De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 84 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Svet

Le ton qu’il emploie sonne comme une promesse et lorsqu’il me salue et monte dans sa voiture, je retiens mon souffle, comme si j’avais peur qu’il change d’avis et qu’il ne m’emmène dans ma chambre pour prendre ce qu’il veut. La voiture s’éloigne enfin et je soupire de soulagement. Mon cœur bat à une vitesse folle et je ne peux m’empêcher de trembler comme si je venais d’échapper au pire. Je regarde la porte mais j’hésite. Je ne me sens pas plus en sécurité là-haut et soudain, les larmes envahissent mes paupières. J’ai peur. J’ai tout simplement peur de rentrer chez moi.

****

Svet

J’ai suivi Maddie toute la soirée et lorsque j’ai vu De Luca l’embrasser, je n’ai pu m’empêcher de serrer les poings. Maddie l’a repoussé et j’ai dû prendre sur moi pour ne pas me ruer sur lui et le défigurer. Ce type ne me revient vraiment pas et j’ai maintenant la preuve en image qu’il veut Maddie.

La question est « pourquoi ? ». Je n’aime pas les coïncidences et je sais que derrière la façade de parfait gentleman se cache un parfait salaud. Je le sais car dans le passé, j’en ai vu un sacré paquet et juste à le voir, je sais qu’il est loin d’être ce qu’il prétend et les jours prochains, je compte bien trouver la faille et dénicher tous ses vilains secrets. J’ai mis deux agents sur le coup, les sachant discrets et très pro pour ce genre de filature.

Je reporte mon attention sur Maddie qui est toujours appuyée contre la porte de chez elle. Elle ne semble pas vouloir rentrer. Que se passe-t-il ? Je suis trop loin pour voir ses traits alors je sors de la voiture et marche vers elle.

Les yeux de Maddie s’écarquillent lorsque j’arrive à sa hauteur, son regard semble perdu. Son corps tremble et instinctivement je place mes grandes mains de chaque côté de ses bras et les frictionne pour apaiser ses tremblements.

– Qu’est-ce qui se passe Maddie ? T’a-t-il fait du mal ?

Elle lève des yeux apeurés, des larmes perlant ses cils. Mon cœur fait un bond et je me demande bien ce qui lui arrive.

– Je… peux-tu m’accompagner jusqu’à mon appartement ?

Je fronce les sourcils et scrute son visage pour percer ses pensées.

– Dis-moi ce qui t’arrive Maddie, tu m’inquiètes.

Elle me regarde un moment puis sur un ton hésitant, elle déclare :

– Depuis hier, je ne me sens pas en sécurité. Tu vas certainement me prendre pour une folle mais j’ai l’impression que quelqu’un est venu chez moi pendant mon absence.

D’une voix sérieuse, je déclare :

– Je te crois.

Elle lâche un long soupir comme si le fait que je la croie la rassure et son corps se détend quelque peu.

– On va monter chez toi et je ne veux pas que tu parles. Je vais faire le tour et m’assurer que rien n’a été dérangé, Ok ?

– Ok.

Avant d’entrer dans l’étroit couloir, je vérifie dehors d’un œil expert les alentours puis je passe devant elle pour monter les marches menant à son appartement.

Maddie me tend ses clefs puis j’entre en lui désignant le fauteuil d’un signe de tête. Je vérifie sa porte à la recherche d’éventuelle trace d’effraction. Je ne trouve rien mais je sais qu’un professionnel est capable d’entrer sans laisser de trace donc je ne m’arrête pas à cela.

Je traverse silencieusement son appartement, je ne suis venu qu’une fois, le soir de la fête de Nathan mais je trouve facilement les différentes pièces.

Je ne trouve rien d’anormal dans la cuisine et la salle de bains puis j’entre dans sa chambre et fouille rapidement les lieux d’un mouvement circulaire à la recherche d’un élément. Je passe machinalement les mains sous son lit, sous sa lampe de chevet puis sous différents meubles. Rien n’est apparent dans la chambre non plus mais je ne baisse pas les bras.

Je suis sur le point de quitter la chambre lorsque je repère un objet de décoration ressemblant à une lanterne en haut de son armoire. Je suis grand alors je récupère facilement l’objet, j’aperçois sur l’un des croisillons, une aspérité qui me confirme qu’il s’agit d’un micro. Je le laisse en place mais le déconnecte sans difficulté. Si la personne qui l’a mis vérifie, il le mettra sur le compte d’une défaillance. Je ne veux pas qu’il sache que j’ai repéré son petit manège.

Je revérifie chaque pièce et je finis par le salon où Maddie est toujours assise, le regard dans le vague. Après avoir fouillé un long moment chaque objet, je finis par trouver un second micro sous sa table basse et celui-ci je le laisse en fonction pour ne pas éveiller les soupçons.

Je m’approche de Maddie et lui fait signe de me suivre en silence. Je récupère son sac à mains et nous sortons de l’appartement. D’autorité, je lui prends le bras et nous descendons l’escalier avant de sortir dans la nuit.

Je m’arrête devant son agence puis je murmure :

– Je vais t’expliquer dans la voiture mais hors de question que tu dormes ici cette nuit.

– Qu’as-tu découvert ?

– Viens, allons dans ma voiture.

Elle me suit sans discuter et semble rassurée que je lui impose de me suivre. Si je ne l’avais pas rejointe ce soir, combien de temps aurait-elle attendu avant de me parler de ses doutes et de ses peurs ?

La colère m’envahit et j’attends qu’elle s’installe sur le siège passager avant d’attaquer :

– Quand comptais-tu m’en parler au juste ?

Elle lève ses yeux brillants en fronçant les sourcils.

– De quoi parles-tu ?

Je frappe mon volant d’une main pour apaiser ma soudaine colère. Je ne me reconnais pas, je suis la plupart du temps, un homme très calme et réfléchi mais dès que ça touche Maddie, je m’énerve si vite que je me demande ce qu’elle m’a fait.

– Bon sang, Maddie. Tu me rends fou des fois. Tu as peur de rentrer chez toi et je me demande bien au bout de combien de temps tu me l’aurais dit si je n’étais pas venu ce soir. Je veux que tu promettes de tout me dire à la moindre alerte ou au moindre doute, j’ajoute d’une voix radoucie.

– D’accord. Où m’emmènes-tu ? Chez Lisea ?

– Non, pour ce soir, tu vas dormir chez moi. Demain j’expliquerai à Nathan ce que j’ai découvert chez toi.

Je démarre la voiture et d’un violent coup d’accélérateur, je prends la direction de ma nouvelle maison à dix minutes de là.

– Qu’as-tu découvert ?

Je jette un œil à Maddie qui regarde la route.

– Des micros. Tu as deux putains de micro chez toi.

Je sens son regard peser sur moi et le ton de sa voix devient effrayé lorsqu’elle s’écrie :

– Ce n’est pas possible, où étaient-ils ?

Je pousse un grognement avant d’avouer :

– Dans le salon et un autre dans ta… chambre.

Elle pose ses mains sur ses joues et commence à paniquer :

– Qui a bien pu faire ça ? Je vis une vie des plus normales. Je n’ai rien fait pour attirer un malade qui souhaite m’écouter et me surveiller. Svet, qui cela peut être ?

– Sûrement l’œuvre d’Alessandro De Luca. Il devient ton client et bizarrement, on retrouve des micros chez toi. Il doit y avoir une raison mais le plus difficile est de trouver laquelle. En attendant, hors de question que tu ailles chez toi toute seule.