De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 63 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Chapitre 22

 

N.J

– Réveille-toi mon chéri, tout va bien, je suis là.

Je sens une main chaude sur mon torse recouvert d’une sueur froide. Le cauchemar semblait si réel que je ne peux m’empêcher de me blottir contre Lisea. Elle est chaude, le corps ensommeillé et je sens la tension de mon corps s’évanouir en prenant conscience qu’elle est saine et sauve entre mes bras. Ça fait si longtemps que je n’ai pas fait de cauchemar. Depuis que Lisea est entrée dans ma vie et que j’ai la responsabilité de prendre soin d’elle.

– Ça va mon amour ? Tu veux m’en parler ?

– Non, ça va déjà mieux et puis je ne m’en rappelle déjà plus.

– Ok, murmure simplement la voix de Lisea dans le noir.

Ses lèvres se posent sur mon torse et un frisson me saisit immédiatement. Le son de sa voix a le don de m’apaiser et lorsqu’elle se met à parler, je sens mon corps se détendre et me laisse porter par son histoire.

– Il était une fois, un homme, grand, beau, aux yeux verts qui sauve une jeune femme d’un avenir sombre, sans bonheur à venir. Ils tombent très vite amoureux de l’un de l’autre et se marient pour enfin combler ce vide au fond de leur cœur. L’amour qui les unit est si fort que rien ne peut plus les séparer. Ils partent en voyage de noces pour consolider leur couple. Ils se baignent dans l’océan bleu turquoise, font l’amour plusieurs fois par jour, leur but n’étant que de se donner du plaisir.

Mon sexe se tend en pensant à nos ébats sur la plage de sable fin ou encore dans l’eau turquoise, le soleil chaud illuminant le corps parfait de Lisea.

Je prends alors conscience que l’histoire que vient de me raconter Lisea m’a fait oublier mon cauchemar.

– Tu es incroyable Lisea. Je me demandais pourquoi tu me racontais cette histoire. Maintenant, je n’ai plus qu’en tête la vue de ton corps nu sous le soleil des Caraïbes, je ricane doucement en touchant ses fesses nues.

– Hum, je vois que ça fonctionne. Tu es beaucoup moins tendu. Ou plutôt, il n’en reste plus qu’une partie qui se trouve dans la région basse de ton corps, glousse-t-elle en prenant fermement mon membre entre ses mains.

– En effet, il ne reste plus que cette partie mais cela va être difficile de la détendre. Il faut que tu t’occupes de moi ma chérie.

– Oh, il n’y a aucun problème, je sais m’occuper des choses récalcitrantes.

Au moment où Lisea est sur le point de s’occuper de moi, mon portable posé sur la table de chevet se met à sonner. Je me détache de Lisea à regrets et vu l’heure qu’affiche mon réveil, cela ne présage pas de bonnes nouvelles.

Je réponds immédiatement, le cœur battant à toute allure dans ma poitrine. J’essaye de me préparer au pire mais je ne m’attendais pas à ça, vraiment pas.

– Svet ? Que se passe-t-il ?

– C’est ta mère. Elle a été transportée à l’hôpital.

Je me lève d’un bond et allume la lampe de chevet.

– Que s’est-il passé ?

– Depuis deux jours, une équipe de surveillance est stationnée près de chez tes parents pour pouvoir surveiller les déplacements de ton père et en même temps garder un œil sur ta mère. Après tout, elle vit avec un taré qui a essayé à deux reprises de s’en prendre à Lisea.

– Que lui est-il arrivé ?

Je sens Lisea près de moi qui écoute attentivement mes questions.

– Mes gars ont entendu une violente dispute éclater entre eux, il y a une heure de ça. Ils ont fini par pénétrer chez ton père et ont vu ta mère étendue à terre, le visage tuméfié. Nathan, elle est dans un sale état. Il ne l’a pas juste battue, il voulait la tuer.

– Mon dieu, où est-il à présent ?

– Ils ont appelé les flics. Ils l’ont embarqué.

– Merci Svet de m’avoir prévenu, je vais à l’hôpital.

– Je te rejoins chez toi. Je vous y emmènerai, je préfère assurer votre sécurité moi-même. C’est peut être un traquenard pour vous faire sortir de la maison.

– Très bien, on t’attend. On va se préparer.

Je raccroche et regarde Lisea qui est déjà en train d’enfiler un jean et un pull.

– C’est ma mère, j’explique à Lisea.

– Je sais, j’ai saisi quelques brides de votre conversation. Je suis désolée pour ta mère. J’espère qu’elle va bien !

– Nous en saurons plus lorsque nous y serons.

Je m’habille rapidement d’un jean et d’un polo noir avant de descendre avec Lisea pour attendre Svet.

Lorsque les médecins nous autorisent enfin à la voir, je marque un temps d’arrêt à l’entrée de sa chambre. Son visage est si méconnaissable que je doute un instant que ce soit bien ma mère. Elle est complètement emmitouflée dans des couvertures, reste seulement son visage recouvert de pansements.

Je m’approche d’elle et m’assois sur une chaise près de son lit tandis que Lisea reste en retrait derrière moi en soutien silencieux.

Son visage est gonflé et tuméfié. On ne voit que sa peau bleutée et sous les pansements, je devine les cicatrices à peine refermées. Je sais par les médecins, qu’elle présente de multiples contusions au visage mais aussi sur son corps. L’un de ses reins est même touché et est surveillé de près. Son bras droit est cassé, elle a des côtes fêlées. Et surtout, elle souffre d’un traumatisme crânien, ce qui inquiète les médecins. Elle est très vite tombée dans le coma après son arrivée aux urgences et les prochaines quarante-huit heures seront décisives. Son pronostic vital est engagé. Je reste longtemps près d’elle, prenant sa main pour la caresser légèrement, ayant peur de lui faire mal.