Les Gentils
Chapitre 60
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Elle danse.
En apesanteur, elle se cambre en arabesques filandreuses, sublimées par la lueur des phares. Nuit brumeuse, où les faisceaux attisent le pire à chaque feuille, chaque particule du clair-obscur organique. La couverture sur les épaules, je fume, embuant la vitre de mon appréhension. Concentré, cramponné au volant, au centre duquel la pin-up ne me quitte pas des yeux.
Autre taf’, et je balaie les moustiques, lorgne la boussole sur le tableau de bord, me tourne vers Founé. Deux heures qu’elle pionce, calée contre la portière, sa main-flingue relâchée. Sommeil agité ; elle n’arrête pas de frémir. Cauchemar ou culpabilité, peut-être le souvenir de ses compagnons d’armes. Elle souffre, et moi, j’observe le relief de sa petite poitrine à travers son marcel. Ses tétons conviés par la fraîcheur de la nuit. Sa gorge lézardée de mèches brunes. Son visage au noir ruisselant et ses lèvres charnues, balbutiant au son du moteur.
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