De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 5
Lisea
Je ne sais toujours pas la véritable raison de son attaque surprise près de la piscine, mais j’essaye d’occulter cet épisode pour continuer d’avancer. Les forces spéciales, bon dieu, c’est vrai qu’il a la carrure pour, mais je ne l’imagine pas pour autant tenir entre ses mains une arme lourde, prêt à tuer froidement des terroristes ou autres meurtriers.
Cet épisode de sa vie l’a marqué au plus profond de lui, ça se sent. Comment était-il avant de partir combattre ? Même sa fiancée n’a pas réussi à le retrouver, pourquoi moi, une inconnue y arriverais-je ? La perte de ses camarades est-elle la seule raison de son changement de personnalité ? Et pourquoi se sent-il si coupable ? Tant d’interrogations que je décide de laisser de côté pour le moment. Avec un peu de chance, sans que je ne lui demande, il me confiera peut-être d’autres éléments de réponse.
Une semaine est passée depuis ce jour et une sorte de routine s’est installée. Le matin, nous prenons le petit-déjeuner dans la cuisine puis nous nous baignons dans la piscine ou nous allons nous promener sur la plage, longeant l’océan, main dans la main.
L’après-midi, il arrive souvent que nous nous retrouvions dans la chambre pour une séance de sport coquin.
Mais tout a une fin, il a l’intention de retourner travailler. Il a plusieurs réunions de prévues cette semaine. Je me demande ce que je vais bien pouvoir faire pendant son absence.
Lorsque je lui pose la question ce matin-même, au moment où il fait son nœud de cravate, il me dévisage brusquement, me sondant de son regard pénétrant.
– Pourquoi voudrais-tu faire quelque chose ? Tu n’as pas assez d’activités dans cette maison ? Tu as la piscine, la plage privée, une bibliothèque remplie de livres.
Je fais la moue, mais je n’insiste pas pour le moment, il n’est pas encore prêt à me laisser mener ma vie à l’extérieur de cette cage dorée.
– C’était une simple suggestion N.J, je ne veux pas être un poids pour toi.
Il s’approche de moi et tire sur la couette qui recouvre mon corps nu. Il prend son temps pour regarder chaque parcelle de mon corps avant de soupirer.
– Tu es loin d’être un poids pour moi et je veux d’abord que tu reprennes quelques kilos. J’ai laissé des instructions à Maria pour qu’elle te fasse des gâteaux.
Il s’assoit sur le lit et frôle mon ventre avec sa main avant de remonter vers mes seins.
– Je veux que tu prennes soin de toi et seulement après je verrai ce que je peux faire pour tes activités.
Sa main qui se promène sur mon corps m’électrise et des frissons me parcourent le corps entier. Je suis à sa merci et ça me plaît. Depuis l’épisode de la piscine, il est d’une douceur incroyable, tendre et gentil. Je le reconnais à peine. Il m’a dit qu’il voulait me réparer, mais lui aussi, il a encore un long chemin à parcourir pour trouver la paix.
Il enlève sa main et tire la couette pour me recouvrir avant de se lever.
– Dommage que je doive partir, c’est tentant de rester là et de te faire l’amour toute la matinée.
Je le regarde avec passion et me mords la lèvre en murmurant :
– Oui, vraiment dommage.
Il se tourne à regret et s’avance vers la porte. Il lance d’une voix rauque :
– Ce soir, lorsque je rentrerai, je te veux allongée dans ce lit, prête à me recevoir.
Il n’attend pas de réponse de ma part et sort rapidement.
Je ne sais même pas à quelle heure il compte revenir. Cela va être problématique pour lui obéir. Je ne vais pas passer l’après-midi allongée dans le lit pour être sûre d’être là lorsqu’il rentrera.
Je me lève d’un bond et m’habille rapidement d’un deux-pièces et d’un paréo avant de descendre le grand escalier pour rejoindre Maria. Seule la gouvernante peut me renseigner sur les habitudes de N.J concernant son travail.
Je souris en arrivant dans la cuisine et salue amicalement Maria qui est aux fourneaux, retournant des pancakes.
– Pas d’omelette aujourd’hui, Maria ?
Maria lève sa spatule et la secoue dans ma direction en affichant un air sévère :
– Monsieur Jensen m’a dit que je ne vous faisais pas assez grossir. Alors maintenant le matin, ce sera pancakes, gaufres ou crêpes selon vos préférences.
Je pousse un long soupir avant de toucher mes hanches minces.
– Je vais prendre dix kilos en une semaine si vous faites ça. Aujourd’hui, je veux bien vos fameux pancakes, car ils sentent très bons, mais demain un toast avec un peu de confiture me suffira amplement.
Maria grogne entre ses dents et j’entends qu’elle marmonne que Monsieur Jensen ne va pas être content du tout. Je la laisse pester et bois une gorgée de café chaud.
Après le petit-déjeuner, je ne déroge pas à mes habitudes et vais me baigner dans la majestueuse piscine. Après plusieurs longueurs, je sors de la piscine, heureuse de reprendre un peu le sport. La course à pied me manque et je compte bien y remédier dès cette après-midi, avant le retour de N.J.
Zut, à cause de ses sermons, j’ai oublié de demander à Maria vers quelle heure N.J risque de revenir du travail.
Je me sèche rapidement et fais le tour de la maison pour rejoindre la cuisine. Je ne trouve pas Maria, elle a certainement dû sortir faire les courses. Faudrait que j’aille avec elle dans la semaine, je pourrais en profiter pour récupérer mes papiers d’identité et quelques affaires chez Maddie. Elle doit sûrement s’inquiéter de ma disparition. Je sens l’angoisse monter en moi, je dois à tout prix la joindre le plus tôt possible. N.J et moi étions trop pris par nos ébats pour que je réfléchisse sérieusement à tout ça. Je n’ai pas de portable donc impossible de la contacter et puis je n’ai même pas son numéro.
Je tremble malgré moi et je me dirige vers la bibliothèque en quête d’un annuaire téléphonique. Mon regard tombe sur le secrétaire où un ordinateur portable est branché.
Mais bien sûr, je peux la contacter par mail. Pourquoi n’y ai-je pas pensé ?
J’ouvre l’ordinateur, l’allume et miracle, pas besoin de mot de passe. Soit N.J a oublié de le ranger ou bien, il me laisse libre d’accès dans toute la maison.
Je tape le mot de passe de ma boîte mail et des centaines de mails s’affichent. Je passe en revue les différents messages et soupire de soulagement, beaucoup sont des pubs. J’en trouve quand même une vingtaine de Maddie qui au fur et à mesure des mails, panique de ne pas me voir revenir. Elle pense même à la fin, que je suis partie loin cherchant mes parents biologiques. Quelle idée ! Je ne lui ai jamais parlé de mon envie de découvrir qui sont mes vrais parents.
Je rédige rapidement un mail en lui affirmant que je vais bien et que je compte venir récupérer mes affaires dans quelques jours. Je lui demande aussi son numéro de portable pour que je puisse la contacter.
Je l’envoie et ferme l’ordinateur comme si de rien n’était. Je ne sais pas si N.J sera content que je prenne contact avec mon amie, c’est vrai qu’il ne m’a jamais demandé si je souhaitais prévenir quelqu’un de ma présence chez lui.
J’entends des bruits de pas dans la maison alors je sors de la bibliothèque et lorsque je m’approche de la cuisine, je vois Maria en train de ranger les courses.