De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 93 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Svet

Je hoche la tête et les installe dans le salon tandis que je pars à la recherche de ma mère.

Je la retrouve dans la cuisine, discutant à voix basse avec Marisa qui semble dans un état d’extrême agitation.

– Que se passe-t-il ? Tu vas bien Marisa ?

Marisa lève la tête et ses yeux brillants de larmes me donnent la réponse. Elle-même est bouleversée par la nouvelle. Je m’avance vers elle et la prends dans mes bras. Je l’ai toujours connue et elle fait partie intégrante de la famille, c’est normal qu’elle soit triste de la mort de son patron qui a toujours été très gentil avec elle.

– Maman, Susan et Hugo viennent d’arriver. Veux-tu aller les accueillir, j’arrive avec Marisa pour servir le café.

Ma mère acquiesce et rejoint sa sœur au salon tandis que je reste seule avec Marisa.

– Ça va mieux Marisa ?

– Oui, Maddie, je suis désolée. C’était ton père et je ne devrais pas m’effondrer comme cela mais il était si bon avec moi comme avec tout le monde que je suis toute retournée.

– Je sais.

Je pousse un soupir puis je prends le plateau prêt sur le plan de travail et me dirige vers le salon où j’entends Susan qui demande si elle a besoin d’aide pour les formalités. Je ralentis et ferme les yeux un instant, voulant chasser les images d’un cercueil mais en vain. La journée va être longue et je n’ai plus qu’une hâte, quitter cette maison endeuillée et retrouver les bras réconfortants de Svet.

****

Svet

En attendant d’aller chercher Maddie, j’ai mis à profit ce laps de temps pour me stationner près de la maison d’Alessandro De Luca sur Pacific Heights. Je reste plus de deux heures sans que rien ne se passe puis la porte d’entrée finit par s’ouvrir et il sort, en costume cravate, le visage fermé avant de monter dans une berline qui vient de se stationner devant chez lui. Je mémorise à l’aide d’une paire de jumelles, l’immatriculation avant de mettre en route le moteur de l’Audi. Le doux ronronnement emplit l’habitacle et lorsque le véhicule quitte la chaussée, je laisse deux voitures se mettre entre nous avant de le suivre. La discrétion est le maître mot dans ce genre de surveillance. S’il ne se sait pas suivi, il vaquera à ses occupations et c’est là que je peux tomber sur des choses intéressantes.

La voiture de De Luca s’engage sur l’autoroute, je le suis à bonne distance et rien ne m’échappe même lorsque subitement, il prend une sortie et s’enfonce dans un quartier peu recommandable, je reste à distance, me doutant que je risque d’apprendre de nouvelles informations sur cet homme d’affaires trop parfait. Lorsque la voiture s’arrête non loin, je me gare sur le premier emplacement vide que je trouve et sors discrètement de la voiture en prenant soin de prendre l’appareil photo miniature que je prends toujours sur moi.

De Luca sort de la voiture et regarde autour de lui avant de s’avancer dans une ruelle, avec son chauffeur.

Je me cache derrière un container et commence à mitrailler la scène de clichés lorsqu’un gars se pointe par magie et se met à parler avec De Luca. Son interlocuteur lui tend une pochette noire mais de loin, je ne peux distinguer ce qu’elle peut contenir. De Luca lui tend à son tour une enveloppe. L’inconnu prend le temps de regarder à l’intérieur avant de sourire et de hocher la tête avant de disparaître aussi vite qu’il est apparu.

À mon tour, je disparais, ayant obtenu les clichés que je voulais puis au même moment, mon portable se met à vibrer. J’attends d’avoir rejoint la voiture pour répondre mais au moment où je réponds, la personne raccroche. Je remarque alors que j’ai eu cinq appels en absence venant tous de Maddie. Je fronce les sourcils et la rappelle immédiatement, inquiet qu’elle m’ait appelé autant de fois.

Je tombe sur son répondeur et je grommelle entre mes dents avant de mettre en route le moteur et de filer à toute allure en direction de la maison des parents de Maddie.

Lorsque j’arrive devant la maison, je sonne à la porte mais mon instinct me dit qu’elle n’est déjà plus là.

La porte s’ouvre sur Moira Spindler et je me présente :

– Bonsoir, Madame Spindler, nous nous sommes vus hier à l’hôpital mais avec ce qui s’est passé, je ne sais pas si vous me reconnaissez.

Les traits tirés, Moira répond :

– Oui bien sûr, je vous reconnais. Vous êtes Svet, vous semblez proche de ma fille. Je ne savais pas qu’elle fréquentait quelqu’un mais je suis contente de la savoir avec une personne qui peut prendre soin d’elle. Elle en a besoin en ce moment.

– Oui, je sais. Je… je tiens beaucoup à elle et justement je devais venir la chercher. Est-elle encore ici ?

– Non, Lisea vient de venir la chercher.

– Très bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Je vais aller la rejoindre. Prenez soin de vous.

Elle pousse un profond soupir puis acquiesce :

– Oui, je vais le faire. Bonne soirée à vous Svet.

Je la quitte et remonte en voiture avant de reprendre la route, en direction de la maison de Nathan, sachant pertinemment qu’elles seront là-bas.

Lorsque j’arrive chez Nathan, je suis accueilli par le maître des lieux en personne et d’un mouvement de tête, je lui demande où se trouve Maddie.

– Elles sont en train de se changer, elles veulent se baigner et ont demandé à Maria de préparer un pichet complet de Mojito, ce qui n’augure rien de bon pour nous.

Je fronce les sourcils, mécontent. Ce n’est pas une bonne idée de la laisser boire plus que de raison. L’alcool n’apaisera pas son chagrin, bien au contraire, le réveil n’en sera que plus difficile.

Je suis sur le point d’aller la rejoindre pour l’empêcher de faire n’importe quoi lorsque Nathan m’arrête en se plaçant devant moi.

– Laisse-la juste ce soir. J’ai déjà essayé de la raisonner et Lisea préfère la suivre dans son délire que de la laisser faire ça toute seule.

– Vous l’encouragez ?

– Non, mais je ne suis pas son mari et toi non plus. En tant qu’ami, je ne peux que lui déconseiller, je ne peux pas faire plus.

À ce moment-là, Maddie en bikini d’une blancheur éclatante contrastant avec sa peau mate, descend les marches de l’escalier suivi de Lisea habillée à l’identique.

Je croise le regard de Maddie et elle se crispe légèrement avant de passer devant moi sans me parler. Lisea me regarde puis hausse les épaules avant de la rejoindre dehors.

Nathan et moi restons alors plantés là puis nous nous approchons de la terrasse, restant tout de même à bonne distance des deux jeunes femmes pour leur laisser de l’espace sans pour autant les quitter du regard.

Je pousse un soupir quand j’aperçois le soleil se refléter sur le corps de Maddie.

– Bon sang, on dirait deux nymphes descendues du ciel, souffle Nathan.

Je confirme en hochant la tête sans pouvoir quitter du regard la femme qui fait battre mon cœur mais qui à cet instant, a besoin de s’évader à l’aide d’un pichet de mojito. Chacun surmonte à sa façon les malheurs qui surviennent dans sa vie et ce soir, Maddie a besoin de l’aide de sa meilleure amie.

– Alors, qui a gagné ?

Je détourne le regard de Maddie qui porte son verre à ses lèvres avant d’engloutir une grande gorgée de mojito.

Je reporte mon regard sur Nathan et l’interroge en fronçant les sourcils.