De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 11
« C’est l’amour qui sauve, c’est donc lui qu’il s’agit de sauver. »
André Comte-Sponville
****
Lisea
Je regarde la bague de fiançailles qui orne mon doigt et j’ai dû mal à réaliser ce qui s’est passé hier soir. Sa demande m’a tellement étonnée et ravie à la fois que je suis ce matin sur un petit nuage. Plus rien ne semble obscurcir mon avenir. Je suis fiancée, j’ai un toit au-dessus de ma tête et j’ai Maddie et Evie comme amies. La vie me semble plus douce et joyeuse qu’auparavant. Nathan m’aime et rien ne peut entraver ou empêcher notre amour de s’épanouir et perdurer dans le temps.
Allongée dans le lit, je paraisse dans les draps en louchant sur ma bague brillant de mille feux. Je pousse un soupir de bonheur et me tourne pour aspirer l’odeur de Nathan sur son oreiller. Je souris et bien qu’il soit déjà 8 heures, je ferme les yeux aspirant au repos après nos ébats de la soirée.
La sonnerie stridente de mon portable me réveille brusquement, je redresse la tête, et réponds d’une voix endormie :
– Allô ?
– Coucou ma belle, je ne te réveille pas ? demande Maddie d’une voix joyeuse comme à son habitude.
Je glisse un œil sur le radio réveil et j’écarquille les yeux en constatant qu’il est 10 heures.
– Non… enfin oui. J’ai eu une journée mouvementée hier et donc…
– Plutôt une nuit mouvementée, glousse-t-elle en me coupant la parole.
– Oui, si tu veux.
– Ça te dirait de venir cette après-midi ? J’ai la chance d’avoir une piscine de compétition ainsi qu’une belle plage privée que j’ai envie de partager avec toi, je continue en souriant.
Un cri de joie envahit l’écouteur et la réponse qui suit ne me surprend pas :
– Ah, trop cool, j’arrive à 14 heures. Tu m’envoies ton adresse par message ?
Je souris longtemps après avoir raccroché, heureuse de passer la journée avec Maddie et de lui annoncer la grande nouvelle.
Je me lève d’un bond et m’habille en vitesse. Je dois prévenir Maria que je reçois une amie et lui montrer ma nouvelle bague.
Lorsque je descends quelques minutes plus tard, je retrouve Maria en cuisine qui me demande de patienter un instant, le temps de cuire quelques pancakes. Au moment où elle se retourne pour me donner l’assiette fumante, ses yeux s’arrêtent instantanément sur ma main gauche.
Elle pose une main sur sa bouche et fait le tour du bar pour me prendre dans ses bras.
– Oh, c’est bien ce que je pense ?
– Oui, dis-je d’une voix tremblante, émue de voir Maria si heureuse.
– Je comprends mieux le sourire béat de Monsieur Jensen ce matin. Il ne m’a rien dit le chenapan. Je suis très heureuse pour vous deux.
Maria me prend d’autorité la main pour admirer la somptueuse bague, les larmes aux yeux.
– Cela a l’air de vous faire plaisir, Maria.
– Oh oui, depuis le temps que j’espérais que Monsieur Jensen se mette en couple et se marie. Vous êtes faits pour être ensemble, je l’ai senti dès votre arrivée dans cette maison. Vous êtes une jeune femme tellement charmante.
À mon tour, j’ai les yeux qui piquent et je la remercie gentiment.
Pendant que je mange, Maria me donne des idées de décoration ou de menu pour le mariage, je reste assez évasive sur le sujet ne sachant pas ce que Nathan prévoit. Je préfère voir avec lui tous les détails avant de demander de l’aide à Maria.
Au moment où je quitte la cuisine, Maria m’appelle et me glisse un papier plié en deux dans la main.
– Avec toutes ces bonnes nouvelles, j’ai oublié de vous donner le mot de Monsieur Jensen.
– Oh, merci Maria.
Je sors sur la terrasse qui surplombe la piscine avant de lire le mot :
« Rejoins-moi pour déjeuner en centre-ville à midi, je t’envoie mon chauffeur. Ton tout nouveau fiancé qui t’aime. »
Sur le siège arrière de la Mercedes, je vois défiler le paysage, tout en lissant la robe bleue que j’ai choisie avec soin pour déjeuner avec Nathan. J’ai attaché ma chevelure sur le côté pour libérer ma nuque et laisser l’air de la climatisation apaiser la chaleur environnante. Il fait une chaleur étouffante lorsque l’on s’éloigne de la mer et qu’on approche de la ville. Le nombre de voitures y circulant en est, en grande partie la faute.
Après une vingtaine de minutes de trajet, le chauffeur me dépose devant une imposante façade moderne où le nom du restaurant s’affiche en lettre d’or sur la vitrine.
Lorsque j’entre dans le hall, je suis accueillie par un serveur qui me guide en me souriant vers la table de Nathan.
À mon approche, il se lève et me dévisage avant de s’emparer de mes lèvres sans pudeur pour nos voisins de table. Il semble complètement affamé et je peux certifier que ce n’est pas une faim que peut combler ce restaurant raffiné.
– Comment va ma belle fiancée ? murmure-t-il d’une voix tendre.
– Très bien merci.
Je m’installe sur ma chaise et le serveur qui m’a installée s’approche déjà avec les menus. J’attends qu’il s’éloigne avant de commenter.
– Eh bien, quelle rapidité !
– C’est de ma faute, j’ai demandé à ce qu’on soit assez vite servis, nous avons rendez-vous ensuite.
Je fronce les sourcils et lui demande :
– Ah bon ? Tu aurais pu m’en parler, j’ai des projets cette après-midi.
C’est au tour de Nathan de froncer les sourcils.
– Tu tenais à me le dire à quel moment ? Entre le plat et le dessert ?
Je pousse un soupir, sentant poindre un léger agacement.
– Je peux te retourner les mêmes questions.
Le visage tendu de Nathan se décrispe et un lent sourire éclaire son visage, me faisant esquisser un sourire.
– Apparemment, nous ne sommes pas très doués pour communiquer. J’ai bien une idée pour nous remettre dans le droit chemin, mais le lieu ne semble pas très adéquat.
J’éclate de rire et tourne la tête vers mes voisins de table pour voir si je ne me suis pas trop laissé aller. Je suis rassurée en les voyant discuter entre eux sans s’occuper de nous.
– C’est bien vrai, nous avons encore quelques progrès à faire. Qui a dit que la vie n’est pas un long fleuve tranquille ? Notre couple n’échappe pas à cette règle.
Nathan sourit et ricane en affichant un air espiègle :
– Attention ma puce, ne cite pas le mot « règle », je suis assez rusé pour en inventer une sur le champ comme par exemple : « ma femme se doit de passer sous la table du restaurant avant le dessert ».
Je lui tape la main et secoue la tête en pouffant de rire.
– Alors là, tu n’as pas intérêt. Sinon, je vais devoir à mon tour, inventer de nouvelles règles.
Nathan penche sa tête légèrement sur le côté tout en me regardant, une lueur prédatrice dans les yeux.
– Lesquelles ?
Je réfléchis quelques instants et annonce d’une voix doucereuse :
– Mon mari se doit de lécher sa femme tous les mardis midi.
Au moment où je finis ma phrase, je tourne la tête et aperçois le serveur qui semble s’être matérialisé devant moi, une rougeur envahissant ses joues. D’une voix rauque et mal assurée, il annonce le plat du jour ainsi que le dessert. Je ferme les yeux, confuse avant de sentir le pied de Nathan contre mon mollet.
J’ouvre les yeux sur un Nathan qui, sourire aux lèvres me fait un clin d’œil des plus coquins même si le serveur est devant nous, ne tenant plus en place, se dandinant d’un pied sur l’autre.
– Deux menus du jour s’il vous plaît, avec de l’eau pétillante, annonce-t-il sans regarder le serveur qui déguerpit aussi vite que possible.
Je pose mes mains sur mon visage brûlant et parle dans un murmure :
– Mon dieu, quelle honte ! Nathan, fais-moi la promesse de ne plus m’inviter ici.
– Justement, Les flots de Francisco est à partir de maintenant élu mon restaurant préféré. Mes déjeuners d’affaires seront toujours mémorables grâce à toi, Boucle d’or.
– Boucle d’or ?
– Tes cheveux ainsi coiffés m’ont fait penser à Boucle d’or et en fiancé ingrat, je n’ai même pas complimenté ta tenue. Tu es magnifique ma chérie et à voir les regards de notre serveur, tu es même très appétissante. Tu crois que je devrais le faire virer ?