Les Gentils
Chapitre 66
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Rouler.
Quelque.
Rouler.
Chose.
Rouler.
S’est.
Rouler.
Brisé définitivement, et j’accélère, cramponné au volant. Founé. Toulouse, oh, Toulouse. Fonce et défonce la jungle, écrase les bêtes, les tox, les pédés, les bougnoules, les Ranucci dans l’enfer vert, et allez les Verts ! Et les roues qui tournent, tournent, tournent en spirale syncopée. 1-2. 3-4. 1-2. 3-4. 1-2. Me berce. 3-4. Transperce. 1-2. Vrille mon cerveau. 3-4. Jusqu’au cortex, où ça craque et geint à répétition. Orgie mécanique, lancinante, à la voix robotique…
« Trans ! Europe ! Express ! »
… qui corrompt la cabine avec ses synthés sinistres. Pin-up. Infiltre les pores de ma peau. Moustiques. Booste la machine. Ouais, mec, le meilleur album de Kraftwerk, j’te le fais à vingt balles. Version allemande ou internationale, c’est toi qui choisis, qui paies, paieras pour ce que tu lui as fait…
« Trans ! Europe ! Express ! »
… et le chaos se durcit, hypnotique, fait palpiter les boulons tout autour. Tempo claustro en stéréo. Yannick. Jonestown. « Reviens, je t’en supplie ! » Et le moteur en surchauffe, comme moi, homme-camion au beat toujours plus frénétique. Transe indus’ obsessionnelle…
« Trans ! Europe ! Express ! »
… qui s’envenime avec Metal on Metal, plus froid, plus glauque, plus vite, à en déboiser toute l’Amazonie. Les branches – pulvérisées. Les portières – martelées. Fracas, percus, grattements aliénants, et l’acier mord l’acier, la vie tue la vie dans le déchaînement des cris, des crissements des pneus me suppliant d’arrêter…
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