De feu et de glace - L'intégrale

Adeline Alexandre · Chapitre 105 sur 126

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De feu et de glace - L'intégrale

Svet

– Tu veux venir avec nous Maddie ? m’interroge Lisea en me souriant.

– Ah non non, je vous laisse en amoureux. Profitez-en bien.

– On y compte bien, me répond Nathan en me faisant un clin d’œil avant de poser une main possessive sur la hanche de Lisea. Il faudra se faire un dîner à quatre un de ces soirs, ajoute-t-il en nous regardant toutes les deux.

– Ah oui, s’esclaffe Lisea.

– Ça serait avec plaisir Nathan. J’en parlerai avec Svet ce soir.

Lisea et Nathan finissent par sortir de l’agence main dans la main et je me retrouve seule. Je replonge dans le dossier du bal en continuant à noter des idées, il faudra que j’aille voir Gavin pour lui passer commande pour une trentaine de bouquets floraux qui ajouteront une note de gaieté.

Je suis tellement prise dans mes notes que je n’aperçois pas toute suite l’homme qui franchit le seuil de l’agence.

La sonnette de la porte finit par me faire lever les yeux vers le nouveau venu et l’étonnement de le voir ici fait très vite place à l’horreur lorsqu’il sort comme au ralenti, une arme à feu de sa veste.

D’une voix tremblante, je murmure :

– Hugo ?

****

Svet

Lorsqu’au bureau, Nathan m’a annoncé qu’il partait déjeuner avec Lisea, j’ai sauté sur l’occasion pour faire une surprise à Maddie.

Je me suis arrêté dans un restaurant chinois pour nous prendre des plats à emporter avant de reprendre la route en direction de l’agence des filles.

Arrivé à destination, je me gare à une vingtaine de mètres de Mad-Lise. Au moment où je regarde la vitrine à travers le pare-brise, une affreuse sensation me saisit. Dans mon métier, ce genre de sensation n’est pas à prendre à la légère. J’ai trop vu de choses dans le passé et sans réfléchir, je récupère mon arme sous mon siège puis sans quitter des yeux l’agence, je chambre mon Sig Sauer avant de sortir de la voiture.

Les agents qui protègent Lisea ne sont pas là, ce qui ne me rassure pas.

Je longe le mur, observant les alentours à l’affût d’une menace et lorsque j’arrive près de la vitrine, je balaye la pièce à la recherche de Maddie. Est-elle déjà partie déjeuner ?

Mon instinct ne me trompe jamais alors je m’approche de la porte et je pousse un grognement lorsque celle-ci s’ouvre sans problème.

Mon cœur se met à battre furieusement à l’idée qu’il est arrivé quelque chose à la jeune femme.

Son bureau est sens dessus dessous, Maddie a résisté comme elle le pouvait. Son sac à main est posé près de la chaise, je le fouille et trouve ce que je redoutais. Il aurait été facile de la tracer si elle avait eu son portable sur elle.

Mes sentiments pour elle ne m’aident pas à réfléchir comme je le ferais si rien n’était en jeu. Des images du passé me reviennent, mes parents et Alison morts dans la maison, baignant dans leur sang, leurs yeux grands ouverts, vides et effrayés. Je ferme les yeux un instant, refusant d’envisager le pire pour Maddie.

Je me ressaisis, chassant de mon esprit ces horribles images et j’appelle Nathan. Il est le seul en qui j’ai confiance. Il m’aidera à la retrouver. Il le faut, je n’envisage aucune autre option.

Quand celui-ci me répond, je prends une grande inspiration, la rage au ventre et déclare d’une voix trop calme :

– Il faut que tu viennes à l’agence immédiatement, Maddie a disparu.

– Bon sang Svet, j’arrive, répond-il d’une voix grave sans poser de question.

La rage m’aveugle et j’écrase mon poing contre le mur derrière moi. Je ne ressens aucune douleur, j’ai connu bien pire et mes pensées sont toutes dirigées vers la jeune femme. Qui est derrière tout ça ? Je pense à Alessandro mais j’en doute et puis je tilte. Il ne peut s’agir que d’Hugo.

J’appelle Brock et lorsqu’il décroche, je lâche :

– Essaye de localiser le portable du cousin de Maddie, Hugo Mather, c’est extrêmement urgent.

– Je te fais ça de suite, répond Brock et j’entends alors la fébrilité avec laquelle il tape sur les touches de son clavier.

– Ça va prendre un peu de temps, je te rappelle dès que je le localise. Qu’est-ce qui se passe Svet ?

Je pousse un grognement puis je m’entends déclarer :

– Maddie a été enlevée.

La réponse fuse immédiatement :

– Merde, je suis désolé.

Je le coupe alors et siffle d’une voix dure :

– Appelle-moi à la seconde où tu l’as.

Je raccroche sans attendre puis une dizaine de minutes plus tard qui me semblent les plus longues de ma vie, Brock me rappelle en même temps que Nathan entre dans l’agence, le visage sombre, Lisea sur les talons, qui elle, a les larmes aux yeux et la mine défaite.

– J’ai réussi à localiser le portable de Mather, il est chez lui, je t’envoie l’adresse de suite.

– Merci Brock.

Nathan s’approche alors et demande :

– Hugo ?

– Oui, je pense. J’ai demandé à Brock de le localiser, il est chez lui, enfin son portable y est.

Nathan hausse un sourcil.

– Tu crois qu’il est assez bête pour garder son portable avec lui ?

– Pour l’instant, nous n’avons que cette piste alors allons-y.

Nathan se tourne vers Lisea et lui dit d’une voix douce mais pressante :

– Matt est dehors, il va te raccompagner à la maison.

– Mais… se défendit-elle.

– Je te promets de t’appeler dès que nous en saurons plus, la coupe-t-il d’une voix sûre.

Elle opine de la tête avant de suivre Matt qui apparaît la mine sombre dans l’embrasure de la porte.

– Matt, restez auprès de Lisea tant que Nathan n’est pas revenu, ok ?

– Très bien.

Je me tourne vers Nathan qui regarde, la mine soucieuse, Lisea partir.

– Elle sera en sécurité, ne t’en fais pas.

– Je sais. Bon allons-y, j’ai demandé à deux agents d’aller voir si Alessandro est bien chez lui au cas où.

– Tu as bien fait, je soupire en sortant de l’agence sans oublier de récupérer le sac de Maddie.

Nathan prend le temps de fermer à clef l’agence avant de me suivre jusqu’à l’Audi.

Je démarre la voiture et pars en trombe. Sur la route, je désigne la boîte à gants avant de déclarer :

– Sers-toi. J’ai ce qu’il faut.

Nathan l’ouvre et sort un Beretta. Il vérifie le chargeur puis chambre la première cartouche d’une main experte.

La détermination que je perçois dans le regard de Nathan me conforte dans l’idée qu’il est tout comme moi prêt à affronter notre adversaire.

 

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