De feu et de glace - L'intégrale
Svet
– Je… je vais rentrer, dis-je avant de reculer.
Alessandro hoche la tête même si je sens qu’il aimerait avoir plus qu’un baiser. De mon côté, je ne sais plus où j’en suis. J’ai l’impression de trahir Svet et les yeux brillants de larmes amères, j’entre dans le hall sur un dernier signe en direction d’Alessandro qui sur le trottoir ne bouge plus.
Je rejoins mon appartement et allume la lumière de la cuisine pour rassurer Alessandro avant de regarder discrètement par la fenêtre. La voiture s’éloigne sur la route et j’attends que les feux arrières disparaissent avant de me laisser glisser au sol.
Les larmes coulent sur mes joues et je ne fais rien pour les endiguer, laissant mon esprit vagabonder, sans chercher à comprendre ce qui est bien ou pas. Dois-je m’en vouloir d’avoir embrassé Alessandro ce soir, un homme qui reste près de moi ? Si Svet ne s’était pas envolé du jour au lendemain, je ne me poserais certainement pas la question.
C’est la deuxième fois qu’il s’enfuit à cause de moi. Reviendra-t-il cette fois ?
****
Svet
Le corps rempli de douleurs, je me traîne hors de la maison, le Beretta à la main, ne voulant pas me laisser surprendre une nouvelle fois.
Franck me suit, la main plaquée contre son épaule où jaillit encore du sang. Le garrot sommaire que lui a posé Cole ne suffit pas à endiguer le sang.
– Ça va Svet ? me demande Cole en me jetant un rapide coup d’œil avant de reprendre sa surveillance.
Il est le seul à ne pas avoir été touché par la fusillade qui a pris fin à peine dix minutes auparavant. Il est apparu au moment où les hommes de Dominique Lachaise me mitraillaient derrière le bureau où je m’étais réfugié. Une balle puis deux se sont logées dans mon bras au moment où je ripostais et à présent je ne sens pratiquement plus mon bras droit. J’espère qu’aucun nerf ou ligament n’a été touché sérieusement sinon je ne pourrai plus m’en servir pour tenir mon arme et de la main gauche, je vise beaucoup moins bien malgré l’entraînement. Si un assaillant nous tire dessus, je ne serai d’aucune utilité.
– Oui, ça va aller si on se tire d’ici très vite. Le boulot a été fait, c’est le principal.
– Grâce à qui ? Allez dis-le, enchaîne Cole en ricanant en voyant ma mine s’assombrir.
– Va te faire, tu n’as fait que le boulot pour lequel je te paye.
– Enfoiré, répond-il avant de repartir en arrière avec Franck.
Je sais que c’est grâce à Cole si nous sommes encore debout à l’heure actuelle mais je ne lui avouerai pas. Il est déjà bien assez imbu de lui-même. Ces satanés jeunes, ils aiment se savoir indispensables et croient nous en apprendre mais Franck et moi étions en première ligne, là où le danger était le plus important.
Lachaise et ses hommes ont été surpris par les explosifs que Cole leur a envoyés et l’effet de surprise nous a permis à Franck et moi d’abattre Lachaise et les quelques hommes qui restaient.
Franck est un dur à cuire, je ne m’inquiète pas trop pour lui, il en a vu dans sa carrière et les blessures sont notre lot quotidien.
Je crois que c’est le moment de raccrocher avant que la chance ne tourne.
Il est temps pour moi de rentrer à San Francisco et d’ouvrir une nouvelle page en espérant que Maddie me pardonne une nouvelle fois.
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