De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 55 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Lisea

– Puis-je la voir ? Je l’interroge. Je ne serai rassuré qu’en la voyant, saine et sauve.

– Bien sûr, mais seulement deux personnes au maximum. Elle risque de dormir un petit moment, ajoute le médecin en me faisant signe de le suivre.

Je me tourne vers Maddie pour l’enjoindre de venir et en esquissant un léger sourire tremblant, elle me suit.

****

Lisea

Une douleur sourde me fait grimacer, j’ai l’impression d’avoir le corps courbaturé et lorsque je sens la chaleur d’une main sur la mienne, j’ouvre les yeux.

Ma vue se trouble et je ferme les paupières un instant avant de retenter ma chance et lorsque je les ouvre à nouveau, je fronce immédiatement les sourcils, me demandant pourquoi ma chambre est toute blanche et sent le désinfectant. Puis, je me souviens brutalement et je porte ma main à mon ventre. Je la regarde, pensant voir du sang et je constate avec surprise qu’elle n’a rien dessus, pas une trace de sang.

Je lève la tête et je rencontre le regard de Nathan posé sur moi avec inquiétude. Ses yeux verts légèrement brillants me sondent un instant et j’aperçois son sourire franc, dévoilant ses dents parfaitement alignées et blanches. Je le fixe un moment sans réellement savoir ce que je fais là dans ces draps blancs. Je remarque que j’ai une perfusion à mon bras et je secoue la tête, en entendant à mes oreilles, les paroles rassurantes de mon mari.

– Là, tout va bien Lisea. Tu es en sécurité, je suis là ma douce.

Un éclair de panique surgit alors de nulle part et je commence à trembler et à claquer des dents. J’aimerais réussir à parler et lui dire que quelqu’un va s’en prendre à lui mais les mots restent bloqués dans ma gorge. Mon cœur s’emballe et le bip du moniteur à côté de moi se met à accélérer.

La main de Nathan se pose sur le haut de ma poitrine et je l’entends chuchoter :

– Chut, doucement, inspire profondément et expire. Allez ma puce, inspire et expire. Je suis là près de toi. Tout le monde est en sécurité. Inspire…

J’écoute ses paroles apaisantes et j’obéis à ses ordres en respirant doucement, ce qui semble fonctionner car le bip du moniteur ralentit. Je ferme les yeux un instant avant de les ouvrir à nouveau. Je me sens si fatiguée que j’ai l’impression que je pourrais dormir durant des semaines.

– Repose-toi ma douce, je reste à tes côtés.

Et comme pour lui obéir, je sens la nuit m’envahir et me laisse bercer par ses mots doux.

Lorsque je me réveille, je ne sais plus quel jour nous sommes. Le soleil traverse les persiennes à demi baissées et je cligne plusieurs fois des yeux, tellement je me sens aveuglée par la luminosité du soleil. Je me sens reposée et quand je tourne la tête, je n’ai pas mal. Je parcours alors mon corps à la recherche de pansements ou de douleur. Je touche mes bras puis ma poitrine avant de descendre sur mon ventre où je sens un pansement.

– Ne touche pas ma chérie, annonce la voix douce de Nathan qui vient d’entrer dans la chambre. Il est vêtu d’un simple jean et d’un t-shirt noir. Je le vois rarement habillé de cette façon, tellement habituée à le voir en costume trois pièces.

Je m’éclaircis la voix et lui demande :

– Quel jour nous sommes ?

Il s’assoit au bord de mon lit à ma gauche et me prend ma main où se tient la perfusion.

– Nous sommes le 22 octobre. Jeudi matin.

Sa main me caresse avec douceur comme pour m’apaiser ou peut-être en a-t-il besoin pour s’assurer que je suis bien vivante.

– Ça fait combien de temps que je suis ici ?

– Depuis mardi après-midi.

Je lève des yeux horrifiés et répète :

– Mardi ? J’ai dormi tout ce temps ?

Il hoche la tête et me demande :

– Te souviens-tu de ce qui s’est passé ?

Je me creuse les méninges, j’ai l’impression d’avoir la tête vide puis je vois du sang sur mes mains et je sursaute.

– Quelqu’un m’a blessée avec un couteau. Il m’a dit, il m’a dit quelque chose pour toi.

Je me concentre tandis que je sens que la main de Nathan qui se crispe sur la mienne, redoutant ce que je vais dire.

– Que t’a-t-il dit ?

Comme dans un cauchemar, j’entends sa voix comme s’il était à mon oreille à l’instant et je tremble de peur mais j’essaye de me concentrer sur les mots qu’il prononce.

– Il m’a dit que tu avais intérêt d’arrêter la production de tes gadgets. Puis en cadeau, pour être sûr que je te le répète, j’ai senti une brûlure intense me vriller le ventre. Je n’ai pas vraiment compris sur le moment sauf quand j’ai fini par regarder ma main qui était rouge de sang.

– Oh, ma chérie, tout ça est de ma faute, je pensais que nous n’étions plus en danger. J’aurais dû te laisser des gardes du corps pour aller en cours. J’ai baissé ma garde et voilà qu’on a essayé de te tuer.

La haine de Nathan envers mon agresseur est tellement palpable que j’essaye de le rassurer.

– Tu ne pouvais pas savoir. Nathan, je ne t’en veux pas. J’aurais dû le dire à Svet quand j’ai vu cet homme m’observer.

– Ça n’aurait jamais dû arriver et à partir de maintenant, rien ne sera plus pareil. Je vais prendre soin de toi Lisea. Je ne faillirai plus sur ta sécurité. Je te le promets ma chérie. Tu es trop importante à mes yeux, j’ai cru mourir lorsque j’ai su que tu avais été blessée. Je ne peux pas supporter qu’on s’en prenne à toi.

Je lui souris pour le remercier de prendre soin de moi et enserre mes doigts autour de son poignet. Sentir la chaleur de sa hanche contre moi me fait tant de bien que je murmure tout bas :

– Peux-tu me rendre un service ?

Les yeux de Nathan me transpercent et il assure d’une voix grave :

– N’importe lequel. Dis-moi ?

– Allonge-toi contre moi, j’ai besoin de toi.

Il semble si étonné qu’il met quelques secondes pour réagir. Ses yeux verts s’éclaircissent et l’ombre d’un sourire fend son visage le rendant encore plus beau. J’aime le voir sourire et si tendre.

– J’ai peur de te faire mal, chuchote-t-il.

– Tu me feras encore plus mal si tu ne viens pas contre moi. Prends-moi dans tes bras, j’ajoute, un sanglot au fond de la gorge.

Sans plus tergiverser, il fait le tour pour ne pas gêner ma perfusion et soulève le drap. Je me redresse en grimaçant et me blottis tout contre lui.

Sa chaleur m’enveloppe, mon corps se relâche complètement et je ferme les yeux, profitant de cet instant qui semble anodin mais qui est en ce moment, la meilleure chose au monde. Me sentant à l’abri du danger dans les bras de mon mari, je glisse dans un sommeil réparateur.