De feu et de glace - L'intégrale
Chapitre 20
« Protéger qui vous aime, donner le nécessaire à qui vous donne les étoiles, il n’est rien de plus doux »
Victor Hugo- L’homme qui rit (1869)
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Lisea
« Les oiseaux arrêtent de chanter, le ciel s’assombrit. Je suis seule dehors, je tremble. Du sang, du sang partout sur mes mains. Je sens le tissu de mon t-shirt mouillé, pleut-il ? Mon regard trouble descend sur mon ventre et je hurle lorsque je vois le sang s’étaler à toute vitesse. Je meurs, mais mon cœur bat fort, si fort… »
– Réveille-toi mon cœur, tu es en sécurité. Je te le promets.
Mes yeux papillonnent, des bras m’entourent, chauds, protecteurs. Je refais surface dans la réalité, ce n’était qu’un cauchemar. Qu’un cauchemar de plus.
J’ouvre les yeux et me tourne vers Nathan pour me blottir dans ses bras.
– Je suis désolée, à cause de moi, tu dors mal, dis-je d’une voix coupable.
– Non, ma douce. Ne te sens pas responsable de mon manque de sommeil. C’est de ma faute si tu as été agressée, je ne mérite pas de dormir paisiblement alors que toi tu te bats toutes les nuits contre des cauchemars. Si je pouvais effacer ces souvenirs, je le ferais, lâche-t-il d’une voix ferme mais douce à la fois.
Ses bras se resserrent autour de moi et me bercent pour m’apaiser. Mon cœur ralentit sa course folle et ma terreur nocturne s’évanouit lentement.
Mon agression remonte à deux semaines et je ne suis pas encore retournée à l’institut et rien que d’y penser, une vague de panique monte en moi. Je doute un instant de pouvoir reprendre le contrôle de ma vie. J’essaye de garder pour moi la panique que je ressens pour ne pas inquiéter Nathan plus qu’il n’en faut. Il se sent déjà assez coupable comme ça pour ne pas en rajouter. Des fois, lorsque je n’arrive pas à m’endormir, je repense à mon début d’existence et j’ai dû mal à m’imaginer vivre un jour sans insouciance, sans inquiétude. J’ai l’impression qu’il y aura toujours un danger qui nous guettera, tapi dans l’ombre et j’ai peur, j’ai peur qu’un jour quelqu’un m’enlève Nathan définitivement.
– À quoi tu penses ma chérie ?
Je sens le souffle de Nathan contre mon front et je pousse un soupir avant de le rassurer :
– À rien, j’ai envie de reprendre le contrôle de mes rêves et d’oublier tout ça.
– Et tu le feras. Lisea, tu es quelqu’un de fort. Derrière ce joli minois, se cache une femme à qui rien ne peut résister. Tu ne laisseras pas gagner ceux qui t’ont fait du mal, j’en suis persuadé même si pour l’instant, là, tu ne sembles pas le croire, dit-il en touchant mon front du bout des doigts.
– Merci de croire en moi, je murmure tout bas.
D’une main, je caresse son torse, appréciant ses muscles durs et j’ai envie de reprendre mon rôle d’épouse. J’ai envie qu’il me fasse oublier et rien de mieux que le plaisir pour oublier les cauchemars.
Ma main descend vers sa taille avant de toucher la bosse que forme son sexe sous son boxer. Il m’arrête brusquement en enserrant mon poignet d’une main.
– Que fais-tu Lisea ? Tu sors à peine de l’hôpital.
– Ça fait déjà quelques jours que je suis à la maison et je veux que tu me fasses l’amour.
Je libère ma main de sa poigne de fer et continue mon exploration sur son sexe maintenant tendu.