et, pour être honnêtes avec vous, nous avons la vive impression que vous dissimulez certains éléments.
– Pardon ?
– David Schäffer fréquentait Notre-Dame-de-la-Piété en 2001-2002. Il était un très bon ami d’Ayed. Vous l’ignoriez ?
– Oui, répondit Ducuing du bout des lèvres, en baissant les yeux.
Keller se racla la gorge et poursuivit :
– Madame Ducuing, regardez-moi, s’il vous plaît.
La légiste ramena nerveusement une de ses mèches aile de corbeau derrière son oreille, révélant la série de piercings têtes de mort qui couronnaient son cartilage, et leva son regard vers le gendarme.
– J’ai rencontré M. Schäffer, ce mercredi. Il a affirmé ne pas vous connaître et ne rien savoir sur un lien éventuel entre Magyd Ayed et vous… Aujourd’hui, il est mort, assassiné, de la même manière qu’Ayed, de la même manière que vous-même auriez pu mourir. Alors, avant de poursuivre, réfléchissez bien à toutes les conséquences que pourraient entraîner des mensonges, je vous prie.
Le regard de la femme s’assombrit, et elle se mordilla nerveusement la lèvre.
– Qu’est-ce qui vous unissait aux défunts ? relança Louise. Ces deux victimes entretenaient-elles, comme vous, une relation avec Clara Joubert ?
Un lourd silence s’ensuivit. Ducuing fixait désormais la table, les mains serrées. Les secondes s’égrenèrent. Puis la légiste s’essuya les yeux et releva la tête.
– Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Julien laissa échapper un soupir consterné.
– Si vous nous mentez, nous finirons par le découvrir.
– Le tag « MPC » a été tracé sur la voiture saccagée de M. Chaban, l’ancien préparateur physique, enchaîna Louise. Cette signature remonte donc à l’année scolaire 2001-2002 à Notre-Dame ! Si vous savez quoi que ce soit là-dessus, il est temps de le dire !
La légiste tressaillit, mais conserva le silence.
– À l’heure où nous parlons, un dangereux tueur est en liberté. Puisque vous craignez pour votre sécurité, pourquoi ne pas nous aider à y voir plus clair ?
– Je vous jure que je n’ai aucune idée de l’identité de cet assassin ! réagit Ducuing en se mettant à pleurer.
– Mais vous pouvez nous dire si, oui ou non, vous avez fréquenté Ayed et Schäffer.
– Je n’arrête pas de vous dire que non, mais vous ne voulez pas l’entendre ! protesta la légiste.
– Soit. Et entre Ayed, Schäffer et Clara Joubert, existait-il un lien ?
Ducuing secoua la tête, sans dissimuler sa lassitude. Louise et Julien échangèrent un regard soucieux. Impossible de savoir si cette femme leur mentait. Pour l’heure, ni le père de Clara Joubert, ni Schäffer, ni Ducuing, ni l’ancienne CPE n’avaient établi de connexion entre tous les protagonistes connus de l’affaire. Les seuls faits avérés étaient que Clara Joubert et Valériane Ducuing avaient été amies et que la jeune Clara avait disparu.
– Clara ou vous-même possédiez un caméscope ? relança Julien en changeant son fusil d’épaule.
– Non. Pas mal d’élèves en avaient, mais pas nous, renifla Ducuing.
– Est-ce que la mention à une « vidéo 36 » vous dit quelque chose ?
– Vidéo 36 ? Désolée, je ne sais pas du tout à quoi vous faites référence.
Frustrés, les gendarmes laissèrent filer une poignée de secondes. L’enquête s’enlisait. Pire, elle régressait : Broca attendait en cellule, mais l’assassinat de Schäffer redistribuait toutes les cartes. Louise finit par tourner la tête vers Keller et lui adressa un petit signe désabusé pour signifier qu’elle n’avait plus de question.
– Nous allons partir, madame Ducuing, fit-elle en se levant. Dans l’hypothèse où vous seriez encore tentée de taire certains éléments, je vous enjoins fortement de bien réfléchir à notre échange et aux risques que vous courez… Le dispositif de surveillance ne pourra pas être maintenu ad vitam æternam, conclut-elle.
Elle vit la légiste se tendre. Une expression de peur traversa son visage.
– Vous n’avez aucun suspect en vue ? s’enquit-elle d’une voix blanche.
Louise hésita, puis décida d’enfoncer le clou :
– Nous en avions un… Mais, avec le meurtre de David Schäffer, nous ne sommes plus sûrs de rien.
*
* *
Il était plus de 21 h 30 quand Louise et Julien franchirent enfin les portes de la caserne Marracq. Installée dans leur bureau, Léa les attendait, affichant une mine maussade.
– J’ai commandé des pizzas pour le débriefing, fit-elle en désignant du menton deux cartons posés sur la grande table.
– Ça tombe bien, je meurs de faim, réagit Louise.
L’équipe prit place autour de la table, et Léa commença :
– Avant de débattre du sort de Broca, je vous fais un topo sur Laure et Bertrand Broca. Ce sera rapide. Les parents ont été très ébranlés par la funeste découverte du jour qui est venue s’ajouter à la GAV de leur fils. J’ai vraiment eu le sentiment qu’ils voulaient collaborer au mieux avec nous, mais ils ne m’ont pas appris grand-chose. Ils n’avaient pas remis les pieds à Ibos depuis plus d’un an. Ils continuent à payer l’abonnement téléphonique et Internet, puisqu’il arrive à leur fils de séjourner dans cette maison.
– Bah, ils ont l’air plein aux as ! intervint Keller, en mordant dans sa pizza. Tu as évoqué les Schäffer, Ayed et Ducuing ?
– Oui, répondit Léa. Mais ces noms ne leur disent rien. Un, ça remonte à vingt ans. Deux, je n’ai pas eu l’impression que les Broca s’étaient beaucoup intéressés à l’adolescence de leur fils.
– Ça corrobore ce que nous a raconté M. Joubert, commenta Louise.
– Bien évidemment, les Broca connaissaient Clara, mais je ne suis même pas certaine qu’ils aient mesuré les sentiments que leur fils lui portait. Pire, quand j’ai évoqué l’histoire de harcèlement à Notre-Dame, Laure Broca m’a regardée avec scepticisme. Elle s’est toujours refusée à donner trop d’importance à ces « petites vacheries adolescentes sans gravité » – ce sont ses mots. Pour madame et son mari, leur fils n’a jamais manifesté de véritable mal-être, et sa scolarité s’est déroulée sans accroc avec des résultats irréprochables et constants. Ils se sont donc contentés de me répéter en boucle que Thibault n’avait jamais fait d’histoires et qu’il n’était pas du genre à s’en prendre à qui que ce soit. Bref, circulez, y a rien à voir.
Un silence suivit, témoignant du dépit de l’équipe. Puis Léa relança :
– Passons au meurtre de Schäffer. Après examen préliminaire, le légiste date la mort à hier, samedi, entre 17 heures et 21 heures.
– Broca est donc hors de cause : peut-on rêver meilleur alibi qu’une garde à vue, hein ? s’agaça Julien.
– Tout doux, collègue. Cela prouve seulement que Broca n’a pas commis ce crime-là ! Mais ça ne l’innocente pas pour Ayed et Ducuing, tempéra Léa.
Louise acquiesça, malgré son sentiment persistant d’avancer en plein brouillard.
– Tu penses qu’il pourrait y avoir plusieurs tueurs, c’est ça ?
– Broca peut fort bien avoir un complice, en effet. Et, s’il savait que Schäffer allait être tué pendant que lui était en GAV, ça expliquerait la morgue avec laquelle il nous a répondu.
– Et le fait qu’il ait joué la montre en refusant de répondre à certaines questions, renchérit Julien.
– D’autant qu’il y a cette histoire de textos.
– Quelle histoire de textos ?
– Vous veniez de partir chez Ducuing, expliqua Léa. Les TIC m’ont informée qu’ils avaient parcouru le portable de Schäffer, retrouvé avec ses vêtements sur le lit de la chambre en sous-sol. En consultant son activité, il est apparu que notre victime a envoyé un SMS à son épouse vers 19 heures pour lui dire que son entraînement n’était pas fini et qu’il rentrerait vers 20 h 30. Puis on a un nouveau texto envoyé à 21 heures.
– 21 heures ? réagit Louise. Mais Schäffer était probablement mort à ce moment-là !
– Exactement. Et le message disait ceci : « Je suis chez un pote d’escalade à Ibos, ne m’attends pas. » Le texto a provoqué six appels de Denise Schäffer qui ont atterri sur la messagerie. Elle a laissé plusieurs messages vocaux, de plus en plus nerveux au fil de la soirée, en vain. Elle a rappelé ce matin dès 8 heures, carrément affolée, et s’est décidée à contacter le commissariat de Pau.
– Ce serait donc l’assassin qui aurait rédigé et envoyé le second message, déduisit Louise. Mais pourquoi ?
– Pour mettre la police sur la piste d’Ibos avant la fin de la GAV de Broca ! raisonna Léa. Et on en revient à mon hypothèse : Broca a un complice qui a agi pour le disculper.
Louise songea à la porte arrière de la maison d’Ibos qui avait été forcée, en plus de la vitre cassée du soupirail.
– Et ce complice serait entré par effraction. Donc il n’a pas les clefs ?
– Ou il veut nous le faire croire, rétorqua Léa. De manière à écarter la piste d’une complicité avec Broca.
– Dans ce cas, pourquoi assassiner Schäffer, justement dans la maison des parents de Broca ?
– J’y vois une belle provocation. Broca se fout de nous, voilà tout ! « Vous me soupçonnez ? Parfait, amusons-nous un peu ! Je vous offre un mort dans la maison de mes parents. Mais comme je me trouvais chez vous pendant le meurtre, je vous mets au défi de prouver ma culpabilité ! »
– Admettons, consentit Louise. Et quel serait le mobile de Broca ?
– Pour moi, cette histoire de vidéo où il apparaît nu constitue une piste, d’autant qu’il a refusé de s’exprimer sur ce point. Si cette humiliation passée était aussi insignifiante que sa mère veut bien le dire, pourquoi refuser de répondre à nos questions aujourd’hui ?
– Tout à fait, approuva Julien. D’ailleurs, n’oublions pas qu’Ayed a reçu un étrange courrier faisant mention d’une vidéo !
Louise hocha lentement la tête. Après tout, pourquoi pas ? Le raisonnement de ses collègues se tenait.
– O.K., admit-elle. Alors, revenons à Schäffer : que faisait-il, lui, dans cette foutue baraque ?
– Il a peut-être répondu présent à un rendez-vous, hasarda Julien. À l’instar d’Ayed avec son étrange courrier « vidéo 36 » ?
– Non. Les TIC ont relevé la présence de paillettes de verre sous les tennis et sur les vêtements de Schäffer, raisonna Louise. On peut en déduire que notre victime a cassé la vitre du soupirail pour entrer dans la maison. Ce n’est pas l’attitude de quelqu’un à qui on a fixé rendez-vous.
– Non, mais celle de quelqu’un qui voulait entrer dans cette maison coûte que coûte. Il cherchait quelque chose, valida Léa.
– Quelque chose que détenait Broca à Ibos, poursuivit Keller. Il entre par effraction et se fait surprendre par le complice de Broca. Celui-ci pare au plus pressé et assassine Schäffer sur place.
– C’est peu compatible avec les éléments de mise en scène qui nécessitent une préparation, intervint Louise : shocker, kétamine, combinaison de bondage, bombe noire.
– Tu as raison. Alors, il ne reste qu’une possibilité : le tueur attendait sa victime sur place, conclut Léa. Il savait qu’elle allait venir. Autrement dit, Schäffer est tombé dans un guet-apens.
– Dire que j’ai vu ce type il y a quatre jours ! s’agaça Keller. Et le voilà qui rejoint désormais la liste des victimes ! Du coup, question légitime : est-ce que Schäffer m’a menti ? Et pourquoi donc le faire au péril de sa vie ?! Idem pour Ducuing, d’ailleurs !
Léa et Louise échangèrent un regard furtif.
– Cette femme se fout de nous ! s’agaça Léa. Je ne sais pas à quoi elle joue, ni pourquoi, mais elle nous mène en bateau ! Je la revois, en larmes, supplier qu’on la protège !
– Justement, Garnier voulait lever le dispositif de surveillance dès ce soir, vu que nous avions Broca. Du coup, c’est suspendu pour le moment. Mais ça ne durera plus très longtemps, il a besoin des deux hommes affectés.
– Eh bien, Louise, je vais être totalement transparente avec toi, je m’en tamponne. Je ne vois pas pourquoi on s’acharne à vouloir protéger cette femme… Entre ses jérémiades et son refus de répondre, j’en suis même à me demander ce qu’elle cache !
– Tu la penses impliquée ?
– Je n’aurais pas été jusque-là, mais à bien y réfléchir, pourquoi pas ? Avec une aide extérieure, elle aurait très bien pu simuler son agression, non ?
– Ça m’a effleuré l’esprit, figure-toi, consentit Louise. Mais je me demande bien ce que ça lui rapporterait. À part se retrouver en première ligne face à nous…
– Et, en plus, pour hier soir, intervint Keller, la surveillance la met totalement hors de cause. Bon, et si nous revenions à ce qui urge ? L’analyse du matériel informatique perquisitionné à Ibos est en cours, mais sauf miracle, on n’aura rien avant demain. Donc, on fait quoi de Broca ?
– Tu as raison, l’horloge tourne. Avec ce nouveau crime qui l’innocente, Broca sortira libre demain, à 10 h 26, fit Léa. Autant profiter des quelques heures qui nous restent pour interroger notre suspect sur le macchabée retrouvé dans une maison qu’il est le seul à fréquenter.
Keller approuva d’un hochement de tête, et Badenco conclut :
– Pour demain, on se répartit comment ? Il y a tout le travail de terrain avec l’enquête de voisinage à Ibos, recherche de caméras de vidéosurveillance à proximité et, bien évidemment, rencontre avec Denise Schäffer à Pau. D’un autre côté, il y a également l’examen des éléments saisis pendant la perquise d’Ibos, et aussi l’autopsie à Bordeaux.
– Quelle heure, l’autopsie ?
– 17 heures.
– Je veux bien y aller, proposa Louise, et je viserai aussi les éléments saisis dans la maison d’Ibos.
Ses collègues lui lancèrent un regard aussi surpris que reconnaissant. L’enquête de terrain était toujours plus attrayante que la paperasserie et un examen médico-légal dont on connaissait par avance les conclusions.
– Validé, s’empressa de lui répondre Léa.
– J’essaierai également d’appeler Alexandre Schäffer. Il va forcément venir en France pour les obsèques de son frère, on pourra donc le rencontrer, conclut Louise.
– Sauf si on arrête le ou les coupables d’ici là ! lui retourna Léa. Allez, Julien, suis-moi, on retourne dans la fosse aux lions !
Louise regarda ses collègues s’éloigner et laissa échapper un soupir pour libérer la tension. De nouveau, les éléments se précipitaient, obligeant les gendarmes à réagir à l’urgence ! Stop, sa décision était prise : elle agirait désormais à sa manière… Et pour avoir les coudées franches le lendemain, elle allait s’attaquer dès maintenant aux documents saisis à Ibos. Tant pis, la nuit serait courte.
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