De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 10
« On doit être blessé pour grandir, on doit perdre pour gagner car les plus importantes leçons de la vie, on les apprend à travers la douleur »
Inconnu.
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Maddie
Lorsque je me réveille le lendemain matin, je m’interroge durant quelques secondes sur le lieu où je me trouve. Je ne reconnais ni ma chambre ni celle de Svet puis l’image de mon père sur son lit d’hôpital m’envahit. Mon souffle devient court, je lutte contre la panique qui m’engloutit. Comment ai-je pu oublier une seule seconde que mon père n’est plus et que rien ne pourra jamais plus être pareil ?
Je me lève d’un bond et me précipite dans la salle de bains attenante à la chambre avant de m’écrouler sur le sol glacé.
Un sanglot me submerge et les larmes forcent le barrage de mes paupières avant de ruisseler sur mes joues froides.
Je pleure tant que lorsqu’une main se pose sur mon épaule, je sursaute. Je lève les yeux et Svet en profite pour me redresser sur mes deux jambes. Il me prend dans ses bras et me frotte le dos pour me réchauffer. J’appuie ma tête contre son torse écoutant les battements de son cœur, réguliers, apaisants, ce qui a pour effet de calmer mes pleurs.
Svet se baisse et attrape l’ourlet de la chemise de nuit prêtée par Lisea la veille au soir. Il enlève l’unique vêtement que je porte avant de me pousser en direction de la douche. Il me décale sur le côté et ouvre le jet pour faire chauffer l’eau avant d’enlever ses propres vêtements.
Je parcours son corps musclé, hypnotisée puis j’écarquille les yeux en voyant l’état de son visage.
Je pousse un cri et m’approche de lui pour poser avec douceur ma paume sur sa joue où un bleu s’étend.
– Que s’est-il passé Svet ?
Il semble hésiter puis esquisse un sourire avant de répondre :
– Un contentieux avec ma conscience. J’avais envie d’échanger avec quelques gars.
– D’échanger ? Plutôt de te faire amocher.
Il caresse mes hanches et colle sa prodigieuse érection contre moi avant de décréter :
– Si tu avais vu la tête de mon adversaire, tu ne dirais pas ça.
– Pourquoi as-tu fait ça ?
– J’en avais besoin. Hier soir, quelqu’un a mis certaines choses en évidence et j’ai ensuite éprouvé le besoin de me défouler sur quelque chose.
– Ou sur quelqu’un.
– Ne t’en fais pas, ils étaient consentants.
Je hausse un sourcil et lâche :
– Ils ?
– Assez parlé ma belle, prévient-il avant d’enfouir ses mains dans mes cheveux et de tirer dessus pour me faire basculer la tête en arrière. Il en profite alors pour prendre possession de mes lèvres. Il finit par me relâcher comme à regret et prendre ses distances.
Il s’empare du gel douche posé sur la tablette fixée au mur et entreprend de me laver minutieusement, ce qui malgré les circonstances me procure d’intenses sensations au creux des cuisses. Svet n’en profite pas et contient son excitation.
Lorsqu’il arrête de me savonner, il me glisse sous le jet d’eau chaude, je ferme les yeux puis les ouvre de nouveau en le regardant. Son œil droit est gonflé et un bleu s’étend de l’œil jusqu’au milieu de sa joue. Svet porte les stigmates d’un combat plutôt violent mais semble insensible à ses blessures. En même temps, vu l’état général de son corps, il en a vu d’autres et de bien pires. La blessure par balle à sa cuisse en est un exemple parmi tant d’autres.
– Merci.
– De rien, répond-il.
Je secoue la tête puis je continue en désignant son visage :
– Pour ça. Tu sais comment me changer les idées et grâce à toi, je n’ai pas pensé à…
– Je sais.
– Et puis pour ça aussi, dis-je en désignant son bas ventre. Je ne suis pas et ce ne serait pas…
– Ce ne serait pas convenable, c’est pour ça que je ne te toucherai plus.
– Plus du tout ?
Il s’approche de moi, son grand corps me recouvre et je l’entends tout contre mon oreille :
– Si, je te toucherai mais pas comme ça, pas maintenant.
J’acquiesce et profite de la chaleur réconfortante qu’il me fournit. Je sais que ma tristesse le pousse à se montrer gentil et prévenant mais je dois garder en tête que je reste sa partenaire. Je ne dois pas me laisser croire à un retournement de situation. Svet me soutiendra comme il le faudra pendant quelques jours ou quelques semaines, le temps que je fasse mon deuil puis il reprendra ses distances mais en attendant je profite et advienne que pourra.
Dans l’après-midi, Svet me dépose chez mes parents et me demande de l’appeler lorsque je souhaiterai repartir. Il préfère me laisser seule avec ma mère. Lorsqu’elle m’ouvre la porte, j’aperçois ses traits figés et je m’effondre dans ses bras. Nous pleurons sans discontinuer jusqu’à ce que nous ayons épuisé nos réserves lacrymales.
Ma mère se redresse puis s’écarte de moi et me propose une tasse de café.
J’acquiesce et pars m’installer dans le salon en attendant son retour. Assise dans le canapé, j’observe, émue, le fauteuil dans lequel mon père s’asseyait toujours et me remémore notre complicité père-fille et ces souvenirs m’apaisent.
La sonnette de la porte d’entrée retentit et je me lève pour aller ouvrir.
Susan, la sœur de ma mère se tient sur le perron accompagnée de mon cousin Hugo.
– Oh Maddie, je suis désolée pour ton père, s’écrie-t-elle en me prenant d’autorité dans ses bras. Sa ressemblance avec ma mère est tellement flagrante que j’ai toujours été assez proche d’elle. Elle n’a pas eu la même vie que ma mère. Mon oncle est mort lorsque j’étais toute petite et je l’ai donc très peu connu. Je sais juste qu’après sa mort, elle s’est retrouvé sans argent et a dû lutter pour s’en sortir. Mes parents l’ont aidée au maximum et lui a offert un poste au sein du siège de Spindler Banks puis Hugo après de brillantes études financées en partie par mes parents, a rejoint le siège devenant en quelques années le bras droit de mon père.
À présent que mon père est décédé, je ne sais pas qui va gérer et pour l’instant cette question est le cadet de mes soucis.
Hugo me prend à son tour dans ses bras lorsque Susan finit par me lâcher. Je n’ai jamais été très proche de lui, nous avons treize ans d’écart et petits nous n’avions alors pas les mêmes centres d’intérêts à part lorsque mon père nous emmenait pêcher dans sa cabane au bord de la rivière au Séquoia national park. Malgré cela, je sais qu’il adore mes parents et que la mort de mon père l’affecte énormément.
– Merci à vous deux d’être venus.
– C’est normal Madison. Vous avez besoin de notre soutien et qui mieux que des personnes de la famille pour le faire.